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Apprenez comment faire avec notre section de guides du cannabis

By Guest,

ABC du clonage


Un peu de théorie...
 
Le bouturage (ou clonage) apporte de nombreux avantages, mais cette technique pourtant simple a une certaine tendance à effrayer les débutants. L'heure de la démystification a sonné.
 
 
1. Comment ça marche ?
 
Dans la plante, l’eau chargée de sels dissous est absorbée par les racines et constitue la sève brute. Elle est transportée par les vaisseaux du bois, un ensemble de canalisations rigides. Ces vaisseaux sont constitués de cellules mortes de forme cylindrique mises bout à bout dont les parois transversales ont disparu. Ces vaisseaux distribuent l’eau et les substances dissoutes à l’ensemble de la plante. Les substances organiques élaborées dans les feuilles par la photosynthèse sont transportées et distribuées à l’ensemble de la plante par un autre système, les vaisseaux du liber, constitués de cellules vivantes.
 
 
En fait, les plantes ne possèdent pas leur propre "pompe" pour faire monter la sève brute dans les vaisseaux. Elles exploitent simplement un phénomène purement physique, l’évaporation. Au niveau des feuilles, de petits orifices ménagés dans l’épiderme, les stomates, mettent en communication les tissus sous-jasent riches en eau avec l’atmosphère. L’eau s’évapore à ce niveau en fonction des conditions climatiques (humidité relative et agitation de l’air, température), " tirant " la colonne d’eau remplissant les vaisseaux et assurant ainsi l’absorption racinaire et la distribution de la sève brute. Tant que la colonne d’eau est continue, la circulation est assurée. Ce phénomène, la transpiration foliaire ou évapotranspiration, assure ainsi l’approvisionnement en eau des plantes. Cependant c’est également à travers les stomates qu’est prélevé le dioxyde de carbone atmosphérique nécessaire à la photosynthèse. Aussi, les plantes doivent à tout instant réaliser un compromis entre la nécessité, d’une part, de s’approvisionner en eau par les racines et en CO2 par les stomates et, d’autre part, de limiter les pertes d’eau dans l’atmosphère par ces mêmes stomates, en particulier lorsque le sol contient peu d’eau. Elles disposent pour cela de dispositifs de contrôle de la transpiration : Le degré d’ouverture des stomates est réglable par la plante selon les conditions internes et externes. En cas de risque de "stress hydrique", par exemple lorsque le sol est sec ou lorsque l’évaporation devient trop importante en raison de la chaleur ou du vent, ils se ferment. Au contraire, si l’approvisionnement en eau est assuré, que l’évaporation n’est pas excessive et s’il y a de la lumière, ils s’ouvrent permettant une photosynthèse active.
 
 
Dans une bouture, ces phénomènes sont conservés, mais l'absence de racine réduit fortement la quantité d'eau pouvant circuler dans le plant. Imaginez gonfler une bouée trouée. Si le trou est petit et que vous soufflez fort, vous arriverez à garder la bouée gonflée et rigide. Si le trou est plus gros ou que vous soufflez moins fort, la bouée va se ratatiner car la pression d'air à l'intérieur ne sera pas assez forte pour garder votre bouée tendue. C'est exactement la même chose avec votre bouture. L'absence de racine doit être compensée par une limitation de l'évapotranspiration. Pour ce faire, on va couper branches et feuilles, de manière à obtenir un équilibre entrée/sortie d'eau, mais sans tomber dans l'excès car la bouture à besoin de feuilles pour effectuer la photosynthèse et produire des sucres.
 
 
Pour produire ces belles fleurs que nous aimons tous, la plante va avoir besoin de beaucoup de feuilles et beaucoup d'eau, et donc elle a besoin de racines pour satisfaire cette demande de nutriments. Pour produire ces racines, la bouture utilise une hormone : l'auxine. Présente dans votre bouture, l'auxine va modifier les cellules de la branches, qui va se résulter par un gonflement de cette partie de la branche et l'apparition de de protubérances qui vont s'allonger pour former les racines (la rhizogénèse).
 
