Agronomie

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By Jim ,
Agronomie

Plop,

 

Aujourd'hui on va parlez un peu d' agronomie :siff:

 

Kézako ?

 

L' agronomie est donc l'ensemble des sciences exactes, naturelles, économiques et sociales, et des techniques auxquelles il est fait appel dans la pratique et la compréhension de l'agriculture.

L'étude des relation entre les plantes cultivées , le sol , le climat et les techniques de culture.

 

C'est pas plus clair hein ? :siff:

 

Pour faire simple ce sont les lois et les phénomènes qui régisse la relation entre les plantes, le sol, et les technique de culture. Les choses qui se passe dans le petit, voir l infiniment petit.

En d'autre terme cela permet une meilleur compréhension des échange et interaction qu'il peut y avoir entre la plantes, les nutriments, le sol , les micros organismes...

 

En agronomie les sujets sont multiples:

 

-sol

-ph

-vie microbienne

- CAH ( complexe argilo-humique )

ect

 

si on veut allez au bout des choses le sujet est infini en constante évolution et de découvertes en découvertes.

 

Avertissement: Ce post est destiné au jardinier avancée ou tout simplement au curieux qui veulent enrichir leur culture générale. La compréhension et difficile et longue et plus ce post avancera et "creusera le sujet " plus les chose seront compliqué et subjective.

 

Vous voilà donc averti nous allons rentré dans le vif du sujet :siff:

 

Les différents types de sol

 

Le sous-sol et la terre arable sont les 2 composantes du sol.

Le premier accueille les racines longues et constitue un réservoir d’humidité.

La seconde est celle que vous travaillez et fumez avec les engrais.

 

Composition d’un sol :

 

01.jpg

 

Deux catégories de matériaux composent le sol :

 

* Les sables et les limons, matière inerte et charpente du sol. Ces différentes particules minérales donnent une texture au sol dont dépend sa capacité de rétention en eau.

 

* L’argile et l’humus qui donnent la structure, abritent les micro-organismes et nourrissent les

plantes. Le complexe « argilo-humique » formé de matières organiques et minérales permet les

échanges dans le sol.

 

* L’eau, solvant universel est le support de la vie dans la terre nourricière entraîne les éléments

solubles vers le bas.

 

Le sol idéal a la composition suivante : Pour 1000 g de terre :

 

* sable grossier et fin 600 g

 

* partie minérale très fine : argiles et limons 200 g

 

* calcaire de toute grosseur : 75 g

 

* humus : 125 g

 

* l’air et l’eau représentent 50 % du volume d’un sol

 

* les micro-organismes animaux et végétaux représentent 500 g/ m² sur 30 cm de profondeur. Les différents types de sols

 

Le sol, au niveau physique, est constitué par la pédogénèse à savoir les processus physico/chimiques et organiques qui décomposent les roches et la matière organique en particules plus ou moins fines.

Si l'on ne considère que la partie minérale d'un sol, il est d'usage de séparer les particule par intervalles de diamètres de la façon suivante: argiles (Clay) < limons (silt/loam) < sables (sand) < graviers (coarse, gravels)

 

Les différentes proportions des 3 fractions les plus fines (argiles, limons, sables) permettent de déterminer la texture du sol.

Si l'on mesure ces proportions (par la méthode assez simple de la décantation, voir paragraphe un peu plus haut), on peut déterminer la classe du sol grâce au triangle de textures:

 

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Si on a pas le temps ou l'envie de faire une décantation, on peut utiliser une méthode "de terrain" pour avoir une idée de la texture du sol (mais moins précis)...

Il faut simplement de quoi creuser et de l'eau pour humidifier un peu le sol, éventuellement du citron ou du vinaigre si l'on souhaite savoir si le sol est calcaire ou non...

  • creuser pour arriver aux horizons plus "minérales" du sol (la couche de surface est souvent très organique et n'a pas besoin d'être testée)
  • prendre un peu de terre dans la main de la taille d'un oeuf environ. Si elle est sèche ou peu humide: humidifiez un peu pour avoir quelque chose de malaxable, un peu comme de la pâte à modeler (pas de la boue liquide !).
  • roulez/malaxez la boulle -> est-ce que c'est possible ?
    • oui: il y a une bonne proportion d'argile et de limons, relativement peu de sable et de matière organique "fibreuse"
    • non: on est sur un sol aéré avec autour de 50% de grosses particules (sables) et/ou une forte teneur en matière organique.

