Articles

Manage articles

Amende forfaitaire délictuelle : l’inégalité devant la loi
By mrpolo, in Justice, politique,

Le pré-projet de loi de programmation sur la justice, présenté cette semaine en conseil des ministres, a été rendu public notamment par la presse et le Conseil national des barreaux1.
 
Si certaines dispositions ont déjà suscité d’importantes critiques, la création de plusieurs amendes forfaitaires délictuelles, dont une pour réprimer l’usage de stupéfiants, mérite également que l’on s’y attarde. Le gouvernement envisage, en effet, de modifier substantiellement cette procédure d’exception créée par la loi J212 pour consacrer un dispositif confus à la constitutionnalité douteuse.
 
Un droit d’exception
 
Sous le titre « Dispositions clarifiant et étendant la procédure de l’amende forfaitaire », l’article 36 du pré-projet de loi de programmation sur la justice crée trois groupes d’amendes forfaitaires délictuelles qui viendraient s’ajouter aux deux cas déjà prévus par la loi J21 pour la conduite sans permis (C. route, art. L. 221-2) et la conduite sans assurance (C. route, art. L. 324-2)3. Plus précisément, l’amende forfaitaire délictuelle concernerait l’usage de stupéfiants (CSP, art. L. 3421-1), trois infractions relatives à la vente de boissons alcooliques aux mineurs (CSP, art. L. 3353-3), et trois infractions relatives à la carte de conducteur de transport routier : carte non conforme, n’appartenant pas au conducteur ou carte non insérée dans le chronotachygraphe du véhicule (C. transp., art. L. 3315-5).
 
Avec ces nouvelles infractions, l’amende forfaitaire délictuelle est aussi encourue par des personnes morales pour les infractions relatives à la carte de conducteur de transport routier et à la vente de boissons alcooliques à un mineur. Le casier judiciaire des personnes physiques comme celui des personnes morales est modifié pour permettre l’inscription des informations relatives au paiement des amendes forfaitaires ou à l’émission d’un titre exécutoire des amendes forfaitaires majorées pour les délits et les contraventions de 5e classe. Les fiches, qui ne sont pas mentionnées au B2, sont effacées au bout de trois ans en l’absence de nouvelle sanction. Enfin, pour les infractions au code de la route, le pré-projet prévoit que les mesures administratives de rétention et de suspension du permis de conduire ou d’immobilisation et de mise en fourrière du véhicule pourront être ordonnées même si l’action publique est éteinte par le paiement d’une amende forfaitaire. Dans ces deux derniers cas, l’autorité administrative serait d’ailleurs dispensée d’informer le procureur de la République de la mesure.
 
Un dispositif confus
 
Loin de l’ambition de clarification affichée, le projet sème la confusion. On passera sur l’incohérence qui consiste à proposer au législateur d’étendre un dispositif qui reste purement virtuel depuis l’adoption de la loi J21. Les obstacles, tant techniques que juridiques, sont tels qu’aucun procès-verbal d’amende forfaitaire délictuelle n’a encore pu être dressé pour les infractions de conduite sans permis ou sans assurance4.
 
Au regard des principes du droit pénal, c’est l’échelle des peines qui se trouve bouleversée par cette « trouble procédure » de forfaitisation5. Le principe même de l’amende forfaitaire délictuelle qui ramène la pénalité des délits au niveau des contraventions est déjà discutable, mais le projet renforce encore ce travers puisque l’amende n’est pas la même selon les infractions. Si le texte est adopté en l’état, l’amende forfaitaire délictuelle couvrira un spectre qui commence à mi-chemin des contraventions de 2e et 3e classe et s’éteint à mi-chemin des contraventions de 4e et 5e classe avec trois « classes informelles » :
• Amendes forfaitaires délictuelles de première classe

300 € avec un montant minoré de 250 € et un montant majoré de 600 € pour la vente de boissons alcooliques à un mineur ou l’usage de stupéfiants par un majeur ;
 
• Amendes forfaitaires délictuelles de deuxième classe
500 € avec un montant minoré de 400 € et un montant majoré de 1 000 € pour conduite sans assurance ;
 
• Amendes forfaitaires délictuelles de troisième classe

800 € avec un montant minoré de 640 € et un montant majoré de 1 600 € pour conduite sans permis ou sans carte de conducteur pour un transport routier.
 
Par ailleurs, le quantum de ces amendes forfaitaires est incohérent puisqu’il ne correspond pas aux peines délictuelles encourues. L’amende forfaitaire pour la conduite sans assurance est plus lourde que celle prévue pour la vente d’alcool à un mineur alors que c’est l’inverse pour la peine délictuelle (3 750 € pour la première, contre 7 500 € pour la seconde)6. L’absence de carte de transport routier justifie une amende forfaitaire équivalant à celle de la conduite sans permis alors que la première est punie de six mois d’emprisonnement et 3 750 € d’amende et la seconde d’un an d’emprisonnement et 15 000 €. Le gouvernement s’est attaché, semble-t-il, à la réalité des sanctions prononcées par les tribunaux. Si tel est le cas, une réforme des peines délictuelles aurait été un préalable indispensable à toute forfaitisation.
 
On sera également bien incapable de déterminer les critères qui justifient ou excluent la création de ces amendes forfaitaires délictuelles. Comme ces pathologies qui profitent de l’affaiblissement du patient, l’amende forfaitaire délictuelle est une maladie opportuniste du droit pénal contemporain qui frappe un peu au hasard. C’est un dispositif choisi on ne sait par qui, sur la base d’on ne sait quel critère. La commission Guinchard, qui s’était penchée sur la forfaitisation des contraventions, avait proposé trois critères pour en déterminer le domaine : qu’il s’agisse d’une infraction « sans victime », dont les éléments constitutifs sont simples à caractériser et dont la charge symbolique est faible7. Pour sa part, le gouvernement avait justifié la création de la procédure d’amende forfaitaire délictuelle dans la loi J21 par le souci de rendre la justice répressive plus efficace8 et la nécessité de « soulager les juridictions de certains contentieux de masse »9, thème repris durant les « Chantiers de la justice »10. Aucun de ces critères, ou aucune combinaison de ces critères, ne se retrouve dans le pré-projet de loi de programmation.
 
L’usage de stupéfiants est bien un contentieux de masse, mais qu’en est-il de la vente d’alcool à un mineur ? Les infractions relatives à la carte de transport routier sont bien des infractions dont les éléments constitutifs sont simples à caractériser, mais tel n’est pas le cas pour l’usage de stupéfiants. Il faut s’assurer de la nature des produits consommés et prouver le caractère illicite de la consommation, certains usages étant légaux ou tolérés (usage de médicaments, de produits de substitution, et même usage illicite de stupéfiants à proximité d’une salle de consommation11).
 
Quant à l’infraction de vente d’alcool au mineur, une forfaitisation paraît encore moins concevable puisque l’article L. 3353-5 du code de la santé publique dispose que « le prévenu peut prouver qu’il a été induit en erreur sur l’âge du mineur, sur la qualité ou l’âge de la personne l’accompagnant ou encore sur l’état du malade. S’il fait cette preuve, aucune peine ne lui sera applicable de ce chef ». Sauf à transformer les policiers en magistrats, on ne voit pas vraiment comment automatiser un tel contentieux.
 
