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Nabih Berry : Le Liban pourrait légaliser le haschisch à usage médical
By mrpolo, in International,

La légalisation du cannabis à des fins médicales est, selon une source bien informée, une des propositions faites par le cabinet de conseil international McKinsey dans son plan pour réformer l’économie libanaise.
 

Une plante de haschisch dans la Békaa. Photo Nour Braidy.
 
Le président de la Chambre des députés du Liban depuis 1992, ainsi que le chef du mouvement Amal , Nabih Berry a déclaré mercredi que le Liban pourrait légaliser la culture du haschisch et son utilisation à des fins médicales. Il s'agit là, a indiqué à L'Orient-Le Jour, une source bien informée, d'une des propositions faites par le cabinet de conseil international McKinsey dans son plan pour réformer l’économie libanaise.

Nabih Berri
نبيه برّي
"Le Parlement libanais se prépare à étudier et approuver la législation nécessaire pour légaliser la culture du haschisch et sa production à des fins médicales à l'instar de nombreux pays européens et certains États américains", a déclaré M. Berry devant l'ambassadrice des États-Unis au Liban Elizabeth Richard.
Le chef du Parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt avait déjà appelé à plusieurs reprises les autorités libanaises à la légalisation de la culture du haschich, affirmant que cela représente "une formule de relève économique pour la Békaa, pour Baalbeck et pour le Hermel" où le cannabis est largement cultivé.
  L'ancien ministre libanais de la Santé, Waël Bou Faour, avait évoqué en 2016 les bienfaits thérapeutiques du cannabis, plus particulièrement l'huile du cannabis, affirmant que plusieurs pays ont légalisé le recours à cette plante pour des besoins de santé. Il avait également déclaré que, selon lui, le Liban "est en train de rater une opportunité" en raison de sa politique qui criminalise l'usage du cannabis, soulignant la nécessité d'adopter une approche scientifique et économique pour "encadrer et légaliser" la consommation de cette plante. 
 
En 2015, le chef de la brigade des stupéfiants au sein des Forces de sécurité intérieure, le général Ghassan Chamseddine, avait indiqué qu'environ 35 000 dounoums de haschich (3 500 hectares) sont plantés chaque année dans la Békaa centre et nord, dans les cazas de Baalbeck et Hermel, et dans une partie des cazas de Bécharré et Denniyé. "La production annuelle moyenne est d'une centaine de tonnes et le marché annuel de 60 millions de dollars environ", avait-il estimé.
 

Le libanais rouge-Photo@purkif.com

Selon des cultivateurs de cannabis au Liban, le conflit en Syrie voisine a détourné l'attention de l’État et dopé le trafic avec une frontière devenue beaucoup moins contrôlée. L'armée détruisait auparavant chaque année quelques milliers d'hectares de cannabis dans la Békaa.
 

Le libanais jaune-Photo@purkif.com

L’État avait mené des campagnes d'éradication, promettant des cultures alternatives. Mais depuis l'échec d'un programme de l'ONU, il y a plus de quinze ans, un bras de fer l'oppose aux cultivateurs qui réclament la légalisation de cette culture ancestrale. Selon les agriculteurs, la demande a augmenté de plus de 50% depuis 2012, et la majorité du haschich est écoulée vers la Syrie.    
Le plan du cabinet McKinsey pour diversifier l'économie préconise notamment de renforcer les secteurs de l'agriculture, de l'industrie, du tourisme et de la finance.
 
Source: lorientlejour.com
 
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Ouverture d’un commerce de CBD à Bordeaux : le Cabinet d' avocats évite la fermeture de l’établissement
By mrpolo,
Deux jours après son ouverture, un commerce bordelais communément désigné sous l’appellation erronée de « coffee shop » a fait l’objet d’une perquisition. Son gérant a été placé en garde à vue et mis en examen des chefs « d’acquisition, importation, détention, cession de plantes classées comme stupéfiant » et de « provocation à l’usage de stupéfiant ».
 
Actuellement sous contrôle judiciaire, notre client est autorisé à maintenir son activité à condition de revoir la décoration de son magasin et de ne pas se livrer à des activités de vente illégale de produits stupéfiants.
Reste a définir ce qui peut être considéré comme produit stupéfiant….
Une première affaire à Bordeaux
De nombreux commerces similaires se sont installés ces derniers mois en France et leur traitement varie selon les politiques pénales appliquées par les différentes juridictions.
A Paris, le 13 juillet dernier, quatre gérants de « coffee shops (1) » ont été mis en examen pour infractions à la législation sur les stupéfiants. Trois dirigeants avaient déjà subi le même traitement fin juin.Tous étaient gérants de commerces proposant des produits dérivés à base de cannabidiol (CBD) une molécule extraite du chanvre.
A propos des infractions d’acquisition, importation, détention, cession de plantes classées comme stupéfiant reprochées à notre client
Le CBD est une molécule qui n’est pas classée comme stupéfiant. Il ne contient pas de tétrahydrocannabinol (THC), substance active du cannabis et n’a pas d’effet psychoactif.
Selon l’arrêté du 22 août 1990 portant application de l’article R5132-86 du code de la santé publique pour le cannabis, « sont autorisées l’importation et l’utilisation industrielle et commerciale (fibres et graines) des variétés de cannabis sativa L autorisées lorsque la teneur en THC n’est pas supérieure à 0,2% »
 
Un avis de la Mission Interministérielle de Lutte contre les Drogues et les Conduites Addictives (MILD&CA) en date du 11 juin 2018 est venu préciser les contours de cet arrêté.
Il considère en effet que l’utilisation et la commercialisation des fleurs est interdite et n’autorise que l’utilisation des fibres et graines. Elle indique par ailleurs que le seuil de tolérance de 0,2 % quant au taux de THC ne concerne que la plante elle-même et non les produits finis qui ne devraient donc pas contenir une quelconque présence de THC.
Il est à noter que cet avis est une délibération qui n’a pas valeur de norme juridique mais qui contribue à l’élaboration d’une position française en matière de lutte contre les drogues et les conduites addictives. Il s’agit d’une interprétation de la législation en vigueur.
 