Le faible taux d'auxine dans la branche seule rend ce processus possible, mais il sera très lent (un bon mois pour voir apparaître les premières racines). Pour accélérer la rhizogénèse on a recours à un apport d'hormone extérieur, en gel ou en poudre. L'effet est identique, seule l'utilisation varie un peu entre le gel et la poudre.
 
 
2. Les facteurs de réussite
 
Pour que le processus de rhizogénèse se mette en marche, il est nécessaire que plusieurs conditions soient réunies.
 
 
2.1. La chaleur :
 
C’est elle qui déclenche le phénomène. Vous devez donc, impérativement, donner de la chaleur à vos boutures. Pour cela, utilisez une mini serre, ou installez les dans une pièce chauffée, à température constante. Il faut, en effet, éviter les écarts. Plus l’atmosphère sera confinée, meilleures seront les chances de réussite, c’est pourquoi on parle souvent de placer les boutures « à l'étouffé » dans une mini-serre, toute boite avec un couvercle en transparent faisant parfaitement l'affaire. Un minimum de 18°C est requis, mais l’idéal est d’avoir 22°C en permanence. Pour ce faire, il existe des fils et tapis chauffants, mais pour ceux qui ont un placard dédié, il suffit de faire un "double fond" et de placer les ballasts des néons en dessous, l'effet est le même. Attention aux fuites d'eau et infiltrations !
 
 
2.2. L’humidité :
 
Cette condition est liée à la première. Il importe en effet que la chaleur soit accompagnée d’une forte hygrométrie. Les plantes ont un énorme besoin en eau, leurs cellules en contenant une très grande proportion. Pour maintenir cette atmosphère humide, pulvérisez une eau à température ambiante sur vos boutures et dans la mini serre au besoin, mais généralement l'évaporation naturelle suffit à charger l'atmosphère confinée de la serre en vapeur d'eau si vous en avez laissé un petit centimètre au fond.
 
Aérez cependant votre mini serre, car l’humidité est souvent la cause d’une apparition de moisissures. Quelques trous dans "le toit" de la mini serre suffisent, ou le retirer quelques instants tous les 2 jours.
 
 
2.3. La lumière :
 
Troisième point important, il faut que vos boutures bénéficient d’un maximum d’éclairement. Leur besoin est moindre par rapport à une plante enracinée, mais sans luminosité, les boutures s’étiolent, s’allongent et perdent leur coloration, puis crèvent. Placez vos boutures près d’une source lumineuse, qui peut être naturelle (une fenêtre par exemple, en été) ou artificielle (néons, MH ou HPS enrichies en bleu type Grolux ou HPSX). Attention toutefois à ne pas provoquer de brûlures sur les feuilles lorsque celles-ci sont recouvertes de gouttelettes d’eau, surtout avec des MH-HPS-HPSX: prenez soin de garder ces lampes à un bon mètre des boutures. Il faut un minimum d’une dizaine d’heures de forte luminosité par jour, 15-16 semblant être une bonne moyenne pour les placos dédiés (si on pense au portefeuille), le 18/6 des placos de croissance est très bien aussi.
 
 
2.4. Le bon candidat à la bouture :
 
Une branche, comportant au moins 2 nœuds plus le jeu de feuilles en formation et mesurant minimum 3-4cm de long, et au maximum une dizaine de cm pour avoir de bonnes chances de réussite même si ça marche également avec des branches plus longues. Le problème ne se situe pas directement dans la longueur, mais dans les modifications physiologiques qui en sont corollaires : les canaux qui sucent les nutriments (le procambium) vont se lignifier en vieillissant et dériver en canaux secondaires (le cambium) avec un pouvoir d'organogénèse plus faible. En français, si la tige est trop âgée, elle va préférer boire son jus plutôt que s'emmerder à sucer les hormones et à faire des racines, elle est moins bien équipée pour cela que les jeunes pousses.
 
