Lutte contre les stupéfiants: «difficile d’arrêter les trafiquants», donc place à la «chasse aux fumeurs de cannabis»?
By mrpolo, in Justice, politique,

Le gouvernement clame sa volonté de s’en prendre aux dealers. Pourtant, un rapport démontre que les arrestations pour trafic augmentent bien moins vite que les interpellations pour usage. Pour le juriste Renaud Colson, la politique concernant les drogues est avant tout un faire-valoir politique afin d’échapper aux accusations de laxisme.
 

 
La guerre menée contre les stupéfiants toucherait plus les consommateurs que les trafiquants. C’est le bilan que tire l’Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT) de la lutte anti-drogue, cinquante ans après la promulgation de la loi de 1970. Celle-ci voit l’usager de drogues à la fois comme un malade et comme un délinquant.
Difficulté pour appréhender les trafiquants
Ainsi, le nombre d’individus interpellés pour des infractions à la législation sur les stupéfiants (ILS) a été multiplié par 40, passant de 4.000 à 160.000 personnes en 2020. Or, selon l’Obseravoire, «les interpellations au titre de l’usage ont augmenté deux fois plus vite que les procédures pour trafic». En 2020, par exemple, elles représentaient 81% des mises en cause, contre 9% pour des faits d’usage-revente et 9% de trafic.
 
© Photo / OFDT Évolution des personnes interpellées pour ILS, par catégorie d’infractions (1972-2020) - Capture d’écran – Rapport de l’OFDT « Tendances n° 144 », Avril 2021  
Des données qui n’étonnent guère Bénédicte Desforges, cofondatrice du collectif Police contre la prohibition: «Tout le monde veut arrêter des trafiquants, mais ce n’est pas facile à réaliser. C’est pour cela que le chiffre des procédures de trafic reste stable», déplore-t-elle au micro de Sputnik. A contrario, «l’usage de stupéfiant est un délit facile à faire, sans enquête, sans victime et élucidé à 100% aussitôt qu’il est constaté», avance l’ancienne policière.
«L’infraction révélée est excellente d’un point de vue statistique. Cela explique dans une grande mesure l’augmentation des interpellations qui donnent lieu à une réponse pénale immédiate», abonde Renaud Colson, juriste et maître de conférences à l’université de Nantes, spécialisé dans la politique des drogues. Selon lui, c’est une des conséquences de la «politique du chiffre» qui a «façonné la culture policière de ces dernières années».
Les jeunes dans le viseur
En outre, cette politique peut donner lieu à des situations cocasses, comme le raconte Bénédicte Desforges.
Ces interpellations cibleraient en priorité les «quartiers populaires», les «populations jeunes et les usagers de cannabis ou autres drogues qui sont visibles dans l’espace public». «C’est là qu’ils vont faire leur chiffre», explique la cofondatrice de Police contre la prohibition.
 
© CC0 / 7raysmarketing Amende pour usage de drogues: un «nouvel outil de contrôle»? Dans les faits, l’OFDT a effectivement constaté que, en 2010 par exemple, seuls 4% des cinq millions de fumeurs annuels -900.000 de fumeurs quotidiens- ont été interpellés. En outre, sur cette faible proportion de personnes arrêtées, certaines catégories d’usagers sont surreprésentées: les moins de 25 ans, les personnes nées à l’étranger et les chômeurs.  
Parmi les usagers épinglés par la police en 2019, ils étaient 90% d’hommes, selon le rapport.
C’est là que réside le paradoxe de la lutte contre les stupéfiants, estime Renaud Colson. «C’est une politique répressive, qui pèse de tout son poids sur une partie de la population, et une politique totalement indolore pour la grande majorité des usagers. Certains peuvent même douter que l’usage de stupéfiants soit interdit: le cannabis est partout mais son usage n’est réprimé qu’en certains lieux.»
Peut-être conscient de ce décalage, Gérald Darmanin a estimé dans une interview donnée au JDD qu’il «[fallait] dire la vérité»: «C’est souvent le bourgeois du seizième arrondissement parisien qui fait vivre le point de deal de Sarcelles.» 
Une politique dépourvue de sa dimension sanitaire
Néanmoins, pour endiguer la consommation de stupéfiants, le ministre de l’Intérieur a souligné l’importance d’agir sur la prévention. Il y voit d’autant plus d’urgence que «le cannabis est devenu une drogue dure». Le niveau de cannabinoïde psychoactif (tétrahydrocannabinol, THC) «a augmenté de manière considérable et crée une dépendance très forte». Les intentions semblent louables, donc. Mais certains dispositifs sont en contradiction avec l’objectif annoncé. Et pour cause, avec la création de l’amende forfaitaire délictuelle (AFD), «la dimension sanitaire est complètement évacuée de la réponse pénale», fustige Bénédicte Desforges.
 
© AFP 2021 THIBAULT CAMUS «Discours inquiétant» de Macron sur les drogues: un bilan sécuritaire en berne, le temps des manœuvres politiques? Une tendance générale depuis la promulgation de la loi de décembre 1970. En effet, dans sa note, l’OFDT souligne une «montée en puissance de cette dynamique de pénalisation financière». Et ce au détriment des mesures alternatives à caractère sanitaire, qui se sont raréfiées. Les injonctions thérapeutiques, les orientations vers une structure socio-sanitaire «représentent aujourd'hui 7 % des alternatives prescrites pour sanctionner un délit d'usage, le niveau le plus bas jamais enregistré».   
Un constat d’échec pour Renaud Colson. «Le principe du volet sanitaire de la loi de 1970 était que l’usager de stupéfiant qui rentrait dans une logique d’abstinence, sous contrôle médical, se voyait protéger des poursuites pénales», rappelle le juriste. L’aspect répressif était présent «essentiellement dans l’hypothèse où les usagers résistaient aux démarches thérapeutiques», précise-t-il. Sauf que cette approche n’est pas adaptée à la grande majorité des usagers de produits illicites, déplore Renaud Colson.
 
 
Une grille de lecture qui pourrait s’appliquer aux déclarations du ministre de l’Intérieur. D’ailleurs, Gérald Darmanin n’a pas manqué de s’auto-congratuler: «Depuis janvier, nous avons conduit plus de 1.300 opérations de démantèlement des points de deal. Nous effectuons des saisies importantes et régulières. Mais notre stratégie est aussi de s’attaquer aux consommateurs: plus de 70.000 amendes pénales leur ont été délivrées depuis le 1er septembre.» Des chiffres supposés démentir, en creux, les accusations de laxisme émanant de l’opposition.
 