Or, pour certains juristes et spécialistes de la question, la législation française est plus restrictive que la législation européenne et l’arrêté précité pourrait être considéré comme contraire à la position européenne prise à l’aune du principe de la libre circulation des marchandises.
 
En effet, le règlement UE 1308/2013 du 17 décembre 2013 autorise explicitement la production, l’importation et la commercialisation du chanvre « brut ou travaillé » (cannabis sativa L) à condition que la teneur en THC n’excède pas 0,2% (règlement UE 1307/2013 du 17 décembre 2013)
 
Pour Renaud Colson, Maitre de conférences à l’Université de Nantes, Membre du Laboratoire droit et changement social UMR CNRS 6297 et Chercheur en résidence à l’Institut universitaire sur les dépendances de Montréal (dans un article du Recueil Dalloz 2018 p.1445), le droit européen autorise l’exploitation de la totalité de la plante ce qui inclut logiquement la chènevotte, partie intérieure de la tige (sans fibre), les feuilles et les fleurs.
 
Il confère ainsi au champ d’exploitation industrielle et commerciale du cannabis une étendue plus large que celle délimitée par le droit français.
Ainsi, le principe de primauté du droit européen s’opposerait à ce que l’administration et les juridictions ne se prévalent de l’arrêté du 22 août 1990 restreignant l’exploitation du chanvre à ses fibres et ses graines sauf à justifier une telle restriction par la nécessité de protéger la santé des personnes ou la sauvegarde de la moralité publique.
Les mesures restrictives doivent être justifiées par un intérêt légitime et conformes au principe de proportionnalité (CJUE, 15 décembre 1976 off C-35/76 Simmenthal et plus récemment CJUE 23 décembre 2015 off C_333/14 Scotch Whisky Association), ce qui semble difficile à rapporter selon Renaud Colson, « au regard des connaissances scientifiques disponibles (voir en ce sens l’avis sur les produits contenant du cannabidiol rendu le 25 juin 2015 par la Commission des stupéfiants et psychotropes de l’Autorité nationale de écurité du médicament et des produits de santé) ».
 
Concernant notre client et son commerce, le débat porte sur le fait de savoir s’il peut ou non commercialiser les fleurs de chanvre et des produits finis contenant du CBD, le cas échéant, présentant des traces de THC avec un seuil inférieur à 0,2%.
Quant à l’infraction de provocation à l’usage de stupéfiant pour laquelle notre client a également été mis en examen
L’article L3421-4 du code de la santé publique prohibe « la provocation au délit prévu par l’article L3421-1 ou à l’une des infractions prévues par les articles 222-34 à 222-39, alors même que cette provocation n’a pas été suivie d’effet, ou le fait de présenter ces infractions sous un jour favorable ».
La provocation doit être caractérisée par des motifs suffisants, par une véritable incitation verbale ou écrite (Crim 22 juin 2004,n° 03-85.630)
La juridiction doit constater l’accomplissement par le prévenu d’actes ayant pour objet ou pour effet d’aider à la consommation de cannabis (Crim 23 janvier 2007 n°06-80.518).
 
L’exposition au public doit être établie
En l’espèce, il est notamment reproché à notre client d’avoir fait figurer sur sa devanture des feuilles de cannabis de couleur verte. Il s’est conformé à la demande du magistrat instructeur et a retiré celles-ci de sa décoration. Reste à savoir néanmoins si cela peut être considéré comme une provocation à l’usage de stupéfiant.
En effet, les dernières jurisprudences relatives à la provocation à l’usage de stupéfiant ne vont pas dans le sens de la caractérisation de ce délit dans des conditions similaires.
Dans un arrêt rendu le 12 novembre 2015 (n°15/663), la Cour d’appel de Poitiers a décidé que le fait d’exposer dans une boutique des vêtements ou objets tels que des cendriers ou des briquets sur lesquels sont reproduits des feuilles de cannabis ou la mention « Cannabis, legalize it » ne constituait pas l’infraction de provocation à l’usage de stupéfiants.
 
Ce débat sera tranché pendant l’instruction et si besoin est, devant la juridiction de jugement.

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Uruguay - Un an de cannabis en pharmacie: «c’est comme vendre de l’aspirine»
By mrpolo,
Enrique Curbelo, 76 ans, est ravi. Grâce au cannabis, vendu depuis un an dans les pharmacies d’Uruguay, il a remis en selle sa boutique vieillotte, jusqu’ici malmenée par les grandes chaînes modernes.
 
