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Bataille rangée autour de la vente légale de cannabis au Québec


Alors que le Canada va légaliser la vente de marijuana à des fins récréatives dans les prochains mois, le secteur privé prend ses marques pour ne pas laisser à l'Etat le monopole sur un marché estimé à 935 millions d'euros rien qu'au Québec.





Magasins privés ou monopole public? Tout le monde veut sa part du gâteau sur le futur marché du cannabis. - HCI Alternatives



La bataille du cannabis a débuté au Québec. Alors que l'Etat fédéral canadien a promis de légaliser au printemps 2017 la vente et la consommation de marijuana à des fins récréatives, des acteurs privés se sont déjà positionnés sur le créneau. Huit magasins ont même momentanément ouvert en décembre dernier à Montréal. Des boutiques créées par l'activiste Marc Emery qui s'est auto-proclamé "le prince de l'herbe" et qui est train de constituer une chaîne après des ouvertures à Vancouver ou à Toronto.

Mais le "prince de l'herbe" n'est pas le seul à être sur les rangs. Son coup de force de décembre dernier agace même déjà de nombreux producteurs de marijuana thérapeutique qui étaient déjà autorisés à en vendre à des fins médicales et qui veulent eux aussi leur part du gâteau.
"On est les mieux placés pour s’occuper de la production et de la distribution au pays, assure Colette Rivet la porte-parole de ces producteurs regroupés au sein de l’Association cannabis Canada dans le Journal du Québec. Nos magasins seraient uniquement consacrés aux produits du cannabis.

Il n’y aurait pas d’alcool. Et nos prix seraient compétitifs variant de 4 à 15 dollars le gramme (3 à 11 euros)." L'association compte aussi développer le e-commerce avec la livraison à domicile.

La société des alcools veut sa part du gâteau

Et si le secteur privé s'agite en coulisse c'est qu'il craint que le Québec opte pour un monopole étatique. Ainsi la Société des alcools du Québec (SAQ), la société d'Etat qui commercialise l'alcool dans la belle Province fait elle aussi discrètement campagne pour contrôler la vente récréative de cannabis. Elle préparerait selon Le Journal du Québec une campagne de communication afin de rallier la population à sa cause. Un bras de fer public/privé s'apprête à s'engager au Québec.

Le cannabis doit-il devenir un monopole d'Etat comme pour l'alcool? "Ce serait une grave erreur, estime l’économiste Jasmin Guénette de l’Institut économique de Montréal. Plus on va taxer, plus les prix seront élevés et plus les consommateurs se tourneront vers le marché noir." Selon lui, la SAQ risquerait de briser l'élan entrepreneurial de cette future probable industrie.
Un marché canadien à plus de 16 milliards d'euros

D'autant que le marché pourrait être très juteux. Dans un récent rapport, le cabinet Deloitte estimait ainsi en 2016 que cette industrie pourrait représenter à terme 22,6 milliards de dollars canadiens (16,14 milliards d’euros) en incluant la vente de produits dérivés, la sécurité, les transports etc. Rien qu'au Québec la seule vente de cannabis pourrait représenter 1,3 milliard de dollars canadiens soit 935 millions d'euros. La vente générerait ainsi des retombées fiscales importantes de 418 à 618 millions de dollars selon le directeur parlementaire du budget canadien. Voire davantage pour la banque CIBC qui estime les retombées fiscales de l'ensemble de la filière à plus de 3 milliards de dollars.

Les amateurs canadiens de cannabis n'ont plus que quelques mois à patienter. Le gouvernement de Justin Trudeau devrait déposer aux alentours du 20 avril son projet de loi de légalisation de la vente de marijuana à des fins récréatives. Elle devrait alors trancher le débat en ce qui concerne la commercialisation. Une loi qui pourrait entrer en vigueur dès janvier 2018.

Image IPB

Par Frédéric BIANCHI
Journaliste

Source: bfmbusiness.bfmtv.com



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