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Le site francophone des cultivateurs en herbe !
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Le cannabis de la paix


En dépit des positions peu courageuses prises par  François Hollande lors de la campagne présidentielle, la légalisation du  cannabis pourrait devenir l’un des grands enjeux du prochain  quinquennat. Ceci moins par les nombreuses voix de gauche favorables à  une telle mesure que par l’impact que celle-ci pourrait avoir sur les  politiques sécuritaires. En effet, l’un des principaux arguments des  pourfendeurs du régime actuel de prohibition est celui de la paix  sociale. A leurs yeux, si on légalisait le cannabis, les mafias  disparaîtraient et avec elles les assassinats, les vols et toute une  économie parallèle nourrie d’illégalités, de violence et d’exclusion.

  Plus encore, les énormes coûts de cette violence que l’Etat ne cesse  de déployer dans sa guerre contre la drogue disparaîtraient eux aussi.  C’est pourquoi l’enjeu de la légalisation du cannabis est, comme dans  les westerns, le triomphe de la loi sur la guerre. Non pas d’une loi  pour faire la guerre, mais au contraire pour y mettre fin et pour jouir  sous l’empire de la loi des bienfaits de la paix. Dans son livre  Legalise It (éditions l’Esprit frappeur), Francis Caballero, auteur du  célèbre Droit de la drogue, développe ces arguments d’une manière si  convaincante que le lecteur, loin d’être satisfait, est saisi avec  effroi par une question lancinante : comment les pays démocratiques  peuvent-ils continuer à interdire ?


La démonstration de Caballero est si  claire et comme indiscutable qu’il n’y a qu’une seule explication qui  semble plausible : c’est parce qu’ils souhaitent que cette criminalité  continue. S’ils font leur guerre à la drogue, ce n’est pas pour la  terminer mais pour pouvoir continuer à la faire sans jamais s’arrêter.  L’histoire juridique de cette guerre que Caballero décrit dans ses  étapes fondamentales nous permet de comprendre son utilité politique et  institutionnelle.

  Commencée au début des années 70, elle a non seulement généré des  mafias et de la délinquance ordinaire mais aussi un véritable droit  d’exception pour leur faire face. Un droit d’exception qui est loin de  concerner une population réduite et bien ciblée comme celui qui combat  le terrorisme, par exemple. Le droit d’exception né de la guerre contre  la drogue concerne des masses de population très vastes. Aux Etats-Unis,  le quart de la population carcérale, soit environ 500 000 personnes,  est composé de personnes condamnées pour affaires de drogue. Et loin de  viser des entreprises criminelles ponctuelles et cernées, le droit  d’exception contre la drogue vise et affecte les manières ordinaires de  vivre.

  On sait que, dans les pays démocratiques, les usagers de cannabis se  comptent par millions, la France étant le plus grand consommateur en  Europe. Francis Caballero décrit ainsi une à une les entorses faites aux  droits et aux libertés des citoyens que la guerre contre la drogue a  entraînées et qu’elle a installées d’une manière permanente dans l’ordre  juridique. Entorses qui abîment le droit en transformant ces règles  exceptionnelles en autant de précédents, prêts à s’étendre petit à petit  vers des nouveaux domaines.


Droit d’exception qui a permis par la suite  de traiter d’autres infractions pénales selon la même logique  dérogatoire, comme c’est le cas de la criminalité sexuelle ou du  proxénétisme. Droit d’exception que les politiques sécuritaires  actuelles cherchent à étendre à l’ensemble des infractions et, qui plus  est, à transformer la logique répressive en une autre préventive, de  sorte que l’ensemble des citoyens se trouve sous contrôle.

  Comme si la guerre contre la drogue avait été le laboratoire des  politiques sécuritaires qui allaient connaître un tel succès depuis le  milieu des années 70, et dont le but est d’affaiblir le régime des  droits et des libertés individuels, l’un des traits les plus importants  des démocraties développées : non seulement les droits et les libertés  de la minorité des délinquants mais ceux de la population dans son  ensemble.

  Cette analyse nous permet de faire une lecture originale des usages  politiques de l’insécurité. Il s’agirait moins de satisfaire le besoin  qu’auraient les masses de haïr et de punir la minorité des criminels et  des délinquants pour se consolider comme groupe, pour se distraire, pour  jouir des punitions légitimes qu’elles infligent, que d’instaurer un  nouveau rapport de pouvoir entre l’Etat et les individus au détriment de  ces derniers. Comme si les masses fascinées par la démagogie pénale  cherchaient en vérité à se punir, à s’affaiblir elles-mêmes, tout en  croyant qu’elles s’acharnent sur la minorité de délinquants et des  criminels.

  Et c’est sur ce point que l’on peut tracer des parallèles entre la  démagogie pénale actuelle et le fascisme de jadis où la volonté des  masses de détruire les minorités cachait celle de se détruire  elles-mêmes. C’est pourquoi la légalisation du cannabis a une telle  importance, non seulement pratique mais aussi symbolique.

  Parce que la guerre contre la drogue a été le point de départ des  politiques sécuritaires, la légalisation du cannabis pourrait, tel un  remords, devenir la première décision politique visant à les défaire.

Par MARCELA IACUB

Source: Libération

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5 commentaire(s)

Libé comme d'hab ! :P
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Ce livre, Legalize it !, c'est ma nouvelle Bible. A mettre entre toutes nos mains, mais surtout entre celles de nos parents, amis, et autres sceptiques.
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Si je comprend bien : tous ceux qui luttent contre le cannabis avec l'état ne seraient que des moutons qui suivent bêtement un seul homme qui voudrait réduire  la population française à l'esclavage?

Heureusement je n'ai pas voté pour lui !!!
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DoctorGreen
06/06/2012 20:21
Petite rimes de Rap concernant cet article Image IPB


"Moi je prône les même idées que Cabarello,
j'ai l'impression que les cols blanc du sénat se came a l'hero,
J'ai envie de leurs dirent roulez vous un bédo,
Ce serait moins Sarajevo dans vos putain de cerveaux...


   PEACE !!

Ps: 1er message je me présente a vous cher cannaweedeurs
  Me voila enfin dans cette si magnifique communauté !!!!        Image IPBImage IPBImage IPBImage IPBImage IPBImage IPB



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+ 1 pour la poésie :)
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