Pour une part du gâteau

Par Invité ,

 

Bulletin d'ENCOD sur la politique des drogues en Europe

 

Après des années de promesses et d’ engagements non-tenus d’ouvrir une consultation sincère des citoyens quant à la politique de drogue, finalement le grand jour était arrivé le jeudi 13 décembre 2007. La Commission Européenne avait invité les représentants de 26 organismes à Bruxelles afin de participer à la première réunion de ce qui devait s’appeler "le forum de la société civile sur la politique de drogue dans l’Union Européenne".

De ces 26 organismes, 2 représentaient des autorités locales, 17 étaient constitués par des fournisseurs de service (agences travaillant à la réduction, au traitement et à l’empêchement des dommages, la plupart du temps subventionnées par un état ou l’Institution Européenne). Seulement 7 de ces organismes étaient composés de citoyens, avec subventionnement plus ou moins indépendant.

 

L’organisation de la réunion était si chaotique que 4 des 26 organismes invités n’ont pas pu venir à Bruxelles. Les documents de fond, que chaque participant était censé avoir lu avant le début de la réunion, sont arrivés par E-mail mardi matin 11 décembre. Ils contenaient un document de 90 pages, plus 7 liens a des sites Web qui devaient être étudiés dans les 70 heures suivantes, compte-tenu que les gens ont dû voyager jusqu’à Bruxelles et dormir. En conséquence, aucun des participants n’avait pu se préparer, encore moins consulter leurs membres.

 

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La réunion elle-même a eu lieu dans une atmosphère vraie de l’hospitalité de l’Union Européenne : les documents de conférence ont été imprimés sur des couvertures de luxe, un déjeuner sympathique et les chambres d’hotel de luxe ne laissaient rien à désirer. D’autre part la Commission s’était assurée que rien qui échapperait à son contrôle ne pourrait se produire .

 

Il nous a été précisé par la Commission que la manière dont le forum avait été organisé ainsi que celle du choix des organismes étaient définitives ; il n’y aurait aucune possibilité de changement. Il nous a aussi été précisé qu’il fallait laisser toutes discussions idéologiques hors de la salle, car cela rendrait la réunion "inefficace". Nous avons alors été divisés en groupes de travail pour faire des recommandations concernant les textes qui n’auraient aucunes conséquences d’obligation pour les autorités quelles qu’elles soient.

 

Dans ces groupes de travail naturellement aucun dialogue n’a pu avoir lieu. La plupart des participants "de la société civile" ont semblé heureux de publier les commentaires dont ils savaient qu’il seraient de toute façon ignorés , assumant leur rôle comme "expert professionnel" plutôt que comme "citoyen intéressé". La majorité des participants n’a pas remis en cause les instructions des représentants de la Commission Européenne, qui ont également fait un gros effort en expliquant qu’eux-mêmes ne portaient aucune responsabilité concernant les politiques de drogue.

 

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Évidemment, la plupart des personnes étaient intéressées par la ligne budgétaire de 3 millions par an que la Commission Européenne a offert aux organismes de la société civile (comprenant au moins deux associés) afin de travailler sur des projets Prévention et Information sur les Drogues". À partir de janvier 2008 et après, les organismes peuvent envoyer leurs conclusions qui, si elles sont approuvées, mèneront à des fins concrètes en décembre 2008, au plus tôt.

 

Les possibilités de recevoir une tranche de ce gâteau ont évidemment miné n’importe quel effort des participants pour proposer quelque chose qui ne conviendrait pas à la Commission. Quand l’officier financier de la Commission , il a précisé aux participants que le procédé de sélection pour des subventions serait "très dur", il a retenti comme curieux avertissement. Tandis que des citoyens sont confrontés à un appareil qui agit fortement de façon non-professionnelle, on s’attend à ce qu’eux-mêmes abandonnent les niveaux les plus élevés de professionnalisme quand des subventions sont mises en jeu.

 

Etant donné la réputation de la Commission sur la transparence, il est peu probable que qui que ce soit dont la subvention est rejetée reçoive une explication appropriée . C’est la façon d’agir toujours trop facile des manoeuvres politiques pour frustrer des approches progressistes.

 

Les 24 et 25 janvier 2008, à Budapest, une autre consultation de la société civile sera tenue, cette fois par rapport au forum d’O.N.G. "au delà de 2008" que le comité d’O.N.G. des drogues de l’ONU à Vienne organise en juillet de cette année. Ce forum fera partie de "l’année officielle de la réflexion" qui doit commencer après la réunion de mars 2008 de la Commission des Nations Unies sur les drogues narcotiques à Vienne.

 

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Comme la réduction des risques, la participation des citoyens a pu apparaître comme un nouvel outil "bandant" de l’image publique des politiques de drogue. Les organisateurs de ce genre de consultations s’assurent que principalement les gens qui sont impliqués sont heureux juste en raison de leur participation, sans aucune intention d’employer ces rencontres pour débattre. En conséquence, le concept "de la consultation de la société civile" peut facilement être employé pour légitimiser leurs politiques.

 

D’autre part, ce genre de dialogues offre peut-être l’une des quelques possibilités de "parasiter" la discussion officielle. N’importe quel message bien préparé pourrait mener à améliorer la situation pour certains. Au moins il ne fera pas le mal à quiconque.

 

Pour le moment ENCOD continuera à participer aux consultations au niveau de l’Union Européenne et de l’ONU. Mais nous organiserons également nos propres événements, afin de renvoyer quelque chose à l’ONU au moment venu.

 

Du vendredi 7 au dimanche 9 mars 2008, les jours avant la réunion de l’ONU CND qui commence le 10 mars, on s’attend à ce que tous les citoyens qui souhaitent envoyer un message clair d’espoir pour une fin à la guerre contre les drogues participent aux événements qu’Encod organise à Vienne. Le programme, qui deviendra public vers la fin de janvier, inclura un geste symbolique à l’ONU comme une conférence sur les nuisances de la prohibition et les avantages d’y mettre un terme.

 

Par Joep Oomen

 


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Queqlu'un a des nouvelles de la suite de cet évènement ? Est cz que l'union européenne va (enfin) se décider à mettre à plat le dossier des drogues, et arrêter de considérer que la prohibition est le meilleur moyen pour stopper le trafic ? Va-t-elle enfin dépennaliser ou au moins décriminaliser la possession de drogues ? Ou va-t-elle continuer à laisser les affaires des drogues aux états membres, faisant ansi ce que j'appelle la politique de l'autruche : constater qu'il y a un problème vis à vis des drogues, mais ne rien faire pour changer la situation actuelle (qui est : prohibition/répression/augmentation de la consommation, pour schématiser) ?

 

Merci à ceux qui auraient des infos !

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Je crois que l'article énonce assez bien la volonté de "confirmer sans en débattre". Un pavé dans la mare, tranché du vif éclat de l'arme damoclésiastique subventionnelle.

 

Lat'

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