Ce que nous avons retenu...

Le cannabis aurait été domestiqué pour la première fois il y a 12000 ans en Chine
By boogerman,

https://www.geo.fr/environnement/le-cannabis-aurait-ete-domestique-pour-la-premiere-fois-il-y-a-12000-ans-en-chine-205550
Le cannabis aurait été domestiqué pour la première fois il y a 12000 ans en Chine
 
 
Des scientifiques ont mené une vaste étude génétique sur une centaine de spécimens de cannabis de différentes origines. Leurs conclusions suggèrent que Cannabis sativa a été domestiqué il y a environ 12.000 ans dans ce qui est aujourd'hui le nord-est de la Chine.
EMELINE FÉRARD Publié le 20/07/2021 à 11h27 - Mis à jour le 20/07/2021 Le cannabis constitue l'une des drogues les plus consommées à travers le monde. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le nombre d'usagers est estimé à près de 150 millions de personnes. Si cette consommation - légale ou non en fonction des régions - est aujourd'hui sujette à controverse, l'histoire de l'Homme et du végétal remonte à loin, très loin.
C'est ce que confirme une étude publiée ce mois-ci dans la revue Science Advances. Menée par une équipe internationale de chercheurs, elle indique que le cannabis aurait été domestiqué pour la première fois au début du Néolithique, il y a environ 12.000 ans, en Asie de l'Est dans ce qui est aujourd'hui la Chine.
Le cannabis, une plante à l'histoire floue
Ces scientifiques ne sont pas les premiers à se pencher sur l'histoire de la plante. Des découvertes avaient déjà montré que le cannabis, Cannabis sativa de son nom scientifique, est cultivé depuis des millénaires comme source de fibres, d'oléagineux - sous la forme de chanvre - et pour ses propriétés récréatives et médicinales - sous la forme de marijuana -.
Néanmoins, l'histoire évolutive de l'espèce demeurait floue. En raison de sa distribution notamment, une hypothèse avançait qu'elle aurait été domestiquée pour la première fois durant le Néolithique en Asie centrale.
"[Cette théorie] était principalement basée sur le fait qu'en Asie centrale, il est très facile de trouver de nombreuses plantes férales (des plantes anciennement cultivées et retournées à l'état sauvage, ndlr) poussant d'elles-mêmes, notamment au bord des routes", a expliqué Luca Fumagalli, biologiste de l'université de Lausanne et co-auteur de la nouvelle étude.
"Les données observationnelles et historiques ont suggéré que cela pourrait être le site de domestication originale du cannabis", a-t-il ajouté repris par le Smithsonian Mag. En raison des restrictions légales en vigueur dans de nombreux pays, toutefois, peu d'études s'étaient appliquées à le confirmer.
Une centaine de génomes passés en revue
Pour en savoir plus, Luca Fumagalli et ses collègues ont compilé et séquencé plus d'une centaine de génomes de spécimens de C. sativa d'origine et de nature diverses. L'ensemble comprenait des plantes férales collectées en Asie, des variétés locales ou encore des cultivars historiques et modernes de chanvre et de marijuana conservés à différents endroits.
Leurs résultats suggèrent que l'espèce n'aurait pas été domestiquée en Asie centrale mais en Asie de l'Est il y a environ 12.000 ans. Ils indiquent également que tous les cultivars de chanvre et de marijuana actuels dériveraient d'un pool génétique ancestral dont les plantes férales et variétés aujourd'hui présentes en Chine seraient les plus proches descendants.
Les scientifiques avancent un scénario plus précis encore. D'après leur étude, les variétés modernes de chanvre et de marijuana découleraient de cultures initiées il y a 4.000 ans spécifiquement pour produire des fibres d'une part et obtenir des cannabinoïdes - les substances actives du cannabis - d'autre part.
Selon l'étude, il y a 4.000 ans, le cannabis aurait commencé à être cultivé spécifiquement pour produire des fibres ou obtenir des substances cannabinoïdes. © Pixabay   Cette sélection serait à l'origine des différences actuelles observées entre les deux formes : les plants de chanvre sont plus hauts, possèdent moins de ramifications et davantage de fibres tandis que les plants de marijuana sont plus petits, plus ramifiés et possèdent davantage de feuilles et de fleurs riches en cannabinoïdes.