 
Photo - Enrique Curbelo dans sa pharmacie de Montevideo le 9 juillet 2018 Photo MIGUEL ROJO. AFP
 
«Pour moi, c’est comme vendre de l’aspirine. Je me devais de proposer ce qu’elles ne vendaient pas», explique-t-il à l’AFP dans son pull kaki, à quelques jours du premier anniversaire.
Depuis le 19 juillet 2017, pour fumer un joint en Uruguay, plus besoin d’appeler son dealer, il suffit de passer à la pharmacie: ce pays d’Amérique du Sud est devenu le premier au monde à commercialiser en toute légalité de la marihuana à usage récréatif.
Mais le mode de distribution choisi par l’Etat a suscité de nombreuses réticences chez les pharmaciens. D’abord intéressés par la manne financière potentielle, les représentants du secteurs ont ensuite fait état de leurs craintes: peur d’être victimes de vols, interrogations sur la rentabilité - le nombre d’acheteurs inscrits étant trop limités à leur goût - et craintes pour leur image auprès de leur clientèle habituelle.
 
Résultat: dans ce territoire de 3,4 millions d’habitants, grand comme la moitié de l’Allemagne, seuls 14 établissements, dont la moitié à Montevideo, participent actuellement au programme. Le gouvernement n’est pas parvenu à trouver un accord avec les grandes chaînes de pharmacies.
Avant de se mettre à vendre de l’herbe, M. Curbelo, situé à Pocitos, un des quartiers huppés de la capitale, confie avoir dû vaincre ses propres préjugés et observer: il a rejoint tardivement le réseau de pharmacies participantes.
Ce programme lancé par le gouvernement semble rencontrer un succès croissant auprès des consommateurs. En un an, le nombre d’acheteurs inscrits sur le registre officiel a été multiplié par cinq, passant de 5.000 environ à près de 25.000, selon l’Institut de régulation et de contrôle du cannabis (l’Ircca).
 
- «Produits chimiques» -
 
Ismaël Fernandez en fait partie. Ce mercredi, comme chaque semaine, il reçoit un message Whatsapp de sa pharmacie pour le prévenir que le cannabis est arrivé. A la sortie du travail, il s’y rend pour acheter les 10 grammes autorisés par personne et se dirige vers la maison pour se rouler un «joint pour se détendre».
Agés de 31 ans tous les deux et parents d’un garçon de 3 ans, cet employé d’une entreprise de nettoyage et sa compagne Stefania Fabricio, coiffeuse, n’ont donc plus besoin d’acheter à leur dealer de l’herbe paraguayenne ou brésilienne «pressée, mélangée et parfois très mauvaises, pleines de produits chimiques». Et, bien sûr, plus chère.
«Maintenant, c’est plus facile que quand ça a commencé», raconte Ismaël à l’AFP en référence aux longues files d’attentes des premiers temps.
 
«Et la qualité est bonne», ajoute Stefania. «Ça ne te retourne pas la tête et ce n’est pas le but. Ça te fait de l’effet mais tu peux faire des trucs sans problème», raconte-t-elle, convaincue d’être une «privilégiée» en vivant dans un pays avec une telle loi «qui a sorti énormément de gens du marché noir».
Après avoir placé son doigt sur le capteur d’empreinte, Ismaël débourse les 400 pesos (13 dollars) pour les 10 grammes. Le système ne se débloquera que dans une semaine.
Mais certains préfèrent cultiver pour leur propre consommation, ou appartenir à un club cannabique: les deux autres modes d’accès pour un usage récréatif prévus par la loi uruguayenne.
 
Federico Corbo, 41 ans, bichonne ses plantes dans le jardin de sa maison, située à l’extérieur de Montevideo.
S’il est ravi du choix du gouvernement uruguayen, il est moins enthousiaste sur la qualité du produit. «Elle n’est pas mauvaise, mais la qualité est faible», juge-t-il.
D’autres consommateurs enfin, préfèrent rester anonymes et en marge de la loi. La raison? Le registre tenu par l’Etat et décrié par certains.
 
«Je pense que ç’a été mal conçu: si en fin de compter elle (la marihuana) allait être légalisée, l’Etat devait-il endosser ce rôle paternaliste pour surveiller qui fume ou arrête de fumer?», se demande auprès de l’AFP un fumeur qui préfère rester anonyme.
 
Par AFP — 18 juillet 2018
Source: liberation.fr
 
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Alpes-de-Haute-Provence : le cannabis, nouvelle herbe de Provence pour vos plats ? Le patron de l'auberge de l'Abbaye de Cruis se lance !
By mrpolo,
La loi s'assouplit et les idées fusent. Guillaume Pistono tient l'auberge de l'Abbaye à Cruis entre Saint-Etienne-les-Orgues et Mallefougasse et dès cette semaine il va proposer son nouveau menu où il intègre avec un certain savoir-faire du cannabis.
 
 
Alors pas dans sa forme pure bien sûr, il cuisine du cannabidiol ou CBD vendu en toute légalité et dont les vertus sur la santé seraient reconnues. Un autre restaurant a déjà sauté le pas en France mais dans la région Sud PACA il est le premier à oser. Reportage Laurie Charrié.
 

 
Source: dici.fr
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En Californie, le cannabis rend accro les seniors
By mrpolo,
Le cannabis fait de plus en plus d'adeptes chez les personnes âgées en Californie, depuis que son usage récréatif est devenu légal le 1er janvier 2018. Ces seniors y ont recours pour soulager les douleurs qui accompagnent parfois le vieillissement. 
 