L’extension de la forfaitisation aux faits commis en récidive
 
La disposition la plus confuse de ce pré-projet de loi, sur la forme comme sur le fond, reste l’extension de la procédure d’amende forfaitaire délictuelle aux faits commis en récidive pour les trois nouveaux groupes d’infractions. Il est pour le moins étrange d’écrire que « y compris en cas de récidive, l’action publique peut être éteinte dans les conditions prévues aux articles 495-17 et suivants du code de procédure pénale » quand, justement, l’article 495-17, alinéa 2, dispose que « la procédure de l’amende forfaitaire n’est pas applicable si le délit a été commis… en état de récidive légale ». Sur le fond également, comment expliquer que le législateur élargisse le domaine de l’amende forfaitaire délictuelle aux faits commis en récidive pour les trois nouveaux groupes d’infractions, mais pas pour les deux infractions déjà soumises à cette procédure ?
 
On sait ce qui a poussé le gouvernement à intégrer la récidive dans le champ de l’amende forfaitaire délictuelle : c’est l’impossibilité matérielle pour la police de constater la récidive sans mobiliser le procureur de la République après chaque interpellation qui explique cette extension12. Si l’amende forfaitaire délictuelle peut être dressée même en cas de récidive, la consultation du casier judiciaire n’est plus nécessaire. Mais, dans ce cas, le problème étant le même pour la conduite sans permis ou sans assurance, on ne comprend pas pourquoi le gouvernement s’est arrêté au milieu du gué. De surcroît, en voulant régler un problème pratique d’accès au passé pénal du délinquant, il prend le risque que les nouvelles dispositions soient inconstitutionnelles.
 
Une constitutionnalité douteuse
 
Jusqu’à présent, la procédure d’amende forfaitaire délictuelle a échappé au contrôle du juge. Introduite par amendement au projet de loi J21, elle n’a pas été examinée par le Conseil d’État saisi pour avis13. Quant au Conseil constitutionnel, il a pris soin de souligner qu’il « ne s’est pas prononcé sur la constitutionnalité des autres dispositions que celles examinées dans la présente décision », or la saisine des parlementaires sur la loi J21 ne mentionne pas la question de l’amende forfaitaire délictuelle14. Aucune question prioritaire de constitutionnalité (QPC) n’a par ailleurs été soulevée puisqu’aucune amende forfaitaire délictuelle n’a pu être dressée. La question de la constitutionnalité de la procédure d’amende forfaitaire délictuelle reste donc entière et elle est sérieuse, tant au regard du principe d’égalité que du principe de nécessité des peines.
 
Le principe d’égalité ne s’oppose pas à ce que le législateur prévoie des réponses pénales différentes à des situations différentes15. Tel était le cas, dans une certaine mesure, lorsque l’amende forfaitaire délictuelle était réservée aux primo-délinquants. En permettant de recourir à l’amende forfaitaire délictuelle même pour des faits commis en récidive, le gouvernement porte en revanche atteinte au principe d’égalité. Une telle atteinte n’est pas nécessairement inconstitutionnelle. Le Conseil constitutionnel vérifie la légitimité des motifs qui expliquent la différence de traitement et le respect égal des droits de la défense16. La Cour de cassation, pour sa part, s’assure que la différence de traitement soit en rapport direct avec l’objet de la loi qui l’établit17. Or dans le pré-projet de loi, aucun motif ne vient justifier le recours à une procédure plutôt qu’à une autre. La décision, purement discrétionnaire, est laissée à l’appréciation des forces de police et de gendarmerie.
 
À l’occasion des débats sur la loi J21 et, aujourd’hui, du pré-projet de loi de programmation sur la justice, les gouvernements affirment que « des instructions générales précises de politique pénale du garde des Sceaux, relayées par les parquets aux forces de l’ordre » pourront permettre de déterminer des critères pour recourir à une procédure plutôt qu’à une autre18. Mais de telles instructions ne pourront fournir un motif légitime au choix d’une procédure plutôt qu’une autre.
Comme nous l’avons déjà précisé, sauf à transformer les policiers en magistrats, on ne voit pas comment des instructions du garde des sceaux pourraient permettre à un prévenu de faire la preuve qu’il a été induit en erreur sur l’âge du mineur ou de la personne l’accompagnant alors que le procureur et le juge sont tenus à l’écart. La difficulté est plus grande encore s’agissant de l’usage de stupéfiants où la réponse pénale n’est qu’une alternative à une réponse sanitaire, traitement volontaire (CSP, art. L. 3414-1), imposé par l’autorité sanitaire (CSP, art. L.3412-1) ou judiciaire (CSP, art. L. 3423-1, L. 3424-1 et L. 3425-1).
 
Cette prise en charge sanitaire dépend moins du produit consommé que de la nature problématique ou non de l’usage constaté. Faut-il cette fois transformer le policier en personnel de santé afin qu’il apprécie la nécessité d’une réponse sanitaire ? Quant à la prise en compte des antécédents judiciaires du délinquant pour déterminer la réponse pénale adaptée, elle pose à nouveau la question de l’accès au casier judiciaire et rend inopérante l’amende forfaitaire délictuelle. L’utilisation du TAJ ne pourrait pas non plus être envisagée sans porter atteinte à un autre principe, la présomption d’innocence, comme l’avait noté le Conseil d’État dans son avis sur le projet de loi J21.
 
Dans cet avis, le juge administratif avait d’ailleurs soulevé un autre obstacle constitutionnel, l’atteinte au principe de nécessité des peines. Contrairement à l’amende forfaitaire contraventionnelle, l’amende forfaitaire délictuelle est, dans la plupart des cas, sans rapport avec la peine délictuelle qu’elle remplace. On pouvait comprendre qu’un primo-délinquant puisse faire l’objet d’une sanction plus faible qu’un récidiviste. Mais, dès lors que l’amende forfaitaire peut aussi être appliquée à un récidiviste, peut-on admettre qu’un même fait puisse être sanctionné d’une peine d’amende de quelques centaines d’euros ou d’un emprisonnement de six mois, voire un an, accompagné d’une amende d’un montant douze à dix-huit fois plus élevé ? On est conduit, inévitablement, à s’interroger sur le caractère disproportionné de la peine délictuelle que le législateur entend conserver.
 
Comme le notait déjà Fabrice Gauvin à propos de la loi J21 : « Moins de dix ans après le mouvement législatif de clarification et simplification du droit, cette réforme montre un chemin contraire, ajoutant à un code de procédure pénale, lequel n’en a pas nécessairement besoin, une nouvelle procédure dont la lecture et parfois la compréhension ne sont pas évidentes »19. L’amende forfaitaire délictuelle n’est pas un progrès, c’est une régression qui dénature le fonctionnement de la procédure pénale20, une solution de facilité trouvée par le législateur pour éviter d’avoir à s’interroger sur le bien-fondé de certaines infractions. Après le rendez-vous manqué de la loi J21, on peut encore espérer d’une loi de programmation de la Justice, qu’elle soit l’occasion de réfléchir à l’adaptation du droit à notre société contemporaine, y compris dans les incriminations et les sanctions qu’elle prévoit.
 
