Bonsoir à tous,
Je constate quil y a régulièrement sur ce forum des personnes qui cherchent à se renseigner sur les effets des graines contenant du LSA en demandant des récits dexpériences personnelles. Cela fait longtemps que jai le désir de partager la pénible expérience que jaie eue avec les graines de Hawaiin Baby Woodrose afin de mettre un peu en garde les personnes tentées de les essayer. Ca peut être très bien mais ça peut aussi tourner au cauchemar !
Je me lance donc ! Une partie ma été racontée par lami avec qui je les ai prises, vous comprendrez pourquoi en me lisant. Cela nous a tellement marqué que nous en avons parlé ensemble à plusieurs reprises en prenant des notes afin de ne pas en oublier les détails.
Cétait le 26 mars dernier, jhabitais alors à Jérusalem. Nous étions partis à Ramallah avec un ami qui nous prêtait son appartement car nous souhaitions être seuls dans un endroit clos et intime. Nous n'avions en effet jamais pris d'hallucinogènes véritables à l'expection des Philosopher Stones (mais cette variété de champignons n'est pas vraiment hallucinogène) et avions lu que ces graines produisaient un effet un peu comparable à celui du LSD. Notre ami ny avait pas mis les pieds depuis un an, il ny avait pas moyen de mettre en route le chauffage, alors que nous étions au c½ur de lhiver, et lambiance était un peu triste : la pièce principale ne comportait pas de fenêtre, ses murs étaient peints en bleu pâle (finalement pas très gai) et lun deux était décoré dune peinture réalisée par des amis à lui représentant une scène inspirée du conflit israélo-palestinien avec des chars, des militaires, des enfants lançant des pierres, etc. Ces précisions sont importantes car cet environnement ne nous a sans doute pas aidé à sortir de notre bad trip bien quil ne nous ait absolument pas gêné, ni influencé au départ.
Contrairement à mes deux amis, jétais un petit peu anxieuse car javais lu plusieurs rapports de bad trip la veille sur internet. Je métais en effet bien renseignée avant. Je navais lu que des expériences positives jusque-là (sur le site où je les avais achetées mais aussi ailleurs) et ces témoignages négatifs mavaient un peu refroidie mais jétais quand même décidée à tenter laventure et pleine de curiosité. Mes amis aussi. Ils étaient tous les deux sans inquiétude et persuadés quil ne fallait surtout pas sen faire car cétait cela qui risquait de nous faire partir dans un mauvais trip. Par prudence, quand même, nous navons pris quune seule graine chacun, soit quatre fois moins que ce qui était conseillé par le vendeur pour des novices ! Il était 17h. Nous avons fumé un peu de cannabis au bong en attendant les effets censés survenir au bout dune heure environ. Notre ami est reparti sur Jérusalem et nous sommes restés seuls dans lappart. Nous étions assez déçus de ne ressentir aucun effet au bout de deux heures ! Il faisait tellement froid que je métais pelotonnée dans un lit sous des couvertures trouvées par ci par là pendant que mon ami sortait acheter du charbon de bois et un brasero pour nous réchauffer. A 19h40, nous décidons de manger un tout petit peu (nous étions à jeun depuis la veille) autour du feu et nous fumons ce qui nous reste de beuh. Nous avions fait une croix sur notre trip hallucinogène.
A 20h, mon ami me dit quil ressent un léger buzz, il est tout content que quelque chose commence enfin à se passer. Un quart d'heure après, je ressens à mon tour aussi un bourdonnent dans la tête. Et là commence lhorreur ! Enfin au début, cest tout à fait gérable pour moi. Je pense que nous ressentons alors la même chose tous les deux mais le vivons très différemment. Le seul effet ressenti est très désagréable, source d'angoisse : cest principalement un bourdonnement intense, assourdissant, dans les oreilles et les battements de nos coeurs devenus extrêmement rapides se répercutent dedans.
Je décide de mallonger pour me relaxer. Et je nai plus quune idée en tête : oublier les battements de mon c½ur qui est totalement emballé et ce pénible bourdonnement afin de ne pas flipper, faire comme sils nexistaient pas, et pour cela je me répète intérieurement : ce nest rien, cest leffet de ces graines, il est forcément transitoire, cela va passer même si ça dure des heures, je suis prête à laccepter, ce nest pas moi qui angoisse, cest en quelque sorte en dehors de moi, je ne risque rien de grave. Et cela me rassure profondément.
Mon ami, lui, réagit de manière très différente, il se met à déprimer, il voit sa vie en noir, il revit des souvenirs négatifs. Dun seul coup, il décide dappeler son père, avec qui il est en froid depuis quelques jours, afin de lui parler. Il sort dehors avec son portable pour téléphoner. Quand il revient, sa tête me fait peur : il est dune pâleur extrême, ses traits sont déformés, changés, ses yeux sont hagards, déments, on voit quil nest pas dans un état normal du tout. Il me parle un peu, me dit quil a pleuré comme un fou au téléphone, quil ressent une tension musculaire dans les yeux, que sa respiration est courte et un peu difficile, quil se sent mal comme jamais dans sa vie. Il souhaite parler encore mais je lui fais comprendre que je souhaite pour linstant quil garde le silence. Je nai quune crainte : verbaliser ce que je ressens physiquement car jai le sentiment que si nous en parlons je courre le risque de tomber dans un bad trip comme lui et qualors je ne lui serais daucun secours. Je lui dis de brèves paroles rassurantes et jessaye de linciter à suivre mon exemple. Puis nous restons silencieux un bon moment. Je nai pas trop de mal à me concentrer sur des pensées positives et neutres ce qui fait que je suis relativement préservée par rapport à lui.
