Chômage : les foncedés privés d’allocation ?
Les chômeurs ont la belle vie. Sarko veut soumettre leur sort à un référendum,
le Congrès US a décidé de les contraindre à un dépistage de drogues. Yes we can!
Malmené par les sondages, notre Président a une fois de plus, réussi à botter
en touche et à renvoyer à plus tard l’examen forcément embarrassant de son bilan.
Comment ? En inscrivant à son programme un référendum consacré à ces feignants de chômeurs,
afin de les contraindre à prendre le deuxième emploi qui se présente ou à être radié ;
redonner la parole au peuple tout en faisant baisser le chômage, et fondre le nombre des allocataires : respect.
C’est vrai qu’au début, ça surprendra un peu. A l’image de Danièle Casamont,
éducatrice spécialisée de 53 ans qui a toujours une pêche d’enfer malgré
des mois de chômage et à reçu de Pole Emploi une offre de strip-teaseuse à Poussan en CDD de 3 mois à 12,99 euros de l’heure + prime,
mais bon…quand on a faim, on travaille.
Et le préz' ne compte pas en rester là,
puisqu’il a annoncé que les bénéficiaires du RSA devraient
eux aussi bosser 7 jours par mois minimum à des travaux d’intérêt général.
La drogue, «juste cause» de licenciement
Nico n’est donc pas loin de pousser la logique à l’extrême, comme l’ont fait
les ricains qu’il admirait tant avant de succomber aux beaux yeux d’Angela. .

Parce que pas plus tard que vendredi dernier 17 février, le
Congrès US a pris une décision encore plus radicale : soumettre les
chômeurs qui sollicitent une allocation à un test de dépistage de drogue.
Yes sir ! Plus d’indemnisation pour les foncedés ! Pourquoi Nico n’y a pas pensé le premier ?
La banque, «secteur à risque»?
Certes, outre-atlantique, celui qui perd son job pour usage de came est licencié pour « juste cause » ;
il n’a donc déjà plus droit aux alloc’. Là où les parlementaires américains se sont montrés plus malins,
c’est en décidant que le test de dépistage s’appliquera à tous les chômeurs ayant perdu leur emploi dans
des secteurs ou l’usage de drogue est « courant» ( ?) exposant ainsi
des centaines de milliers de losers à un éventuel bras d’honneur de l’Oncle Sam.
C’est les traders cocaïnés qui vont faire la gueule au moment de souffler dans le ballon.
A moins que la banque ne soit pas finalement pas retenue comme un secteur « à risque »…
Car la loi qui vient d’être votée prévoit en effet que le Ministère du Travail définisse les règles de dépistage
et les « bénéficiaires » de la mesure. D’après le texte initial, il s’agit des chômeurs « auxquels,
selon les dispositions des lois des états, pourrait être proposé un emploi adapté,
à une fonction où sont habituellement menés des tests de dépistage de drogue, dans les conditions définies par le Secrétaire à l’Emploi ».
Bref, Démocrates et Républicains vont se mettre rapidement d’accord sur les cibles à tester ;
à coup sûr, un grand nombre de feignants US vont passer un sale quart d’heure.
La mesure a ses détracteurs. En particulier les gauchos irrécupérables de la Drug Policy Alliance qui parle d’un rituel humiliant.
« Cette politique est un coup bas pour des milliers d’américains qui luttent.
Le congrès a confondu une généreuse subvention publique aux entreprises qui effectuent des tests,
avec une gifle au visage de ceux qui luttent pour trouver un emploi, nourrir leur famille et conserver un toit.
Le peuple américain a le droit d'être bouleversé d'avoir à subventionner une violation de leurs libertés civiles,
au moment où il souhaite bénéficier d'un programme qu'il finance par son salaire. le dépistage de drogue est coûteux et inefficace.
Il nous détourne des politiques ayant fait leurs preuves en matière de réduction des problèmes liés à l’usage et à l’abus de drogue. »
Par Mélanie Mendelewitsch
lun, 27/02/2012
Source : Bakchich.info
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