 
 
 
1. CNB, Projet de loi de programmation pour la justice : un texte inacceptable pour la profession.
2. L. n° 2016-1547 de modernisation de la justice du 21e siècle, 18 nov. 2016, JO n° 0269, 19 nov. 2016, texte n° 1.
3. M. Léna, Modernisation de la justice du 21e : principales dispositions votées en matière pénale, AJ Pénal 2016, p.508.
4. Dalloz actualité, 26 janv. 2018, art. P. Januel .
5. F. Gauvin, Circulation routière – un an de droit pénal de la circulation routière (juin 2016 à mai 2017), Dr. pénal 2017. Chron. 7, § 15.
6. « L’infraction de conduite sans assurance entraine également la majoration de 50 % du montant de l’amende, au profit du Fonds de garantie », S. Detraz, Les dispositions pénales de la loi de modernisation de la justice du 21e siècle, JCP 2016. 1305.
7. S. Guinchard, L’ambition raisonnée d’une justice apaisée, Doc. fr., 2008, p. 132.
8. J. Buisson, Justice du 21e siècle : une justice répressive plus efficace !, Procédures n° 2, févr. 2017, étude 17.
9. Dalloz actualité, 25 nov. 2016, obs. E. Alain .
10. Dalloz actualité, 18 janv. 2018, obs. D. Goetz .
11. Circ. JUSD1619903C, 13 juill. 2016 de politique pénale relative à l’ouverture des premières salles de consommation à moindre risque, espace de réduction des risques par usage supervisé, BOMJ n° 2016-07 du 29 juill. 2016.
12. Y. Bisiou, Payer pour fumer, AJ pénal 2017. 486 .
13. CE, avis, 30 juill. 2015, n° 390291 sur un projet de loi portant application des mesures relatives à la Justice du 21e siècle.
14. Cons. const. 17 nov. 2016, n° 2016-739 DC, § 100, RTD civ. 2017. 107, obs. J. Hauser .
15. V. Peltier, Non-lieu à renvoi d’une QPC sur l’amende encourue par les personnes morales, Dr. pénal 2017, n° 9, comm. 138.
16. Cons. const. 22 oct. 2009, n° 2009-590 DC, à propos de l’ordonnance pénale dans la loi HADOPI, D. 2010. 1508, obs. V. Bernaud et L. Gay ; Constitutions 2010. 293, obs. D. de Bellescize ; RSC 2010. 214, obs. B. de Lamy ; RTD com. 2009. 730, étude F. Pollaud-Dulian .
17. Crim. 28, juin 2017, n° 17-90.010, BICC 2017, n°1342 ; 14 nov. 2017, n° 17-82.435, D. 2017. 2370 ; BICC 2018, n°348.
18. Pour la loi J21, v. Ass. nat., Rapport n° 3726 sur le projet de loi de modernisation de la justice du 21e siècle, 6 mai 2016, p. 203 ; pour le pré-projet de loi de programmation, v. Ass. nat., Compte-rendu des débats, 2e séance du 3 avr. 2018, p. 33 et 38.
19. F. Gauvin, Un an de droit pénal de la circulation routière (juin 2016 à mai 2017), préc., § 15.
20. J.-B. Perrier, La justice pénale du XXIème siècle, Dr. pénal 2017, n° 1, étude 2.
 
Par Yann Bisiou le 17 Avril 2018 Spécialiste des politiques publiques des drogues, Yann Bisiou est le coauteur de la seconde édition du Précis Dalloz de droit de la drogue, avec le Pr. Caballero. Il a été membre du conseil scientifique de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT) et du conseil scientifique de l’Office européen des drogues et des toxicomanies (OEDT). Ancien vice-président du conseil d’administration de l’université Paul-Valéry Montpellier 3, il est chevalier de l’ordre des palmes académiques. Source: dalloz-actualite.fr
 
0 comments Read more... ›
France - La Creuse veut faire chanvre à part
By mrpolo,
Eric Correia, élu PS du département rural, a demandé au gouvernement l’autorisation de cultiver et d’exploiter du cannabis à usage thérapeutique. Son argument : la filière pourrait redynamiser la région.
 
Imaginez un peu : des hectares de chanvre sous bonne garde d’agents de sécurité, un laboratoire public d’analyse pour contrôler le niveau de THC (la molécule psychoactive du cannabis classée stupéfiante), des start-uppers du chanvre et des docteurs ès marketing gambadant à travers la Creuse et semant sur leur passage les emplois qui manquent tant à un territoire souvent cité en exemple de la déprise rurale… Tel est le projet formé par Eric Correia, élu du Parti socialiste qui milite pour la réhabilitation d’une autre molécule clé du chanvre et peu connue du grand public : le cannabidiol (CBD).
 
«Obscurantisme»
 
Président de la communauté d’agglomération du Grand Guéret et conseiller régional de Nouvelle-Aquitaine, Eric Correia s’appuie sur un cadeau fait par le président Macron en octobre : le Plan particulier pour la Creuse (PPC), destiné à faire émerger des solutions innovantes de relance en territoire rural. Son idée : demander un statut dérogatoire pour expérimenter une filière dédiée au cannabis thérapeutique. Chiffres à l’appui, Correia annonce une manne à faire pâlir n’importe quel gestionnaire de collectivité et, partant, jette un pavé dans la mare d’un tabou français embourbé dans le vaste mouvement de dépénalisation européen qui voit une filière émerger. «A-t-on vraiment les moyens de s’en priver ?» interpelle l’élu.
 
La filière est en plein boom depuis la légalisation, aux Etats-Unis et dans plusieurs pays d’Europe, des composés soignants du cannabis, classé au rang de stupéfiant en France. Or «cette plante a accompagné l’humanité depuis des siècles, plaide l’entrepreneur Florent Buffière. Ses effets thérapeutiques ont été décrits très tôt dans les médecines chinoises et indiennes.» Le trentenaire soigne lui-même ses migraines au CBD, et milite à Norml. Antenne française du lobby citoyen américain du même nom, l’association dénonce les mésusages engendrés par la prohibition et œuvre pour une réforme de la loi française «en vue d’une régulation responsable des filières cannabicoles». Un discours qui ne passe pas dans la doxa médicale occidentale, victime selon Florent Buffière d’un certain «obscurantisme» puisque «la loi interdit de fait toute recherche, discussion ou production scientifique en France sur le sujet». Infirmier anesthésiste, formé à la gestion des douleurs chroniques, Eric Correia insiste : «Il faut faire de la pédagogie, aider les décideurs à se départir de l’idée que le consommateur de cannabis est un jeune gauchiste en déprise sociale, coiffé de dreadlocks. La vérité, c’est que j’ai des tonnes de patients et d’amis qui gardent leurs douleurs sous contrôle à l’aide du cannabis. Sclérose, douleurs du membre fantôme, cancers avancés et toutes les pathologies dites "algiques"» sont concernées.
 