Source: sputniknews.com
 

Extrait de l'interview du JDD 24 avril 2021:
 
    Et sur la drogue le discours clair est du côté du gouvernement. Il l’est moins du côté des oppositions. Quand je vois le président des députés LR, Damien Abad, ou Robin Reda, le bras droit de Valérie Pécresse, prôner la légalisation du cannabis, je me demande où est le laxisme?
 
Cette ligne répressive contre l’usage du cannabis est dénoncée comme inefficace par les médecins… Ne faut-il pas une autre méthode?(le jdd)
 
Le cannabis est devenu une drogue dure. Tout le monde sait que le niveau de THC a augmenté de manière considérable et crée une dépendance très forte. Le cannabis est responsable de 500 morts sur les routes. Depuis janvier, nous avons conduit plus de 1 300 opérations de démantèlement des points de deal. Nous effectuons des saisies importantes et régulières. Mais notre stratégie est aussi de s’attaquer aux consommateurs : plus de 70 000 amendes pénales leur ont été délivrées depuis le 1er septembre. Et il faut dire la vérité, c’est souvent le bourgeois du 16e arrondissement parisien qui fait vivre le point de deal de Sarcelles.
Nous allons nous attaquer encore plus à la livraison à domicile et lutter contre le soft power des prolégalisation mené sur certaines plateformes Internet qui réunissent plusieurs millions de personnes. Mais il faut aussi agir sur la prévention : la dernière campagne de sensibilisation contre la drogue date de trente ans ! Le gouvernement en lancera une nouvelle avant la fin de l’été sous l’autorité du Premier ministre.
 
Source: lejdd.fr
 
on
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[Belgique] Un premier pas vers moins de répression des consommateurs de cannabis
By Frett,
Le Sénat vient de soutenir de la mise en place d'un rapport d’évaluation de la loi drogue de 1921. "C’est toute l’approche en matière de drogues qui doit évoluer", pointe Julien Uyttendaele (PS),
Faut-il moins pénaliser la consommation de drogue?
Une demande de rapport d’évaluation de la loi drogue de 1921 avait été réclamée par le sénateur Julien Uyttendaele (PS), comme nous l’annoncions en février. Il y voyait une première étape de l’évolution de la loi vers moins de répression.
  La demande a été largement soutenue ce vendredi au Sénat à 35 voix pour, 18 contre (principalement la N-VA, le Vlaams Belang et le CD&V) et 2 abstentions.
Le travail va donc pouvoir commencer, à l’instar de la mission parlementaire initiée à l’assemblée nationale française. “C’est une première étape pour faire évoluer cette loi qui fête cette année son centième anniversaire, mais c’est toute l’approche en matière de drogues qui doit évoluer. Le statu quo n’est plus tenable. Cette loi est la principale responsable de la surpopulation carcérale et pourtant le cannabis n’a jamais aussi accessible et consommé qu’aujourd’hui. On doit avancer”, a réagi Julien Uyttendaele, qui porte ce projet depuis longtemps. “C’est un bon signal, la loi de 1921 est dépassée depuis longtemps et nous allons ainsi avoir les outils pour instaurer un débat global et constructif.”
 
Source: Dernière-heure/ Les sports
 
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Ces particuliers qui cultivent du cannabis : «J’ai planté trois pieds au premier confinement»
By mrpolo,
Le nombre de cultivateurs de cannabis est en constante augmentation en Ile-de-France. Le temps libre avec le confinement a fait franchir le pas à certains jardiniers-fumeurs. Ils y voient le plaisir de faire pousser et produire soi-même son «herbe».

«Grâce aux graines autofloraison, on est sûrs d’avoir des résultats en trois mois, même en étant débutants», affirment Dany et Marco, des étudiants qui profitent du champ derrière leur maison pour cultiver du cannabis. LP/F.L.
 
  En intérieur ou dehors, la culture de cannabis a toujours existé. Mais depuis quelques années, les jardiniers-fumeurs sont de plus en plus nombreux. « C'est un retour aux sources, comme avec la tendance du bio, car faire pousser soi-même son cannabis, tenter de s'améliorer, cela procure un réel plaisir, avance Ulysse, quadragénaire qui chouchoute quatre pots dans sa cave de Gennevilliers (Hauts-de-Seine). Cela m'assure ma consommation annuelle. Et ça m'évite d'aller dans une cité pour en récupérer, sans savoir quelle sera la qualité. Et comme pour du rhum arrangé, je cherche à maîtriser les saveurs. C'est tout un art. » D'autres qui dealent déjà des produits importés, y voient des gains supplémentaires : « Cela ne coûte presque rien à produire et ça rapporte bien, à 10 euros le gramme », avance un trentenaire de Seine-Saint-Denis, qui revend depuis près de dix ans. Selon les chiffres de l'office anti-stupéfiants (Ofast), « en culture indoor, 6 pieds peuvent rapporter 14 000 euros par an ».
Mais surtout, tous assurent qu'avec les manipulations génétiques sur les graines, « il est beaucoup plus facile de cultiver du cannabis qu'avant, notamment en extérieur. » Le climat francilien convient très bien à ces nouvelles variétés de cannabis. Et en grande couronne parisienne, les terrains pour planter ne manquent pas… «Avant il fallait s'acheter tout un matériel pour la culture indoor et c'est un investissement coûteux, je n'avais pas voulu franchir le pas, là c'est économique », confie Loïc qui vient de planter ses premières graines dans son jardin du sud de l'Essonne.
«On disait à nos potes : Vas te décrocher un joint sur la branche»
« Grâce aux graines autofloraison, on est sûr d'avoir des résultats en trois mois, même en étant débutant », affirment Dany et Marco (leurs prénoms ont été modifiés), étudiants de 22 et 23 ans en tourisme et en économie, vivant dans une commune proche de Chelles (Seine-et-Marne). « Je me suis mis à planter trois pieds lors du premier confinement, en mars 2020, reprend Marco. On avait du temps, on devait rester chez nous…»
Son ami Dany lui a emboîté le pas. « En août, en vacances, on a pu fumer ce qu'on avait produit, rigolent-ils. C'était séché, et on disait à nos potes : Vas te décrocher un joint sur la branche. » Marco a même enchaîné avec une deuxième récolte quelques semaines plus tard.
 
