koshyl 210 Posté(e) il y a 1 heure Partager Posté(e) il y a 1 heure (modifié) Salut, Voici deux résumés d’articles qui parlent du cannabis thaïlandais. L’un parle de la saturation des services de police, justice, douane et prison en France à cause de la multiplication des passeurs (« mules »). L’autre parle des passeurs en question, leur recrutement, qui ils sont et quelques exemples. Bonne lecture Trafic de cannabis thaïlandais : des aéroports et services de police « saturés » Le trafic de cannabis en provenance de Thaïlande connaît une progression spectaculaire et atteint en 2026 des niveaux sans précédent. Selon une note d’analyse confidentielle de l’Office anti-stupéfiants (Ofast), consultée par Le Monde, les saisies françaises d’herbe de cannabis thaïlandaise s’élevaient déjà à 2,1 tonnes au 1er juillet 2026, contre 2,5 tonnes sur l’ensemble de 2025 et 1,4 tonne en 2024. Cette augmentation s’accompagne d’une forte croissance du nombre de « mules », ces personnes chargées d’acheminer la drogue par avion : 18 cas avaient été recensés en 2024, 68 en 2025, soit une hausse de 278 %, et déjà 52 au cours des six premiers mois de 2026. D’après l’analyse de l’Ofast, cette explosion du trafic serait notamment liée aux conséquences de la légalisation du cannabis en Thaïlande en 2022. Décidée pour soutenir le secteur agricole, cette réforme avait permis à plus d’un million de Thaïlandais de s’enregistrer comme cultivateurs et favorisé l’ouverture de milliers de commerces spécialisés, estimés entre 10 000 et 18 000 selon les sources. La production aurait toutefois rapidement dépassé les capacités d’absorption du marché intérieur. Cette situation aurait favorisé l’apparition d’un marché parallèle destiné notamment à l’exportation clandestine. Face à cette évolution, les autorités thaïlandaises ont opéré un important changement de politique en juin 2025, en classant les fleurs de cannabis comme substance contrôlée dans un cadre médical et en rétablissant de fait l’interdiction de leur usage récréatif. Près de la moitié des commerces de cannabis auraient alors fermé. La production, en revanche, ne s’est pas interrompue. Elle se serait notamment maintenue dans les régions rurales du nord du pays, proches du Triangle d’or, une zone historiquement associée à la production et au transit d’opium destiné notamment à la fabrication d’héroïne. Cette abondance de cannabis aurait parallèlement créé une opportunité pour les réseaux criminels français. Selon l’Ofast, ceux-ci ont pu profiter à la fois de leur connaissance de l’Asie du Sud-Est et des caractéristiques économiques particulièrement favorables du cannabis thaïlandais. Celui-ci présenterait un taux de THC compris entre 17 % et 24 %, contre environ 14 % en moyenne pour le cannabis disponible en France. Son coût de production serait également très faible : jusqu’à 250 euros le kilo directement auprès du producteur, pour un prix de gros estimé entre 800 et 900 euros en Thaïlande, contre environ 1 900 euros pour un kilo de cannabis marocain ayant transité par l’Espagne. Ces écarts permettent à des acteurs disposant de moyens financiers relativement limités d’acheter et d’acheminer plusieurs kilos. Le fonctionnement de cette filière se distingue ainsi de celui observé pour la cocaïne, dont le trafic repose davantage sur de grandes organisations disposant d’importantes capacités financières et logistiques. Le cannabis thaïlandais serait plutôt acheminé par de petits réseaux de distribution, qualifiés de réseaux « du bas du spectre ». Ceux-ci recrutent des passeurs, parfois des personnes déjà habituées à effectuer des trajets entre la France et la Thaïlande, mais aussi des voyageurs attirés par de fausses offres publiées sur les réseaux sociaux. Ces annonces leur proposent une rémunération en échange du transport de bagages présentés comme contenant des marchandises légales. Les personnes interpellées présentent un profil relativement caractéristique. 40 % seraient des ressortissants français, dont le nombre a été multiplié par neuf entre 2024 et 2025. Elles transportent généralement la marchandise dans leurs bagages et peuvent, dans certains cas, acheminer jusqu’à 50 kilos par voyage. La rémunération annoncée pour un transport varie de 2 500 à 5 000 euros. Les principaux points de départ sont Bangkok et Phuket, tandis que l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle constitue le principal point d’arrivée en France. Les trafiquants utilisent également des itinéraires passant par des aéroports secondaires. L’Ofast cite notamment le cas de Nice, où une Française arrivant de Thaïlande via Dubaï a été arrêtée le 21 juin avec 16 kilos de cannabis, conditionnés