 
 
 
3. En pratique et en photos
 
 
La bouture "classique"
 
Matériel nécessaire :
 
- Un plant mère, ou autre donneur de bouture
- Un verre d'eau
- Un bac plastique ou autre chose faisant office de mini-serre
- Une paire de ciseaux, un cutter ou un scalpel, préalablement passés à l'alcool
- De l'hormone de bouturage (pas obligatoire, mais c'est mieux)
- Des cubes de laine de roche (pas obligatoire non plus, mais c'est mieux aussi)
 
 
3.1. Etape 1 :
 
Couper la branche destinée à devenir bouture. Si il s'agit d'un simple donneur, couper la branche à raz du tronc. S'il s'agit d'un plant mère, laisser au moins un nœud avant le tronc, pour que de nouvelles branches puissent s'y former. Mettre les branches coupées dans un verre d'eau.
Privilégiez les branches basses, évitez d'office l'apex qui se bouture mal.
 
 

 

 
 
 
 
3.2. Etape 2 :
 
 
Préparer le substrat d'accueil (faire tremper les cubes de LDR, ou humidifier le terreau), ainsi que l'hormone de bouturage. Pour éviter la transmission de maladies et autres, utiliser un deuxième flacon plutôt que tremper la tige dans le pot. Idem s'il s'agit d'hormone en poudre, déposez-en dans le creux d'une feuille de papier préalablement pliée ou dans un autre petit récipient.
 
 

 

 
 
 
 
3.3. Etape 3 :
 
 
Couper les feuilles basses pour ne laisser qu'un ou deux jeux de feuilles.
 
 

 

 
 
 
 
3.4. Etape 4 :
 
 
- Avec du gel de bouturage : environ 2 ou 3mm sous le nœud, couper le plus nettement possible (avec des outils affutés!) en biseau, pour augmenter la surface d'absorption, et immédiatement la plonger dans le gel pour l'en enduire sur environ 2-3cm.
 
- Avec de la poudre de bouturage : couper environ un centimètre sous le nœud, et l'enduire de poudre sur 2-3cm.
 
 

 

 
 
 
 
3.4. Etape 4 bis :
 
 
Et oui, une étape 4bis uniquement pour ceux qui utilisent de l'hormone en poudre. Il faudra prendre soin de tapoter la branche pour enlever l'excédent de poudre, et surtout de recouper une 2ème fois, en biseau à 2 ou 3mm sous le nœud, après l'application de poudre. Contrairement au gel qui va être absorbé par la plante, la poudre va rester à la surface et former une "croûte" (un cal) qui pourrait empêcher la bouture de s'alimenter correctement et provoquer son dépérissement avant l'apparition de racines.
 
 
 
 
3.5. Etape 5 :
 
 
Mettre les boutures dans leur substrat d'accueil, ici de la laine de roche mais directement dans le terreau ou la coco ça marche aussi et refermer le trou pour mettre le substrat en contact avec la bouture et éviter que la lumière ne vienne troubler l'activité hormonale.
 
 

 

 
 
 
 
3.6. Etape 6 :
 
 
Mettre le tout dans une "mini serre", n'importe quelle boite avec un couvercle transparent et gardant l'humidité fera l'affaire, sans oublier un coup de vaporisateur sur les plants et dans la serre pour démarrer tout de suite avec une hygrométrie forte.
 
 

 

 
 
 
La bouture dite "en crosse":
 
Le principe est le même, mais au lieu d'avoir une coupure propre et nette, la branche va être arrachée au tronc. Ce n'est donc pas une technique à utiliser sur un plant mère car la branche ne repoussera pas. Mais elle tient son avantage du fait qu'elle forme facilement des racines, et peut être réalisée sans aucune manipulation dans le cas d'un palissage brutal qui se serait résulté par un "crac"...
 
Comment faire. Rien de plus simple : saisir la branche à sa base et la tirer vers le bas, en y allant doucement quand on sent une résistance, il ne faudrait pas tout arracher et peler le tronc jusqu'aux racines. Aidez-vous d'une lame de cutter appuyée légèrement, de manière à n'entailler que l'écorce sur un petit millimètre, à environ un centimètre sous le nœud. Et voilà, le tour est joué! Traitez votre bouture en prenant à l'étape 3 décrite ci-dessus.
 