Marco et Dany ont pu profiter de leur première récolte durant toutes leurs vacances d’été. LP/F.L.   Au fond du jardin de leurs familles respectives, s'étend un grand champ et une forêt. « On a pu y mettre nos pousses près de chez nous, sans que cela attire les regards », relatent les deux étudiants qui reconnaissent fumer depuis leur adolescence, lors de soirées entre amis : « On a commencé parce qu'en fumant, on savait qu'on allait se taper des barres de rires pendant des heures, témoigne Dany. On continue de temps en temps, en soirée, ça permet d'être détendu, d'oublier les soucis, tout en restant la même personne. »
«On a fait des erreurs, mais on s'est renseigné sur de nombreux forums pour maximiser le rendement»
Mais jusque-là, ils avaient toujours acheté leur shit (résine) ou leur beuh (herbe) prêts à consommer. « Sans le confinement, je n'aurais jamais commencé à cultiver, même si on avait envie d'essayer depuis longtemps, là on n'avait vraiment que ça à faire », lâche Marco. Tous deux se sont fait livrer leurs graines via des sites Internet hébergés à l'étranger, alors même que des magasins ayant pignon sur rue à Paris en vendent aussi en toute légalité.
« J'en ai pris différentes variétés, une appelée blueberry est censée avoir une couleur bleue », embraye Marco. Au départ, tout ne s'est pas passé comme prévu pour les apprentis jardiniers. « Il faisait froid et il y avait trop peu de soleil, alors pour maximiser le rendement, j'ai tenté d'éclairer avec une lampe de chantier. Et pour mieux laisser passer le soleil, j'ai coupé quelques feuilles, mais ça n'a pas marché », sourit Marco. « On a fait des erreurs, mais on s'est renseigné sur de nombreux forums pour maximiser le rendement, rapporte Dany. On s'est amélioré. »
 
Entreposés à quelques centaines de mètres du fond du jardin familial, à la limite d’un champ et d’une forêt, les plants de cannabis de Marco et Dany ont bien poussé jusqu’à atteindre près d’1,50 mètre de haut. LP/F.L.   Et les récoltes de Marco le prouvent. L'étudiant a obtenu 50 grammes d'herbe au cœur de l'été, puis 120 grammes au début de l'automne. « Avec Dany, on s'était même acheté une loupe pour regarder les couleurs des plantes pour savoir à quel stade de leur évolution elles en étaient, on utilisait des peaux de bananes dans l'eau comme engrais. Et pour sécher doucement les plants, j'avais pris des cintres et des petits ventilateurs… »
Car la passion s'empare des étudiants. Avec un troisième ami, lui aussi dans la culture de cannabis, les discussions tournent autour de leurs bébés : « Je les appelais mes fifilles, rigole Marco qui montre ses vidéos où il caresse les feuilles de cannabis. C'est fascinant de voir que tes plantes ont poussé de plusieurs centimètres en une journée, c'est du concret. Au taf pendant mon stage, je pensais à elles, les branches tournées vers le soleil. »
«On ne cherche pas à se faire de l'argent»
Les amis découvrent aussi les contraintes liées au jardinage, la discrétion en plus. « Heureusement qu'on n'avait que trois pieds, parce que vu qu'il faut aller les arroser quotidiennement, t'avais l'air malin à partir au fond de ton jardin avec ton sac rempli de bouteilles d'eau, sans que tes parents ne sachent pourquoi », chambre Dany.
Et puis vient le moment de la découpe et du séchage. « Chez moi ce n'était pas possible d'avoir un endroit pour les entreposer, alors il a fallu que j'emmène mes pieds chez Marco qui a une cabane, se rappelle Dany. C'est là qu'on a vraiment pris des risques à les transporter. J'avais peur d'être contrôlé. On n'a jamais perdu de vue que c est illégal, et on ne veut pas avoir un casier judiciaire. »
Alors, comme dans les films, pour faire 5 minutes de trajet entre les deux maisons, les compères sollicitent un ami, pour avoir un véhicule ouvreur, afin de protéger celui plein de cannabis. « Ça rend un peu parano de cultiver quelque chose d'illégal, avoue Marco. Une fois, alors que j'arrosais les fifilles dans le jardin, il y a un hélicoptère qui a survolé notre zone, j'ai couru me cacher. Notre ami, qui cultivait aussi, a eu peur que l'on ait pu sentir son cannabis quand des gens sont venus récupérer un ballon dans son jardin…»
Mais ce n'est pas le seul écueil pour des apprentis cultivateurs. « On ne savait pas qu'il fallait mettre des gants quand on coupe les branches après la récolte, rigole Marco. Sinon le cannabis rentre par les pores de la peau. La première fois que j'ai voulu m'y mettre, je me suis levé à 11 heures. J'ai commencé, et puis à 11h30 je suis retourné me coucher. KO. »
Des anecdotes qui font le sel de cette expérience à en croire les compères. « Et puis c'est hyper rentable, on a consommé pour plus de 2 000 euros de beuh avec un investissement inférieur à 100 euros », appuie Dany.
Des parents conciliants...
Pas mécontent du produit fini, surtout après avoir bien peaufiné l'affinage, Marco a décidé de faire goûter son herbe à son dealeur. « Il a kiffé, ça flatte, lâche-t-il fièrement. D'ailleurs, quelques semaines plus tard, il était en galère et il a même voulu nous en acheter. » « Mais on a refusé, on ne cherche pas à se faire de l'argent, on n'a pas pour but de jouer à Pablo Escobar », embraye Dany.
Malgré tout, les deux amis ont apprécié l'aura auprès de leur groupe d'amis proches. « On n'a manqué de rien durant toutes les vacances, c'était le bonheur, on m'appelait le jardinier, et nos potes donnaient notre prénom à notre beuh, s'amuse Marco. Et puis elle était vraiment bonne. En étant patient sur l'affinage ça donne un truc fabuleux. »
Ils ont aussi apprécié savoir ce qu'ils fumaient. « On en a pris soin, on sait comment cette beuh a poussé, où on l'a entreposée, confient-ils tous deux. On a fait des soirées dégustation, pour comparer les goûts, les effets… »
Quant à leurs parents, ils ont fini par comprendre que leurs enfants cultivaient du cannabis. « Mais tant qu'ils voient qu'on ne change pas, ça ne les embête pas trop, estiment Marco et Dany. Et nous, on voit les conséquences de l'alcool sur certains, et à nos yeux c'est pire. »
Par Florian Loisy 
Source: leparisien.fr on en parle sur le forum
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Un Joint ;Un Vaccin
By R4ptoR,
"Un joint pour un vaccin" à New York
Par AFP le 20.04.2021 à 21h33 Lecture 3 min.
    Un homme, carte de vaccination en main, fume un joint distribué lors de l'opération "Un joint pour un vaccin" organisée le 20 avril 2021 à Union Square, à New York AFP - Angela Weiss "Un joint pour un vaccin": des militants de la légalisation de la marijuana ont fait un tabac mardi à Manhattan, en offrant un joint à toute personne pouvant attester avoir reçu au moins une dose de vaccin anti-Covid.
  L'idée était de célébrer la légalisation fin mars du cannabis récréatif dans l'Etat de New York et de soutenir la campagne de vaccination -- tout en marquant la date du 20 avril ("4/20", en anglais, chiffres devenus nom de code pour désigner la consommation de cette drogue douce), journée officieuse de la marijuana.
  "C'est la première fois qu'on peut s'asseoir et distribuer des joints légalement", a expliqué Michael O'Malley, l'un des organisateurs, en distribuant des joints préparés à l'avance par quelques bénévoles. "On soutient l'effort de vaccination du gouvernement fédéral et on essaie aussi de leur faire légaliser le cannabis au niveau fédéral."
Dès le début de la distribution, vers 11 heures du matin, une queue très décontractée d'une cinquantaine de personnes, jeunes et moins jeunes, s'était formée sur la place de Union Square, aux portes de Greenwich Village.
      En l'espace de cinq heures, les intéressés ont pu vite défiler: une dizaine de minutes d'attente au soleil, juste le temps de montrer une carte de vaccination, en papier ou sur son smartphone, et de donner son adresse mail.
  Pas de contrôle tatillon ni de vérification que certains ne fassent pas deux fois la queue: "on n'est pas trop regardant", reconnaît M. O'Malley.
Sarah Overholt, 38 ans, est ainsi repartie avec deux joints en poche: elle a montré sa carte de vaccination et celle de sa mère, âgée de 70 ans.
  Pour elle, pas de doute: marijuana et vaccin sont tout autant indispensables.
"Je fume tous les jours et ça fait de moi une meilleure personne, croyez-moi", dit-elle en souriant.
  Quant au vaccin, "tout le monde devrait se faire vacciner, il ne devrait pas falloir de l'herbe pour convaincre les gens de le faire, mais si ça marche, alors ça marche", estime cette trentenaire qui a reçu sa première dose le 25 mars et attend sa seconde jeudi.
Alex Zerbe, 24 ans, trader venu depuis son bureau tout proche, est du même avis. Il a déjà reçu ses deux doses et fume un joint "une ou deux fois par jour".
"Je trouverais toujours un joint" mais l'idée d'en offrir un aux personnes vaccinées "est juste cool", dit-il.
Dès la première demi-heure, 150 à 200 joints avaient été distribués, sur quelque 1.500 roulés à l'avance par les militants.
Diverses marques américaines, dans l'alimentaire notamment, ont lancé des promotions liées au vaccin ces dernières semaines: beignets, hot-dogs ou bières sont, à divers endroits du pays, offerts aux personnes présentant preuve de vaccination, selon des conditions variables.
 
