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A propos du Cannabis


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Enfin une interview valable et sans complaisance.

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ExpéditeurConversation
GuyGadebois  Enfin une interview valable et sans complaisance.


Inscrit le: 13/10/2007
De : *Europe*
Rang : Cannaweedeur

Charlie Hebdo (de cette semaine):

Que pensez-vous de la pénalisation de la consommation de cannabis?
• Dr Jacques Barsony (1): Le chapitre consacré au cannabis de l'ouvrage Drogues, savoir plus, risquer moins. édité par la MILDT (Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie) et le CFES (Comité français d'éducation pour la santé) en 2000, sous les auspices du gouvernement français, commence par cette phrase: « Le joint de cannabis est le premier produit illicite consommé dans notre société, au point qu'on ne sait pas si le cannabis est légal ou pas. » Depuis, le nombre de personnes concernées est en augmentation régulière. La loi du 5 mars 2007 sur la prévention de la délinquance prévoit une amende de 450 euros maximum et un stage de sensibilisation pour les simples consommateurs (rarement importunés jusque-là), qu'elle prend pour cible. Cette loi s'ajoute à la loi de 1970, l'une des plus dures en Europe. Ce qui fait qu'il ya maintenant officiellement 12 millions de nouveaux délinquants: c'est le nombre de ceux qui ont consommé, ne serait-ce qu'une fois dans leur vie, du cannabis. Et il y a un risque d'emballement automatique avec les récentes mesures contre la récidive, comme les peines planchers. Il est vrai que l'objectif d'interdire sans le pouvoir d'interdire avait créé, du point de vue légal, une situation délétère. Les lois non respectées ne sont pas respectables, et les lois non respectables ne sont pas respectées. Il fallait sortir de ce paradoxe. Mais l'application stricte des nouvelles mesures serait une véritable déclaration de guerre à l'ensemble de la jeunesse. Certaines lois mettent de l'ordre, d'autres du désordre.

Et les stages de sensibilisation, vous n'y croyez pas?
Le décret d'application précise qu'il s'agit de «faire prendre conscience au condamné des conséquences dommageables pour la santé humaine et pour la société de l'usage de tels produits ». Il va être très difficile de convaincre le «condamné» des dommages de la simple expérimentation du cannabis, puisqu'il n'y en a pas. Les schizophrénies? Les déceptions amoureuses et l'échec scolaire en déclenchent plus que le cannabis. À ce compte-là, interdisons l'amour et l'école. Quant au papa du condamné, à l'inverse, il va être très difficile de le convaincre qu'il n'y a pas de dommages, vu ce que ça va lui coûter. On imagine facilement les discussions qui vont s'ensuivre, on entend déjà les portes claquer. Cette loi n'est pas faite pour la paix des familles. De toutes les familles, car il est impossible d'échapper à la question du cannabis, et elle se pose de plus en plus tôt. Dès la petite école, les enfants ramènent à la maison, avec un air coquin, des questions qui ne sont pas anodines, et plus tard le cannabis fera partie des rituels de l'adolescence. Il faudrait pouvoir expliquer, éduquer. Cela passe par la négociation. Or il n'y a rien à négocier, les lois prohibitives ne le permettent pas: c'est interdit, point. Mais pourquoi? L'argumentaire est faible, sinon inexistant. La loi laisse les parents démunis, ne sachant quoi dire ou répondre, ils sont disqualifiés, parfois dans le déni, parfois même pris en otages ou complices. D'autres fois, au contraire, c'est un état de « guerre civile .. qui s'installe dans les familles. Ce n'est pas ainsi que se construit l'autorité.

