Des scientifiques affirment que l’herbe se classe en 4 catégories d’arômes…


Messages recommandés

‘lut,

 

Si quelqu’un te dit que ton herbe sent la m*rde ou la gerbe, c’est peut-être un compliment. 
 

Article traduit lu sur le mag High Times, 2025. 

 

Tout comme pour le café, le vin ou le thé, l’arôme du cannabis peut définir la qualité d’un produit, parfois même davantage que le THC lui-même. Et oui, parmi ces profils aromatiques, on trouve des notes fruitées, d’agrumes, terreuses… et même des descripteurs comme vomi/fécal.

 

Sommaire

 

  • Un lexique sensoriel pour mettre de l’ordre dans le chaos du cannabis
  • Le THC n’explique pas l’arôme (et les terpènes ne le prédisent pas complètement non plus)
  • Qui sent quoi ? Chanvre vs cannabis riche en THC
  • Redéfinir ce que signifie vraiment « qualité »

 

C’est ce qu’ont présenté des chercheurs de l’Oregon State University (OSU), avec un panel de spécialistes sensoriels formés, dans une nouvelle étude publiée dans PLOS One.

 

L’objectif de cette recherche était de répondre à des questions que le monde du cannabis se pose depuis des années : que sent-on réellement lorsque l’on sent une tête fraîche ? Dans quelle mesure l’arôme façonne-t-il nos attentes en matière de qualité ? Et l’industrie peut-elle enfin s’accorder sur un vocabulaire commun, afin que l’on cesse de traiter le THC comme le seul indicateur de « bon » cannabis ?

 

Un lexique sensoriel pour mettre de l’ordre dans le chaos du cannabis

 

L’équipe a réuni 24 experts en analyse sensorielle – beaucoup venant des univers du vin, du café, du thé et des aliments fermentés – et leur a fait sentir 91 échantillons de fleurs, incluant du chanvre (Type III, faible THC) et du cannabis psychotrope (Type I, THC élevé).

 

Après avoir consigné des milliers de notes sensorielles, le groupe a créé un lexique de 25 descripteurs aromatiques validés, chacun associé à des standards de référence. Lorsque les chercheurs ont analysé les données, quatre grandes familles aromatiques se sont dégagées, remarquablement cohérentes et, dans certains cas, assez inattendues :

 

  • Fruit / baie / bonbon
  • Agrumes + chimique
  • Fromage + vomi/fécal
  • Funky / terreux / moisi / herbe sèche / carburant / thé noir / bois / toasté

 

Le chercheur principal, Thomas H. Shellhammer, a expliqué pourquoi cela est important dans une industrie encore largement structurée par le folklore des dispensaires.

 

« L’arôme joue un rôle majeur dans la façon dont les consommateurs jugent la qualité du cannabis, mais jusqu’à présent il n’existait pas de langage standardisé pour le décrire », a-t-il déclaré, cité par Ganjapreneur.

Il ajoute : « À mesure que l’industrie du cannabis passe d’un marché non réglementé à un marché légal, il est utile de donner aux consommateurs des outils pour évaluer la qualité d’un produit au-delà des seuls terpènes et du THC. Ce travail commence à poser les bases de cela. »

 

Le THC n’explique pas l’arôme (et les terpènes ne le prédisent pas complètement non plus)

 

L’un des enseignements les plus clairs de l’étude est que l’arôme du cannabis ne dépend pas du THC, car le THC n’a pas d’odeur. Et, pour rendre les choses encore un peu plus inconfortables pour le marketing actuel, largement focalisé sur ces molécules, les chercheurs ont constaté que même les terpènes ne prédisent pas de façon fiable l’arôme réel.

 

Parmi les résultats :

 

  • Seul le terpinolène montre une corrélation nette avec des arômes d’agrumes et chimiques.
  • Le limonène, malgré son association culturelle avec le « citronné », ne correspond pas à la perception d’agrume.
  • Les composés soufrés volatils (VSC), souvent crédités pour les notes « skunky », ne suffisent pas à expliquer les profils aromatiques complets.