 
Source:sciences et avenir
 
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Cannabis: Emmanuel Macron est contre «la dépénalisation généralisée»
By mrpolo,
Emmanuel Macron veut « briser un tabou » et « lancer lancer un grand débat national sur la consommation de drogue et ses effets délétères ». C’est ce qu’annonce le président de la République dimanche soir dans une longue interview au Figaro.
 
 
Dans une interview au Figaro, le président de la République indique qu’il souhaite un débat sur «les effets délétères» de la drogue. (Photo by CHRISTIAN HARTMANN / POOL / AFP)   « On se roule un joint dans son salon et à la fin on alimente la plus importante des sources d’insécurité… »
« Ceux qui prennent de la drogue - et cela concerne toutes les catégories sociales - doivent comprendre que non seulement, ils mettent leur santé en danger, mais qu’ils alimentent aussi le plus grand des trafics », assure le chef de l’Etat. « On se roule un joint dans son salon et à la fin on alimente la plus importante des sources d’insécurité… », ajoute Emmanuel Macron.
  « Briser ce tabou »
Il dit souhaiter « provoquer une prise de conscience » et « briser ce tabou ». « À l’inverse de ceux qui prônent la dépénalisation généralisée, je pense que les stups ont besoin d’un coup de frein, pas d’un coup de publicité. Dire que le haschisch est innocent est plus qu’un mensonge. Sur le plan cognitif, les effets sont désastreux. Combien de jeunes, parce qu’ils commencent à fumer au collège, sortent totalement du système scolaire et gâchent leurs chances? Et je ne parle même pas des effets de glissements vers des drogues plus dures », estime Emmanuel Macron.
 
 
Emmanuel Macron reconnaît que les trafics de stupéfiants « explosent » et « forment la matrice économique de la violence dans notre pays ». « Les éradiquer par tous les moyens est devenu la mère des batailles, puisque la drogue innerve certains réseaux séparatistes mais aussi la délinquance du quotidien, y compris dans les petites villes épargnées jusqu’ici. Ne laisser aucun répit aux trafiquants de drogue, c’est faire reculer la délinquance partout », souligne-t-il.
  Il veut « harceler les trafiquants et les dealers »
Il affirme que le gouvernement passe « à la vitesse supérieure » avec l’objectif de « harceler les trafiquants et les dealers ». « Sur les 4000 points de deal répertoriés récemment, plus de 1.000 opérations coup-de-poing ont été réalisées ces dernières semaines. Et chaque jour, nous fermons un point de deal. Allez voir dans les quartiers comment cela change la vie! », selon lui.
Il ajoute que « 70 000 amendes forfaitaires délictuelles ont été dressées depuis septembre ». « Ça veut dire quelque chose de clair: si vous vous faites prendre comme consommateur, vous savez que vous allez devoir payer et que vous n’allez pas y échapper. Ça change le rapport de force », explique-t-il.
  Il promet de tenir l’objectif de 10 000 policiers et gendarmes supplémentaires
Dans la même interview, anglée sur la sécurité, le président de la République a promis de tenir son objectif de 10 000 policiers et gendarmes supplémentaires d’ici la fin du quinquennat, ainsi « chaque circonscription de police aura plus de policiers à la fin du quinquennat qu’au début, sans exception ».
Il a aussi annoncé la création à Montpellier d’une « école de guerre avec de la formation continue » ainsi que la modernisation de l’uniforme et le remplacement de la casquette par un calot.
 