Comment parler du cannabis?
Si le cannabis pouvait sortir de sa position underground et trouver une place comme drogue festive, on pourrait en parler mieux, l'utiliser mieux, on pourrait apprendre à se droguer et à ne pas se droguer. Et si l'on en croit l'expérience hollandaise, on se droguerait moins. On n'y coupera pas, il va falloir lâcher un peu plus sur le cannabis. Cela fait peur? Et alors? Le cannabis n'est pas anodin, on est bien d'accord. Mais d'autres drogues, bien plus dangereuses, comme l'alcool, qu'on ne présente plus, ou les barbituriques, assez toxiques pour avoir tué après une longue dépendance leurs deux inventeurs, ont été apprivoisées grâce à un usage ritualisé et un cadre légal adapté. En fait, toutes les drogues ont été, à un moment ou un autre, à un endroit ou un autre, utilisées sans dommages pendant des périodes plus ou moins longues. Au début du xx· siècle, toutes les drogues, sur toute la planète, étaient en vente libre dans les pharmacies, les drogueries et les bien nommés drugstores.

Qu'est·ce qui fait que certaines substances effraient la société, et d'autres non?
Les drogues en soi ne sont que des objets inoffensifs, elles n'attaquent pas l'homme. Ce qui fait peur, ce qui fait d'un produit une« drogue ", c'est l'assimilation de ce produit à un groupe, ethnique, social ou religieux, rejeté. Cela a été le cas de l'opium, associé aux immigrants chinois, ou de la cocaine, associée aux minorités noires des ghettos d'Amérique. En Europe, l'alcool a été stigmatisé à travers la « dégénérescence" de la classe ouvrière, et le LSD associé aux excès de la jeunesse.

En quoi le cannabis serait-il une drogue .. différente?
C'est un stupéfiant inclassable, car, pour des raisons pharmacologiques, il parcourt, sans insister, mais sans avertir, sur la pointe des pieds, les différents effets de tous les autres stupéfiants. Il peut être euphorisant, calmant ou excitant, provoquer des états de panique, des accès paranoiaques, enivrer, jouer les hallucinogènes, et même ne faire semblant de rien. Pour couronner le tout, il peut changer d'effet en cours de route. C'est la drogue la plus désordonnée: même la gaieté irrésistible qu'elle provoque recèle quelques pépites d'angoisse. C'est la plus rebelle: son effet est variable, non seulement selon la qualité et la dose, mais aussi, selon les individus, et pour chaque individu, selon le moment et les circonstances. C'est une auberge espagnole: on n'y trouve que ce que l'on y apporte. On a intérêt à être au clair avec soi-même.

Comment agit·il?
À la différence des autres drogues, le cannabis agit sur les pieds et les jambes, qu'il ramollit et déconnecte du cerveau, qui, lui, est stimulé. Mais comme le rôle essentiel du cerveau est de décider de l'endroit où l'on va mettre ses pieds, on finit généralement sur le cul. dans un canapé, le joint à la bouche, la télécommande dans une main et la bière à portée de l'autre. C'est la retraite avant l'âge. Le cannabis n'est ni une drogue dure ni une drogue douce, c'est une drogue molle qui parfois s'apparente aux sables mouvants, on s'y enlise. Cette propriété du cannabis est d'ailleurs utilisée par certains consommateurs hyperactifs pour contenir leur effervescence. Se droguer ne demande aucune aptitude, aucun talent, aucun effort, il suffit d'aspirer, de sniffer, de gober. C'est l'extase à la portée des caniches, il n'y a pas de quoi se vanter.

Il y a des partisans de l'utilisation médicamenteuse.
Tel quel. le cannabis n'est pas assez prévisible, pas assez fiable pour pouvoir être un jour utilisé comme médicament. Aucun médecin ne peut dire avec assez de certitude: « Prenez-en, ça vous fera cela. » Il n'en sait rien. Plus honnêtement, il devrait dire: « Prenez-en, on verra bien ce que ça vous fera ... » Mais ce n'est plus de la médecine. Seul un consommateur habitué aux effets du cannabis peut revendiquer quelques compétences (encore que ceux qui arrêtent revoient souvent leur jugement) et prendre le risque de l'automédication, mais pas un médecin. Il faut arrêter l'hypocrisie. Si le cannabis doit être défendu, c'est comme drogue, pas comme médicament.