    [*]si vous pouvez faire une boule: essayez d'en faire un colombin d'environ 1cm de diamètre ou un peu moins et de fermer ce colombin pour en faire un anneau:

    • possible : majorité d'argile, on est dans une terre "glaise" comme de la pâte à modeler
    • pas possible ou le colombin se fissure: soit on remouille un peu et on retente, si même un peu plus humide ça ne fonctionne pas on a une forte proportion de limons.

Autres indices: en mouillant beaucoup (mode boue) et en frottant doucement la boue entre le pouce et l'index, si on peut entendre comme un crissement doux c'est qu'on a des sables fins et des limons.

Si au contraire ça glisse doucement sans "bruit" c'est qu'on est sur des argiles en majorité.

 

 

Ces différentes particules ne se trouvent pas de façon homogènes dans le sol, elles se regroupent (en fonction de leurs proportions et de la fraction de matière organique) sous forme d'agrégats. La forme et la taille des agrégats définie la structure du sol.

C'est une notion très importante car contrairement à la texture qui varie peu, la structure peut varier dans le temps et l'espace pour une texture uniforme (influence de la vie du sol, de la matière organique, du travail du sol par l'homme etc.).

Pour ce qui nous intéresse, le transfert et la rétention de l'eau, plus la structure va être aérée avec de petits agrégats, et plus le sol sera favorable.

Au contraire, plus le sol va être formé de gros agrégats, plus il sera compact et peu intéressant.

 

Pour évaluer la structure du sol: il faut creuser...

Une fois le trou fait pour y mettre vos plante, essayer de faire un gros morceau de sol, plus c'est gros mieux c'est.

Ensuite, fracturez ce gros morceau: en le jettant par terre, avec un couteau ou le bord de la pelle mais en faisant en sorte que le sol se "détache" au maximum de lui même, le but n'est pas de découper le sol mais de voir comment il se décompose de lui-même.

  • Plus le sol va être riche en sable et moins il aura de structure "stable" (logique). On a une structure grenue ou micro-grenue
  • Au contraire, un sol avec presque que de l'argile ne se séparera pas... elle restera comme un bloc qui ne se décompose pas. On une strucutre compacte.

03.jpg

Single grain = particulaire, Granular = micro-grenue, blocky = grenue, platy = en feuillets, Massive = massive/compacte. 1inch = 2.54cm.

 

Pour ceux que ça intéressent, vous pouvez rechercher sur le net les différentes structures qui existent mais pour le grower moyen ce qu'il est important de noter c'est que plus la structure sera fine (petits agrégats) et meilleur sera le sol pour la culture.

Pour améliorer la structure d'un sol "lourd" (à gros agrégats), on ajoute de la matière organique (meilleurs choix pour le long terme, améliore la rétention d'eau et apporte des nutriments), du sable (efficace pour le drainage mais aucun intérêt nutritif ou de rétention), etc...

 

1 - La terre calcaire :

 

Le coquelicot et la moutarde sont présents en abondance sur la terre calcaire. Elle est de couleur claire et très souvent caillouteuse. Ce sont des terres compactes durent à travailler. L’amélioration de cette terre passe par l’ajout de sable, de fumier et de tourbe blonde pour acidifier quelque peu le milieu.

 

Comment la reconnaître ?

Le sol est blanchâtre, d’aspect crayeux. La terre, légère et claire, se dessèche rapidement en été, avec des craquelures caractéristiques.

Autre indicateur : la présence abondante de cailloux, qui remontent en permanence à la surface.

 

2 - La terre argileuse :

 

Le bouton d’or, le pissenlit et le liseron prolifèrent sur les terrains argileux.

La terre est lourde et collante, pour le constater, il suffit de prendre une poignée de terre mouillée et de la compacter, elle reste en boule et on peut même la modeler. Elle colle aux outils quand on la travaille humide. C’est une terre très fine.

 

Ce type de sol est donc difficile à travailler, il convient de l’améliorer pour alléger la terre.

L’avantage est qu’il conserve l’humidité et les engrais. Les plantes souffrent moins de la

sécheresse l’été.