 
Photo - Les personnes âgées sont de plus en plus nombreuses à se tourner vers le cannabis thérapeutique aux Etats-Unis.  (IVAN FRANCO / MAXPPP)
 
Le cannabis à usage médical est légal en Californie depuis 20 ans. Mais jusqu’ici, il fallait une ordonnance et le stigmate restait fort. Avec la légalisation totale actée le 1er janvier dernier, le cannabis est devenu grand public.
Spacieux et lumineux, les magasins spécialisés ont des faux-airs d’Apple Store. Le consommateur a accès à une variété de produits. Ces derniers sont moins intimidants qu’un joint. Ce sont des crèmes ou du chocolat, comme par exemple de la marque Défoncé, en français dans le texte.
 
Atténuer les souffrances physiques du vieillissement
Bryna, 87 ans, utilise des huiles pour son arthrite. Et cela fonctionne, selon ses dires : "Je me réveillais souvent à cause de la douleur. Cela ne m’arrive plus", témoigne-t-elle. "Je prenais du Vicodin (un médicament analgésique) mais je voulais arrêter. Et après quelques mois, j’ai pu arrêter", indique celle qui a aussi commencé à se servir d’un vaporisateur : "Je me suis rendue compte qu’en utilisant le vaporisateur avant d’aller me coucher, je dormais plus longtemps."
 
C'est un phénomène intéressant dans un pays où la crise des opiacés s’est aggravée ces dernières années. La consommation de cannabis semble en tout cas surtout relever de la médecine alternative pour les seniors. D'après une étude récente, neuf personnes âgées sur dix sont en effet satisfaites du résultat.
 
Une consommation d'abord thérapeutique
C’est le CBD, le composant du cannabis avec des vertus thérapeutiques qui les intéresse. Le THC, le composant qui fait planer, les séduit moins. Peut-être aussi parce que comme David, 68 ans, ceux qui recherchent les effets du THC n’ont pas attendu la légalisation.
Il est venu faire un tour dans l’une de ces nouvelles boutiques. "J’ai commencé quand j’étais dans la Navy, sourit-il. C’était il y a longtemps. Ici, je vais regarder les produits comestibles. C’est ça qui m’intéresse. Le reste, je le fais pousser chez moi depuis longtemps", poursuit l'homme.
Un énorme marché en devenir en Californie, le cannabis pourrait représenter cinq milliards de dollars dès l’an prochain. C’est un marché gigantesque, comparable à la vente de bières outre-Atlantique. Si les plus de 65 ans représentent, aux États-Unis, 15% de la population, ils concentrent 30% de la consommation de médicaments. Le potentiel qu'ils peuvent rapporter, s'ils s'orientent vers le cannabis, est donc facilement imaginable.
Une boutique du sud de Los Angeles organise d'ailleurs chaque mois un voyage gratuit en bus pour une cinquantaine de personnes âgées. Sur place, les seniors sont conseillés. Le principal problème pour eux, c'est en fait le prix. Comme le cannabis reste illégal à l’échelle fédérale, les assurances ne le rembourse pas.
 
Source: francetvinfo.fr
 
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Le département de santé publique presse New York de légaliser le cannabis
By mrpolo,
Dans un rapport publié vendredi dernier, l’autorité new-yorkaise en matière de santé publique a recommandé la légalisation du cannabis, notamment pour endiguer la crise des opioïdes et pour cesser la criminalisation excessive des minorités visibles.
 

 
La légalisation récente du cannabis dans de nombreux États américains rend la question plus pressante, souligne-t-on. « La question n’est plus de savoir si on devrait légaliser, mais comment le faire de manière responsable », peut-on lire dans le rapport.
  Cette étude des répercussions possibles de la légalisation sur la santé, la sécurité publique et l’économie a été commandée par le gouverneur Andrew Cuomo en janvier dernier. Survol des conclusions.
 
Ne plus cibler les minorités culturelles
La prohibition fait beaucoup de mal aux minorités. Aux États-Unis, malgré des taux de consommation égaux, les Noirs sont quatre fois plus susceptibles que les Blancs de se faire arrêter pour possession de cannabis.
  Dans l’État de New York, le nombre d’arrestations a baissé considérablement depuis la légalisation du cannabis à des fins thérapeutiques en 2014, mais les arrestations demeurent plus élevées chez les minorités visibles.
En 2017, les personnes arrêtées pour possession de cannabis étaient majoritairement des personnes de couleur (86 %). Seulement 9 % des personnes arrêtées étaient blanches.
 
Cette situation a d’importants effets néfastes sur les membres de minorités visibles, souligne le rapport, notamment en érigeant des barrières au logement et à l’éducation.
La légalisation serait l’occasion de « réduire la criminalisation et l’incarcération disproportionnée des minorités », tout en réinvestissant dans la santé et l’éducation de ces communautés.
 
Contrer les opioïdes avec du cannabis
La crise des opioïdes a causé la mort par surdose de plus de 42 000 Américains en 2016. Dans un tel contexte, la légalisation du cannabis peut comporter plusieurs avantages.
Dans les 29 États américains qui ont légalisé le cannabis à des fins médicales, les taux de surdose sont moins élevés qu’ailleurs.
  Le cannabis peut-être consommé pour réduire la douleur, ce qui peut parallèlement réduire la prescription d’opioïdes à la source, en plus d’aider les patients qui consomment déjà des opioïdes à réduire les doses ou à cesser le traitement.
« La marijuana est une substance efficace contre la douleur, qui réduit grandement les risques de dépendance et qui élimine le risque de surdose mortelle, comparativement aux médicaments à base d’opioïdes », soutient-on.
Certes, le cannabis est déjà permis à des fins thérapeutiques dans l’État de New York, mais la légalisation de sa consommation récréative « pourrait faciliter l’accès à la marijuana pour traiter la douleur ».
 