En Amérique, le cannabis est désormais délivré aux migraineux et aux épileptiques. En Israël, on l’utilise pour certaines formes de Parkinson, et en Espagne, des chercheurs ont mis en évidence le «système endocannabinoïde» (qui a prouvé une hypothèse israélienne selon laquelle l’être humain est porteur de récepteurs aux CBD puisqu’il fabrique les siens propres) et des effets antitumoraux de certaines molécules du chanvre sur des souris. Eric Correia : «Même la reine Victoria prenait du cannabis pour soigner ses céphalées et ses règles douloureuses.» Et de poursuivre : «Je ne comprends pas que des patients souffrent et qu’on dispose d’une molécule documentée par la littérature médicale internationale, mais qu’on les empêche d’accéder à un soulagement ou même qu’on les poursuive pour s’en être procuré.» Sachant que, partout en Europe, des filières légales s’organisent sous contrôle des Etats. Correia : «En France, on est assez con…servateurs pour louper le train.»
 
«Plante magique»
 
Face au blocage rencontré auprès des huiles locales, sa fiche pourtant bien argumentée ayant été «perdue» par le préfet chargé d’arbitrer et de faire remonter les propositions pour la Creuse auprès des ministères, le président de l’agglomération du Grand Guéret a décidé de porter le fer dans la plaie financière. «1,6 milliard d’euros de recettes fiscales et une baisse de 500 millions annuels de la dépense publique [que coûte la lutte contre la drogue, ndlr], ce sont les chiffres avancés par [le think tank] Terra Nova dans l’hypothèse d’une légalisation sous monopole public en France. 18 000, c’est le nombre d’emplois créés en trois ans au Colorado. 10 % de tout ça me suffirait amplement pour la Creuse !»
 
«Le thérapeutique peut être une porte d’entrée», observe Vincent Turpinat. Par chance, l’attaché parlementaire et suppléant du député LREM de la Creuse Jean-Baptiste Moreau, réputé avoir l’oreille du Président, est addictologue : «En tant que professionnel, je suis convaincu du potentiel santé de la molécule, en tant que politique, je suis convaincu du potentiel économique pour le territoire. Mais je suis convaincu aussi du fait qu’il y a des blocages politiques sur ce sujet en France. Il faudra du temps, de la pédagogie et ne pas mélanger les sujets entre santé et récréatif. Surtout, il faudrait que le dossier soit incarné localement.»
 
«Présents», semblent clamer depuis leurs fermes Jouany Chatoux, Mathieu Couturier et Marien Sablery. Tous trois agriculteurs creusois, ils se sont positionnés comme relais possibles d’expérimentation. Marien Sablery est déjà chanvrier. Depuis trois ans, avec son frère, il cultive une soixantaine d’hectares à destination de filières autorisées : bâtiment, alimentation animale et humaine. Il s’intéresse depuis un an aux débouchés santé de cette «plante magique où tout est valorisable économiquement».
 
«Débouché»
 
«Le cochon vert», comme on l’appelle, retient également l’attention de Jouany Chatoux. «Pour moi, la légalisation n’est pas un sujet, elle se produira. C’est à mon sens un débouché à ne pas négliger pour l’agriculture française qui souffre tant. Avec mes voisins, même si on n’est pas du même bord politique, on soutient l’initiative de M. Correia parce qu’il propose qu’on se positionne rapidement avant de se faire damer le pion par des gros industriels européens qui, eux, n’apportent aucune richesse structurante dans nos territoires.» Galvanisé par les encouragements, Eric Correia promet : «Je ne lâcherai rien.» Le 22 mai, avec l’appui de Norml, il organisera à Guéret une réunion publique sur le sujet. «Nous y serons, assure Vincent Turpinat. Tout comme nous accueillerons M. Correia à la table des discussions sur le Plan particulier pour la Creuse.»
 
Par Julie Carnis Envoyée spéciale à Guéret (Creuse) Photos Thierry Laporte
Source: liberation.fr
0 comments Read more... ›
Le CBD à fumer est-il légal et peut-il se substituer au cannabis?
By mrpolo,
Le cannabidiol, molécule dérivée du cannabis commercialisée sous forme de liquide pour cigarette électronique, est désormais disponible en fleurs séchées ou en résine à fumer…
  Un joint de cannabis — Photofusion/REX/REX/SIPA
Le cannabidiol, ou CBD, est une substance extraite du chanvre, mais qui n’a pas les effets psychoactifs du THC. Autorisé à la commercialisation en France sous forme de liquide pour cigarette électronique, le CBD est désormais disponible sous forme d’herbe et de résine, principalement en provenance de Suisse. Ce produit est-il légal ? Peut-il se substituer au cannabis classique pour les plus gros consommateurs ? C’est à voir.  
CBD. Un acronyme qui fait friser l’œil de quelques avertis. Le cannabidiol, de son nom complet, est un cannabis version light et légal. Pourquoi ? Il est dépourvu de sa substance psychoactive, le THC (tétrahydrocannabinol), qui fait planer et dilate les pupilles des yeux rougis de ses utilisateurs.
Arrivé discrètement il y a quelques mois sur le marché français sous forme de liquide à vapoter avec une cigarette électronique, le CBD a vite trouvé son public en France. Et une nouvelle forme de ce produit dérivé du chanvre vient de faire son apparition. A l’instar du cannabis classique, il existe désormais du CBD sous forme d’herbe ou de résine, principalement en provenance de Suisse, à fumer en joint. Quelques boutiques dans l’hexagone commencent à proposer ces produits, comme à Besançon, rapporte L'Est républicain. Est-ce légal ? Quels sont les effets du CBD ? Constitue-t-il un produit de substitution pour les gros consommateurs de cannabis ?
 
Quelle différence y a-t-il entre le CBD et le THC ?
Sous forme de fleurs séchées ou de résine, THC et CBD ont tous deux la forme, le goût et l’odeur du cannabis. Cette plante compte près de 500 cannabinoïdes différents. Mais tous n’ont pas le même effet ni la même intensité. Le plus fort, c’est le THC, « une substance chimique psychoactive qui entraîne un état modifié de conscience », explique le Dr Alain Morel, psychiatre addictologue et directeur général de l’association de prévention et de soin en addictologie OPPELIA. Fumé ou ingéré, le THC entraîne euphorie, sensation de bien-être, réduction du stress et relaxation. Bref, on plane. En deuxième effet kiss (pas) cool, il peut aussi provoquer paranoïa et crise d’anxiété : le fameux bad trip.
 
Avec le CBD, pas de défonce comme avec le cannabis « normal ». Les yeux ne sont pas explosés, on n’est pas stone et il n’y a pas de risque de bad trip. Et selon ses adeptes (et ses vendeurs), le CBD aurait des vertus thérapeutiques : il réduirait l’inflammation, le stress ainsi que les nausées. Grosso modo : il aurait les avantages du cannabis sans ses inconvénients. Mais si plusieurs études scientifiques viennent d’être lancées sur les effets du CBD, « rien ne permet à ce jour de valider les effets thérapeutiques vanter par certains », indique le Dr Alain Morel, psychiatre addictologue et directeur général de l’association de prévention et de soin en addictologie OPPELIA. Mais il y a un engouement certain. « Depuis quelque mois, plusieurs patients m’ont parlé du CBD, m’ont indiqué en prendre ou m’ont interrogé sur ses effets », poursuit le psychiatre spécialiste des addictions.
 