L’amélioration se fait en ajoutant du sable, beaucoup de compost ou du fumier ( de cheval de

préférence ) par un bêchage avant l’hiver. Vous pouvez également chauler la terre pour améliorer sa structure.

 

Comment la reconnaître ?

Une terre argileuse est dénoncée par la présence de boutons d’or, pâquerettes, joncs, liserons...

Humide, elle colle à la pelle ; sèche, elle se révèle très dure. On parle de terre lourde.

 

3 - La terre humifère :

 

La fougère se développe sur ces terres.

Elle est constituée par des végétaux en décomposition. Elle est de couleur noire et est légère.

Elle retient bien l’eau.

Pour structurer cette terre, on ajoute de la terre de type argileuse ou calcaire.

On ajoute de la chaux pour neutraliser l’acidité.

 

Comment la reconnaître ?

Un sol humifère est un sol riche en humus (résultat de la décomposition des matières organique d’origine végétale). La terre se caractérise par sa couleur noire ou très sombre. Elle contient beaucoup de débris végétaux, dont souvent des morceaux de bois non décomposés.

 

4 - La terre sablonneuse :

 

La terre sablonneuse sur laquelle prospère la bruyère et le genêt est de couleur claire et ne se

compacte pas. Elle est non propice à cultiver mais utile pour remblayer (terrasse, fondations).

Cette terre est facile à travailler, les mauvaises herbes aisées à déloger.

 

 

 

Le pH du sol

 

La mesure du pH d’un sol définit son acidité et donne une indication sur la richesse chimique de ce sol.

 

Le pHeau d’un sol se mesure en mélangeant de la terre à de l’eau distillée. Cette mesure donne une

idée de l’acidité de la solution (l’eau) du sol.

Le pHKCl d’un sol est obtenu en mélangeant la terre à une solution de chlorure de potassium (KCl). Ce

pH donne une idée de l’acidité contenue dans la solution du sol (pHeau) et de l’acidité adsorbée sur

les particules du sol (complexe argilo- humique). Il est toujours plus bas que le pHeau.

 

 

 

1 - Chimie du sol

 

Le sol est le lieu d’échanges entre les différents éléments minéraux. Ces échanges se font au niveau des complexes argilo-humiques (particules de sol) et de la solution du sol.

Favorise une bonne structure.

 

2 -La solution du sol

 

La solution du sol est constituée de l’eau et des élément minéraux en solution, situés entre les complexes argilo-humiques Dans le sol, pour certains éléments tels que Na (sodium), K (potassium),

Ca (calcium) et Mg (magnésium), il existe un équilibre entre ceux qui sont fixés sur le complexe

argilo-humique et ceux qui sont en solution.

Les ions H+ (hydrogène) proviennent de différentes transformations.

 

Cette acidification du sol est compensée par une altération de la roche-mère qui restitue au sol une

partie des élément minéraux perdus (absorption par les plantes, lessivage...).

Si le sol est situé sur une roche mère pauvre et naturellement acide, la compensation est faible et le sol s’acidifie et se dégrade

 

 

3- Les complexes argilo-humiques:

 

Les complexes argilo-humiques sont une combinaison d’argile et d’humus. L’argile, issue de l’altération

des roches, est constituée de feuillets microscopiques superposés susceptibles d’accueillir des molécules d’eau et de fixer plus ou moins fortement des éléments minéraux.

L’argile pourrait être schématisée comme étant le garde-manger du sol. L’argile fixée avec l’humus forme un complexe qui augmente la stabilité du sol et échanges entre le sol et les êtres qui y vivent.

 

Une quantité importante d’ions H+ provient des plantes.

En effet, lorsqu’une racine absorbe des éléments minéraux de la solution du sol, elle rejette, entre autre, des H+. Ces ions vont alors prendre la place des éléments minéraux fixés sur les particules du sol. Le complexe s’acidifie et la solution du sol «s’enrichit» en éléments minéraux qui sont alors assimilables par les plantes.

 

04.png

 

 

4- La notion de pH:

 

Le pH est une mesure de la concentration en ions hydrogène H+ de la solution du sol .

Une échelle de pH a été créée à partir des différentes concentrations en H+.

Cette échelle varie de 0 à 14.

Plus le pH est faible, plus la solution est acide.