dans des paquets thermosoudés. Ces itinéraires permettent de diversifier les points d’entrée et de ne pas concentrer l’ensemble du trafic sur les grandes plateformes aéroportuaires. Pour les services français chargés de lutter contre les stupéfiants, cette nouvelle filière représente surtout une charge opérationnelle importante. Elle vient s’ajouter à d’autres routes aériennes récemment utilisées pour l’acheminement de cocaïne, notamment depuis les Antilles et la Guyane. La multiplication des arrestations de passeurs mobilise les douanes, les services de police judiciaire, les tribunaux et les établissements pénitentiaires. La note de l’Ofast décrit ainsi des services « saturés par la multitude des mules ». Cette saturation est d’autant plus problématique que l’interpellation des passeurs ne permet généralement pas de remonter jusqu’aux organisateurs du trafic. Les passeurs (les "mules") Un vaste réseau de trafic international de cannabis s'est développé autour de propositions diffusées sur les réseaux sociaux, notamment via Snapchat, sous l'appellation de « plans Thaïlande ». Ces publications alléchantes vantent des vacances tous frais payés en échange d'une prétendue mission de transport de matériel informatique, de montres ou de smartphones au retour, parfois complétée par une prime financière. En réalité, ces promesses cachent une filière criminelle de grande ampleur alimentée par la légalisation du cannabis en Thaïlande en 2022, qui a entraîné une prolifération des points de vente et une explosion du trafic d'herbe. Les organisations criminelles profitent de cette situation pour recruter des jeunes Européens, principalement des profils de moins de trente ans et souvent âgés de dix-huit ou dix-neuf ans, qui acceptent ces missions en ignorant le caractère illicite de la manœuvre ou manipulés par des connaissances. Une fois sur place, leurs bagages sont remplis de quantités considérables de cannabis, oscillant généralement entre quinze et cinquante-cinq kilos par voyageur, dissimulés dans des sachets thermosoudés. Depuis le début de l'été, une quinzaine de jeunes Français ont ainsi été arrêtés et incarcérés dans les prisons thaïlandaises après que les douaniers de l'aéroport de Bangkok ont découvert l'herbe dans leurs valises. D'autres passeurs de circonstance se font interpeller dans des pays de transit ou de destination, à l'instar d'un jeune homme de dix-huit ans originaire de la Somme, emprisonné à Hongkong avec près de dix-sept kilos de cannabis dans ses bagages. Cette situation a connu un tournant majeur le 18 juin 2026 lorsque les autorités thaïlandaises, sous la pression européenne, ont modifié brusquement la réglementation en instaurant une amende lourde de trente mille bahts par kilogramme transporté pour toute personne quittant le pays par voie aérienne avec de l'herbe. Faute de pouvoir régler cette sanction, les passeurs interpellés risquent de longs mois de détention provisoire pendant la durée des enquêtes. Des avocats spécialisés soulignent la vulnérabilité de ces jeunes, livrés à eux-mêmes face à des systèmes judiciaires étrangers complexes où les peines encourues peuvent être très lourdes, allant jusqu'à huit ans d'emprisonnement dans certains pays de la région, tandis que les trafics dans d'autres nations d'Asie du Sud-Est comme la Malaisie demeurent passibles de la peine de mort. Avant ce renforcement des contrôles au départ de Bangkok, les interpellations s'effectuaient massivement à l'arrivée dans les aéroports franciliens de Roissy-Charles de Gaulle et d'Orly. Les statistiques douanières illustrent l'intensification spectaculaire de ces flux, avec des saisies passant de plus de cinq cents kilos en 2024 à deux tonnes l'année suivante, et déjà plus d'une tonne pour le seul premier semestre de l'année en cours, accompagnées d'une augmentation linéaire du nombre de mules interpellées. Face à l'ampleur de ce phénomène alimenté par des volumes difficiles à intercepter en totalité par les rayons X et les scanners, les autorités françaises renforcent leur coopération avec la police thaïlandaise, à l'image des échanges approfondis entre l'Office anti-stupéfiants et les délégations étrangères. Parallèlement, le Parquet national anticriminalité organisée s'est saisi d'enquêtes afin de remonter les filières et d'identifier les commanditaires basés en France, tout en observant que ce trafic touche l'ensemble de l'Europe et s'inscrit dans un bouleversement mondial des flux alimenté par l'essor des substances illicites dans la zone du Triangle d'or. Modifié il y a 1 heure par koshyl 1 Lien à poster Partager sur d’autres sites
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