Cannabis : l'essor de la filière bien-être


Guest cheezo

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Alors qu'un rapport du Conseil d'analyse économique préconise de modifier la législation sur le cannabis, les pionniers de Chanvr'Bio Détente développent fortement leur activité dans l'Aveyron et misent sur l'avenir d'une véritable filière agricole. Retour chez CBD, à la ville et au champ, un an après…

 

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Il a les cheveux blancs et porte des lunettes strictes. «Ce serait pour ma maman…», commence Patrice, 57 ans. Ton timide de celui qui s'étonne presque d'être là, au 15 de la rue du Bal, à Rodez : il est entré pour se renseigner sur l'huile CBD. CBD pour cannabidiol, la molécule relaxante du cannabis, légale en France. «Ma mère a 85 ans et elle est en soins palliatifs», précise Patrice… «Elle souffre et ne supporte pas la morphine ni les autres antalgiques. Concernant cet usage du cannabis, j'avais lu l'article dans La Dépêche et comme son médecin traitant m'a dit qu'on pouvait essayer…»

 

Formule obligée

Face à lui, Max Terrien répond par la phrase consacrée du magasin. «Nous ne sommes ni médecin, ni pharmacien, nous proposons des compléments alimentaires et du bien être…» Mais de chaque côté du comptoir, chacun mesure «l'hypocrisie» d'une formule déminant toute éventuelle accusation de «pratique illégale» ou vente de «cannabis thérapeutique», la France n'en étant pas encore là, à l'inverse d'un nombre croissants d'états américains, du Canada, de l'Uruguay.

 
Pour autant ? La majorité des clients de Chanvr'Bio Détente – acronyme CBD, évidemment – viennent pour cette huile qui leur apporte détente et… soulagement, raportent «Monsieur et Madame tout le monde». En l'occurrence les habitués du lieu, souvent frappés de «scléroses en plaques, parkinson, mal de dos ou spondylarthrite ankylosante», énumère Théo Giacomotto l'un des trois associés de CBD, qui lui, souffre de cette dernière maladie.

 

Cannabis garanti avec moins de 0,2 % de THC, donc non stupéfiant, donc autorisé, mais dont le cannabidiol et les terpènes relaxent… L'an dernier lorsqu'on les avait rencontrés, Max, Théo et Gwenael Albinet, troisième associé, venaient de se lancer avec l'énergie de la vingtaine. Pour vendre, mais aussi produire sur 1,7 ha avec en ligne de mire une véritable filière, à terme, «car les usages du chanvre sont multiples dans l'alimentaire, le textile, l'isolation, les bio-carburants». Et leur croissance semble vouloir répondre à leur intuition.

 

Cet été 2019 ? Entre Ségala et Causses, Thierry Grès, 58 ans, a contractualisé avec eux 9 ha de plantation de chanvre «CBD» sur la ferme familiale et cet après-midi, ils arpentent les rangs de la vaste parcelle avec son fils Renaud. «ça pousse superbien» : constat partagé devant des pieds qui vont encore tripler. «Les sommités serviront aux huiles, aux baumes, aux infusions et pour la tige, outre les qualités d'isolant, notre objectif c'est de développer de l'emballage biodégradable», précise Max. Tandis que pour Thierry et Renaud, «il est urgent d'innover».

 

La plante ? Thierry la connaît très bien : «j'ai récolté 1 500 ha de chanvre textile pendant dix ans. C'est une plante utile, tout est utilisable dedans. Là, je ne sais pas ce que ça donnera, mais je sais ce qu'on ne veut plus…» 70 ha de fourrage, de céréales : «fini la course aux rendements qui empoisonne les sols. Pour le chanvre, aucun pesticide et il nous permet de préserver et dépolluer nos terres», résume Thierry. Renaud soutient à fond. Père et fils savent que «les regards changeront après les premiers résultats, comme toujours». À la maison, le grand-père a jaugé en Saint-Thomas : arthrose des doigts, il a mis de l'huile… «et ça va mieux», assure Thierry. «Moi, c'est pour les épaules…», ajoute cette carrure racontant 40 ans de travaux de force.

 

20 hectares cultivés dans l'Aveyron

Un peu plus d'un an après sa création CBD déménage de… 20 mètres, pour presque tripler sa surface commerciale, à Rodez mais séduit aussi les professionnels en quête de diversification avec la culture de chanvre bio. Passant de 1,7 ha à 3,2 ha de plantations propres, les trois associés ont également contractualisé d'autres plantations avec 5 agriculteurs aveyronnais et creusois pour une surface totale de 20 ha.

 

Pierre Challier

 

Source: ladepeche.fr

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