De même, une augmentation de la basicité (concentration en OH-) d’une solution correspond à une élévation de pH. La solution est acide pour un pH compris entre 0 et 7. Elle est neutre pour un pH

de 7 et elle est basique pour un pH compris entre 7 et 14.

 

Remarque : le pH étant le logarithme inverse de la concentration en H+, lorsque le pH varie de 1 unité, l’acidité correspondante devient 10 fois plus grande ou 10 fois plus petite.

Exemple : un sol à pH 5 est en fait 10 fois moins acide qu’un sol à pH 4.

 

5 -Le pH et la vie du sol:

 

 

Les organismes vivants du sol (microfaune ou microflore) sont directement influencés par leur environnement chimique. La disponibilité de la plupart des nutriments est, d’une façon ou d’une autre, contrôlée par les conditions d’acidité du milieu.

Ainsi, la microfaune et la microflore, responsables de la décomposition de la matière organique et des

processus d’humification, ont une activité fort variable selon l’acidité du milieu.

 

 

A cet égard, l’incidence du pH sur le développement de la population de vers de terre et sur leur activité est bien connue.

Les mycorhizes et les organismes fixateurs d’azote sont aussi grandement influencés par le pH du sol.

D’une manière générale, dans les sols ayant un pHeau inférieur à 4,

la vie du sol est nettement ralentie, voire déficiente.

 

05.png

 

Le sol est peut-être riche chimiquement mais l’excès de calcium est également

un facteur limitant.

 

 

6- Pratiquement:

 

Pour déterminer le pH de votre sol : les plantes indicatrices

Une observation de la végétation présente peut parfois fournir des informations précieuses relatives, notamment, à la richesse du sol. En effet, certaines plantes se contentent de sols pauvres pour pousser, d’autres ont besoin d’un sol plus riche.

La consultation d’une flore spécialisée vous permettra

d’en savoir plus sur les plantes indicatrices que vous observez chez vous et du type de sol sur

 

lequel elles s’épanouissent.

 

Voici quelques exemples de plantes

indicatrices :

 

Plantes caractéristiques des milieux pauvres (très acides) :

 

– la myrtille, la canche flexueuse, la

luzule des bois, la molinie, la fougère

aigle, la callune (bruyère commune),

la sphaigne

 

Plantes de milieux moyennement pauvres (acides) :

 

– la luzule blanche, le chèvrefeuille, la

germandrée scorodoine, la fougère

aigle, la digitale pourpre, le muguet

 

 

Plantes de milieux à richesse moyenne :

 

– la stellaire holostée, l’oxalide petite

oseille, la fougère femelle, la

canche cespiteuse, la jacinthe des

bois, le fraisier des bois

 

Plantes de milieux riches :

 

– l’anémone des bois, le millet diffus,

le lamier jaune, la cardamine

amère, le lierre, le noisetier, l’aspérule,

la dorine, la valériane

 

 

Plantes de milieux très riches :

 

– l’ortie dioïque, le groseillier

rouge, la langue de cerf, la mercuriale

vivace, le gouet (arum), la

ficaire fausse-renoncule, la prêle

très élevée, la reine des prés

 

 

Plantes de milieux très riches et basiclines :

 

– la primevère officinale, le buis,

l’érable champêtre, la clématite, la

viorne lantane, le fusain, le bois-joli.

 

La difficulté de l’emploi des plantes indicatrices réside dans le fait que, sur une même parcelle, on peut parfois trouver des plantes indicatrices de milieux différents.

L’abondance de chacune de ces plantes peut être dans certains cas déterminante.

L’observation de terrain n’est pas toujours aussi tranchée que la théorie.

 

 

7- La mesure du pH:

 

En mélangeant un peu de terre avec de l’eau distillée, vous pouvez mesurer vous-même le pHeau de

votre sol, grâce à des bandelettes qui changent de couleur en fonction de l’acidité. Ces bandelettes sont en vente dans certains magasins spécialisés en matériel forestier et en pharmacie.

La précision est limitée à +/- 1 unité de pH.

D’ autres systèmes basés sur ce même principe existent, par

exemple en versant sur le mélange un liquide dont la couleur varie en fonction du pH, le testeur électronique.