Comment défendre une drogue?
Comme drogue, il a largement fait la preuve de son intérêt. En témoignent la longévité et l'étendue de son succès, ainsi que son innocuité: cannabis égale zéro mort et peu de dépendance. Cependant. cela ne fait pas de lui un stupéfiant sans danger, ce n'est pas une drogue pour tous, ni pour tous les jours. C'est aussi, selon les individus, et pour chaque individu, selon le moment et les circonstances. C'est une auberge espagnole: on n'y trouve que ce que l'on y apporte. On a intérêt à être au clair avec soi-même.
C'est une drogue pour adultes, mais si l'on est trop fragile psychologiquement, il vaut mieux s'abstenir. Consommer du cannabis est une expérience qui peut faire basculer. Ce n'est pas non plus une drogue à utiliser au quotidien. Un joint n'égale pas un verre de vin, car son effet est durable. Pris le soir, son effet se prolonge le lendemain, pris le matin, on passe sa journée décalé, sous influence, pas tout à fait dans l'état naturel. Or, comme tout le monde le sait. qu'on doive les états seconds au cannabis, à l'excès d'alcool ou à n'importe quoi, ils sont faits pour rester seconds, pas premiers. Ce n'est pas pour rien que les consommations de drogues sont traditionnellement liées à la fête. Rituel régulateur, la fête se définit sous toutes les latitudes par l'excès et l'exception, la fête tous les jours, ce n'est plus la fête. Tout au plus une fuite.

Selon vous, quelles actions devraient mener les pouvoirs publics?
Les drogues ne sont pas égales entre elles, et les hommes ne sont pas égaux devant les drogues. Apprendre à se droguer est le seul moyen de résoudre le problème des drogues. Il y a plusieurs manières de se droguer, de s'enivrer, qui ne se valent pas, qui n'ont pas le même sens, quand elles n'ont pas des sens opposés. Voilà sur quoi il faut batailler. C'est le débat indispensable, mais il n'est pratiqué que dans les lieux de soins, c'est-à-dire trop tard. Il est rare dans les familles, impensable à l'école et dans aucun lieu public, car la loi l'interdit et les politiques l'évitent. Ils préfèrent des terrains moins risqués, la lecture de la lettre de Guy Môquet, par exemple. Les professeurs vont devoir faire le grand écart entre ceux du premier rang, qui lisent la lettre de Guy Môquet, et les autres, au fond, qui fument la moquette. Car quand on parle de drogue aujourd'hui, c'est de la jeunesse qu'on parle. La pure et simple interdiction témoigne de la piètre opinion qu'on a de nos enfants et du manque de confiance dans nos capacités à les éduquer. Pourtant, ils ont appris à boire, ils peuvent bien apprendre à se droguer. Qui peut le plus peut le moins. D'ailleurs, il n'est pas sûr qu'ils ne sachent pas déjà mieux se droguer que boire ...

Sarkozy a pourtant des idées sur l'éducation ...
que les enfants ne se lèvent pas quand le professeur entre dans la classe, c'est peut-être dommage - encore que l'abandon de la révérence et du baisemain n'ait pas nui aux relations entre les hommes et les femmes, bien au contraire. Mais que des enfants, parce qu'on ne leur a pas appris, se droguent comme des pieds, c'est autrement plus grave et cela engage autrement la responsabilité des adultes ... Ils n'ont qu'à pas se droguer! .. Tu parles! Comme s'il y avait des gens qui se droguent et d'autres qui ne se droguent pas. Disons plutôt qu'il y a une manière traditionnelle, rassurante et même valorisée de s'enivrer, avec l'alcool par exemple, et une manière étrange, inquiétante, intolérable de s'enivrer, avec le cannabis. Lune est du côté des plus vieux et l'autre concerne les plus jeunes. Néanmoins, tous se droguent ou s'enivrent, depuis la nuit des temps. La sobriété est l'apanage des animaux.

(1) Le Dr Jacques Barsony, précurseur des traitements de substitution en Haute Garonne.

Merci à Charlie Hebdo pour ce travail, qu'on me pardonne d'avoir recopié ce texte, c'est pour la bonne cause.

 5/3/2008 17:23Profil
ExpéditeurConversation
ForceVerte  Re: enfin une interview valable et sans complaisance.


