Culture du cannabis: une industrie gigantesque

Par Invité ,

Le Québec est véritablement devenu la Colombie du nord, tellement l'industrie du pot est gigantesque. Non seulement le Québec n'importe plus de cannabis, mais les trafiquants en produisent suffisamment pour fournir le reste du Canada et le nord-est américain. Et il en reste…

«La preuve, c'est qu'on peut encore trouver, au mois d'août, du très bon pot québécois de l'an passé. Je n'ai jamais vu ça!» s'exclame Alain Berthiaume, véritable spécialiste du pot et propriétaire de la boutique Hemp Québec, qui vend tout l'attirail du parfait cultivateur de pot.

 

Source: Canoe.com

Il estime que le pot est une industrie qui génère au Québec des revenus annuels frôlant les trois milliards de dollars, une donnée qui ne peut toutefois être appuyée par des chiffres officiels.

 

À l'exception de variétés de marijuana qui ne poussent pas ici, le Québec n'importe plus son pot comme il le faisait autrefois.

 

«On exporte vers les États-Unis, et on fournit aussi les autres provinces canadiennes», confirme le lieutenant Jean Audette, responsable du projet Cisaille de la Sûreté du Québec.

 

La pointe de l'iceberg

Imaginez, la culture dans les champs de mäs, qui donne lieu chaque année à de spectaculaires saisies, ne représente qu'une infime partie de la production.

 

«Seulement 15% des dossiers ouverts l'an dernier en étaient de culture sur des terres agricoles» explique M. Audette.

 

Un autre 50% des dossiers consiste en des productions extérieures (boisés, terrains résidentiels), 32% dans les maisons, et 3% en serres hydroponique.

 

La Centre-du-Québec, ses terres fertiles et ses immenses champs de mäs, est attrayant pour les cannabiculteurs. Malgré tout, ils sont nombreux depuis quelques années à s'expatrier dans d'autres régions pour fuir la police.

 

«On trouve maintenant énormément de production extérieure dans le coin de La Tuque, en Abitibi et en Gaspésie. Les plants sont un peu plus petits, mais ils se sont adaptés au climat», note M. Audette.

 

«Près de La Tuque, ça pousse en quantité industrielle sur les terres coupées à blanc», confirme M. Berthiaume. Le crime organisé s'occupe peu de production, mais contrôle parfaitement la distribution, dit M. Audette.

 

Croissance

L'industrie de la culture a énormément grossi au cours des 15 dernières années.

 

«Selon un document du ministère de la Sécurité publique, il y avait 93 infractions par 100 000 habitants liées aux drogues en 1990. Aujourd'hui, c'est 247 infractions (une hausse de 166%!)», fait remarquer Michel Germain, du Comité permanent de lutte à la toxicomanie.

 

«Cette hausse est en grande partie attribuable à une progression marquée des infractions liées au cannabis», lit-on d'ailleurs dans le rapport 2002 sur la criminalité du ministère de la Sécurité publique.

 

De 1997 à 2002, le nombre d'infractions de possession de cannabis à des fins de trafic a augmenté de 78% et les infractions de production ont grimpé de 83%.

 

Et ça ne diminuera pas cette année. Avec 354 471 plants saisis au 15 septembre dernier, la Sûreté du Québec avait une cadence supérieure de 20% à celle de 2003, alors que 297 676 plants avaient été saisis à pareille date.


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