Le CBD est-il une alternative au cannabis classique ?
Pour les gros consommateurs de cannabis, le CBD est parfois envisagé comme une alternative aux produits contenants du THC. Pas sûr pourtant que cette alternative tienne toutes ses promesses. « Le CBD ayant des effets bien moindres que le THC, pour les gros fumeurs, il faudrait de très hautes doses de cannabidiol pour se rapprocher de l’effet relaxant du THC, expose le Dr Morel.
 
Si certains consommateurs de CBD indiquent que ce produit détend et diminue le stress, il n’est pas sûr qu’il puisse répondre aux attentes de ceux qui consomment du cannabis pour réduire leur anxiété ou parvenir à s’endormir et qu’il ne s’agisse pas que d’un simple effet placebo. Sur ce point, il faut attendre des résultats complémentaires ».
 
Selon les témoignages rapportés sur le CBD, « ce produit semble plutôt satisfaire les fumeurs occasionnels, qui ne constituent pas le public ayant le plus besoin d’un produit de substitution au cannabis classique, poursuit le psychiatre. Mais peut-être que des études ultérieures permettront d’en faire un traitement de substitution pour les gros consommateurs ».
 
La commercialisation et la consommation du CBD sont-elles légales en France ?
 
Le CBD est un produit dérivé du cannabis « dépourvu d’effet psychotrope, il n’entraîne a priori pas d’addiction. A ce titre, il ne peut être considéré comme une drogue, sa commercialisation est donc tout à fait légale », répond le Dr Morel. Et sur le plan de la santé publique, le CBD semble plus vertueux que son grand frère, le THC. « Le CBD n’est pas un produit qui doit inquiéter, sa toxicité est extrêmement faible, estime-t-il. Mais c’est un produit à suivre, sur lequel nous manquons aujourd’hui de recul et d’informations ».
 
En novembre dernier, le ministère de la Santé déclarait que le CBD apparaissait « comme légal », autorisant ainsi sa commercialisation en France, qui est toutefois très stricte : « Le taux de THC contenu dans les produits à base de CBD doit être inférieur à 0,2 % », rappelle le spécialiste des addictions. Mais pour fumer le CBD en joint, le cadre n’est plus le même. Les textes français limitent l’utilisation industrielle ou commerciale de certaines variétés de chanvre aux fibres et aux graines. L’utilisation du CBD à fumer n’est donc pas réglementée. Par ailleurs, si nombre de vendeurs aiment vanter les vertus thérapeutiques du cannabidiol, il leur est interdit de vendre le CBD comme un médicament. En janvier dernier, le tribunal correctionnel de Marseille condamnait les deux inventeurs de Kanavape, la première cigarette électronique permettant de consommer du cannabidiol, à une peine de prison avec sursis, pour avoir présenté leur produit comme un médicament.
Anissa Boumediene
Source: 20minutes.fr
0 comments Read more... ›
Dans le joint, le tabac encrasse bien plus les artères que le cannabis
By mrpolo,
Ce n’est pas le cannabis qui encrasse les artères mais bien plus le tabac que bon nombre des fumeurs de cette substance y ajoutent. C’est le constat d’une étude dirigée par l’Université de Berne, publiée dans la revue Addiction.
Illustration ÉdA
Il est connu de longue date que le tabac est responsable de la formation de plaques d’athérome – ou athérosclérose – dans les artères coronaires notamment. Le rôle du cannabis en revanche était encore controversé.
L’équipe de Reto Auer a analysé des données provenant de l’étude CARDIA qui suit depuis 1985 l’évolution de l’athérosclérose chez plus de 5.000 jeunes adultes aux États-Unis. Pour ses recherches, le professeur bernois a retenu 3.498 participants exposés au cannabis et au tabac, interrogés sur leur consommation.
 
Comme attendu, les scientifiques ont constaté un fort lien entre l’exposition au tabac et l’apparition de plaques dans les artères coronaires et abdominales. En revanche, chez les fumeurs de cannabis qui n’avaient jamais touché au tabac, un tel lien n’a pas pu être mis en évidence.
  Selon les auteurs, une consommation fréquente de cannabis n’a qu’une faible influence sur l’athérosclérose. Une précédente étude sur le même collectif avait déjà montré que le cannabis n’est pas associé à l’infarctus.
En revanche, lorsque l’on ajoute du tabac au cannabis, les effets néfastes ne sont pas à sous-estimer, conclut le Pr Auer, cité dans un communiqué de l’Université de Berne.
 
Source: lavenir.net
0 comments Read more... ›
France - Lutte contre la drogue : encore un peu plus de prohibition
By mrpolo,
La nouvelle réponse pénale en matière de lutte contre la drogue consistera en une amende de 300 euros. Plus de punition et de prohibition, une position discutable à bien des égards.
 
Le 3 avril dernier, prenant acte de la faiblesse des résultats de la politique de lutte contre les drogues, la ministre Nicole Belloubet a détaillé devant les députés les dispositions du projet de loi de modernisation de la justice destinées à répondre à la massification de l’usage de stupéfiants en France.
Nourrie de l’espérance qu’une systématisation des sanctions dissuadera les millions de consommateurs, la nouvelle réponse pénale proposée consiste en une « forfaitisation du délit d’usage ». Celle-ci permettra aux forces de l’ordre d’infliger une amende de 300 euros à toute personne ayant fait un usage illicite de drogue, tout en laissant ouverte la possibilité d’une procédure judiciaire donnant lieu à une inscription au casier judiciaire et au prononcé d’une peine de prison.
 
La drogue et la politique prohibitionniste en échec
Cette mesure s’inscrit dans la continuité d’une politique prohibitionniste répressive menée depuis plusieurs décennies. L’échec de cette approche, dont il est acquis qu’elle a contribué à l’accroissement de la violence criminelle, à l’enrichissement des mafias et au pourrissement du lien social dans les banlieues, explique la réaction défavorable que suscite le projet d’amende forfaitaire délictuelle chez les intervenants en toxicomanie et les associations de défense des consommateurs.
 
Selon eux, la systématisation de la répression contribuera à éloigner un peu plus du système de santé les centaines de milliers d’usagers problématiques de drogues. Elle apparaît, en outre, bien peu respectueuse du libre arbitre des millions d’usagers récréatifs non toxicodépendants.
Cette critique n’est pas nouvelle, mais elle se trouve aujourd’hui renforcée par deux éléments contextuels qui devraient conduire le gouvernement à réviser sa copie s’il ne veut pas trahir deux credos essentiels du Président Macron : son engagement européen et sa volonté de développer une stratégie industrielle fondée sur l’innovation.
 
La drogue et le double langage vis-à-vis de l’Union européenne
Qu’on en juge sur le terrain des engagements européens tout d’abord. Le 8 mars dernier, le Conseil de l’Union européenne adoptait des conclusions recommandant le recours à des solutions alternatives à la répression des consommateurs de drogues. Selon les 28 ministres de l’Intérieur de l’Union européenne, dont Gérard Collomb, il convient de favoriser les « solutions de remplacement à l’imposition de sanctions coercitives », notamment les amendes, pour promouvoir au contraire les mesures éducatives et la réinsertion sociale.
  Or c’est précisément l’inverse que vise le projet de loi. En confiant à la police un pouvoir de sanction pécuniaire, la forfaitisation délictuelle consacre le principe d’une répression automatique de l’usage de stupéfiants excluant de facto toute mesure éducative ou sociale. On appréciera le double langage du gouvernement, soucieux de la santé et de l’insertion des consommateurs de drogues à Bruxelles mais pressé de les punir en France.
 