Inscrit le: 20/12/2006
Rang : Cultivateur Expérimenté

C'est quand on pourra lire ce genre d'interview dans Paris-Match que les choses changeront peut-etre... dommage.

 5/3/2008 17:44Profil
ExpéditeurConversation
Bim  Re: enfin une interview valable et sans complaisance.


Inscrit le: 23/8/2006
Rang : Cultivateur compétent et sympa

Super intéressant, bien vu Guy

 5/3/2008 17:53Profil
ExpéditeurConversation
GuyGadebois  Re: enfin une interview valable et sans complaisance.


Inscrit le: 13/10/2007
De : *Europe*
Rang : Cannaweedeur

Citation de Bim :
Super intéressant, bien vu Guy

Non, bien vu Dr Jacques Barsony!!!

 5/3/2008 17:59Profil
ExpéditeurConversation
Bim  Re: enfin une interview valable et sans complaisance.


Inscrit le: 23/8/2006
Rang : Cultivateur compétent et sympa

Citation :
Non, bien vu Dr Jacques Barsony!!!

j'entend bien, le "bien vu" saluait ta présence d'esprit de nous avoir fait partager l'article

 5/3/2008 18:05Profil
ExpéditeurConversation
bong  Re: enfin une interview valable et sans complaisance.


Inscrit le: 9/10/2006
De : - France -
Rang : Cannaweedeur

Bonjour,
bravo.
+++
Bong.

 5/3/2008 18:13Profil
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Boris.fr  Re: enfin une interview valable et sans complaisance.


Inscrit le: 1/10/2007
De : - France -
Rang : Cannaweedeur
Prénom : Bob

Pareil !

Un grand bravo à ce docteur , qui à un point de vue très clair sur le sujet. Dans ces dires je me reconnais lors de nombreux débats autour du cannabis.

Il faut plus de personne comme lui , des personne crédibles.
Parce que malheuresement les gars , je pense que le 18 joints , n'est pas un rassemblement très crédible qui pourra facilité la luttre pour une dépénalisation du cannabis...

Enfin bref ... Chapeau !

+

 5/3/2008 18:32Profil
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Vyking  Re: enfin une interview valable et sans complaisance.


Inscrit le: 25/4/2005
Rang : Administrateur Psychédélique


Cet article est comme une oasis dans le désert de la prohibition ^^

 5/3/2008 19:43Profil
ExpéditeurConversation
ElGringo69  Re: enfin une interview valable et sans complaisance.


Inscrit le: 12/4/2006
Rang : Cannaweedeur motivé

Superbe article, c'est tout ce que j'ai à dire.

 5/3/2008 19:57Profil
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Anonyme  Re: enfin une interview valable et sans complaisance.


Salut!
c'est beau ce que tu dis Vyk....Image sans texte alternatif.


Et evidement c'est dans Charlie....

 5/3/2008 20:07
ExpéditeurConversation
yourownworld  Re: enfin une interview valable et sans complaisance.


Inscrit le: 17/5/2005
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Rang : rêveur
Prénom : Olivier

si les gens pouvaient penser si ouvertement...

se droguer comme il faut sa s'apprend, alors quand on a pas l'éducation on a besoin de l'expérience... dommage de souvent devoir se casser un membre pour apprendre a s'en servir

 5/3/2008 20:11Profil
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GuyGadebois  Re: enfin une interview valable et sans complaisance.


Inscrit le: 13/10/2007
De : *Europe*
Rang : Cannaweedeur

Citation de Vyking :

Cet article est comme une oasis dans le désert de la prohibition ^^

Et en plus, il n'est pas prosélyte.

 5/3/2008 20:14Profil
ExpéditeurConversation
Astaroth  Re: enfin une interview valable et sans complaisance.


Inscrit le: 25/11/2006
Rang : Cannaweedeur motivé
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salut
merci d'avoir poster cet article intéressant!

par contre j'suis pas trop d'accord avec:
Citation :
La sobriété est l'apanage des animaux.


déjà nous sommes nous aussi des animaux et mattez ça

ça n'enlève rien au reste qui serait une lecture judicieuses pour les plus fermés de notre société.