Attention : on ne coupe pas la crosse si on utilise de l'hormone en poudre! Essayez de ne pas en mettre sur la face intérieure de la crosse, et si jamais il y en a un peu, c'est pas un drame, ça sera en partie éliminé lors de l'insertion dans le cube ou la terre.
 
 

 

 

 
 
 
 
4. Ensuite ?
 
 
Au bout de 6 à 15 jours en fonction de tous les paramètres dont on a parlé ci-dessus et de la variété bouturée, les première racines font leur apparition à travers la laine de roche : c'est l'heure de les transplanter.
 
 

 
 
 
En hydro, on les met délicatement dans les gros cubes, en faisant gaffe de ne pas casser les fragiles racines naissantes, ou en terre, le cube de LDR est placé directement dans le substrat puis recouvert, sans trop tasser la terre autour du cube.
 
 

 

 
 
 
Il est normal que les feuilles basses jaunissent, elles ont été dépossédées de leurs sucres pour fournir de l'énergie à la plante à travers cette terrible épreuve. Elles ont mérité une mort digne, et seront coupées proprement et à raz du tronc.
 
 

 
 
 
Et voilà, dans tout les types de cultures un petit coup de Root Booster est toujours bienvenu jusqu'à ce que la croissance reprenne, puis utilisez votre cycle nutritif habituel.
Les cubes destinés à l'hydro peuvent également, pour ceux qui ne souhaitent pas faire les frais de la gourmandise d'une "grosse lampe", rester dans le placo de croissance ou bouturage s'il est assez grand. Il suffit des mettre dans un récipient avec 1 ou 2cm de solution nutritive dans le fond, elle sera absorbée par capillarité. Le niveau de solution ne doit pas dépasser 1/4 de la hauteur du cube, il y aurait un risque de noyer les racines. Ainsi, les boutures peuvent bénéficier d'une semaine supplémentaire environ d'un éclairage moins violent et moins coûteux, jusqu'à ce que les racines dépassent sous le cube. Il faudra alors les transplanter dans les billes, les pains de LDR, la coco, ou rien du tout, mais ceci est une autre histoire...
 
 

 

 
Par Vyking le 04-24-2006
 
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By Apo & Boubou,
Yop la communauté
 

Amis weedeurs si vous êtes comme moi, que vous en
avez marre des prix exorbitants de certains grow shops,
sur leurs projo ou imitation de ceux-ci et que
vous aimez bricoler, ce tuto pourra vous intéresser
histoire de vous fabriquer vous même votre propre aaw
pour une 30 aine € max!!
 
Bien sûr vous n'aurez jamais le modèle équivalent de la
firme Ajust-a-wing , qui est bien entendu mieux fini,
mais une bonne imitation de celui-ci pour moins cher
que leur aaw de pacotille imité et vendu dans les 60 € et + .
 
 
 
1/ se trouver une tôle alu (voir autre) de 100/50cm et d'environ 0,5mm d'ép. facilement travaillable martelée ou brillante
(avec film anti-rayures)du br.co pwet .
 
 
 
2/ posséder une perceuse élec. et ses forets.
2 morceaux de câble élec de 80 cm de long pour fabriquer
les tendeurs d'envergure de l'aaw .
 
 
 
3/ Une cisaille à tôle/ une pince plate / un marteau /
2 tasseaux d'équerre d'environ 1 m pour se fabriquer
une plieuse angulaire à la mac gyver et ainsi que
quelques vis + boulons et rondelles de 6 voire 7 mm .
 
 
 
4/ Deux équerres dont les cotes seront précisées plus bas .
Un autre morceau de tôle de 11/8cm et 1,5 mm d'ép.
pour pouvoir fabriquer le support de douille ajustable
ainsi que les supports de fixation de suspension de celui ci !
1 autre plaque de tôle de 17 / 8 cm en 0,5 mm d'ép.
pour la conception de votre heatshield ainsi que d'une douille E40 standard !
 
 
 
5/ quelques heures à tuer et un bon goût de la bricole .
 