Ces découvertes "confirment que le cannabis est l'une des plantes les plus anciennement cultivées" avec l'orge et le blé, a expliqué Luca Fumagalli au New Scientist. "Nous pensons que c'était une plante à usages multiples". Les données suggèrent en revanche que les véritables ancêtres sauvages de C. sativa ont probablement disparu à l'heure actuelle.
"Nos travaux permettent de lever le doute sur la survie de Cannabis sativa à l’état sauvage : il n’en resterait vraisemblablement pas, car toutes les plantes férales analysées sont génétiquement proches de cultivars, et ne constitueraient donc pas des populations d’origine naturelle", a souligné le chercheur suisse repris dans un communiqué.
Des gènes perdus au fil de l'évolution
Au-delà de l'histoire évolutive du cannabis, les analyses menées ont permis aux chercheurs de s'intéresser aux divergences génétiques entre les plants cultivés pour leurs fibres et ceux cultivés pour leurs propriétés psychoactives. Ils ont notamment identifié deux gènes impliqués dans la synthèse respectivement du THC (tétrahydrocannabinol) ou du CBD (cannabidiol).
Selon leur scénario, l'espèce sauvage ancestrale possédaient les deux gènes sous un état fonctionnel. C'est la domestication qui aurait conduit à une perte de fonction de l'un ou l'autre, aboutissant le plus souvent à terme à une perte globale de production de THC dans les cultivars de type chanvre et de CBD dans ceux de type marijuana, a résumé Luca Fumagalli.
Par la suite, les deux formes seraient restées génétiquement bien isolées, même lors de l’expansion de la plante dans toutes les régions du monde. La teneur en THC constitue la différence majeure entre les cultivars de type chanvre et de type marijuana. C'est ce même facteur qui fixe aujourd'hui la légalité ou non des produits en fonction des législations en vigueur.
Cette étude livre, d'après ses auteurs, une vue d’ensemble inédite de la domestication du cannabis qui, malgré son importance historique, économique, sociale et culturelle, demeure une espèce méconnue. "Nos résultats offrent des perspectives et des ressources précieuses pour faciliter les recherches en cours sur cette plante aux multiples facettes, tant à des fins médicales qu’agricoles", a conclu Luca Fumagalli.
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By boogerman,
https://terres-et-territoires.com/cest-tout-frais/cannabis-medical-vers-une-filiere-francaise-de-production     Cannabis médical: vers une filière française de production
20-08-2021        Un comité scientifique étudie la possibilité de cultiver et d’utiliser le cannabis à des fins thérapeutiques.
Depuis fin mars 2021, le cannabis est autorisé dans le cadre d’une expérimentation. © Pixabay Un comité scientifique en vue de la création d’une filière française de culture de cannabis thérapeutique a été mis en place le 18 août par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Depuis la fin mars, l’usage du cannabis médical est autorisé en France dans le cadre d’une expérimentation de deux ans, en vue de sa généralisation. Un décret pour autoriser et encadrer sa culture est «en cours de finalisation», précise à l’AFP Nathalie Richard, directrice de projet à l’ANSM.
Dans cette optique, l’agence a créé un «comité scientifique temporaire» consacré à la mise en place d’une «chaîne de production française allant de la plante au médicament», détaille un communiqué. Il sera composé de représentants de plusieurs ministères (Santé, Intérieur, Agriculture, Economie), de l’Inrae et du Conseil de l’ordre des pharmaciens, ainsi que divers experts.
D’ici quatre mois, ce comité devra rendre un avis sur les teneurs en THC et CBD des plantes, ainsi que sur la variété à utiliser. Le comité se prononcera aussi sur la traçabilité, les contrôles nécessaires pour la culture et les critères de qualité pharmaceutiques. Il auditionnera les acteurs concernés, parmi lesquels de nombreux acteurs économiques déjà sur les rangs.
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By boogerman,
https://www.francetvinfo.fr/societe/drogue/l-etat-aussi-complice-du-trafic-de-drogues-un-addictologue-propose-de-ne-plus-inclure-dans-le-pib-l-argent-de-la-drogue-pour-ne-pas-etre-complice_4757645.html
 