Source: lavoixdunord.fr
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Colorado – Quand la culture du cannabis pollue plus que l’industrie du charbon !
By boogerman,
https://www.consoglobe.com/cannabis-pollution-cg
 
Colorado – Quand la culture du cannabis pollue plus que l’industrie du charbon !
 
Cela n’avait pas encore été quantifié jusque-là : la production légale de cannabis se révèle dramatiquement émettrice de gaz à effet de serre.
 
Rédigé par Paul Malo, le 13 Mar 2021, à 18 h 01 min   Les émissions de gaz à effet de serre dues à la production de cannabis légal aux États-Unis peuvent dépasser celles de l’industrie minière. Cannabis médical ou récréatif – Un impact environnemental qui reste à quantifier
C’est une étude dont les résultats sont tout simplement « stupéfiants » qui a été publiée le 8 mars dernier par une équipe de chercheurs de la Colorado State University dans les colonnes de la revue Nature Sustainability(1).
Ils ont eu l’idée de se pencher sur les émissions de gaz à effet de serre des plantations légales de cannabis. En effet, dans certains États américains, la consommation médicale ou récréative en est autorisée, et la culture également.
 
« La légalisation du cannabis a entraîné une augmentation substantielle de la production commerciale, mais l’ampleur de l’impact environnemental de l’industrie n’a pas été pleinement quantifiée, explique cette étude. Une quantité considérable de cannabis légal est cultivée à l’intérieur, principalement pour des raisons de contrôle de la qualité et de sécurité. Nous avons analysé l’énergie et les matériaux nécessaires pour cultiver du cannabis à l’intérieur et quantifié les émissions de gaz à effet de serre correspondantes en utilisant une méthodologie d’évaluation du cycle de vie. »
 
Cultiver le cannabis à l’intérieur, une plaie pour l’environnement © faboi
Un mode de culture gourmande en énergie
Et les résultats de cette étude américaine sont plus que surprenants : certes, le niveau d’émission varie d’un État à l’autre, selon les conditions de culture, mais il représente tout de même « selon l’emplacement, de 2.283 à 5.184 kg d’équivalent CO2 par kg de fleur séchée ».
Incroyable ! Dans les fermes du Colorado, cultiver le cannabis émet en fait plus de CO2 que l’industrie du charbon : environ 2,6 mégatonnes équivalent CO2, contre 1,8 mégatonne pour les mines.
  Il faut dire qu’il s’agit d’une culture des plus gourmandes en soi, entre le recours à de puissantes lampes et à des équipements spéciaux pour obtenir les conditions de température et d’humidité nécessaires à une bonne croissance des plants. Le fait de les élever en intérieur renforce encore cette consommation d’énergie.
« Les émissions de gaz à effet de serre du cycle de vie sont en grande partie dues à la production d’électricité et à la consommation de gaz naturel provenant des contrôles environnementaux intérieurs, des lampes de culture à haute intensité et de l’approvisionnement en dioxyde de carbone pour une croissance accélérée des plantes », précise l’étude.
1 % de la consommation électrique du pays
Au total, la production et la distribution de tout ce cannabis coûtent environ cinq milliards de dollars par an, rien que pour les États-Unis. Quant à la quantité d’énergie utilisée pour cultiver tout ce cannabis en intérieur, elle représente environ vingt térawatts par an. Soit environ 1 % de la consommation électrique du pays, et l’équivalent de la consommation de vingt millions de foyers(2).
Avec 17 millions de tonnes de dioxyde de carbone rejetés par an aux États-Unis, le coût carbone de la production du cannabis équivaudrait à l’utilisation de trois millions de voitures. Un simple joint représenterait autant de gaz à effet de serre qu’une ampoule électrique de cent watts restée allumée 17 heures durant !
 
Un joint de cannabis cultivé en intérieur (États-Unis) émet 1 kg de dioxyde de carbone, comme une ampoule de 100 watts allumée pendant 17h © Eskymaks
Et encore, les rejets de gaz à effets de serre engendrés par la production de cannabis sont sans doute encore sous-estimés. Aux calculs dévoilés par cette étude, il conviendrait encore d’ajouter les émissions engendrées par le stockage et le traitement du cannabis.
Comment réduire drastiquement les émissions de ce marché et de cette production en plein essor ?
Passer à une culture du cannabis en serres, en extérieur, sonne déjà comme une évidence. Mais moderniser les systèmes de climatisation et avoir recours à des ampoules LED, moins gourmandes en énergie, sont deux autres pistes à étudier.
 
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La composition des liquides à vapoter avec CBD vendus en Europe – quantification du CBD et de l’acétate de vitamine E
By Felix_Da_Craft,
Le 25 février 2020, le Centre américain pour le contrôle et la prévention de la maladie (CDC), en collaboration avec la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis, les services de santé locaux et des états, et d'autres partenaires cliniques ou publics en santé ont publié une mise à jour sur l'éclosion de maladies pulmonaires sévères associées au vapotage (MPAV). Sur un total de 2807 hospitalisations, 68 se sont avérées fatales. On attribue les lésions pulmonaires fatales à l'acétate de vitamine E qu'on retrouve dans les produits de vapotage et dans les liquides pulmonaires des sujets affectés [1].
 
En novembre 2019, la Belgique rapportait un cas de décès associé à l'usage de cigarettes électroniques contenant du cannabidiol (CBD) [2].
 
OBJECTIF
L'objectif de l'étude est de déterminer la présence de vitamine E ou d'acétate de vitamine E ainsi que d'autres substances potentiellement dangereuses dans les échantillons commerciaux de liquides à vapoter (aussi appelé e-liquides) enrichis de CBD vendus sur le marché européen.
 
MÉTHODOLOGIE
Tests d'identification
 
Entre la fin 2019 et le début 2020, 1 unité (bouteille) de 15 marques différentes de liquides à vapoter enrichis de CBD a été achetée à divers endroits (par internet, chez les buralistes, en boutique).
 