 
 
:yepah:Alors attention c'est parti ^^ !
 
 
 


 

 

 

 
voilà pour la fabrication de départ de l'aaw !
 
passons à la conception du support de douille

 

 

 

 

 

 
passons maintenant à la fabrication du heatshield home made !
 

 

 
maintenant les supports de fixation de suspension de l'aaw
 

 
bon voilou les amis et si tout roule pénard pendant
la fabrication de votre aaw home made vous devriez obtenir
ceci ^^ !

 
Allez je vous souhaite à tous un bon bricolage en
vous disant à très vite pour de nouvelles aventures en
espérant que ça donnera des idées à quelques uns !
 
Édit : merci de la contribution de sallik & s0rci3r
pour leurs coups de main, sympa les copaings.
 
cannamicalemnent
 
Dr.Weedhouse
 
v/c Dad-- --
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By Guest,

Le pH et les réactions acido-basiques


Introduction
 
Tous les cultivateurs, et principalement ceux qui choisissent les cultures hors-sol (hydroponie/aéroponie), se retrouvent un jour confrontés à la gestion du pH de leur solution nutritive, avec toutes les questions qui se posent indubitablement : Pourquoi ça monte? Pourquoi ça baisse? Pourquoi je mets moins de pH Down et ça baisse encore plus? Pourquoi le pH me fait corriger chaque jour et fait le yoyo?.....
Bienvenue dans le monde merveilleux des réactions acido-basiques.
 
 
1. Théorie générale
 
1.1. Acide, base et pH
 
Un acide, c'est un composé chimique qui a la capacité de donner au moins un proton hydrogène H+ en solution aqueuse, on parle "ions acides".
 
Une base, à l'inverse, est un composé qui peut recevoir au moins un proton H+ en solution aqueuse. Ce sont les "ions basiques", principalement hydroxydes (OH-), mais d'autres réagissent comme des bases, comme les ions bicarbonates (HCO3-).
Il faut également parler des sels, ils sont simplement les produits d'un acide sur une base (acide+base = eau+sel). Généralement neutres, il existe cependant des sels acides comme le citrate de sodium, ou des sels basiques comme le bicarbonate de sodium.
L'acidité, qui se mesure en unités pH, reflète le rapport entre ions acides H+ et les ions basiques hydroxydes OH-.
L'échelle pH va de 0 à 14, O étant l'extrême acide, 14 l'extrême base.
 
Un pH de 7 représente un juste milieu et est dit "neutre" car il compte autant de ions H+ que de ions OH-.
 
A pH 0, le composé chimique acide contient une concentration molaire de 10e.0[H+] et 10e.-14[OH-].
 
A pH 14, le composé chimique basique contient une concentration molaire de 10e.-14[H+] et 10e.0[OH-]
 
Et entre les deux, le pH va représenter la différence entre les concentration de H+ et OH-, par exemple :
 
pH 7 = 10e.-7[H+] 10e.-7[OH-]
 
pH 4 = 10e.-4[H+] 10e.-10[OH-]
 
Le total des 2 exposants est toujours égal à 14, et le pH correspond toujours à la concentration d'ions H+ : pH signifie "potentiel hydrogène". Un simple regard sur la définition suffira à comprendre que la valeur pH est exponentielle : pH 6 est 10 fois plus acide que pH 7, pH 5 est 100 fois plus acide que pH 7, pH 4 est 1000 fois plus acide que pH 7, etc.
 
L'eau du robinet, en France a un PH compris entre 7 et 8. Il nous faudra donc chercher à le faire baisser. Pour cela la manière la plus courante est d'utiliser du pH down, produit contenant des acides et permettant de faire baisser le pH d'une solution en en utilisant de très faibles doses. Pour faire remonter le pH d'une solution il faudra utiliser du pH up! Ces produits sont facilement trouvables dans les Growshops.
 