Drogue : un addictologue propose de retirer l'argent du trafic du PIB pour que l'Etat "ne soit plus complice"
Emmanuel Macron a estimé depuis Marseille que "les consommateurs de drogue sont des complices" des trafiquants. L'addictologue William Lowenstein estime que l'État devrait montrer l'exemple "pour éviter complicité et cynisme".
    D'après William Lowenstein, l'état déclare 2,7 milliards d'euros issus du trafic de drogue dans son PIB chaque année. (LIONEL VADAM / MAXPPP)
Emmanuel Macron a affiché à Marseille sa fermeté contre le trafic de drogues et dénoncé les consommateurs qu'il accuse d'être des "complices" des trafiquants. William Lowenstein, addictologue et président de l’association SOS Addictions, a pointé ce jeudi sur franceinfo l'hypocrisie de l'État qui inclut chaque année depuis 2018 dans son PIB les profits réalisés par l'argent de la drogue. "Sortons un peu du bal des hypocrites", dit-il avant de proposer que l'État montre l'exemple "pour éviter complicité et cynisme".
franceinfo : Le consommateur est-il complice des trafiquants de drogues ?
William Lowenstein : Par définition, selon la politique des drogues qui est retenue par tel ou tel pays, cela devient un délit. Bien évidemment, Emmanuel Macron a raison en disant que les consommateurs sont des complices, mais ce sont des complices, forcément à cause du système de prohibition qui a été retenu et, comme chacun sait, est un échec aussi cruel que coûteux depuis 50 ans. Sortons un peu du bal des hypocrites ! Pour éviter complicité et cynisme, nous pourrions commencer en France par retirer de notre PIB le chiffre de 2,7 milliards d'euros que nous déclarons via l'Insee très officiellement et discrètement chaque année sur le trafic de drogue [Depuis 2018, l'Insee intègre l'activité générée par la production et la consommation de stupéfiants à la croissance]. Comment montrer l'exemple ? Ça serait déjà de ne plus inclure dans notre PIB le chiffre du trafic de drogue pour ne pas être complice.
Cette opposition dealer du quartier pauvre contre consommateur du quartier chic, c'est un cliché ?
Emmanuel Macron a remis au goût du jour l'extraordinaire sketch de Coluche où fumer du "hakik" n'était pas patriotique. On était un peu "droite-Ricard"=bons citoyens et "gauche-pétard"=traîtres à la patrie. On est dans la com et on est très, très loin du sérieux sur une politique nationale de santé sur les addictions. On est déjà en période électorale et j'espère qu'on pourra travailler sérieusement ces sujets pénibles, à la fois sur le plan de la santé publique, mais aussi de la sécurité publique. Parce que de Medellín à Marseille, 50 ans d'échec et d'enrichissement des mafias sans frontières, on voit bien à quel point on s'est trompé de voie pour protéger l'individu et la société.
Il ne faut rien attendre de cette campagne électorale sur le sujet ?
Hélas, alors qu'on adispose d'n certain nombre de travaux. Il n'y a évidemment aucun système parfait, il nous faut parfois choisir entre le gris et le gris, mais on va partir dans une période électorale où les punchlines vont caricaturer le choix entre le blanc et le noir. Je trouve que le débat est hélas, déjà, dans l'impasse pour des raisons sécuritaires. La droite et l'extrême droite accusant le président de laxisme dans la lutte contre l'insécurité, il répond à nos jeunes médecins et addictologues politiquement et non pas de façon pragmatique et protectrice pour notre société.
Dans les pays qui ont légalisé la distribution, on observe une plus forte consommation ?
Globalement, non, même s'il faut rester prudent et c'est pour cela qu'on se dirigerait, nous, vers la demande d'un moratoire sur la régulation de trois à cinq ans pour pouvoir évaluer. Parce qu'il y a tellement de différences d'un pays à l'autre ! Mais globalement, ce qu'on voit bien, c'est qu'on gagne non seulement en sécurité publique –le cannabis, c'est 60% du trafic–, mais que l'on gagne aussi en messages de prévention, en régulation, en pureté des produits.
Encore une fois, on a tous ce souvenir de cette période de Chicago et de la prohibition de l'alcool qui a installé la mafia aux États-Unis pendant un siècle. On est en train de continuer les mêmes bêtises et ce ne sont pas 200 gendarmes à Saint-Tropez ou à Marseille qui feront trembler les descendants d'El Chapo ou Pablo Escobar.
Ce n'est pas la légalisation qui endigue le trafic ?
Non, cela sera insuffisant, mais c'est vraiment beaucoup de travail et de questions précises, que ce soit sur la prévention, ou la réduction des risques. Tout est horriblement complexe. Cela ne sera pas du noir ou blanc. Mais la seule certitude qu'on ait, hélas, sauf pour faire de la com politique, c'est que ce système de prohibition depuis un demi-siècle a totalement échoué. On parle de guerre à la drogue, mais en fait, la plupart des guerres ont une fin. Si on continue comme ça, cela ne sera même pas une guerre parce qu'elle sera sans fin.
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Duel : pour ou contre une légalisation du cannabis ?
By boogerman,
https://www.francetvinfo.fr/sante/drogue-addictions/cannabis/video-duel-pour-ou-contre-une-legalisation-du-cannabis_4756275.html
 