Une filière chanvrière bridée
Un autre mot d’ordre du gouvernement est également mis à mal par le caractère essentiellement répressif de son approche. C’est celui du développement industriel. Veillant sur notre culture viticole et protégeant les intérêts des alcooliers nationaux, l’État français ne semble pas avoir pris la mesure du développement de l’industrie cannabique au-delà de nos frontières.
 
La légalisation du cannabis médical et récréatif dans un nombre croissant de pays a contribué à ouvrir de colossaux marchés. Tenue logiquement à l’écart de ce mouvement, l’industrie pluriséculaire du chanvre français risque de ne pas pouvoir en profiter. Confinée à la production d’aliments pour animaux et de fibres végétales, notre filière chanvrière est aujourd’hui bridée par une législation si prohibitionniste qu’elle entrave jusqu’au développement de produits cosmétiques, de compléments alimentaires et de médicaments à base de cannabinoïdes non psychoactifs. Les firmes étrangères, notamment nord-américaines, prennent aujourd’hui une avance qu’il sera difficile de rattraper.
 
Plusieurs pays européens sont sensibles à ces évolutions, à l’instar des Pays-Bas qui ont réglementé la production de cannabis médical il y a près de vingt ans et se préparent à faire de même avec le cannabis récréatif. Ce n’est pas, à ce jour, le cas du gouvernement français, arc-bouté sur l’idée que la punition des consommateurs de drogue fera bientôt disparaître le cannabis de notre culture.
Prendre conscience du caractère erroné de cette croyance est urgent. C’est une condition sine qua non à l’initiation d’une réflexion gouvernementale sur les enjeux sanitaires et économiques de la légalisation contrôlée du cannabis, une réforme dont la plupart des observateurs bien informés s’accordent, en privé, à reconnaître qu’elle est désormais inévitable à plus ou moins long terme.
 
Par Renaud Colson. Maître de conférences à l’Université de Nantes (UMR CNRS Droit et Changement Social)
 
Source: contrepoints.org
4 comments Read more... ›
Etats-Unis - Donald Trump rend la liberté aux États américains de légaliser le cannabis
By mrpolo,
Alors qu’en janvier 2018, le procureur général des États-Unis Jeff Sessions abrogeait le « Cole Memo », Donald Trump a promis, comme le rapporte CNN le 13 avril, de finalement honorer ce texte de loi.
 
Crédits image : Westword/YouTube
 
Pour rappel, ce fameux mémorandum initié le 29 août 2013 par le procureur général de l’époque James Cole (nommé sous Obama), stipule que les États américains ont le droit d’autoriser – ou non – la vente de cannabis à des fins récréatives ou médicales et d’en gérer la distribution. Et ce sans que le gouvernement fédéral ou le département de la Justice ne puisse interférer.
L’engagement du président américain, rendu public par le sénateur républicain du Colorado, Cory Gardner, se traduira par un « effort » afin de protéger les États qui ont légalisé le cannabis. Ce revirement de situation intervient après que Gardner a délibérément interféré, depuis la décision de Jeff Sessions, avec toutes les décisions prises par les députés du ministère de la Justice. Selon lui, l’initiative de son compère violait les droits des États en plus de causer l’incertitude dans l’industrie de l’herbe légale.
« Mercredi dernier, le président m’a annoncé que l’annulation du Cole Memo par le ministère de la Justice n’affectera pas l’industrie légale de la marijuana du Colorado », a déclaré Gardner dans un communiqué. « En outre, le président Trump m’a assuré qu’il soutiendrait une solution législative basée sur le fédéralisme pour régler une fois pour toutes le problème des droits des États sur cette question. » Première étape franchie pour Cory Gardner. Désormais, ses collègues et lui travaillent sur un projet de loi qui empêcherait le gouvernement fédéral d’interférer dans la légalisation de la marijuana dans les États. Quoi qu’il en soit, son coup de pression a fonctionné.
Source : ulyces.co
0 comments Read more... ›
Clermont-Ferrand : du cannabis retrouvé dans des sépultures de Gaulois
By mrpolo,
Clermont-Ferrand : du cannabis retrouvé dans des sépultures de Gaulois
 
 
L'exposition du musée Bargoin, à Clermont-Ferrand, révèle les corps inhumés des Gaulois avec, à leurs pieds, des offrandes portant des traces de cannabis. / © L. Pastural / France 3 Auvergne
 
L'exposition "Sorties de fouilles" au musée Bargoin, à Clermont-Ferrand, présente les corps inhumés des Gaulois et des Romains du deuxième siècle avant Jésus-Christ. Surprenant, des traces de cannabis ont été retrouvées dans les offrandes, près des corps. 
 
Les corps retrouvés ont été inhumés à la fin du 2e siècle avant notre ère. Parmi les offrandes, posées à côté des corps, des traces de vin ont été décelées, mais pas seulement : "C'est très rare, mais nous avons trouvé des psychotropes. Des traces de cannabis ont été analysées", précise Marie Bèche-Wittmann, directrice adjointe du musée Bargoin.
 
Source : FranceInfo
https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/puy-de-dome/clermont-ferrand/clermont-ferrand-du-cannabis-retrouve-sepultures-gaulois-1454367.html
 
La potion magique était au cannabis
Sonia Reyne| 15 avril 2018 Capture d'écran. Les restes de cannabis trouvés dans une amphore à vin datent du IIe siècle avant JC. 
DR/ Clermont Métropole Des archéologues ont trouvé des résidus de chanvre indien dans une sépulture arverne du IIe siècle avant notre ère. De la résine de conifère, du gras d’animal ruminant, du cannabis, et une grande quantité de vin rouge ! C’est ce qu’a identifié Nicolas Garnier, scientifique en archéologie, dans l’un des deux vases découverts par Hervé Delhoofs, archéologue responsable des fouilles, à quelques kilomètres de la capitale des Arvernes. « Nous avons trouvé ces deux récipients dans la sépulture d’un ou d’une Gauloise d’une trentaine d’années, du IIe siècle avant J.-C. », explique l’archéologue. « C’est la première fois en Europe que l’on identifie du Cannabis sativa dans une tombe.
 
Ces fragments végétaux ont pu être ajoutés au vin, tout comme la résine, pour l’aromatiser et lui donner un effet psychotrope », confirme Nicolas Garnier. L’exposition « Sorties de fouilles » au musée Bargoin, à Clermont-Ferrand, présente jusqu’au 20 mai cette découverte et bien d’autres, réalisées pendant des fouilles à Cébazat (Puy-de-Dôme). Le visiteur découvre le quotidien d’un village rural proche d’Augustonemetum, l’actuel Clermont-Ferrand. L’exposition permet de comprendre comment les archéologues mènent l’enquête pour reconstituer l’histoire. A quelques kilomètres de Gergovie, se pourrait-il qu’ils aient découvert la recette de la potion magique de Vercingétorix ?