 
1.2. Réaction acido-basique
 
On a vu ci-dessus qu'un acide peut donner un H+, et une base le recevoir parce qu'elle est OH-. L'eau pure, H2O, peut donner un H+, vu qu'elle en a 2. Mais si elle le fait, elle devient : H2O - H = OH. Et si vous avez suivi, vous aurez compris qu'elle va également pouvoir récupérer un H+. Elle peut donc réagir en acide ou en base suivant son partenaire.
 
Ce partenaire, on le trouve en quantité variable dans l'eau du robinet, mais surtout dans les engrais et additifs que vous allez utiliser, qui vont apporter tout un panel de molécules différentes. Certaines seront basiques, d'autre acides, certaines réagiront lentement, d'autres rapidement, vont se combiner entre elles pour en former de nouvelles qui vont encore agir différemment sur le pH de votre solution.
 
Lorsque vous corrigez votre solution avec du Ph down, vous incorporez des ions H+, qui vont se combiner aux OH- disponibles pour les "annuler", et faire baisser le pH de la solution car ils seront majoritaires. Et ces H+ majoritaires qui ne sont pas utilisés vont rester "en attente" jusqu'à ce que d'autres OH- soient disponibles pour s'y combiner. Ces OH- (et aussi des H+) vont être produits par les réactions chimiques entre le substrat, la plante, et les composants des engrais et additifs que vous donnez à vos plantes.
 
Le plus imprévisible est la part d'azote de vos engrais, il est utilisé sous trois formes : les nitrates (ou azote nitrique, NO3-), l’azote ammoniacal (ou ammonium, NH4+) et l’urée CO(NH2)2.
 
- Pour être assimilée, l’urée est d’abord transformée en azote ammoniacal par une réaction chimique qui provoque une acidification du milieu.
 
- Les nitrates n’auront pas d’incidence sur le milieu tant qu’ils ne seront pas consommés. Leur assimilation, par les plantes ou les bactéries vivant dans le substrat et la solution, ne fera augmenter le pH que légèrement par échange d’ions OH- ou HCO3-.
 
- L’absorption de NH4+ se fait en contrepartie de la libération d’ions H+, donc une acidification. Mais intervient aussi une importante réaction chimique appelée nitrification par les bactéries du substrat qui transforment l’azote ammoniacal en nitrate. La nitrification dégage des ions H+ qui vont acidifier le substrat et faire descendre le pH.
 
 
Ce dégagement qui perturbe l'équilibre désiré est amplifié ou amoindri par différents facteurs, tels que la température, la surface de solution au contact de l'air, l'agitation de la solution, la pression, la nature des composés chimiques, les rejets de la plante,... et il est donc quasi impossible d'avoir une stabilité parfaite. Ces déséquilibres successifs du pH sont donc naturels et nécessaires, puisqu'ils génèrent les nutriments essentiels dont la plante à besoin, mais sont compensés par l'adjonction de tampons : Les tampons possèdent la propriété de résister au changement de la concentration en ions H+, et donc empêchent le pH de varier outre-mesure.
 
 
2. Le pH et la plante
 
Les plantes possèdent un pH qui leur est propre. Le pH de la plante doit être le plus proche possible de celui de la solution nutritive et du substrat pour éviter tout risque de conflits électriques entre ses racines et les ions contenus dans la solution nutritive. En fonction de l'acidité de la solution et du substrat, les éléments contenus vont voir leur charge électrique varier, et si cette charge passe "hors-tolérance" de celle admise par les racines de la plante, l'élément ne sera pas assimilable.
 
Notre plante chérie, pour pouvoir croître selon ses désirs, à besoin d'un pH compris entre 5.3 et 6.5, déterminé en fonction de l'engrais. En règle générale, il varie plutôt entre 5.5 et 6. Varie, ça ne veut pas dire qu'il doit bouger au cours de la culture : une fois atteint une valeur dans cette plage, on s'y tient! Et c'est là que commence tout l'art de la maîtrise du pH.
 