Chacune des bouteilles a été analysée selon une méthode de chromatographie en phase gazeuse/spectrométrie de masse (CPG-MS) en mode de balayage complet (scan), ce qui nous a permis d'obtenir l'information sur le contenu total des échantillons. Les substances détectées séparément par la chromatographie ont été comparées avec une base de données (bibliothèque NIST) ce qui a permis de les identifier avec un certain degré de fiabilité. L'analyse d'identification a été menée au moyen de deux méthodes de chromatographie différentes et dans des laboratoires distincts, ce qui nous a permis de détecter un plus grand nombre de substances présentes. De plus, l'une des méthodes a été réalisée au moyen de deux techniques d'injection différentes, c'est-à-dire l'injection directe et la technique dite de « l'espace de tête ».
 
Bien que les tests décrits ci-dessus permettent d'identifier un grand nombre de substances présentes dans les échantillons, un autre test d'identification spécifique pour la vitamine E et l'acétate de vitamine E a été exécuté par CPG-MS. Celui-ci a été réalisé selon les directives de la pharmacopée européenne (04/2005:0439) pour l'identification de ces deux substances.
 
Tests de quantification
 
Lorsque les résultats d'identification ont été obtenus, le CBD a été quantifié par chromatographie en phase liquide avec détecteur à barrette de diodes (HPLC-DAD) et l'acétate de vitamine E par CPG-MS. Dans les deux cas, les échantillons ont été analysés deux fois (contre-analyse).
 
 
 
RÉSULTATS
Tests d'identification
 
La plupart des échantillons (14 sur 15) ont démontré la présence de propylène-glycol (PG) ou du glycérol (VG), composés de base qui se retrouvent généralement dans les liquides à vapoter. L'un d'eux n'en contenait aucun. Dans ce dernier, du squalane et du tricaprylate de glycérol ainsi qu'une forme de vitamine E ont été identifiés. Dans les tests spécifiques pour l'identification de la vitamine E et de l'acétate de vitamine E, ce même échantillon a donné un résultat positif pour la présence d'acétate de vitamine E.
 
En plus de ces composés, la plupart des échantillons (12 sur 15) contenaient des terpènes qui sont également présents naturellement dans la plante de cannabis. Les plus fréquents étaient le ß-caryophyllène, détecté dans 10 des 15 échantillons, le limonène dans 8 échantillons et le ß-myrcène et le farnesène dans 7 échantillons.
 
Des phytocannabinoïdes autres que le CBD ont également été détectés : d9-THC a été identifié dans tous les échantillons et CBDV dans 12 d'entre eux.
 
La présence d'alcool benzylique pouvant provoquer de la toux, des étourdissements et des maux de tête a été relevée dans un échantillon, et ce, selon les deux méthodes [3].
 
Tests de quantification
 
En ce qui a trait au CBD, l'analyse de 14 des 15 échantillons a démontré des valeurs inférieures à celles figurant sur l'étiquette. Seuls 4 échantillons ont démontré un écart de moins de 10 % inférieur au pourcentage déclaré (-6 %, -3,4 %, -2,5 % et -8 %). En moyenne, la concentration de CBD était de 27 % inférieure à la valeur indiquée sur l'étiquette, avec les extrêmes allant de +6,67 % à -78,33 % de CBD. Un seul échantillon révélait une valeur supérieure à celle déclarée (6,67 %). Le coefficient de variation (% CV) lors de la contre-analyse était très élevé pour certains échantillons (jusqu'à 40,03 %), ce qui indique un manque d'homogénéité du produit.
 

 
 
Figure 1. La concentration de CBD dans les échantillons analysés par rapport aux valeurs sur les étiquettes
 
L'échantillon ayant obtenu un résultat positif pour l'acétate de vitamine E a rapporté une concentration de 244,48 mg d'acétate de vitamine E par gramme de l'échantillon lors du test de quantification.
 
CONCLUSIONS
La présence d'acétate de vitamine E a été confirmée dans un des 15 produits examinés dans le cadre de cette étude.
 
Il n'y a aucune donnée relative au seuil de dangerosité de ce composé lorsqu'il est inhalé dans un liquide à vapoter. Cependant, la documentation existante sur l'utilisation de cigarettes électroniques et la présence d'acétate de vitamine E par les gens souffrant de maladies pulmonaires graves tend à en déconseiller la consommation.
 
De la même manière, la présence d'autres composés comme l'alcool benzylique, qui peut entraîner des problèmes pulmonaires à court et à long termes, souligne le besoin d'exercer un meilleur contrôle sur la composition de tels produits, soit en limitant leur usage ou en fournissant des informations sur l'étiquette.
 
La présence de d-9 THC dans tous les échantillons signifie que, selon la quantité consommée, les tests de dépistage pourraient donner des résultats positifs pour cette substance.
 
En ce qui a trait au contenu en CBD, dans certains échantillons, l'écart entre la valeur déclarée et celle quantifiée était très grand, tout comme le manque d'homogénéité, ce qui démontre un manque de contrôle et l'absence de pratiques exemplaires dans la fabrication du produit.
 
On remarque aussi une tendance à ajouter des terpènes typiques à la plante de cannabis dans le liquide à vapoter, possiblement avec comme objectif de rapprocher le goût du liquide à vapoter à celui de la plante.
 
TÉLÉCHARGER L'ÉTUDE
 
Source : Fondation Canna
 
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Le Mexique pourrait bientôt devenir le plus grand marché légal de la marijuana
By boogerman,
https://www.letemps.ch/monde/mexique-pourrait-bientot-devenir-plus-grand-marche-legal-marijuana
 
Le Mexique pourrait bientôt devenir le plus grand marché légal de la marijuana
Le Congrès mexicain s'apprête à adopter une loi réglementant la production et la commercialisation du cannabis récréatif dans le pays. L'un des principaux enjeux est de lutter contre le marché noir et les puissants cartels qui le régissent
 
Des plantations de cannabis dans la région du Rif, au nord du Maroc. Septembre 2019. — © FADEL SENNA/AFP

    Des entrepreneurs mexicains et étrangers se préparent à se lancer sur le marché juteux de la marijuana au Mexique, bientôt légal et pressenti comme le plus important dans le monde. Ce commerce, qui doit finir d'être réglementé dans les prochaines semaines par le Congrès mexicain, est évalué à des milliards de dollars.
Revers de la médaille: ce nouveau marché qui s'ouvre pourrait accentuer la marginalisation et la criminalisation des petits producteurs traditionnels en raison d'une législation qui, selon les militants, favorise les grands exploitants. «Le Mexique se positionne comme le plus grand marché au monde, et devrait devancer les États-Unis et le Canada. Mais il aura de la place pour tout le monde», soutient Erick Ponce, président du Groupe de promotion de l'industrie du cannabis (GPIC), qui regroupe 25 entreprises mexicaines et étrangères.
 
