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| Expéditeur | Conversation |
| ZykoW |
Textes embrumés ! |

| | Je rentre de soirée...
Dans mon esprit fatigué, laminé, enfumé, une forme de caméra sauce spirituelle se dessine... Un long travelling arrière, hors de ma conscience, sort d'elle, et en un long plan séquence me dessine la réalité. La mienne s'estompe peu à peu, et dévoile son vrai visage. Je suis seul, à marcher dans ces couloirs blancs sans saveur, mais malheureusement pas sans odeur, du métro, et seul un rat trottine encore à mes côtés. Je vois ma maison, ma vie, que je pensais si différentes, si uniques, s'assembler en un immense puzzle uniforme... Ma conscience peu à peu s'évapore dans le nuage commun de notre société... Je ne suis pas moi, je suis un autre, semblable à eux, incomparablement différent de ces hommes de politique, ces hommes de cathédrale, de génériques de fin, de publicité, de télévision... Elle nous a injecté le sérum de notre vulgarité*. Nous ne savons pas que nous sommes identiques, et nous ne cherchons pas à en prendre conscience. On se complait dans sa bulle d'indifférence, ne remarquant même pas celle des autres, se démarquer à tout prix, pour faire comme les autres. Seules quelques substances te ramènent ici bas, et t'éclairent l'esprit dans de trop courts instants de clairvoyance. Tu montes aux cieux, au chevet de la conscience totale, pour finalement redescendre parmi eux, si ce n'est plus bas. Et le réveil est dur, accroupi devant les toilettes, la tête sur le trottoir, allongé dans le caniveau, ou même affalé dans le canapé, la boîte de pizza familiale commandée la vieille trônant à tes pieds. Et merde, il faut émerger. Et merde, il faut nettoyer tout ce bazar, aérer le salon, laver le lavabo. Et merde, je dois retourner dans ma bulle aux illusions délavées.
* "vulgus" en latin: "foule", "commun des hommes", "multitude" |
| 28/8/2008 14:24 |  |
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| Expéditeur | Conversation |
| mfdoom |
Re: retour à soit, retour de soirée. |

| | 28/8/2008 14:28 |  |
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| Expéditeur | Conversation |
| ZykoW |
Re: retour à soit, retour de soirée. |

| | Le dieu de la mescaline ? :D
J'écrirai encore, tout comme pour le dessin je trouve que ma passion défoncé n'en est que plus forte, un véritable accouchement de la conscience !
Un autre texte que j'avais écrit sous des influences étranges.. Bon c'est pas super rigoureux, mais on en voudra pas à mes connexions inter-synaptiques embuées ! Je dois avouer que je le trouve assez maladroit, mais je ne renie ni mon passé ni mes anciennes escapades au sixième (au moins) ciel !
Je rêve... Je rêve de vie, de rue et de vers, D'une mère qui n'soit pas sous terre; D'un foyer beaucoup moins austère. Je rêve d'estrades et de foules, Et pas d'bads et de couilles, Je rêve de paix de rires et d'amour; Je rêve de vie, je vis de rêves, Car l'Homme bon descend du songe, On l'dit, j'le crois mais sans espoirs. J'grimpe les barbelés d'ma conscience, Cherche à m'évader d'tous ces gens, Costards et cravates qui vont au bureau, Sans coquards ni savate ou de KO, Une vie plate, morne et sans bosses. Je rêve de liberté, d'égalité sans fratricide, J'vois pas assez d'pitié et trop d'suicides. Dans mon cœur pas assez d'hilarité, car Je rêve que ma mère sorte de sa tombe, Que mes ennemis y entrent en trombe, Que les pires partent toujours les premiers. La folie nous guette alors je rêve, Mais je vis un glaive dans l'artère, Une jolie lame dans la gorge, Je rêve que l'hémorragie s'arrête, Que les secours arrivent à l'instant, C'est trop tard mais j'rejoins pas les anges, Six pieds sous terre j'irai bouffer les racines...
Je rêve de vie et vis de vers, Et gis sans épitaphe... |
| 28/8/2008 21:24 |  |
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| Expéditeur | Conversation |
| ZykoW |
Re: textes embrumés ! |

| | Un couloir long, uniforme au premier regard. Entre la blancheur chirurgicale et le glauque souterrain... Des néons parsèment le chemin, ça et là, éblouissant plus qu'ils n'éclairent. Aucune idée de ce que je fous là, mais j'avance, l'esprit encore confus par les vapeurs éthyliques.
Soudain, des couleurs. Par dizaines, par centaines. Se superposant les unes aux autres, à droite, et à gauche. Trop de couleurs apparaissent en un instant, je sombre dans l'overdose chromatique... Les publicités sont là. Elles jallonent le parcours qui me semble interminable... Une furie envahit mon esprit... Je veux arracher ces couleurs qui s'imposent à mes yeux, à ma tête encore peu claire. Je veux à tout prix remplacer ces assaillantes couleurs par un noir profond... Mais je continue mon chemin, baisse la tête. Je regarde mes pieds, et plonge peu à peu dans le rythme de ma course. J'ai l'impression de marcher depuis des heures, j'ai mal au crâne et veux me reposer, mais continue, comme hypnotisé, à avancer en regardant mes pas... Et c'est là que je me cogne contre une masse informe, que j'identifie avec difficulté comme étant un contrôleur.
Et merde ! Un flot de paroles veut sortir, mais au lieu de ça, c'est un flot indescriptible de mélanges de textures et couleurs faites maison se déverse sur cette belle cravate grise et verte. Malgré le voile flou qui s'est posé depuis bien longtemps déjà sur ma vue, j'arrive à courir jusqu'à l'autre bout du quai, et à sauter - ou devrais-je dire tomber lamentablement - dans le métro pendant que retentit le signal... Tant pis pour les consignes ! Le wagon est désespérément vide, je décide donc de prendre mes aises, enfin, et m'assoupis peu après.
Je me réveille en sursaut à peine une station après, au deuxième signal, et sous mes yeux rougis par la folie de cette nuit, je vois une pub, deux pubs, dans le wagon, sur le quai... Je m'aperçois que je les hais plus que tout... Et pourtant...
... Demain je dois reprendre mon travail, aller au bureau... et créer des publicités. Placer des couleurs les unes sur les autres, faire croire à un sens, et faire vendre autant que possible, plier la conscience collective dans la direction qu'aura voulu par le patron... Une nouvelle galette contre l'affiche qui me fait face me fait bien comprendre l'ampleur de la haine que j'éprouve envers la publicité, envers moi-même. Un seul constat possible: je suis mon propre déchet...
... Tiraillé entre la raison et un pseudo sentiment de domination.
Cette nuit, il y'aura encore un mort sur les voies. Aucun voyageur, c'est pas grave. Ni le trafic ne sera interrompu, ni l'entreprise qui m'emploie, ni la marche pitoyable de la société vers sa propre annihilation intellectuelle...
PS: eh oui, encore le métro... que voulez-vous, c'est tout de même un moyen incontournable pour rentrer chez soit dans les grandes villes ! |
| 18/9/2008 20:55 |  |
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