 
Source: leparisien.fr
0 comments Read more... ›
Sanction de l’usage de stupéfiants : le bateau ivre de la politique des drogues
By mrpolo,
Le 3 avril dernier, prenant acte de la faiblesse des résultats de la politique de lutte contre les drogues, la ministre Nicole Belloubet a détaillé devant les députés les dispositions du projet de loi de modernisation de la justice destinées à répondre à la massification de l’usage de stupéfiants en France.
 
 
Photo - Lors d'une manifestation en faveur de la légalisation du cannabis, le 14 mai 2016, à Paris.
 
Nourrie de l’espérance qu’une systématisation des sanctions dissuadera les millions de consommateurs, la nouvelle réponse pénale proposée consiste en une « forfaitisation du délit d’usage ». Celle-ci permettra aux forces de l’ordre d’infliger une amende de 300 euros à toute personne ayant fait un usage illicite de drogue, tout en laissant ouverte la possibilité d’une procédure judiciaire donnant lieu à une inscription au casier judiciaire et au prononcé d’une peine de prison.
 
Deux credos présidentiels remisés
Cette mesure s’inscrit dans la continuité d’une politique prohibitionniste répressive menée depuis plusieurs décennies. L’échec de cette approche, dont il est acquis qu’elle a contribué à l’accroissement de la violence criminelle, à l’enrichissement des mafias et au pourrissement du lien social dans les banlieues, explique la réaction défavorable que suscite le projet d’amende forfaitaire délictuelle chez les intervenants en toxicomanie et les associations de défense des consommateurs.
Selon eux, la systématisation de la répression contribuera à éloigner un peu plus du système de santé les centaines de milliers d’usagers problématiques de drogues. Elle apparaît, en outre, bien peu respectueuse du libre arbitre des millions d’usagers récréatifs non toxicodépendants.
Cette critique n’est pas nouvelle, mais elle se trouve aujourd’hui renforcée par deux éléments contextuels qui devraient conduire le gouvernement à réviser sa copie s’il ne veut pas trahir deux credos essentiels du Président Macron : son engagement européen et sa volonté de développer une stratégie industrielle fondée sur l’innovation.
 
Double langage vis-à-vis de l’Union européenne
Qu’on en juge sur le terrain des engagements européens tout d’abord. Le 8 mars dernier, le Conseil de l’Union européenne adoptait des conclusions recommandant le recours à des solutions alternatives à la répression des consommateurs de drogues. Selon les 28 ministres de l’Intérieur de l’Union européenne, dont Gérard Collomb, il convient de favoriser les « solutions de remplacement à l’imposition de sanctions coercitives », notamment les amendes, pour promouvoir au contraire les mesures éducatives et la réinsertion sociale.
Or c’est précisément l’inverse que vise le projet de loi. En confiant à la police un pouvoir de sanction pécuniaire, la forfaitisation délictuelle consacre le principe d’une répression automatique de l’usage de stupéfiants excluant de facto toute mesure éducative ou sociale. On appréciera le double langage du gouvernement, soucieux de la santé et de l’insertion des consommateurs de drogues à Bruxelles mais pressé de les punir en France.
 
Une filière chanvrière bridée
Un autre mot d’ordre du gouvernement est également mis à mal par le caractère essentiellement répressif de son approche. C’est celui du développement industriel. Veillant sur notre culture viticole et protégeant les intérêts des alcooliers nationaux, l’État français ne semble pas avoir pris la mesure du développement de l’industrie cannabique au-delà de nos frontières.
 
La légalisation du cannabis médical et récréatif dans un nombre croissant de pays a contribué à ouvrir de colossaux marchés. Tenue logiquement à l’écart de ce mouvement, l’industrie pluriséculaire du chanvre français risque de ne pas pouvoir en profiter. Confinée à la production d’aliments pour animaux et de fibres végétales, notre filière chanvrière est aujourd’hui bridée par une législation si prohibitionniste qu’elle entrave jusqu’au développement de produits cosmétiques, de compléments alimentaires et de médicaments à base de cannabinoïdes non psychoactifs. Les firmes étrangères, notamment nord-américaines, prennent aujourd’hui une avance qu’il sera difficile de rattraper.
 
Plusieurs pays européens sont sensibles à ces évolutions, à l’instar des Pays-Bas qui ont réglementé la production de cannabis médical il y a près de vingt ans et se préparent à faire de même avec le cannabis récréatif. Ce n’est pas, à ce jour, le cas du gouvernement français, arc-bouté sur l’idée que la punition des consommateurs de drogues fera bientôt disparaître le cannabis de notre culture.
Prendre conscience du caractère erroné de cette croyance est urgent. C’est une condition sine qua non à l’initiation d’une réflexion gouvernementale sur les enjeux sanitaires et économiques de la légalisation contrôlée du cannabis, une réforme dont la plupart des observateurs bien informés s’accordent, en privé, à reconnaître qu’elle est désormais inévitable à plus ou moins long terme.
 
Par Renaud Colson
Source: theconversation.com
0 comments Read more... ›
Besançon : du cannabis en vente libre
By mrpolo,
À Besançon et dans quelques grandes villes en France, il est désormais possible d’acheter de l’herbe et de la résine de cannabis débarrassées de leurs effets psychotropes.
Photo: Le centre Solea, spécialisé dans les addictologies, conseille
à certains gros consommateurs de tester le cannabis CBD pour lutter contre leur addiction.
Archives ER/Anthony LAURENT
 
Acheter du cannabis de façon légale, c’est aujourd’hui possible ! Mais attention, pas le cannabis vendu en Hollande, du côté d’Amsterdam. Un cannabis issu d’une sélection génétique et dénué de sa substance psychoactive, le THC. « Ça fait quelques mois que la législation permet de vendre ce produit de façon légale. Il faut que le taux de THC soit inférieur à 0,2 % », précise Élodie Marchon, propriétaire du magasin Bestown à Besançon qui en propose dans son établissement. « La particularité est qu’il dispose d’une substance, le CBD, qui agit sur le stress, le sommeil et peut soigner ou adoucir la douleur de certains malades. »
 
Ce fameux cannabidiol (CBD) aurait la particularité d’agir sur les convulsions, l’inflammation, l’anxiété, les nausées et d’inhiber la croissance des cellules cancéreuses. D’ailleurs depuis quelques mois, la clientèle ne désemplit pas dans ce commerce, situé dans le quartier Rivotte. « Nous avons tous types de personnes, du professeur de chimie au chef d’entreprise ! On a aussi des malades, des gens qui sont atteints d’un cancer. On ne se rendait pas compte avant de se lancer, mais ça touche un milieu particulier », poursuit la jeune femme.
 