PeAcE

 5/3/2008 20:32Profil
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reivilo  Re: enfin une interview valable et sans complaisance.


Inscrit le: 24/2/2008
Rang : Cannaweedeur

Enfin un point de vue objectif sur la question. c'est tellement rare...


je me permet tout de même de faire un commentaire au niveau des usages thérapeutiques du cannabis :


certes, le cannabis tel quel ne représente que peu voir pas d'interret d'un point de vue médicale proffessionnel.et j'insiste sur le "proffessionnel", car bien que certain d'entre nous utilisent déjà le cannabis de manière thérapeutique, aucune recherche longue et sérieuse n'a été faite sur ce que peut apporter le cannabis en profondeur.

l'effet psychotrope n'est pas le seul avantage du cannabis, et certain chercheurs souhaitent la légalisation du cannabis thérapeutique non pas pour l'utiliser tel quel, mais pour faire avancer la recherche dans ce sens et, qui sait, un jour produire un médicament sans effet de "défonse", avec tout de même les avantages médicaux.

le cannabis thérapeutique n'a qu'un interret limité à l'heure actuelle, mais légaliser cette pratique permettrait au moins de faire avancer les recherches à ce niveau. Hors là, en interdisant purement et simplement cette substance, aucune recherche ne peut être faite, à par bien sûr par les partisans de la tolérance zero...


le cannabis est considéré comme dangereux, mais les gens qui le qualifie de dangereux sont justement ceux qui l'interdisent. Hors il me semble que ne cannabis a été prohibé bien avant que des études sérieuses et complètes est été faites pour prouver les dangers de sa consommation.

et oui, comme pour toute loi, il est difficile de faire marche arrière, car ça serait admettre que l'on s'est trompé. Comment le gouvernement d'un pays complet peut-il rester crédible si il revient sur ses propres lois ? et pourtant, c'est ce qu'il y a de plus logique à faire : c'est en faisant des erreurs que l'on apprend, c'est bien connu.


finalement, cette peur du cannabis est humaine : l'homme a peur (et à tord, pas seulement au niveau du canna d'ailleurs) de ce qu'il ne connait pas. Hors en interdisant des recherches avancées, nous ne pouvont pas vraiment savoir de quoi il en retourne de manière objective.


L'état ne laisse même pas de place au débat. Hors c'est à partir du débat que l'on peut proposer des lois d'interdiction ou d'autorisation complète ou partielle. C'est surement la raison principale pour laquelle la loi évolue-t-elle aussi lentement à ce niveau. Pour moi, c'est tout simplement anti-démocratique... on rentre de plus en plus dans une politique de l'interdit.


Quant à nos députés, d'après ce que j'ai pus entendre de leur part sur le sujet, il est clair et net qu'ils ne savent vraiment pas de quoi ils parlent... voter des lois sans même savoir / comprendre le cannabis (ou autre, malheureusement on peut généraliser), ou encore se faire son avis à partir d'idées reçus volontairement lancés par l'état, en plus d'être honteux, est dangereux pour nos libertés.

le premier responsable, pour moi c'est l'OMS. Ils préfèrent se pencher sur les problèmes de drogues (qui bien souvent ne sont pas des problèmes, et plus particulièrement pour le cannabis qui, si consommé correctement, est très peu nocif) plutôt que sur l'obésité croissante dans nos pays soit disant civilisés.

c'est le monde à l'envers.

 5/3/2008 21:25Profil
ExpéditeurConversation
GuyGadebois  Re: enfin une interview valable et sans complaisance.