Duel : pour ou contre une légalisation du cannabis ?
Publié le 01/09/2021 17:01 Vers une légalisation du cannabis ? On a posé la question à Caroline Janvier, députée de la majorité et co-autrice d'un rapport sur le cannabis, et Samia Ghali, maire-adjointe de Marseille. L'une est pour, l'autre est contre. Voici leurs arguments.
Pour la députée Caroline Janvier (LREM), la France fait partie des pays les plus prohibitifs face à la consommation de cannabis. "On a des peines de prison, un an de prison, si vous consommez du cannabis. Et qu'est-ce qu'on voit ? Eh bien, on a le résultat inverse de celui recherché puisque les Français sont les plus gros consommateurs d'Europe de cannabis et cette consommation continue d'augmenter année après année", pointe-t-elle.
 
À ce constat, Samia Ghali répond que si la consommation est autant élevée, "c'est qu'il y a quelque chose qui ne va pas". Elle prône ainsi d'aller plus loin, notamment en cherchant directement la cause. "Peut-être au niveau des soins, des médecins de ville, au niveau des médecins, ne serait-ce que pour aider les gens à se désintoxiquer", propose-t-elle.
Une façon de limiter les trafics ?
Selon Caroline Janvier, la légalisation encadrée du cannabis serait un moyen "d'assécher une partie des trafics" et ainsi d'encadrer dans un cadre légal ce qui, aujourd'hui, fait l'objet d'un "marché noir avec des réseaux criminels". Elle se base notamment sur les États américains ayant légalisé le cannabis, comme la Californie, le Colorado ou encore l'État de Washington : "Ils ont constaté une baisse de la criminalité, des violences, des viols, et donc ça, un certain nombre d'études le montrent de façon évidente."
 
Face à ce raisonnement, Samia Ghali rétorque qu'il faudrait, dans ce cas, "tout légaliser pour qu'il n'y ait plus de trafic du tout", laquelle ajoute que ce n'est pas la seule légalisation du cannabis qui viendrait endiguer l'insécurité dans les quartiers.
Qu'en est-il de la santé et de la prévention ? 
Caroline Janvier pointe l'absence de prévention et d'accompagnement thérapeutique des dealers vis-à-vis des consommateurs. "En légalisant, l'État pourrait faire ce qu'il fait avec le tabac et l'alcool, mettre en place une politique de santé publique", estime la députée.
ddictions/cannabis/video-duel-pour-ou-contre-une-legalisation-du-cannabis_4756275.html
 
 
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Désintox. Non, les pays ayant légalisé le cannabis ne sont pas revenus sur leur décision
By boogerman,
https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/droit-et-justice/desintox-non-les-pays-ayant-legalise-le-cannabis-ne-sont-pas-revenus-sur-leur-decision_4756321.html
 
Désintox. Non, les pays ayant légalisé le cannabis ne sont pas revenus sur leur décision
Publié le 01/09/2021 13:04   Interrogé au sujet de la légalisation du cannabis sur BFMTV, Gérald Darmanin s’est emporté. Pas question d’y songer, encore moins de l’évoquer
Interrogé au sujet de la légalisation du cannabis sur BFMTV, Gérald Darmanin s’est emporté. Pas question d’y songer, encore moins de l’évoquer. « Ça décourage les policiers, ça ruine l’éducation des enfants » s’exclame-t-il. S’ensuit un ping pong entre le journaliste et le ministre : « - Mais des états l’ont fait ! » - « C’est un échec ! » - « Si c’était un échec il seraient revenus dessus » - « Mais une grande partie de ces états et de l’opinion publique revient sur ces légalisations ».
Des pays qui ont légalisé la consommation du cannabis puis ont fait machine arrière ? Vérification faite, il n’y en a en fait aucun, selon plusieurs sources spécialisées dans la législation sur la drogue. « Il faudrait remonter à la décolonisation de pays comme le Maroc, s’amuse Yann Bisiou, maître de conférence en droit privé. Ou alors aux années 70 aux États-Unis, où la consommation était relativement tolérée, sans être légale, avant que Reagan, devenu président, ne s’y oppose. »
Une autre source complète : « Des pays ont du mal à légaliser, malgré les promesses, mais personne n’est revenu sur une telle loi une fois en vigueur ». Le cabinet de Darmanin n’a jamais précisé à Désintox à quels pays faisait référence le ministre.
Ce qui est vrai, c’est que quelques pays ont hésité dans leur politique de dépénalisation : certains ont ainsi atténué les peines infligées aux consommateurs et vendeurs de cannabis, avant de durcir le ton. « C'est le cas du Royaume-Uni ou de l’Italie, nous confie la source citée plus haut, à chaque fois sous l’influence de gouvernements conservateurs ». Mais parmi les pays qui ont légalisé l’usage récréatif de la marijuana, comme l’Uruguay, le Canada, ou encore plusieurs États américains comme la Californie ou le Colorado, aucun n’est revenu en arrière.
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By mrpolo,
Il a quitté la France à 18 ans pour un séjour de près de deux décennies en Inde, au Népal, au Mexique et au Maroc pour apprendre les secrets de la fabrication du haschisch et est devenu une autorité.
 