Des profits substantiels
En offrant une once à 270 $ ou 340 $ - soit les prix répertoriés par le site Price of Weed - , on estime que les recettes annuelles de vente de cannabis pourraient se chiffrer à entre 1,7 et 3,5 milliards de dollars. Dès la première année, l’État pourrait percevoir entre 248 et 678 millions de dollars en taxes.
En outre, le rapport souligne que la légalisation du cannabis réduirait les coûts associés à la prohibition, comme les effectifs de police, les frais judiciaires, la prison, les frais administratifs.
Cannabis partout
S’il en venait à légaliser le cannabis à des fins récréatives, New York viendrait s’inscrire dans une tendance libérale grandissante aux États-Unis. Neuf États ont récemment légalisé la substance, dont le Colorado, la Californie et l’Oregon.
  L’État du Vermont, limitrophe de l’État de New York, vient tout juste de légaliser le cannabis au début du mois. Et on rappelle que New York partage ses frontières avec le Maine, qui a légalisé le cannabis en 2016, et avec le Canada, qui le légalisera le 17 octobre prochain.
 
par Justine de l'Église
Source: vice.com
 

 
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Après 14 ans de prison en Indonésie, Michael Blanc va rentrer en France
By Indi-Punky,
Arrêté en possession de Haschisch, Michael Blanc va enfin pouvoir rentrer en France après plus de 14 ans de prison.
 
 
 
Michaël Blanc, un cuisinier originaire de Faucigny (Haute-Savoie), décide de s'installer en 1999 à Bali afin d'y ouvrir une entreprise de plongée sous marine.
 
C'est lors d'un retour en décembre 1999 qu'il sera arrêté à l'aéroport de Denpasar avec 3,8 kg de haschich cachés dans des bouteilles de plongée modifiées. Il affirme être innocent et que ces bouteilles lui ont été confiées par un ami.
 
Son crime en Indonésie est passible de peine de mort, il se verra condamné à la réclusion à vie, cette peine sera réduite à 20 ans pour bonne conduite.
Le 20 janvier 2014, la justice indonésienne lui accorde une libération conditionnelle assortie d'une obligation de rester sur le territoire jusqu'à la fin de sa peine, le 21 juillet 2018.
 
Pendant tout ce temps, sa mère Hélène le Touzay n'a cessé le combat, les démarches pour aider son fils.
En Décembre 99 c'est sa vie qu'elle a vue chavirer, avec l'arrestation à l'aéroport de Bali de Michaël, le second de ses trois enfants, en possession de 3,8 kg de haschich dissimulés dans des bouteilles de plongée. Il encourait la peine de mort, requise au procès. Elle va laisser parler son cœur de mère pour s'installer au plus près de son fils et intervient régulièrement dans les médias français pour relater son histoire. Cette médiatisation l'aidera financièrement à subvenir aux besoins de Michael.
 
Elle compte bien l'accompagner pour son retour en France et l'aider à reprendre son autonomie pour ensuite retourner en Indonésie, elle qui est devenue entre-temps attaché consulaire et milite au sein d'associations locales pour aider la défense des ressortissants Français incarcérés en Indonésie.
 
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L'Espagne est un pays à la pointe de la politique en matière de drogue : pourquoi ne pas en parler ?
By mrpolo,
Beaucoup de mesures et de propositions de notre pays sont pionnières au niveau international, mais nous les oublions quand nous parlons de pays de référence comme le Portugal ou l'Uruguay.
 

Un exposant présente des graines de cannabis à la foire GrowMed. (EFE)
 
Chaque fois qu'il est question de pays novateurs en matière de politique des drogues, le nom de l'Uruguay, qui a légalisé l'usage du cannabis et dont l'État a pris en charge la culture et la vente de ce produit, est souvent mis en lumière. Le Portugal aussi, dont l'approche sociale de la lutte contre les conséquences négatives de la drogue en a fait un modèle. Peut-être aussi la Suisse ou la République tchèque, avec leurs mesures progressistes. Rarement le nom de notre pays est mentionné, qui n'est pas à la traîne dans les cas mentionnés et qui, dans certains domaines, ouvre de nouvelles directions.
 
Pourquoi ne pas en parler, pas en Espagne ou en dehors de nos frontières ? C'est la grande question posée dans un article récemment publié par les chercheurs Constanza Sánchez, Coordinatrice du droit, des politiques et des droits de l'homme à la Fondation ICEERS, et Michael Collins, Directeur du Bureau des affaires nationales à la Drug Policy Alliance. "L'Espagne est un bon exemple d'un pays aux politiques novatrices en matière de drogues qui, à l'exception des clubs de cannabis, sont à peine connus en dehors de ses frontières", expliquent les auteurs. Les réponses soulignent également la relation exceptionnelle de l'Espagne avec la drogue.
 
Les innovations politiques sont venues de la base, du travail des organisations, des municipalités et des communautés, et non du gouvernement central.
 