Difficile de reconnaître cannabis « légal » et « illégal »

Le magasin Bestown, dans le quartier Rivotte à Besançon, propose à la vente du cannabis CBD sous la forme de liquide pour e-cigarette, mais aussi dans sa forme naturelle : résine et herbe. Photo Ludovic LAUDE
 
Disponible sous la forme de liquide pour cigarette électronique, il est également vendu sous sa forme originelle : herbe ou résine. « Pour le moment, les fournisseurs de ces produits se trouvent en Suisse », précise Élodie Marchon. Et pour être honnête, difficile de faire la différence entre du cannabis « légal » ou « illégal ». Sur Internet, plusieurs sites spécialisés se sont déjà lancés sur le marché. Mais selon eux, les autorités, par « excès de zèle », bloquent parfois les importations pour vérifier la marchandise. « C’est vrai que ce n’est pas évident de s’approvisionner. Mais tous les produits sont analysés, donc, s’il y a le moindre problème, nous pouvons prouver que ce cannabis contient moins de 0,2 % de THC. »
 
Contrairement au THC, le CBD ne possède pas d’effets psychotropes. Le consommateur a donc des effets très différents après la prise du produit. « On n’a pas l’impression d’être au ralenti, d’être parano. On se sent juste un peu plus relaxé et détendu », précise la commerçante.
Le centre Solea, spécialisé dans les addictologies, conseille même à certains gros consommateurs de cannabis classique, d’essayer cette nouvelle substance. « J’ai eu une cliente, ça fait trois mois qu’elle a réussi à arrêter la cigarette et le cannabis THC, juste par l’intermédiaire du CBD. Même à son travail, elle m’explique qu’elle se sent beaucoup mieux et qu’elle éprouve moins de difficultés pour se concentrer. Quelque part, ça fait plaisir de pouvoir aider, soulager ou apaiser des gens avec quelque chose de naturel. Il faudrait juste que ce soit plus facile pour se fournir et mieux encadré. »
Valentin COLLIN
 
Source: estrepublicain.fr
0 comments Read more... ›
« 420 » : la véritable histoire du nombre préféré des fumeurs de weed
By mrpolo,
Le code de ralliement des fumeurs de weed est fêté en fumée aux USA ce 20 avril, une date autrement écrite « 4.20 ».
 
Il y a bien plus de mythes et légendes que de faits qui expliquent le choix de ce nombre de 420 et son pendant dans le calendrier, la date du 20 avril, prétexte pour s'enfumer des poumons au cerveau dans plusieurs pays du monde, notamment aux États Unis.
Si les origines de la date sont floues, ce qu'il se passe ce jour-là est en revanche très net : un paquet de gens va se retrouver complètement défoncé.
  Fumer de l'herbe le jour du 20 avril (autrement écrit le 4.20) de préférence à 4h20, ou 16h20 dans d'autres pays à base 24, est devenu une sorte d'Oktoberfest mais pour la marijuana. Un jour de célébration dédié à la consommation de cette substance.
Mais pourquoi cette date a été retenue plus que d'autres pour faire tourner sur toute la planète ? D'où vient cette tradition ? Et surtout, comment la communauté des foncedés a pu retenir un nombre suffisamment longtemps pour que cela devienne une tradition ?
L'origine du 420 a été minutieusement discutée depuis plusieurs années.
 
Le Huffington Post, le Los Angeles Times, High Times, ont tous mis leurs départements de fact-checking sur le coup. Il en ressort que la tradition est née en 1971 avec un groupe d'adolescents connus sous le nom des Waldos, qui ont grandi dans le Marin County, en Calfiornie. Ils ont été appelés les Waldos parce qu'ils aimaient traîner appuyés sur un mur, un « wall », pas loin de la San Rafael High School.
Les Waldos comptaient dans leurs rangs Mark Gravitch, Dave Reddix and Steve Capper. Ils ont d'abord essayé de protéger leur identité, pour préserver leurs vies futures d'adultes responsables.
Ils s'appelaient les uns les autres sur le même mode que celui des Ramones : Waldo Dave, Waldo Steve and Waldo Mark. Aujourd'hui ils assument leur rôle fondateur dans l'histoire de la weed.
Ils ont levé un drapeau 420 datant des années 1970 et on produit des lettres timbrées de la même époque, en guise de preuve. On y lit le fameux nombre utilisé comme code pour désigner la marijuana.
  Pourquoi les Waldos sont-ils sortis de l'ombre pour réclamer la paternité du terme ? Parce que les rumeurs autour des origines de celui-ci ont fait écran de fumée, aussi épais que celui de la plus grasse des hydroponiques.
Par exemple, une liste des fausses origines les plus absurdes du 420 :
420 n'est pas l'identifiant de la police pour signaler des infractions à la législation des produits stupéfiants. 420 ne désigne pas le nombre de principes actifs dans la marijuana. (C'est 315.) 420 est bien une manière de désigner la date d'anniversaire d'Adolf Hitler, mais la tradition ne vient pas de là. 420 est le résultat de la multiplication de 12 par 35. Les nombres que l'on trouve dans la chanson de Bob Dylan « Rainy Day Woman no. 12 and no. 35. » Cette chanson contient bien les paroles « tout le monde doit se défoncer ». Mais encore une fois, ce n'est pas pour ça que 420 est le chiffre préféré des fumeurs de weed.  
La véritable raison c'est que les cinq Waldos des débuts se retrouvaient à 4h20 de l'après-midi chaque jour pour partir à la recherche d'une mythique et légendaire plantation de weed abandonnée non loin de la caserne des gardes-côtes de Point Reyes.
D'après les Waldos, en 1971, ils ressemblaient au parfait cliché du lycéen californien fumeur d'herbe. Ils avaient entendu une histoire selon laquelle un type des gardes-côtes avait été obligé d'abandonner sa plantation de marijuana à Point Reyes. Les Waldos décident alors de partir en quête du champ fabuleux.
 
Ils s'étaient mis d'accord. Tout le monde se retrouvait sous la statue du microbiologiste français Louis Pasteur, à 4h20 de l'après-midi. Avant de partir dans les environs sauvages de Point Reyes ils fumaient un joint ou deux.
Ils ont cherché pendant des semaines. Ils n'ont rien trouvé. Rien qui s'approchait d'un champ plein de plants n'attendant que d'être fauchés et fumés. Mais ils en ont tiré au moins un code qui leur permettrait d'évoquer leur penchant pour l'herbe sans se faire cramer par leurs parents ou leurs enseignants.
 
Le terme 420 aurait dû mourir dans la région avec la fin des Waldo. Sauf que le grand frère de Waldo Dave était un pote de Phil Lesh, le bassiste des Grateful Dead.
  Les Waldo étaient le « patient zero » du 420, Lesh et les Grateful Dead en ont été le vecteur. Ils ont repris le terme et l'ont gardé avec eux pendant 35 années de tournées à travers la planète, pendant lesquelles ils ont fumé des joints, popularisant l'utilisation du terme 420 lorsque l'on parle de weed.
Une fois dans les mains de la communauté fantasque et subversive des fumeurs de joints — qui a toujours adoré le jargon foisonnant attaché à son amour de l'herbe — le 420 a fait son chemin dans plein d'endroits rigolos.
Toutes les horloges du film Pulp Fiction indiquent 4 heures et 20 minutes, il y a une loi 420 qui codifie l'usage de la weed en Californie. Le bornage kilométrique 420 sur une route de Denver a été volé tellement de fois, qu'ils l'ont changé pour un panneau moins habituel qui mentionne « 419,99 ». Internet a également fait exploser la popularité du terme.
 
Chris Connolly
Source: vice.com
0 comments Read more... ›