Lire aussi: Cannabis et confinement font bon ménage: la demande explose
 
La légalisation place le Mexique au sommet de ce secteur, devant des pionniers comme l'Uruguay et le Canada, dont la population ne représente qu'une fraction des 126 millions d'habitants du Mexique. L'aboutissement du débat législatif en cours est considéré comme acquis. La loi réglementant l'usage du cannabis dans certaines conditions devrait passer prochainement sans changements majeurs.
 
Environ un milliard de recettes fiscales prévues
 
Diverses projections indiquent que le marché national médicinal et récréatif pèsera entre cinq et six milliards de dollars d'ici 2025, soit une part considérable du total mondial qui devrait grimper jusqu'à 73,57 milliards de dollars en 2027, selon le bureau de consultants Grand View Research. Il devrait également rapporter entre 900 et 1,7 milliard de dollars en taxes annuelles, selon les estimations du Congrès et celles du Conseil mexicain du cannabis et du chanvre (CMCC).
La loi réglemente cette activité, de la culture à la commercialisation des divers produits qui pourraient être proposés à la vente: fleurs séchées, infusions, ou même sucreries. Elle prévoit d'accorder la priorité aux permis pour les agriculteurs et de favoriser les financements de ces derniers. Mais, mettent en garde les activistes favorables à la législation, des entreprises ayant plus d'expérience et de moyens risquent de dominer le marché.
 
La loi impose également des normes élevées pour les semences, les espaces de production et même de commercialisation, ce qui pourrait générer un commerce oligopolistique. «Le modèle mexicain devrait être fondé sur une question de justice sociale. Nous ne pouvons pas laisser se former un marché qui permette à deux ou trois grandes entreprises d'en prendre le contrôle», estime Tania Ramírez, de l'ONG Mexico United Against Crime.
Combattre le marché noir
En dépit de l'ouverture vers une légalisation qui se profile, le risque existe que les paysans continuent à travailler dans l'illégalité et restent asservis aux puissants cartels mexicains. L'industrie est cependant convaincue que les lois du marché empêcheront les mafias d'y prospérer, estime Erick Ponce. Un point que réfutent les militants pro-cannabis.
 
Zara Snapp, fondatrice de l'Institut RIA, qui promeut les politiques publiques en matière de drogues, doute que les commerces de cannabis fleurissent facilement dans les régions touchées par la violence. «Vous parlez aux gens et ils vous disent 'je ne mettrais pas un négoce de cannabis à Guadalajara' parce que d'autres occupent déjà le terrain», explique Zara Snapp à propos de la capitale de l'Etat de Jalisco (centre-ouest), fief de Nouvelle Génération, l'un des cartels les plus puissants du pays. Eda Martinez, directrice du CMCC, prévient également que si la voie de la légalisation implique trop de paperasserie, peu de personnes franchiront le pas. Elle partage l'avis de Zara Snapp selon lequel l'État devrait guider et encourager la transition vers la légalisation.
 
Une étude privée remontant à 2016, présentée aux instances gouvernementales et universitaires, a estimé que le marché noir mexicain produisait entre 5250 et 6550 tonnes de cannabis par an et employait 17 200 personnes. En 2020, 244 tonnes de cannabis ont été saisies. La dernière enquête nationale sur les drogues (2016) a révélé que 7,3 millions de Mexicains âgés de 12 à 65 ans avaient déjà consommé de la marijuana. Erick Ponce estime à cinq millions le nombre d'utilisateurs potentiels en plus.
 
Lire aussi: Le marché du cannabis pèse 340 à 500 millions de francs en Suisse
 
La marijuana récréative légale pourrait être accessible au public mexicain d'ici le second semestre 2022, mais les taxes et les produits dérivés pouvant être commercialisés restent à définir, selon les experts. Ceux qui contiennent du tétrahydrocannabinol (THC), l'élément psychoactif du cannabis considéré comme «l'or de la terre» pour cette industrie, selon M. Ponce, doivent encore être déterminés.
 
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Pourquoi la production naturelle de CBD n'est pas (encore) autorisée en France
By boogerman,
https://www.europe1.fr/sante/pourquoi-la-production-naturelle-de-cbd-nest-pas-encore-autorisee-en-france-4024256
 
Pourquoi la production naturelle de CBD n'est pas (encore) autorisée en France
 
 06h56, le 10 février 2021 , modifié à 07h29, le 10 février 2021
Un rapport parlementaire, remis mercredi, recommande au gouvernement d'autoriser la production naturelle de CBD, une molécule contenue dans la plante de cannabis, sans effet psychotrope et qui peut soigner différentes pathologies. Les réseaux de distribution existent, mais des craintes demeurent du côté de la Haute autorité de santé.  DÉCRYPTAGE Avez-vous remarqué la multiplication des "coffee shop" à la française, qui proposent des produits "bien-être" à base de CBD ? Le marché dérivé de cette molécule, contenue dans la plante du cannabis, est en pleine expansion et pourrait rapporter gros. Sauf qu'en France, il est pour l'instant limité par une réglementation frileuse, comme le pointe un rapport parlementaire remis mercredi. Europe 1 fait le point. 
 
>> Retrouvez Europe Matin en replay et en podcast ici
 
Des producteurs "dans les starting-blocks"
Première précision : le CBD ne doit pas être confondu avec le THC, une autre molécule du cannabis, qui a un effet psychotrope. Il est utilisé dans des tisanes, par exemple, pour un effet de relaxation musculaire, ou pour soulager des pathologies comme l'arthrose ou les insomnies. Sa vente est légale sous conditions - contrairement au THC. 
Mais aujourd'hui, la molécule est exclusivement produite en laboratoire en France, ou alors ses fleurs sont importées de l'étranger. Et l'Hexagone passe donc à côté d'un marché considérable. C'est pour cela que les parlementaires recommandent au gouvernement d'autoriser la production naturelle de CBD, aujourd'hui interdite en France. Car selon leur rapport, la filière, de sa production dans les champs français à sa transformation, représenterait un à trois milliards d'euros, avec des milliers d'emplois à la clé. 
 
>> LIRE AUSSI -Anxiété et insomnie : le CBD est-il vraiment efficace ? 
 