Pour la suite du récit, je dois faire appel à ses souvenirs en plus des miens. Voici ce dont je me souviens : je suis allongée sur le lit et jai brusquement une envie de vomir terrible. Cela fait pourtant plus de cinq heures que jai absorbé mon unique graine. Je n'ai que le temps de me pencher pour vomir en dehors du lit. Linstant daprès, je suis par terre. Mon ami est penché sur moi, il me parle, veut savoir si je lentends mais je ne peux ni bouger aucun de mes membres, ni parler, je suis complètement paralysée. Au bout de quelques minutes, je parviens avec un immense effort à faire oui, non, de la tête en fonction de ses questions. Il me relève, me porte et mallonge sur le lit, me rassure et je parviens progressivement à bouger légèrement mon corps. Je cherche une position confortable qui puisse calmer mon envie persistante de vomir, ce qui me prend un certain temps. Puis je cherche à me détendre et patiente comme précédemment en attendant que leffet passe. Celui-ci est toujours le même et na pas diminué en intensité sauf que maintenant jai envie de vomir dès que je bouge un peu. Pour moi, tout cela sest déroulé en continu, sans interruption, et a duré peut-être une demi-heure.
Mais voici ce quil a vu lui : dabord, une vapeur de couleur orange est sortie de ma bouche avant que je ne me mette effectivement à vomir. Je vomissais abondamment, anormalement. Au bout dun moment, et pas tout de suite, je suis tombée du lit dans de drôles de convulsions. Une fois par terre jai sombré dans un état dinconscience totale qui a persisté une bonne demi-heure. Mes yeux étaient révulsés, mon teint livide, je vomissais sans cesse et mon corps était parcouru de spasmes. Il a pensé que jétais en train de mourir sous ses yeux. Ce qui marrivait lui a fait tellement peur quil est sorti instantanément de son bad trip. Il ma parlé longtemps sans que je nentende rien. Après m'avoir fait regagner le lit, il a nettoyé une partie du vomi dont jétais couverte. Quelque temps après, je suis tombée une seconde fois dans cet espèce de coma bizarre pendant encore une demi-heure. Ce que je prenais pour une demi-heure a duré en fait deux heures ! Je nétais pas consciente de ce qui venait de marriver et heureusement sans doute.
Les heures sont passées ensuite très lentement jusquà laube. Lorsque jai entendu le muezzin, vers 6 ou 7 h, je me suis sentie sauvée. Les effets avaient presque totalement disparus et je suis enfin parvenue à dormir une heure ou deux. Au matin, nous étions comme deux rescapés, heureux de vivre et dêtre dans un état normal, enfin !
Je conseille donc à ceux qui souhaiteraient essayer ces graines de ne pas les prendre seul ; on ne peut pas savoir davance comment on va réagir psychologiquement ou physiquement. Je nose pas imaginer ce qui me serait arrivée si javais été seule car mon ami n'a cessé de me rassurer, de me réchauffer (j'étais glacée en dépit des couvertures et du brasero). Je pense que cela aurait pu se finir mal si j'avais été seule, sans personne pour me faire revenir à la réalité (il a dû me frapper sur les joues pour me faire sortir de mon inconscience). Et pourtant, je le répète, ma psychologie était bonne tout au long du trip qui a duré près de huit heures. Cela na pas suffit. Pour mon ami, cétait linverse, il était très mal psychologiquement mais na subi aucun trouble physique. Mon bad trip ne ressemble pas complètement aux trois ou quatre récits de bad trips que j'avais lus avant mais nest pas sans similitudes avec eux. Je me souviens qu'y revenaient souvent des angoisses intenses et la sensation physique de mourir. Car si j'avais l'air de mourir, je n'en ai heureusement pas eu conscience du tout. Il montre aussi que l'ingestion de ces graines peut intoxiquer sévèrement lorganisme. Quant à notre ami, il était très heureux de son expérience ; lappeler a été bien sûr notre premier réflexe une fois rentrés ! Il était parti dans un rêve coloré et navait eu à déplorer quune bonne diarrhée. Cest un peu la loterie !
Plus sérieusement, il est important de vraiment bien se renseigner avant et de ne pas se fier uniquement aux notices écrites par les vendeurs, forcément positives, et souvent pas assez explicites. Pour les anglophones, le site Erowid regroupe des expériences faites sous tous types de drogues : Erowid . Les récits sont très détaillés et il est demandé aux personnes qui écrivent de préciser ce quelles ont pris exactement, quelle quantité, à quel moment, dans quel contexte, leur degré d'expérience, etc. Cest une excellente base dinformation à mon avis. On y trouve de bonnes expériences comme de très mauvaises.
Voilà, jai conscience que mon post est vraiment très long mais il ma semblé quil était important que tout rapporter dans les détails.
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