Frenchy Cannoli en 2019. Il a mélangé l'amour d'un vrai croyant pour le haschisch avec le nez d'un connaisseur pour la qualité. Credit...Taliesin Gilkes-Bower
 
Frenchy Cannoli, célèbre évangéliste du haschisch qui a passé 18 ans comme nomade à apprendre à fabriquer la drogue à partir de la résine de la plante de cannabis dans les régions rurales d'Asie, d'Afrique et du Mexique, est décédé le 18 juillet à San Francisco. Il avait 64 ans.
 
La cause en est des complications lors d'une opération chirurgicale, a déclaré sa femme, Kimberly Hooks, affectueusement appelée Madame Cannoli dans le monde de son mari.
M. Cannoli - un nom de ganja pour la façon dont il roulait la résine comme une pâtisserie italienne - mélangeait l'amour d'un vrai croyant pour la drogue avec le nez d'un connaisseur pour la qualité et le zèle d'un enthousiaste pour le haschisch qui provient du cannabis cultivé en Californie du Nord.
 
"J'ai fait du haschisch toute ma vie", a-t-il déclaré, avec son épais accent français, lors d'un discours à la conférence sur le cannabis Concentration en 2019. "Ce n'est pas un gros problème - c'est ma vie".
 
Son haschich lui a valu le respect des cercles du cannabis, tout comme ses ateliers, "Lost Art of the Hashishin", qui enseignaient aux producteurs artisanaux et aux jardiniers amateurs des États-Unis, du Canada, d'Espagne et des Pays-Bas comment récolter les glandes résineuses des plants de cannabis, appelées trichomes. Il a beaucoup écrit et a laissé derrière lui deux livres inachevés, l'un sur l'histoire des concentrés de cannabis et l'autre sur la fabrication du haschisch.
 
M. Cannoli, qui vivait à Richmond, en Californie, aidait également les producteurs de cannabis des comtés de Humboldt, Mendocino et Trinity - connus sous le nom de "Triangle d'émeraude" - à obtenir de l'État de Californie des désignations géographiques protégées par la loi pour leurs produits, comme l'ont fait il y a longtemps les régions de Champagne, Napa Valley et Bordeaux dans l'industrie du vin.
Et il est le sujet d'une série documentaire, "Frenchy Dreams of Hashish", qui n'est pas encore sortie.
 
"Je fumais de la marijuana depuis l'âge de 14 ans et j'ai rencontré Frenchy à 33 ans. J'ai appris plus de choses sur cette plante pendant ces deux années que pendant les 15 années où j'avais fumé", a déclaré par téléphone le réalisateur, Jake Remington. "Je me souviens juste, moi et Frenchy, la caméra qui tourne, allant de ferme en ferme, fumant joint après joint".
 

"J'ai fait du hachis toute ma vie", a dit un jour M. Cannoli. "Ce n'est pas grave, c'est ma vie." Crédit...Taliesin Gilkes-Bower
 
M. Cannoli est né Didier Camilleri le 13 décembre 1956 à Nice, de parents français, a grandi dans cette ville, en Bretagne et au Gabon, où son père travaillait. Dans sa jeunesse, il rêvait de parcourir la route de la soie et de naviguer sur la mer Rouge. Il lit avec avidité les récits de l'explorateur britannique Sir Richard Burton et de l'aventurier et contrebandier français Henry de Monfreid.
 
À 17 ans, Didier a essayé le haschisch pour la première fois et a été rapidement séduit. Le haschisch lui apporte une joie et un sentiment de bien-être qu'il n'avait jamais connus auparavant (et qu'il continuera à éprouver jusqu'à la fin de sa vie).
Le jour de son 18e anniversaire, il a quitté la France avec quelques centaines de dollars pour entamer ce qui allait devenir un pèlerinage de 18 ans pour fumer le meilleur haschisch qu'il pouvait trouver et apprendre à le cultiver auprès de ceux qui connaissaient les meilleures techniques traditionnelles.
 