"La production est prête, les producteurs sont dans les starting-blocks", explique à Europe 1 Jean-Baptiste Moreau, rapporteur du texte - et député LREM de la Creuse qui a beaucoup a gagner avec le CBD. "La France est l'un des derniers pays européens à ne pas avoir bougé. C’est totalement incompréhensible puisque c’est reconnu officiellement par l’OMS : le CBD n’est pas une drogue", souligne le parlementaire. "On attend juste le feu vert de l’administration, c’est tout." Alors, pourquoi la situation n'évolue-t-elle pas ? Tout simplement parce qu’il y a toujours une crainte du côté de la Haute autorité de santé, qui estime qu'autoriser officiellement le CBD reviendrait à envoyer un mauvais signal aux consommateurs de cannabis récréatif. 
Entre 300 et 400 magasins en France
Pourtant, les producteurs ne sont pas les seuls à être prêts : le réseau de distribution l'est aussi,  avec entre 300 et 400 magasins en France. Europe 1 s'est ainsi rendue dans une boutique de CBD ouverte il y a deux mois à Paris. "Je le vaporise et je fais parfois des infusions", confie Clément, qui y achète chaque semaine 1 à 5 grammes de fleurs, en provenance du Luxembourg. "Je le prends surtout pour l’effet anxiolytique, ça m’aide à dormir, ça m’aide un petit peu à réfléchir", nous explique-t-il. Infusions, huiles, crèmes pour les mains, barres chocolatées : il y en a pour tous les goûts… et tous les âges. Parmi les habitués, on croise aussi une femme de 70 ans, venue acheter quatre paquets de tisane pour ses amies.
"Les gens font de moins de moins en moins l’amalgame avec le cannabis" se félicite Brice Masseixe, gérant de la chaîne Purple Store. "Depuis début septembre, on est à +30% de chiffre d'affaires par mois. Ça se développe très rapidement, j’ai tous les jours des gens qui m’appellent pour savoir comment ils peuvent ouvrir une franchise ou exploiter le concept."
Face à un tel succès, certains buralistes proposent désormais eux aussi des fleurs de CBD. Tandis que d’autres préfèrent attendre qu’il n’y ait plus aucun doute sur sa légalité. Car ceux qui en vendent déjà s’appuient pour l'instant sur une décision de la justice européenne, qui date de novembre dernier. Dans son arrêté, elle rappelle que le CBD n’est pas une drogue, et que ses fleurs doivent être librement commercialisées. L’Etat français va donc bien devoir se mettre en conformité avec le droit européen.
Par Justin Morin et Zoé Pallier, édité par Margaux Lannuzel   on en parle sur le forum  
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Interrogés lors d’une consultation citoyenne, les Français se disent partisans d’une légalisation du cannabis récréatif
By UFCM-I Care,
Interrogés lors d’une consultation citoyenne, les Français se disent partisans d’une légalisation du cannabis récréatif
 
 
Plus de 250 000 personnes ont participé à la consultation lancée par une mission d’information parlementaire. 80 % se disent pour une autorisation de la consommation et de la production dans un cadre régi par la loi.
 
 
La fin d’un tabou ? En un peu plus de six semaines, 253 194 personnes ont participé à la consultation citoyenne en ligne sur le cannabis récréatif, lancée le 13 janvier par une mission d’information parlementaire et qui s’est achevée dimanche 28 février.
D’après les résultats de cette consultation, 80,8 % des répondants se disent d’accord avec une autorisation de la consommation et de la production de cannabis dans un cadre régi par la loi, ont affirmé des sources parlementaires à l’Agence France-Presse (AFP), lundi.
Par ailleurs, 13,8 % se déclarent favorables à une dépénalisation de cette drogue, dont l’usage est interdit en France. A l’inverse, 4,6 % sont pour un renforcement des sanctions et seulement 0,8 % pour le maintien du cadre légal en vigueur.
Un peu plus de 30 % des répondants à cette consultation citoyenne ont déclaré ne jamais avoir consommé de cannabis. 38,3 % affirment en consommer occasionnellement, 17 % régulièrement et 13,9 % disent avoir une consommation quotidienne de ce produit stupéfiant.
En réponse à la question « En cas de légalisation, comment imaginez-vous le commerce du cannabis ? », 62,4 % des participants imaginent une commercialisation du cannabis dans des boutiques spécialisées, 24,2 % en vente régulée sur le modèle de l’alcool, 8,6 % dans les bureaux de tabac et 3,8 % en vente libre.
En cas de légalisation ou de dépénalisation, les répondants sont, dans leur très grande majorité, favorables (86 %) à ce que l’Etat permette aux particuliers de cultiver eux-mêmes des plants de cannabis dans des limites fixées par la loi.
« Constat de l’inefficacité de la législation actuelle »
« On sait désormais que la légalisation du cannabis n’est plus un tabou en France et que nos concitoyens font le constat de l’inefficacité de la législation actuelle en la matière », a estimé, dans un communiqué, la rapporteure du volet « récréatif » de la mission parlementaire, la députée La République en marche (LRM) Caroline Janvier.
Article réservé à nos abonné « Il faudra lancer une vraie consultation populaire et, pourquoi pas, un référendum », a estimé, dimanche sur Franceinfo, Jean-Baptiste Moreau, député LRM de la Creuse et rapporteur général de la mission d’information, assurant vouloir faire des propositions d’ici un mois.
« Aujourd’hui, on fait face à une interdiction mais à une consommation record, donc la situation n’est pas tenable », a ajouté l’élu, qui s’est dit favorable à une légalisation du cannabis. « On a une économie parallèle très conséquente qui s’est constituée et qui finance d’autres réseaux, trafics d’armes et autres. »
Malgré l’interdiction, la France reste le pays européen où la consommation régulière de cannabis est la plus importante, selon l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies. Le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, qui a fait de la lutte contre le trafic de stupéfiants une priorité, s’était dit, en septembre, opposé à la légalisation de « cette merde ».
Le cannabis récréatif est l’un des volets sur lesquels la mission parlementaire s’est penchée, après le cannabis thérapeutique et le CBD. Autorisée en 2019 par l’Assemblée nationale mais repoussée par la crise sanitaire liée au Covid-19, l’expérimentation du cannabis thérapeutique (à l’exception de celui à fumer) pour au moins 3 000 patients souffrant de maladies graves doit commencer au plus tard le 31 mars.
 
https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/03/01/interroges-lors-d-une-consultation-citoyenne-les-francais-se-disent-partisans-d-une-legalisation-du-cannabis-recreatif_6071612_3224.html?utm_medium=Social&utm_source=Facebook#Echobox=1614629049
 
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