Inscrit le: 13/10/2007
De : *Europe*
Rang : Cannaweedeur

L'ennui avec le canna, c'est qu'il est inclassable. Il a des effets sur tellement de troubles.
Petit résumé succint:
- Antiémétique puissant chez les cancéreux subissant une chimiothérapie
- Réducteur de la tension oculaire chez les patients atteints de glaucome
- Réduction voire disparition des crises chez les épileptiques
- Permet d' espacer les crises et remplace les benzodiazépines et les corticoïdes dans le traitement de la sclérose en plaque
- Réduit les douleurs et les spasmes musculaires chez les paraplégiques et les tétraplégiques, permet de se passer des opiacées
- Permet de lutter efficacement contre les nausées et les diarrhées dues à la prise d' AZT chez les malades du sida
- Aussi efficace que la codéine (opiacée) dans les douleurs chroniques (en injection) chez les patients atteints de cancer avancé
- Efficace contre les migraines
- Efficace contre certains prurits
- Contre les douleurs des règles et de l' accouchement
- (avec résultats mitigés) Contre la dépression et autres troubles de l' humeur
- Sous forme de spray, est un bronchodilatateur calmant les crises d' asthme
- Contre l' insomnie
Les seuls inconvénients pour l' usage du cannabis sont:
ses effets secondaires:
- Perte de l' attention
- Perte de la mémoire à court terme
- Troubles de la coordination
- Difficulté à suivre des yeux un objet en mouvement
Par contre sa toxicité est extrêmement faible comparée aux médications qu' elle peut remplacer.
Source:
Cannabis, la médecine interdite de Lester Grinspoon et James Balakar.
Ouvrage réalisé auprès de témoins et à partir de sources universitaires, de médecins traitants, d' hôpitaux, de labos pharmaceutiques et de recherche.

 5/3/2008 23:31Profil
ExpéditeurConversation
yourownworld  Re: enfin une interview valable et sans complaisance.


Inscrit le: 17/5/2005
De : Belgique
Rang : rêveur
Prénom : Olivier

en même temps ce qu'on défend ce n'est pas l'usage exclusivement thérapeutique du cannabis, c'est sa consommation comme drogue qu'on veut voir légale ;)

 6/3/2008 19:01Profil
ExpéditeurConversation
reivilo  Re: enfin une interview valable et sans complaisance.


Inscrit le: 24/2/2008
Rang : Cannaweedeur

tout à fait, c'était surtout pour reprendre une affirmation qui m'a semblé incomplète :


Citation :
Il faut arrêter l'hypocrisie. Si le cannabis doit être défendu, c'est comme drogue, pas comme médicament.


je trouve que l'idée de "savoir se droguer" est très intéressante. Le shit de rue a fait une percée très importante et contient vraiment trop de saloperies...

 6/3/2008 23:42Profil
ExpéditeurConversation
RICCO  Re: enfin une interview valable et sans complaisance.


Inscrit le: 23/3/2007
Rang : Cannaweedeur motivé

Salut,
Citation de jejedurb :

Simultanément sont produites des données épidémiologiques qui soulignent sa nocivité, tandis que des études neurobiologiques éclairent enfin ses mécanismes d'action.

Cette conférence présente diverses données récemment acquises sur les récepteurs du THC, sur les substances endogènes qui les stimulent (endocannabinoïdes), sur les différents effets qu'elles modulent, sur la pharmacocinétique du THC, ses propriétés additives intrinsèques, ses interactions avec l'alcool et l'héroïne, ses effets psychotoxiques en matière d'anxiété, de dépression, de perturbations cognitives, de schizophrénie, de comportements violents.


Je confirme, au bout de 33 ans de consommation quotidienne
j'ai le cerveau complètement lessivé, mon corps est dans un état lamentable, ma femme m'a laissé tomber car je la battais, et mes gosses ne veulent même plus me parler parce qu’ils sont psychologiquement traumatisés.


Attention mes amis de ne pas tomber dans la déchéance qui est la mienne

A plus

PS: Je déconne bien sûr

 7/3/2008 11:41Profil
ExpéditeurConversation
Jahroide  Re: enfin une interview valable et sans complaisance.


Inscrit le: 8/9/2007
Rang : Cultivateur compétent et sympa

Salut,

Cet article est une lueur, un texte qui me redonne l'espoir, d'entrevoir un futur au sein duquel je pourrais conter avoir "vécu" la prohibition, sachant la comparer à la prohibition américaine sur l'alcool. Ce n'est qu'une époque, un fragment du temps, mais nous y vivons. J'espère seulement de n'avoir qu'à la vivre, et non de la subir, tout comme j'espère apercevoir la peur dans les yeux de cette prochaine génération, à l'entente des méthodes de répression actuelles. La peur que cela ne se reproduise, et non pas la banalité d'un fait toujours présent.