Devenu un randonneur du haschisch, M. Cannoli a cherché des maîtres du cannabis au Maroc, au Mexique, en Thaïlande, au Népal (où il a rencontré Mme Hooks, dans un restaurant en 1980), au Pakistan et en Inde. Il a passé huit saisons à cultiver du cannabis dans la vallée de Parvati, dans le nord de l'Inde, vivant dans une grotte ou un appentis.
"Collecter la résine vivante de plantes de cannabis sauvages à mains nues dans des vallées reculées au pied de l'Himalaya a été de loin l'expérience la plus engageante et la plus extraordinaire de ma vie", a-t-il déclaré à Forbes en 2019.
 
Ses pérégrinations lui ont donné une profonde appréciation des cultivateurs de cannabis et de leur "terroir" - un mot français emprunté à la viticulture qu'il a décrit dans le magazine Skunk en 2019 comme "la délicate symbiose entre la terre, le règne végétal et les humains qui nourrissent et améliorent les caractéristiques de la terre."
Lorsque les voyages de haschisch de M. Cannoli ont pris fin au début des années 1990, lui et Mme Hooks avaient déjà une fille, Océane, et vivaient au Japon. Il vendait des sacs à main en cuir et des antiquités japonaises, et travaillait comme traducteur de manuels d'utilisation et d'autres publications. Mme Hooks et lui se sont installés à Walnut Creek, en Californie, en 1996 et se sont mariés un an plus tard. Il a continué à vendre des sacs à main pendant un certain temps et a géré un restaurant à Berkeley.
 
En 2005, il a commencé à se lancer dans l'industrie du cannabis. Neuf ans plus tôt, l'utilisation de la marijuana à des fins médicales avait commencé dans l'État, et il a commencé à assister à des événements où les vendeurs de cannabis et les aficionados se réunissaient. Après avoir fait connaître son haschisch lors de ces rencontres, il a commencé à le vendre à des dispensaires médicaux.
En cours de route, le nom de M. Cannoli lui a été conféré par Subcool, un cultivateur de cannabis.
En 2015, M. Cannoli a lancé ses ateliers, auxquels des milliers de personnes ont participé.
Il laisse derrière lui sa femme et sa fille.
 
Le haschisch que M. Cannoli fabriquait sous son nom était mémorable à la première odeur.
 
Leo Stone, un sélectionneur de graines de cannabis à Garberville, en Californie, se souvient de la façon dont M. Cannoli l'a " secoué " lors de leur première rencontre en 2012. M. Stone venait de remporter un prix de l'industrie, l'Emerald Cup, pour l'une de ses variétés de cannabis, lorsque M. Cannoli lui a tendu un pot ouvert de son haschisch au visage.
"C'était comme un coup de poing dans le sens olfactif", a déclaré M. Stone par téléphone. "Je n'avais jamais senti un haschisch aussi étonnant. Son haschisch changeait le paradigme."
 
Par Richard Sandomir
Source nytimes.com
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By mrpolo,
La semaine dernière, les députés d’une mission parlementaire ont publié un rapport recommandant une légalisation encadrée du cannabis. Une position soutenue par l’addictologue Jean-Pierre Couteron. Pour ELLE, il explique pourquoi il s’agit, à ses yeux, de la meilleure façon de protéger les Français.  
 
 
 
 
Emmanuel Macron en a fait « la mère des batailles » et son ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, ne manque pas de féliciter chaque démantèlement de « point de deal ». Malgré ce tour de vis répressif, la France reste championne d'Europe de la consommation de cannabis, avec 5 millions d'usagers annuels et 900 000 fumeurs quotidiens. À rebours de la lutte anti-drogue menée par le gouvernement, les députés d’une commission parlementaire ont publié, mercredi 5 mai, un rapport recommandant une légalisation encadrée du cannabis. Jean-Pierre Couteron, addictologue et auteur de plusieurs ouvrages dont « Adolescents et cannabis - Que faire ? » (ed. Dunod), nous explique pourquoi cette mesure permettrait de mieux protéger les Français des dangers du produit et des trafics.  
  ELLE. Quel est le problème principal de la politique menée par l’Etat dans la lutte contre le cannabis ?  
Jean-Pierre Couteron. Lorsque j’ai débuté dans les années quatre-vingt, la loi de 1970 confirmant l’interdiction de l’usage de tout stupéfiant avait été votée dix ans plus tôt. À cette époque, la consommation de cannabis, notamment chez les jeunes, n’était pas considérée comme un problème de santé. La mobilisation portait sur l’usage de l’héroïne et dans la foulée, sur le sida. Les jeunes qui fumaient du cannabis, il y en avait peu, et le système de soin les connaissait très mal. À la fin des années quatre-vingt-dix, on a constaté que malgré la prohibition, la consommation de cannabis auprès des jeunes était en nette augmentation. L'État a alors décidé de mettre plus de moyens sur la répression, au détriment de la prévention. C’est une politique qui coûte chère et aujourd’hui, on constate qu’elle n’a pas permis d’enrayer l’extension de l’usage du cannabis chez les jeunes. Elle n’a pas permis, non plus, d’empêcher le développement d’un marché parallèle, le phénomène de l’autoproduction et la diversification des produits.  
 