 

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Nous allons abordé maintenant quelque chose de plus technique et compliquer; mais essentiel et primordial dans la compréhension du sol et des ses échanges :)

 

Avertissement: pour les plus courageux accrocher vous bien c'est plutôt abstrait essayer de revenir souvent au schéma.

 

 

Le Complexe Argilo-Humique

 

 

Le complexe argilo-humique (CAH), aussi appelé "complexe adsorbant", est l'ensemble des forces qui retiennent les cations échangeables (Ca2+, Mg2+, K+, Na+…) sur la surface des constituants minéraux et organiques des sols (le mélange de minéraux argileux et d'humus constituant le "complexe argilo-humique" à proprement parler). Ces cations peuvent s'échanger avec la solution du sol et les plantes et constituent le réservoir de fertilité chimique du sol, c'est ce qu'on appelle la capacité d'échange cationique ( on y reviendra ne paniqué pas :) )

 

D'un point de vue chimique, argile et humus ne devraient normalement pas se lier entre eux car les micelles d'humus et d'argiles sont toutes deux électronégatives, et se repoussent donc naturellement. Pourtant certaines communautés d'organismes vivant du sol sont capables de produire de tels complexes en liant les argiles et les humus.

 

On trouve ces complexes dans les agrégats constitutifs du sol où ils jouent un rôle écologique et agronomique majeur. Ils sont essentiellement d'origine biogénique (créés par le vivant) expliquent la stabilité (résistance à la pluie par exemple) et la productivité exceptionnelle des sols riches en humus et en matière organique. Ils protègent très efficacement les sols qui en contiennent de la battance des pluies ou de l'excès d'humidité.

 

06.png

 

Le complexe argilo-humique a la propriété d'être fortement adsorbant, ce qui lui permet de fixer de nombreux minéraux ; cette liaison « argile + éléments minéraux + humus » s'appelle la « complexolyse ». C'est un des nombreux phénomènes qui participent à la pédogenèse. La profondeur et l'importance de ce phénomène varient selon le climat, le pH du sol et la qualité des argiles et des humus en présence.

 

 

Les propriétés adsorbantes de ces complexes sont agronomiquement intéressantes et même vitales, car seuls ces complexes sont capables de fixer dans le sol des cations qui sont des nutriments pour les plantes, qui seraient sans cela mobiles dans le sol, voire dans l'air ou la pluie : Mg2+, Ca2+, K+, protons H+ qui peuvent alors attirer des anions ou groupements anioniques : phosphate PO43-.

 

Argile(fraction minérale) charge - ←ions minéraux (échange permanent d'ions) charge + →Humus (fraction organique)charge -

 

 

 

Activité Biologique

 

 

L'accrochage des argiles (charge négative) avec l'humus (charge négative) se fait par des ions positifs. Cependant, cette liaison est électrique et instable, notamment en présence d'eau. Un CAH qui n'aurait que les liaisons électriques des ions positifs pour tenir, ne tiendrait pas longtemps. C'est un CAH instable.

 

L'activité biologique vient enrober les éléments "argile + humus + ions" dans une colle humique que l'on appelle glomaline conduisant ainsi à stabiliser le complexe en le rendant résistant à la dégradation par l'eau. Cette liaison du CAH est principalement réalisée dans le tube digestif des vers de terre mais aussi (probablement) par d'autres individus. Ici, les champignons jouent un rôle important :

Ils sont des producteurs de glomalines. D'où la grande importance d'un apport de bois raméal fragmenté (BRF) pour favoriser la production de colles humiques et stabiliser les agrégats, d'où aggradation.

Les sols permettant la création de CAH doivent donc disposer :

 

  1. d'une argile de bonne qualité
  2. de matières organiques fraîches à dégradation lente et rapide
  3. d'ions positifs au pouvoir floculant
  4. d'être vivants pour mélanger le tout
  5. d'un système d'irrigation et de drainage permettant que l'eau soit présente sans l'être en excès

 

Ces sols n'existent pas ! Généralement il manque toujours quelque chose ou tout. La meilleure voie consiste à influer sur les paramètre variables.

 

On peut jouer sur les points suivants :

apport de matière organique, de marne (argile + calcium), d'ions positifs, le drainage, l'arrosage, la protection des habitats.