 
2.1. Substrat et pH
 
La terre ayant un pH d'origine variable en fonction de sa composition est dans la plupart des cas est adaptée à la culture du cannabis. Mais quelle que soit sa composition, elle finira toujours par s'acidifier à cause de l'apport régulier d'engrais et donc de la formation de sels. Evitez de démarrer avec une terre trop acide, certains mélanges à base de tourbe ont un pH de 5 qu'il n'est pas rare de voir descendre à 4 au bout de 3 mois, avec tous les désagréments que cela peut apporter à une culture. Pour connaître le pH de la terre il suffit de diluer un échantillon de terre dans de l'eau distillée (eau pure) que nous testerons après quelques heures. Il existe également des appareils qu'il suffit de planter dans la terre quelques instants. Pour changer le PH de la terre nous pourrons utiliser de la chaux pour le faire remonter ou de la terre de bruyère pour le faire baisser.
 
En hydroponie, et je parlerais principalement des systèmes à billes d'argile, il est primordial d'amener votre substrat à un pH adéquat, comprenez entre 5.5 et 6.0, et de faire en sorte qu'il y reste.
 
 
2.1.1. Le tamponnage
Les billes d'argile sont, comme leur nom l'indique, faites d'argile. L'argile utilisée dans ce cas est de l'illite, composé de mica, de formule KAl2(AlSi3O10)(OH)2. A présent, vous avez dû reconnaître le OH dans la formule et sa signification : Les billes d'argile sont alcalines (basiques), leur pH tourne autour de 8 - 8.5, ce qui est bien trop haut pour espérer amener une culture à terme, il va falloir baisser leur pH entre 5.5 et 6, c'est ce qu'on appelle le tamponnage.
 
Pour tamponner des billes, rien de plus simple : il faut les laisser tremper dans de l'eau au pH voulu, jusqu'à ce que l'échange d'ions arrive au point d'équilibre recherché, que les billes contiennent plus d'ions H+ que OH- et soient acides.
 
En regardant à nouveau la formule, on y voit un autre élément, la silice (Si). Lors de la cuisson des billes d'argile, il se peut que cette silice se vitrifie sous l'effet de la température, formant une enveloppe autour de la bille. Cette enveloppe, bien que fragmentée, peut considérablement ralentir le processus de tamponnage : Les plus rapides seront tamponnées en 3 jours, d'autres marques peuvent prendre plus de 3 semaines. Il est normal que le pH de l'eau de trempage augmente, les ions H+ étant captés par les billes, mais ce phénomène corrigé quotidiennement se ralenti puis se stabilise. Si vos billes sont trop vitrifiées, il faudra forcer la réaction en acidifiant plus encore votre eau de trempage : Plus bas il sera, plus courte sera la durée. Il n'y a aucun inconvénient à démarrer avec un trempage à pH 2 ou 2.5, mais attention à ce que les billes ne soient pas trop acides au final! Il faudrait alors recommencer l'opération en sens inverse, avec une eau de trempage alcaline, et le risque d'avoir des billes chargées en sels toxiques (rappel : acide+base = eau+sel).
 
Votre tamponnage sera prêt lorsque l'eau de trempage des billes aura un pH entre 5.5 et 6, et que celui-ci n'aura pas bougé pendant une journée au moins.
 
 
2.1.2. Le rinçage
Les sels, vous l'aurez compris, sont inévitables et s'accumulent tout au long de la culture dans votre substrat, quel qu'il soit. Une trop grande accumulation de sels est toxique pour la plante, c'est pourquoi il est nécessaire de rincer les substrats réutilisables entre deux cultures.
 
Il s'agit à nouveau d'effectuer un trempage dans une eau à pH corrigé, qui heureusement sera moins long que le tamponnage. Pour faciliter et accélérer la solubilisation des sels, il suffit de baisser légèrement le pH de votre eau, pH 5 est parfait, et d'utiliser une eau chaude. On peut également y ajouter des enzymes pour dégrader les éléments restant ou dans le cas d'une attaque par une maladie ou champignon, faire un rinçage à l'eau de Javel. L'eau de Javel est une base, mais la courte durée de trempage (10-15mn suffisent) fait qu'elle affecte peu le pH des billes. Un second rinçage à l'eau claire et pH adapté est fortement conseillé après un rinçage à la Javel pour éviter la formation d'éventuels précipités en réaction avec les engrais.
 