 
ELLE. Le rapport de la mission parlementaire transpartisane rendu la semaine dernière prône une légalisation encadrée du cannabis. Qu’en pensez-vous ?  
J-P. C. Je suis d’accord avec cette position. Le rapport démontre chiffres à l’appui, que la politique de répression est un échec. Je préfère que l’on sorte de cette prohibition pour aller vers un système de commercialisation contrôlée. La légalisation, ce n’est pas une libéralisation de la distribution de cannabis n’importe où, n’importe comment. Elle permettrait de fixer un cadre de commercialisation dans lequel l’Etat jouerait un rôle de régulateur en surveillant que les commerçants respectent les règles du jeu. En outre, ce processus de régulation permettrait de mettre en œuvre une vraie politique de prévention, totalement délaissée ces dernières années au profit de la répression. Ça peut être intéressant de punir, mais il faut d’abord éduquer et proposer des alternatives. Notamment en mettant plus de moyens sur les programmes de développement des compétences psycho-sociales qui apprennent aux jeunes à gérer leur stress et leurs émotions. De fait, ça enlève à l’expérience de l’usage du cannabis une partie de son intérêt puisque souvent, le produit est consommé pour surmonter une difficulté ou se calmer.  
 
ELLE. Certaines personnes opposées à la légalisation avancent qu’une telle mesure entrainerait une augmentation du prix du cannabis, ce qui risquerait de dissuader les consommateurs de recourir au marché officiel. Est-ce que c’est un risque ?  
J-P. C. C'est un risque, mais c’est une hérésie d’en faire une raison pour ne rien changer. Les taxes et la hausse de prix, ce sont des phénomènes qui s’ajustent et se surveillent. Les personnes qui avancent ces craintes, reconnaissent que les acheteurs pourraient avoir envie de rentrer sur un marché officiel. C’est normal puisqu’il y a des personnes qui n’ont pas envie d’entretenir des réseaux mafieux, etc. Pour que cette politique fonctionne, il faut trouver le meilleur point d’équilibre. Il faut que le marché officiel offre un produit de bonne qualité, avec ce qu’il faut de principes actifs et en éliminant les substances de coupage de mauvaise qualité, le tout, pour un prix qui reste attractif.  
 
 
ELLE. Que nous montrent les expériences des pays qui ont opté pour une légalisation du cannabis ?  
J-P. C. Le rapport parlementaire démontre très bien que dans les pays où l’on a légalisé l'usage du cannabis, comme le Canada ou certains états des Etats-Unis par exemple, certains arbitrages marchent mieux que d’autres. Il n’y a pas de honte à reconnaître que toutes les expériences n’ont pas eu le même succès. Cela montre qu’il faut continuer à ajuster les politiques. Cependant, il n’y a pas un seul pays ayant légalisé l’usage du cannabis qui envisage de revenir à la prohibition ! Les études montrent également que la légalisation n’induit pas une hausse de la consommation chez les jeunes. Dans certains cas, on commence même à observer une diminution de l’usage du cannabis chez ce public.  
 
ELLE. Le président Emmanuel Macron a exclu il y a dix jours toute légalisation du cannabis et a réclamé « un grand débat national sur la consommation de drogues et ses effets délétères ». Que pensez-vous de cette initiative ?  
J-P. C. Sur le principe, je n’ai rien contre. Mais ça m’agace car les grands débats, généralement, nous font tourner en rond. Il faut avoir conscience que cette annonce arrive dans un contexte pré-électoral. Avec cette initiative, on est dans le jeu politique. En France, le débat sur les addictions est gâché neuf fois sur dix parce qu’on s’en sert pour des batailles électorales. C'est devenu un sujet de clivages et les politiciens s’en emparent uniquement pour des effets de tribune, rarement avec la volonté de trouver des solutions aux problèmes rencontrés sur le terrain. 
 
ELLE. Organiser un débat national après l’affaire Halimi, est-ce que ça ne risque pas de faire pencher la balance en faveur d’une tolérance zéro vis-à-vis du cannabis ? 
J-P. C. Est-ce qu’on ne pourrait pas commencer par rappeler que l’affaire Halimi a eu lieu dans les années de la prohibition du cannabis ? Et non dans celle de la libéralisation du cannabis ! Comme pour le triste accident à Avignon, cette affaire est le résultat de l’inefficacité de la politique actuelle : en misant tout sur le système répressif, on a tourné le dos à la prévention et on a fait naître des tensions.  
 