Dans tous les cas, il apparaît que le rôle de l'activité biologique est majeur. Pour construire des CAH dans un sol, il faudrait procéder ainsi, dans l'ordre :

 

-préserver les habitats,

-restituer des résidus organiques frais,

-éliminer les excès d'eau (drainage),

-apporter des ions positifs et éventuellement des argiles (marnage).

 

 

Capacité d’échange cationique

 

 

 

La capacité d'échange cationique (CEC) d'un sol est la quantité de cations que celui-ci peut retenir sur son complexe adsorbant à un pH donné.

La CEC correspond donc au nombre de sites négatifs proposés à l'adsorption par l'argile et l'humus du sol. Chaque sol a une CEC bien précise qui correspond à la quantité de cations qu'il peut fixer, à un pH donné. Ces cations peuvent être des acides faibles ou des acides forts.

Il est préférable que ce soit des acides faibles qui occupent les sites de fixation : Ca 2+, Mg2+, K+, NH4+ car ceux-ci sont les plus intéressants d'un point de vue nutritif pour la plante... Plus le sol est riche en argile et matière organique, plus sa CEC est importante.

La CEC est fortement liée au rapport C(carbone)/N(azote) et au pH du sol.

 

 

Taux de saturation du complexe argilo-humique

 

 

La taux de saturation sous-entend en fait la proportion de cations acides faibles sur l'ensemble de la CEC du sol. Exemple : Une valeur de 5 % fréquente, par exemple, dans les sols ferrallitiques signifie que le complexe est saturé à 5 % par des cations acides faibles, les autres sites étant occupés par des cations acides forts. On estime généralement qu'un taux de saturation du sol de 80 % minimum indique des réserves calciques suffisantes. Un Taux de Saturation suffisant n'assure pas toujours une stabilité absolue du pH, notamment sur les sols à faible pouvoir tampon. C'est pourquoi on pratique parfois la technique du chaulage.

 

 

Ph

 

 

 

La capacité d'échange cationique exprime également la capacité d'un sol à résister aux changements de pH (capacité tampon) et est fortement reliée à sa composition (sol minéral à CEC généralement faible ou sol organique à CEC souvent élevée).

 

 

Tableau des substrats

 

07.png

 

 

 

 

Vie microbienne du sol

 

 

Les principaux composants chimiques du sol

Le sol gère, stocke, filtre, permet les échanges et les combinaisons chimiques qui donnent la vie. Il nourrit, loge, sans compter. Il se fatigue, se répare, se dégrade, s’améliore selon son histoire.

Les composants du sol sont : D’abord les molécules principales partagées par toutes formes de vie sur terre (homme, animaux, végétaux) :

  • Carbone ©
  • Hydrogène (H)
  • Oxygène (O)

Puis suivent de nombreuses molécules indispensables au développement du règne végétal :

  • Azote (N) : Constituants des acides aminés, des lipides, des protéines, il favorise la multiplication cellulaire, et des chloroplastes, constituant d’hormones, favorise la synthèse des glucides. L’azote permet à la graine de constituer ses réserves.
  • Phosphore (P) : Constituant de l’ADN, et de l’ARN, et des lipides phosphorés. Participe dans la mise à fruit, métabolise les glucides.
  • Potassium (K) : Régulateur principale de la pression osmotique ( transit de l’eau dans la plante et phase d’absorption passive). Activateur d’enzymes, favorise le stockage et la synthèse des glucides. Facilement lessivable par les eaux de pluie.
  • Soufre (S) : Constituant d’acides aminés soufrés. Il est toxique en excès.
  • Magnésium (Mg) : Entre dans la constitution de la chlorophylle (couleur verte des feuilles). Evite la chlorose (jaunissement des feuilles faute de chlorophylle). Entre dans la sélection des espèces lorsque le sol est très concentré en magnésium.
  • Fer (Fe) : Evite la chlorose dû à une carence en fer, transporte les cellules, régule les nitrites et la fixation d’azote
  • Calcium (Ca) : Constituant de la paroi pecto-cellulosique de la plante, (maintien des parois cellulaires qui deviennent résistantes). Entre dans la maturation des fruits. S’accumule dans les organes âgés (écorce, bois).
  • Manganèse (Mn) : Favorise la croissance et évite la chlorose. Il peut manquer en sol basique et devenir toxique en sol acide. C’est un constituant d’enzymes. Il joue un rôle dans l’oxydation de l’eau lors de la photosynthèse.
  • Cuivre (Cu) : Il stimule la croissance. Il est toxique en cas de grosse concentration sauf pour des plantes adaptées.
  • Zinc (Zn) : Il aide à la synthèse de la chlorophylle. Il participe à la synthèse et à la protection d’hormones de croissance.
  • Molybdène (Mo) : Il est nécessaire au métabolisme de l’azote
  • Bore ( B ) : Constituant d’enzymes. Aide à la synthèse de la chlorophylle. En cas de carence, pourrissement du coeur de certaines espèces, ou lésions sur l’écorce du pommier.
  • Aluminium (Al) : Il est toxique dès que le PH est inférieur à 5,5. Il sélectionne les espèces résistantes ( Ericacées résistent bien à l’aluminium).