Nous ne sommes que des "distilleurs" du cru, nous insufflant le sourire et l'apaisement. Clandestins agricoles pour notre propre compte. La lune est notre mère, le ciel un terrain de jeu, l'herbe un véhicule, et comme tout véhicule, évitons le mur en conduisant prudemment. La prudence d'être acteur, actif et caché. Ni victime, de la passion, de la consommation ou de la répression; Ni passif et ignorant.

Que les générations futures sachent ce que sont les drogues; Toutes les drogues, dans le bon ordre, leurs dangers, comme leurs bienfaits. Qu'ils sachent que les jeux vidéo sont aussi une drogue récréative, apportant son lot d'adrénaline aux détriment de la construction sociale physique, si cela dépasse le stade de fréquence du simple plaisir.

La drogue c'est mal, tout est drogue, loisir, alimentation, déplacement, sexualité, soins, passion, pouvoir...
Ou est donc le bien, si ce n'est que nous avons tous une opinion différente de ce qui est bon pour nous ... ?

Nous avons des droits et des devoirs. Le droit de choisir, et le devoir de se faire aider quand nos choix dérapent.

France, je t'en conjure, plutôt que m'imposer tes idées, donnes moi les moyens et la capacité de faire germer les miennes jusqu'à maturation, afin de comprendre et d'accepter la différence en chacun.

Nous sommes une masse d'individus, pourquoi devrions nous tous avoir la pensée des masses...



Lat'

 7/3/2008 11:45Profil
ExpéditeurConversation
archie  Re: enfin une interview valable et sans complaisance.


Inscrit le: 11/5/2006
Rang : Cannactiviste

bonjour,

Cet article un brin provocateur (ce qui est accepté d'un médecin, d'un universitaire...ne le serait pas d'un simple citoyen ) ne dit rien de plus que :

la répression ne sert à rien, que tous les poisons sont dans la nature, et que l'éducation, l'information représente la meilleure prévention...

Cependant, je vois dans cet article certaines choses plus bizarres dont nos adversaires pourraient se saisir...Le discours de Barzoni ne me semble pas si clair que cela...

Je vais relire l'article..et si je retrouve le malaise de ma première lecture...j'argumenterais

De plus, nous savons bien désormais qu'il faudrait redéfinir le terme "drogue". Car nous constatons que dès qu'une "drogue" est socialement acceptée (l'alcool par ex.) elle n'est plus une drogue pour la population...Tout cela est d'une hypocrisie sans nom et l'article en se sens le souligne

Le CIRC devrait répondre à ce genre d'article...le fait-il ?

cannabiquement

 7/3/2008 19:35Profil
ExpéditeurConversation
2KC  Re: enfin une interview valable et sans complaisance.


Inscrit le: 6/5/2006
De : *Europe*
Rang : Cannaweedeur

Merci pour cet article, en voila un bien objectif et intelligent, c'est pas tout les jours (ouinnnnnn) dommage !

 7/3/2008 19:55Profil
ExpéditeurConversation
Massdamer  Re: enfin une interview valable et sans complaisance.


Inscrit le: 15/3/2007
De : Reunion
Rang : Cannaweedeur motivé

Salut,

Ce qui me fait plaisir dans cet article c'est que la prévention y a une place importante.

Si j'avais été mieux éduqué dans le début de ma consommation, ça m'aurait évité de prendre des douilles, des soufflettes, on est tous passé par là, en tout cas, une immense majorité.

Ca éviterai aussi aux nouveaux jeunes consommateurs de pousser loin l'excès de méconnaissance.

On a pas la vérité et les conséquences réelles sur l'intégrité totale de notre santé lorsque nous fumons, ne nous cachons pas derrière divers arguments anti-prohibitionnistes.

Toutefois, et je m'écarte du sujet, la liberté affichée sur notre devise devrait nous permettre de consommer tant que cela ne nuit pas a autrui.