 

Comme l’écrivent les auteurs : « Le profil terpénique révèle des groupements chimiques clairs, mais les profils de terpènes seuls ne permettent pas de prédire suffisamment les caractéristiques sensorielles. »

 

Qui sent quoi ? Chanvre vs cannabis riche en THC

 

 

Même si le chanvre et le cannabis à forte teneur en THC appartiennent à la même espèce, l’étude a mis en évidence des tendances sensorielles nettes :

 

Type I (THC élevé)

 

  • skunky
  • animal
  • moisi
  • terreux
  • notes toastées / boisées

 

Type III (CBD élevé)

 

  • sucré
  • fruité
  • agrumes
  • notes de bonbon
  • notes chimiques

 

En résumé :

 

  • Chanvre : sucré / agrumes / fruité
  • Cannabis psychotrope : funky / animal / skunk / terreux / foin

 

Et oui, le fameux cluster « fromage + vomi/fécal » a été validé statistiquement. Comme le précise l’étude : « Le cluster 3 présentait un profil fromagé et vomi/fécal. »

 

Redéfinir ce que signifie vraiment « qualité »

 

Pendant des années, le marché s’est focalisé sur le THC comme synonyme de « premium ». Mais les chercheurs soulignent que l’arôme est le seul prédicteur constant du plaisir ressenti, ce qu’avaient déjà montré des travaux antérieurs du même laboratoire.

 

Ils concluent : « Ces résultats mettent en évidence les limites de la composition chimique en tant qu’indicateur de la qualité aromatique. »

 

Ce nouveau lexique propose un changement de paradigme : passer d’un achat « basé sur la puissance » à un achat « basé sur le profil sensoriel », exactement comme nous le faisons déjà pour le café de spécialité ou le vin naturel.

 

En d’autres termes : un marché du cannabis plus honnête et plus transparent, aligné sur l’expérience réelle des consommateurs.

 

a+

  • Like 1
  • Thanks 5
Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Bonsoir,

 

En lisant cet article, plusieurs points énoncés m'ont interpelé comme par exemple le fait qu'il y aurait des profils aromatiques différenciés de manière nette entre le cannabis de type I (THC) et celui de type III (chanvre). J'ai donc essayer de trouver cette fameuse étude, aucun lien n'étant mis, pas même celui de cet article traduit provenant du High Times.

Du coup, voici l'étude en question: Beyond potency: A proposed lexicon for sensory differentiation of Cannabis sativa L. aroma

Et c'est à se demander si le gars du High Times qui a rédigé cet article, a bien lu l'étude dans son intégralité ou si il s'est contenté de l'abstract pour en tirer ses interprétations. En effet, l'étude n'a nullement vocation à différencier les différents types en fonction de certains arômes, le but étant d'établir un lexique (une liste d'aromes) pouvant être utilisé pour évaluer la qualité des fleurs, autre que par la présence de tel ou tel cannabinoîde.

D'ailleurs, les auteurs précisent bien que les échantillons proviennent de producteurs/revendeurs commerciaux agrées et que, de ce fait, les échantillons ne peuvent couvrir tout le panel aromatique de l'espèce et qu'ils sur-représent le cannabis commercial en matière d'arôme.

 

Autre point important, l'étude montre une nouvelle fois que les terpènes n'expliquent pas à eux seuls les arômes du cannabis, et même qu'ils ne permettent pas de prédire le profil aromatique du cannabis. Je dis ça car il ne se passe pas une semaine où je lis ici sur CW des gars qui parlent de terpènes pour décrire des odeurs, ou qui demandent quel est le profil termpénique de tel ou tel plante récoltée. Non seulement cela n'a aucun sens mais en plus personne n'est capable de renseigner la présence et la concentration des terpènes dans une weed sans une analyse en laboratoire. Voici un extrait (traduit) de l'étude pour illustrer cela:

Citation

Malgré les regroupements chimiques, les classifications sensorielles et terpéniques n'ont pas montré de corrélation significative, ce qui souligne un point essentiel : la chimie des terpènes à elle seule ne permet pas de prédire le profil sensoriel d'un échantillon. Ceci est crucial compte tenu de la surutilisation de la teneur en terpènes dans les pratiques actuelles de marketing et d'étiquetage de l'industrie du cannabis . La concentration totale en terpènes n'était pas non plus corrélée à la fréquence d'utilisation de chaque attribut par échantillon, suggérant que l'intensité de l'arôme, approximativement représentée par la fréquence CATA [ 29 ], ne peut être directement déduite de la teneur totale en terpènes.

Et oui, parler de tepènes c'est du bullshit marketing...

Si vous voulez en savoir plus sur les composés qui façonnent les arômes du cannabis, vous pouvez regarder les références citées au bas de l'étude, notemment celles numérotées de 13 à 16.

 

++

 

  • Like 5
  • Thanks 3
Lien à poster
Partager sur d’autres sites