Contrairement aux pays phares (Uruguay et Portugal), l'Espagne a connu un mouvement ascendant et les communautés autonomes - en particulier le Pays basque, la Navarre, l'Andalousie et la Catalogne - ont été pionniers dans l'adoption de nouvelles mesures, parfois en confrontation avec le gouvernement central. Il a été une politique de " mieux vaut demander pardon que la permission ", précisément le nom de cette enquête. L'objectif a été à la fois de réduire les dommages causés par les drogues (tant au niveau de la consommation sur le marché) et de rejeter l'approche prohibitionniste qui a caractérisé l'approche ancienne et ratée de la guerre contre les drogues.
 
Mais pourquoi n'en a-t-on pas entendu parler ? "L'un des facteurs est que les innovations politiques sont venues de la base, du travail des organisations avec les usagers, des conseils municipaux et des communautés autonomes", a-t-il déclaré à El Confidencial Sánchez. "Il n'y a pas d'articulation pour communiquer ces décisions au niveau international comme un gouvernement central peut le faire. Dans de nombreux cas, ajoute-t-il, les mesures des municipalités et des communautés se trouvaient dans un vide juridique qui n'avait pas besoin d'être très visible. C'est le cas, par exemple, de la distribution de méthadone ou d'héroïne pour les usagers de communautés comme l'Andalousie ou la Catalogne, qui ont essayé des thérapies à l'héroïne injectée et consommée par voie orale, respectivement.
 

Une cigarette de marijuana. (EFE)
 
Une autre explication est que le changement politique au Portugal ou en Uruguay a mis en jeu d'autres facteurs sociaux (droits de l'homme, justice sociale, etc.) qui les ont rendus particulièrement attractifs pour devenir des références internationales. En Espagne, bien que sa situation ne soit pas si différente de celle de ces pays, le tableau est beaucoup plus fragmenté et donc difficile à vendre. Comme le souligne Sánchez, "plutôt que des politiques, ils ont cherché à s'adapter aux décisions judiciaires, comme la doctrine de la consommation partagée ou les clubs de cannabis". Un dernier facteur historique : jusqu'à une date relativement récente, en raison d'un problème à court terme (connaissance de l'anglais, isolement par rapport à l'Espagne), les débats entre chercheurs étaient internes.
 
Un exemple. Le Portugal est toujours cité comme l'un des pays pionniers dans la dépénalisation des drogues, mais la politique de l'Espagne depuis des décennies n'a pas été très différente : la consommation et la possession n'ont jamais été pénalisées. Paradoxalement, l'Espagne n'a pas décriminalisé les drogues parce qu'elles n'ont jamais été criminalisées, du moins d'une manière criminelle. La tache sombre de la législation espagnole, selon les auteurs, est l'augmentation du montant des sanctions administratives en 2015, selon ce que l'on appelle la règle du bâillon ; c'est pourquoi les auteurs l'appellent " décrimilite ". Comme le rappelle Sanchez, les décisions en matière de drogue en Espagne s'inscrivent trop souvent dans les lois sur la sécurité des citoyens, comme ce fut également le cas avec la loi dite Corcuera.
 
Du récréatif au thérapeutique
 
Les auteurs de l'étude sont clairs : le joyau de l'innovation espagnole sont les clubs de cannabis, qui révèlent beaucoup de choses sur la culture espagnole -permissive avec le haschisch et la marijuana - et les particularités administratives de notre pays. Selon ses données, il existe en Espagne plus de 1 000 organisations à but non lucratif dans lesquelles l'ensemble du cycle de production et de distribution est contrôlé, de sorte que leurs utilisateurs n'ont pas à recourir au marché noir. "Une réponse de la société civile aux politiques actuelles qui persécutent les consommateurs et les cultivateurs de cannabis", a-t-il dit.
 
La plupart des pays où la légalisation du cannabis a été mise sur la table ont utilisé l'argument thérapeutique. L' Espagne non!
 
La grande contribution de ces organisations, qui sont apparues presque spontanément, à la chaleur du rapport Muñoz et Soto de 2001 ? "L'usage récréatif du cannabis, qui, contrairement à d'autres pays, a précédé l'usage médical", explique Sánchez. La plupart des pays où la légalisation possible de cette drogue a été mise sur la table ont utilisé l'argument thérapeutique. Le cas de l'Espagne est le contraire, et le chercheur nous rappelle que les deux communautés où ces clubs ont vu le jour - le Pays Basque et la Catalogne - sont " deux lieux où la société civile est fortement organisée dans tous les domaines ". Un autre exemple de l'approche ascendante de l'Espagne.
 
Pendant de nombreuses années, depuis sa création en 2000, la plupart des plaintes contre ces clubs ont été déposées ou rejetées. Cette petite jurisprudence est fondée sur le fait qu'il n'y a pas de risque de vendre ou de distribuer du cannabis cultivé pour la consommation personnelle. Un vide qui a fait monter en flèche le nombre de clubs au cours des 15 années suivantes. Cette situation exceptionnelle s'est arrêtée ces dernières années, alors que le harcèlement des clubs a explosé, sur la base de la doctrine Ebers de la Cour suprême, qui considérait leurs activités comme illégales.
 

 
Non seulement cela, mais les propositions faites pour la réglementation de ces clubs par des communautés autonomes comme la Navarre ont été suspendues par la Cour constitutionnelle, ce qui prédit un avenir incertain pour eux. "A ce stade, la question cruciale est de savoir si la zone grise juridique qui a permis à ces centres et aux communautés de faire des propositions de réglementation a disparu au point que les clubs sont désormais clairement illégaux ou s'il y a encore une marge de manœuvre", demandent les auteurs. Une autre possibilité pour la légalisation du cannabis est d'adopter le paradigme international et d'aborder la voie thérapeutique.
 