Ces molécules sont naturellement présentes dans le sol.

Fertilisation des sols

Un apport organique régulier est utile pour nourrir la plante, stimuler la fixation de l'azote, mobiliser les éléments minéraux et limiter les pertes par le lessivage.

La fumure organique (origine animale ou végétale) est la base de la fertilisation. On emploie aussi la fumure minérale traités par des procédés physiques tels que le broyage, le séchage ou la calcination.

Les molécules de synthèse

L’engrais chimique vendu dans le commerce, dope le sol, les molécules de synthèse (fabriquées par l’homme) imitent à merveille ces molécules naturelles, mais hélas avec le vécu en moins.

Les molécules chimiques ne sont pas endurantes, pas très sensibles non plus. Une fois remplie leur mission (mettre un coup de jus dans le sol), elles ne se fixent pas et sont lessivées par le sol.

L’espace libéré est à son tour pris par les ions hydrogènes qui délogent les ions calcium, indispensables à la fertilité du sol, le pont calcique se dissout. Le sol se décalcifie, l’acidité prend le dessus et le phénomène devient exponentiel. Décalcification et acidification, le se vide petit à petit de ses éléments nutritifs naturels.

D'où l'importance de conserver ou d'améliorer la vie microbienne du sol. Une plante vivant dans un sol sain sera plus à même de lutter contre les maladies, les champignons pathogènes et les insectes.

 

Symbiose entre les plantes et certains champignon

 

 

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LA DECOMPOSITION DE LA MATIERE ORGANIQUE

 

Lors de leur croissance, les végétaux construisent des molécules organiques par la photosynthèse et l’absorption via les racines de cations et anions. Les matières organiques peuvent être restituées au sol de plusieurs moyens : chute de feuille et de branches, décès de racines, résidus de cultures agricoles…

Les matières organiques jouent un rôle primordial dans le sol. Elles servent de source d’énergie pour la flore et la faune du sol qui participent à sa structuration, elles ont un impact direct sur la structure et stabilité structurale, elles contribuent à l’alimentation des végétaux par la libération d’éléments nutritifs…

Quand la matière organique est intégrée au sol, il y a 3 réactions principales :

 

La production de CO2 : la décomposition de la matière organique est une réaction d’oxydation par les micro-organismes du sol qui produit du CO2, de l’eau, et de l’énergie. Les vapeurs qui s’échappent d’un tas de fumier en hiver témoignent de l’eau et de la montée en température du tas de fumier grâce à l’énergie dégagée par la réaction.

 

La minéralisation : les plantes absorbent des éléments nutritifs du sol sous forme « minérale » et les transforment en molécules « organiques » (cellulose, lignine, fleurs...). Le terme « minéral » ne veut pas dire que les éléments nutritifs sont sous forme de cristaux, ils sont simplement sous forme inorganique de cations/anions dans l’eau du sol. La décomposition de la matière organique transforme les molécules organiques sous forme minérale de nouveau, restituant ainsi les éléments nutritifs au sol pour être assimilés de nouveau par d’autres plantes.