Je ne comprends toujours pas pourquoi un gouvernement alerté sur la surconsommation des ados de plus en plus jeunes, ne mets pas les moyens financiers, préventifs et éducatifs dans ce domaine.

Au contraire, c'est la marginalisation qui les guette et qui nous guette aussi.


LA PREVENTION AVANT LA REPRESSION

A+

 7/3/2008 20:35Profil
ExpéditeurConversation
archie  Re: enfin une interview valable et sans complaisance.


Inscrit le: 11/5/2006
Rang : Cannactiviste

Re...

Bon je cherche ce qui m'avait causé malaise :

Dans le paragraphe : " comment parler du Cannabis "
"...si le cannabis pouvait sortir de sa position ungerground et trouver une place comme drogue festive, on pourrait en parler mieux, etc..."

Ben, il se gourre, car perso ce n'est depuis longtemps plus une drogue underground et il est déjà une drogue festive...

Que veut-il dire ? qu'en sortant le cannabis de son rang de porte drapeau contestataire, comme il l'a été longtemps...on pourrait mieux en débattre ? Il y a là quelque chose que j'ai de la peine à définir en mots , mais qui me gêne...La normalisation vous connaissez ? Faut-il en passer par là ?

Bref...1er malaise.

Ensuite. Dans le paragraphe " Comment agit-il ? "
"...Se droguer ne demande aucune aptitude, aucun effort, il suffit d'aspirer, de sniffer, de gober. C'est l'extase à portée des caniches. Il n'y a pas de quoi se vanter."



C'est en contradiction avec ce qu'il revendique.. car beaucoup que nous sommes savons nous "droguer" en toute conscience et avec effort. Et nous ne sommes pas des caniches ! Nous avons su allez chercher l'info et avons appris à résister.

Bref..il y en a encore d'autres dans l'article...mais j'attends déjà vos remarques avant de continuer

Cela vaut le coup de le lire 2 x et vous remarquerez que malgré le titre sans ambiguité les propos recèlent une chiée de contradictions

bye

 7/3/2008 21:14Profil
ExpéditeurConversation
Boris.fr  Re: enfin une interview valable et sans complaisance.


Inscrit le: 1/10/2007
De : - France -
Rang : Cannaweedeur
Prénom : Bob

Salut

Citation :

Ensuite. Dans le paragraphe " Comment agit-il ? "
"...Se droguer ne demande aucune aptitude, aucun effort, il suffit d'aspirer, de sniffer, de gober". C'est l'extase à portée des caniches. Il n'y a pas de quoi se vanter."



C'est en contradiction avec ce qu'il revendique.. car beaucoup que nous sommes savons nous "droguer" en toute conscience et avec effort. Et nous ne sommes pas des caniches ! Nous avons su allez chercher l'info et avons appris à résister.


Et bien moi dans la citation que tu as prises , je vois qu'il désigne les drogues en général , "sniffer, gober" , essaie avec un joint , donc d'après sa pensé cela exclut le cannabis qu'il souhaiterai que l'on ne considère plus comme drogue (tout court) mais comme drogue "récréative" ( comme alcool ).

Donc je ne vois pas de contradiction flagrante dans son discours ...

Dis -moi ce que t'en penses ,

+

 7/3/2008 21:44Profil
ExpéditeurConversation
archie  Re: enfin une interview valable et sans complaisance.


Inscrit le: 11/5/2006
Rang : Cannactiviste

En contradiction avec le respect des utilisateurs et la dépénalisation qu'il revendique..

Et là ...il est carrément méprisant sur les usagers et sur le cannabis et ses effets qu'il déprécie...Peut-être que sa situation de médecin ne lui fait voir que des fumeurs à gros problèmes sociaux ?

Je vous fais partager mon avis..je le ressens nettement comme cela = Je trouve pas mal de choses chelou dans l'article bien que je sois pour une libéralisation totale = dépénalisation et légalisation

De plus j'ajouterai que dire " si le cannabis doit être défendu c'est comme une drogue et non comme un médicament" demande réflexion ...que veut-il dire vraiment là-dessus ?

bye

 7/3/2008 21:52Profil
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