Alors, et maintenant ?
 
L'étude, confesse Sánchez, a été fermée avant que Pedro Sánchez ne devienne président, et y aura-t-il bientôt des changements ? Le rapport rappelle qu'au cours des 30 dernières années, depuis la signature de la dernière convention sur les drogues en 1988, les politiques du PP et du PSOE n'ont pas été très différentes. En aucun cas, ils n'ont ouvert les boîtes de Pandore comme la réglementation possible du cannabis, ce qui est présent dans les deux parties émergentes : Podemos, qui soutient sa légalisation (et, en outre, son éventuelle exportation), et Ciudadanos, qui avec une approche plus libérale a proposé un débat sur le cannabis à usage médicinal.
 
L'Espagne ne peut peut-être pas exporter sa politique comme elle le fait avec le flamenco ou la tortilla, mais cela ne veut pas dire qu'elle n'offre pas de leçons précieuses.
 
Comme le rappellent Sanchez et Collins, c'est la première fois depuis les années 1980 que le consensus sur la politique antidrogue au niveau national est remis en question. Ainsi, comme ils concluent dans leur étude, "les changements politiques en Espagne - tant au niveau national que dans les communautés autonomes - signifient qu'il y a probablement plus de réformes à l'horizon". Notre pays, se souviennent-ils, a fait preuve d'une grande volonté de tester les limites du possible. L'une des clés est le rôle que la justice jouera dans ce domaine, puisque les dernières décisions de la Cour suprême et de la Cour constitutionnelle vont dans la direction opposée.
 
"L'Espagne n'est peut-être pas en mesure d'exporter sa politique en matière de drogues aussi facilement qu'avec le flamenco, la sangria ou la tortilla, mais cela ne veut pas dire qu'elle n'offre pas de leçons précieuses pour les réformateurs du monde entier", concluent les auteurs. C'est une histoire difficile à raconter, avec ses avancées et ses revers, ses nuances et ses paradoxes, mais qui peut être révélatrice au niveau international, surtout en ce qui concerne l'adoption de mesures novatrices qui sont aux antipodes de la soi-disant guerre aux drogues. De petits gestes au niveau municipal et citoyen plutôt que de grands projets de l'État, la politique espagnole en la matière reste une grande inconnue.
 
Par Héctor G. Barnés
Source: elconfidencial.com  
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Canada - Les professionnels de l'industrie du cannabis craignent des interdictions à vie des États-Unis
By mrpolo,
Les Canadiens qui travaillent dans l'industrie du cannabis commencent à avoir des problèmes à la frontière américaine, selon un avocat en immigration.
 
 
Le cannabis sera légal au Canada à partir du 17 octobre, mais les professionnels de l'industrie craignent de faire face à des problèmes à la frontière américaine. Photo : The Canadian Press/Sean Kilpatrick
 
Len Saunders est un avocat en immigration basé à Blaine dans l’État de Washington, un point d’entrée très fréquenté par les Britanno-Colombiens en direction des États-Unis. Il dit que certains de ses clients ont été refusés à la frontière, ou même été interdits à vie, pour leur association avec le commerce de la marijuana
 
« Je reçois des appels presque quotidiennement de personnes dans le secteur de la marijuana au Canada qui sont inquiètes pour leur propre situation ou celles de leurs employés qui font des voyages d’affaires aux États-Unis », dit M. Saunders.
Malgré le fait que la marijuana est légale dans l'État de Washington et sera bientôt légale au Canada, la frontière demeure la juridiction du gouvernement fédéral et est régie par des agents frontaliers fédéraux.
 
Source: ici.radio-canada.ca/colombie-britannique-et-yukon
 
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Maroc : Sidi Haddi ou le «Saint Patron des fumeurs de Kif»
By mrpolo,
Les Haddawa ont particulièrement influencé le soufisme au Maroc. Cependant, leurs rituels et traditions mystiques ont été contestés par la société. Si les adeptes de ce courant ont quasiment disparu, la vénération de leur chef Sidi Haddi est toujours d’actualité.
 
 
Photo: Zaouïa de Sidi Haddi près de Larache. / Ph. DR
Une zaouïa, également orthographiée zaouiya1, zawiya ou zawiyah (arabe : زاوية), appelée aussi dahira au Sénégal, est un édifice religieux musulman (en turc, il est appelé zaviye) qui est le centre autour duquel la confrérie soufie se structure. (wikipedia)
 
Sidi Haddi ou Sidi Heddi est un de ces personnages mystiques de l’histoire du Maroc. Surnommé le «Sultan des mendiants» ou le «Père des pauvres», sa vie et son influence a intrigué de nombreux anthropologues. Selon la légende, Sidi Haddi serait né entre 1740 et 1805 à Aoufous, (dans la province d'Errachidia) sur les rives d'un affluent du Ziz, à 32 km au nord d'Erfoud.
 
Ce personnage est notamment connu pour avoir fondé la confrérie des Haddawa. Une secte où chaque membre aurait été dans l’obligation de consommer du cannabis ou d’absorber du ma’jon (mélange de semoule, de sucre, de muscade, de cannelle et de graines de kif pilées et généralement grillées) ou de l’opium, selon un rituel précis, pour s’adonner au «dihkr», qui désigne à la fois le souvenir de Dieu et la pratique qui avive ce souvenir.
 