 
2.2. Solution nutritive et pH
 
Une fois le pH de votre substrat adapté à celui de la plante, il faut que celui de la solution nutritive le soit aussi. Les engrais ont la propriété de faire baisser le pH de votre solution, et ils contiennent, en proportion variables suivant l'application à laquelle ils sont destinés et leur qualité, des tampons qui aident à stabiliser le pH.
 
Une fois l'engrais ajouté à votre eau, le pH de celle ci aura baissé, mais suivant le pH originel de votre eau, il se peut qu'il faille le corriger, généralement le faire baisser. Chose simple, il suffit d'ajouter quelques gouttes de pH down à votre solution. Je déconseille fortement l'usage d'acide acétique (vinaigre), citrique (jus de citron), ou chlorhydrique : les 2 premiers ne produise l'effet recherché que temporairement et vont s'associer aux engrais en formant un précipité ou une molécule complexe et non assimilable, quant à l'acide chlorhydrique il va s'attaquer en priorité aux atomes Ca2 (calcium) et ainsi supprimer les tampons tant recherchés.
 
Le pH de votre solution devra bien évidement être identique à celui de votre substrat! Si votre tamponnage est correctement réalisé et que votre solution nutritive est au même pH, il y aura très peu de variation, seuls les rejets de la plante et la nitrification vont tenter de corrompre cet équilibre mais seront contenus par les tampons des engrais. La majorité des problèmes de pH "yoyo" tiennent au fait d'un mauvais tamponnage, par exemple de billes avec un pH de 7 et une solution à pH 5.5. Dans ce cas, le mieux est de refaire tremper ses billes et faire un tamponnage digne de ce nom. Si le pH monte mais se stabilise en dessous de 6.5, gardez cette valeur et continuez votre culture avec celle-ci.
 
Un autre phénomène physico-chimique pour lequel je ne rentrerais pas dans les détails peut également être votre allié si votre pH baisse alors que vos billes sont bien tamponnées : l'oxydoréduction. En ajoutant de l'oxygène dans la solution par le biais d'un bulleur, certains éléments de la solution vont perdre un électron, et vont pouvoir capter les H+ qui passent à proximité : le pH va sensiblement s'élever.
 
On peut également avoir recours à des tampons extérieurs, en ajoutant des éléments à base de silice tels que le Mineral Magic, mais ils ne constituent qu'un palliatif. La qualité de votre eau, de vos engrais, et du tamponnage de votre substrat sont les seules clés de la sérénité dans le monde impitoyable des réactions acido-basiques....
 
 
2.3. Comment tester le pH d'une solution ?
Il existe différents systèmes permettant de connaître le PH de l'eau :
 
2.3.1. Le papier pH
Vous l'avez sûrement utilisé quand vous étiez en cours de biologie, c'est une petite languette de papier qu'il faut tremper dans la solution à tester. Cette languette de papier prend une certaine couleur en fonction du pH de l'eau, il suffira de comparer cette couleur avec la graduation fournie, chaque couleur équivaut à un degré de pH. Ce système est le moins cher mais également le moins précis.
 
 
2.3.2. Les réactifs
Ce sont des produits surtout utilisé en aquariophilie, ou pour le test des piscines. Il suffit d'ajouter quelques gouttes de réactifs (liquide) dans une éprouvette où nous aurons introduit la solution à tester. Cette solution prendra une teinte que nous devrons comparer avec une graduation de couleur. C'est à peu près le même principe que le papier pH. Il est également relativement peu cher et un tout petit peu plus précis! Ces tests sont facilement trouvable dans les animaleries.
 
 
2.3.3. Les pH mètres
C'est le système le plus précis et le plus pratique! C'est un appareil à piles qu'il suffira de tremper dans la solution. Instantanément il nous donnera le degré de pH sous forme de chiffres inscrits sur un écran. Ce système est plus coûteux mais vraiment très pratique.
 
Remerciements : snowflake
 
 
 
Par Vyking le 11-25-2006
 
v/c Dad-
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