 

L’humification : le stade final de la décomposition est la production de molécules complexes appelées « humus ». Le terme « humus » est parfois utilisé par le public de deux manières différentes : la litière qui recouvre la surface du sol en forêt, et les molécules complexes qui possèdent des propriétés similaires aux argiles (une charge électrostatique et une grande superficie). Seul le deuxième sens a de l’importance pour la stabilité structurale du sol. L’humus se décline sous différentes formes – humique, fulvique, humin – et contribue beaucoup à la stabilité structurale du sol. L’humus s’attache aux argiles pour former le « complexe argilo-humique. »

 

Lors de la décomposition de la matière organique, et avant le stade de l’humus, il y a une production de polysaccharides qui contribue à la stabilité structurale pour une période de quelques semaines à quelques mois. Ce phénomène transitoire est beaucoup moins important que l’effet à long terme de l’humus.

Les matières organiques sont donc importantes pour les propriétés physiques et chimiques. Elles sont, cependant, considérées comme un « amendement » et non pas un engrais à cause de leur impact important sur la structure du sol.

 

L’AZOTE DU SOL EST D’ORIGINE ATMOSPHERIQUE ET ORGANIQUE

 

1.Les trois sources d’azote du sol

Contrairement au calcium, au potassium et au phosphore, l’azote que l’on trouve dans les sols sous plusieurs formes ne provient pas de la dégradation de roches mais de deux autres sources.

 

Une source atmosphérique: l’azote gazeux ou dioxyde d’azote N2, qui constitue 78% de l’atmosphère, mélangé à l’oxygène. C’est la source primordiale d’azote du sol, qui s’y incorpore:

 

-par les orages synthétisant, à partir de ce gaz, de l’acide nitrique H2NO3, que les pluies

entraîneront dans la terre où il évoluera en nitrate (très faible quantité),

 

-par les bactéries fixatrices d’azote libres ou associées à des plantes. Ces bactéries

l’utiliseront pour la synthèse de leurs protéines, dont se nourriront à leur tour les plantes.

 

Une source organique: l’azote incorporé dans les matières organiques

végétales ou animales. Cette source dérive évidemment de la première. Les bactéries qui dégradent les matières organiques libèrent l’azote sous des formes assimilables par les plantes.

 

Une source synthétique: l’azote des engrais azotés synthétisés à partir de l’azote de l’air mais avec une forte dépense d’énergie, celle du pétrole.

Il s’agit des engrais azotés dérivant de la synthèse de l’ammoniac NH3, dans lequel N vient de l’air, et H des hydrocarbures pétroliers. Si, au niveau d’une parcelle, les fumures azotées à base d’engrais de synthèse peuvent sembler importantes (de 100 à 500 kg de N/ha) au niveau d’un territoire englobant de vastes surfaces non fertilisées artificiellement,les sources naturelles d’azote sont de loin les plus

importantes.

 

2.Les trois formes d’azote dans le sol

 

Dans le sol, l’azote peut exister sous trois formes principales représentant trois stades de

décomposition des matières organiques:

 

-L’azote organique

est la réserve d’azote du sol. Il n’est pas directement utilisable par les plantes. La plus grande partie se trouve sous forme d’humus stable dosant 5% d’azote. Ce stock représente généralement entre 1 et 3

% de la terre fine, beaucoup plus dans les sols humifères. Un taux élevé d’azote organique n’est pas forcément l’indice d’une bonne aptitude du sol à bien nourrir les plantes en azote: il peut s’agir d’une minéralisation trop faible de cet azote.

 

-L’azote ammoniacal

est une forme transitoire, mais retenue par le système adsorbant.

Résultant de l’ammonisation, les ions ammonium NH4+ sont retenus par les chargesnégatives du complexe argilo-humique. On dit qu’ils sont «fixés» mais ils sont assez rapidement oxydés par les bactéries nitrificatrices qui les transforment en ions nitrates NO3

 

-L’azote nitrique

(NO3-),très soluble, est la forme principale d’absorption de l’azote par les plantes. Ces cations, non retenus par le système adsorbant, peuvent être perdus par lessivage s’ils ne sont pas absorbés par les plantes ou par les bactéries «organisatrices», c'est-à-dire retransformés en azote organique. La perte annuelle par lessivage peut être de 30 à 150 kg/ha sur sols nus, de 3 à 80 kg/ha sur sols cultivés, ce qui montre l’intérêt des cultures occupant le sol à l’automne, les «engrais verts» ou «cultures intermédiaires».

Les formes d’azote dans le sol et leur évolution sont dépendantes de l’activité biologique.

 

 

la bises


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