Membres de la secte des Haddawa./Ph.DR
 
Selon de nombreux chercheurs, il serait en quelques sortes à l’origine de la sanctuarisation de l’espace historique de la culture de cannabis. Cela aurait été possible grâce à sa rencontre avec les Ketama, une tribu berbère Sanhadja, présente en Algérie mais également dans le nord du Maroc, durant la période médiévale, selon l'article «La culture du cannabis au Maroc : Entre l’économie et le religieux» (Revue Théologiques, 17(1), 185–202, 2009) de l’antrophologue Khalid Mouna.
 
Cependant, Sidi Haddi n’a pas toujours été tolérant envers la consommation de cannabis. Bien au contraire, il se serait même opposé à la consommation du kif et reprochait au saint Sidi Wanis de fumer du cannabis. Mais c’est finalement grâce à ce dernier qu’il changera d’avis.
 
René Brunel, un fonctionnaire français, connu pour ses nombreuses ouvrages anthologiques et ethnographique sur l’Algérie et le Maroc, dédia un livre à cette confrérie ainsi qu’à son fondateur. Dans son livre «Le monachisme errant dans l'lslam, Sïdi Heddi et les Heddāwa» (Editions A. Bontemps, 1955), René Brunel raconte la rencontre entre Sidi Haddi et Sidi Wanis. Un jour, ce dernier invita Sidi Haddi à partager son narguilé. «Dès la première bouffée, Sidi Haddi oublia tout ce qu’il connaissait jusqu’alors. Sidi Wanis lui dit : "L’enseignement que tu as acquis en travaillant si dur et que tu viens de perdre en une bouffée de narghilé n’est pas la vraie connaissance". C’est à ce moment-là, qu’il fut "transporté vers une connaissance insoupçonnée"», raconte René Brunel.
 
La consommation de cannabis pour l’élévation spirituelle ?
 
Par la suite, vers le XVIII siècle, Sidi Haddi se dirigera vers les Ketama et rencontrera Sidi Hajj, l’autorité religieuse locale. Au tout début, la secte des Haddawa se fournira directement chez lui, utilisant ainsi l’élément religieux qui va permettre sa valorisation.   
 
Pour sa qualité supérieure, les Haddawa affirmait que : «Khutna ketma, nas fǔhama kal’o raba way iharto nal-buhala al-kif u-t-taba (Nos frères Ketama sont des gens intelligents ! Ils défrichent la forêt pour planter le kif et le tabac destinés aux bǔhala [derviches])». (Derviches étant une personne suivant la voie ascétique soufie).
Selon les Haddawa, la consommation du cannabis facilite la récitation de Dhikr (répétition du nom ou des attributs de Dieu). Une pratique courante à beaucoup de confréries religieuses depuis le XVI siècle.
 
En allant plus loin, les Haddawa offrent une explication religieuse mêlant le Prophète Mohammed en personne. «Sidi Mohamed, disent-ils, avait déjà dans un des hadiths annoncé au monde la découverte du chanvre indien (cannabis): on ne tardera pas à découvrir une herbe (asba) que les hommes se partageront comme nourriture (niξma)».
 
Rejetés par la société
 
La secte était mal perçue par la société marocaine de l'époque, car les membres de la confrérie étaient souvent décrits comme des vagabonds et des marginaux qui, malgré leur discipline, refusait l’enseignement du Coran et valorisaient le monachisme errant.
 
Autre curiosité, l’objet de culte des Haddawa était le chat. En effet, le félin a toujours eu une place importante dans les croyances de cette secte qui avait même instauré plusieurs rituels lui rendant hommage. Les membres de la confrérie, sous l’effet du Kif, portaient des peaux de chats, dansaient et imitaient les pas de l’animal. Pour le rituel, le plat de résistance était le chat.
 

Membre de la confrérie en train de mendier./Ph.DR
 
Cette adoration viendrait selon les historiens, de l’Egypte Antique où l’animal était sacré et avait même une déesse, nommée Bastet représentée soit comme un chat, soit comme une femme à tête de chat.
 
Une zaouia ouverte au grand public 
 
En dépit des études et des théories sur la secte des Haddawa, leur histoire semble toujours intriguée et divisée les spécialistes. Une chose est sûre, leur influence est toujours présente dans la région. Il existe même un proverbe ketami qui dit :«Les Haddawa supportent la faim, mais ils ne supportent pas la privation de cannabis».
 
De nos jours, la pratique a complétement disparue, même si l’influence et la notoriété de Sidi Haddi persiste encore. Dans sa thèse de doctorat, «Les producteurs de cannabis dans le Rif - Maroc : étude d’une activité économique à risque», Kenza Asfahi affirme qu’aujourd’hui encore, parmi les cultivateurs, certains se rendent en pèlerinage sur la tombe de Sidi Haddi, «Saint Patron des fumeurs de Kif».
 

Zaouïa de Sidi Haddi./Ph.DR
 
La zouia des Haddawa est à environ 2 kilomètres d’El Khemis des Beni Aros, non loin de Larache. Le sanctuaire est en forme de U autour d'une cour centrale, étroite. Le mausolée abrite les tombeaux de Sidi Heddi ainsi son ami et disciple Sidi Muley Jaib Er-Reddan. 
 
par Faiza Rhoul
Source: yabiladi.com
 
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