Source: elle.fr
 
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By mrpolo,
Le nombre de cultivateurs de cannabis est en constante augmentation en Ile-de-France. Le temps libre avec le confinement a fait franchir le pas à certains jardiniers-fumeurs. Ils y voient le plaisir de faire pousser et produire soi-même son «herbe».

«Grâce aux graines autofloraison, on est sûrs d’avoir des résultats en trois mois, même en étant débutants», affirment Dany et Marco, des étudiants qui profitent du champ derrière leur maison pour cultiver du cannabis. LP/F.L.
 
  En intérieur ou dehors, la culture de cannabis a toujours existé. Mais depuis quelques années, les jardiniers-fumeurs sont de plus en plus nombreux. « C'est un retour aux sources, comme avec la tendance du bio, car faire pousser soi-même son cannabis, tenter de s'améliorer, cela procure un réel plaisir, avance Ulysse, quadragénaire qui chouchoute quatre pots dans sa cave de Gennevilliers (Hauts-de-Seine). Cela m'assure ma consommation annuelle. Et ça m'évite d'aller dans une cité pour en récupérer, sans savoir quelle sera la qualité. Et comme pour du rhum arrangé, je cherche à maîtriser les saveurs. C'est tout un art. » D'autres qui dealent déjà des produits importés, y voient des gains supplémentaires : « Cela ne coûte presque rien à produire et ça rapporte bien, à 10 euros le gramme », avance un trentenaire de Seine-Saint-Denis, qui revend depuis près de dix ans. Selon les chiffres de l'office anti-stupéfiants (Ofast), « en culture indoor, 6 pieds peuvent rapporter 14 000 euros par an ».
Mais surtout, tous assurent qu'avec les manipulations génétiques sur les graines, « il est beaucoup plus facile de cultiver du cannabis qu'avant, notamment en extérieur. » Le climat francilien convient très bien à ces nouvelles variétés de cannabis. Et en grande couronne parisienne, les terrains pour planter ne manquent pas… «Avant il fallait s'acheter tout un matériel pour la culture indoor et c'est un investissement coûteux, je n'avais pas voulu franchir le pas, là c'est économique », confie Loïc qui vient de planter ses premières graines dans son jardin du sud de l'Essonne.
«On disait à nos potes : Vas te décrocher un joint sur la branche»
« Grâce aux graines autofloraison, on est sûr d'avoir des résultats en trois mois, même en étant débutant », affirment Dany et Marco (leurs prénoms ont été modifiés), étudiants de 22 et 23 ans en tourisme et en économie, vivant dans une commune proche de Chelles (Seine-et-Marne). « Je me suis mis à planter trois pieds lors du premier confinement, en mars 2020, reprend Marco. On avait du temps, on devait rester chez nous…»
Son ami Dany lui a emboîté le pas. « En août, en vacances, on a pu fumer ce qu'on avait produit, rigolent-ils. C'était séché, et on disait à nos potes : Vas te décrocher un joint sur la branche. » Marco a même enchaîné avec une deuxième récolte quelques semaines plus tard.
 
Marco et Dany ont pu profiter de leur première récolte durant toutes leurs vacances d’été. LP/F.L.   Au fond du jardin de leurs familles respectives, s'étend un grand champ et une forêt. « On a pu y mettre nos pousses près de chez nous, sans que cela attire les regards », relatent les deux étudiants qui reconnaissent fumer depuis leur adolescence, lors de soirées entre amis : « On a commencé parce qu'en fumant, on savait qu'on allait se taper des barres de rires pendant des heures, témoigne Dany. On continue de temps en temps, en soirée, ça permet d'être détendu, d'oublier les soucis, tout en restant la même personne. »
«On a fait des erreurs, mais on s'est renseigné sur de nombreux forums pour maximiser le rendement»
Mais jusque-là, ils avaient toujours acheté leur shit (résine) ou leur beuh (herbe) prêts à consommer. « Sans le confinement, je n'aurais jamais commencé à cultiver, même si on avait envie d'essayer depuis longtemps, là on n'avait vraiment que ça à faire », lâche Marco. Tous deux se sont fait livrer leurs graines via des sites Internet hébergés à l'étranger, alors même que des magasins ayant pignon sur rue à Paris en vendent aussi en toute légalité.
« J'en ai pris différentes variétés, une appelée blueberry est censée avoir une couleur bleue », embraye Marco. Au départ, tout ne s'est pas passé comme prévu pour les apprentis jardiniers. « Il faisait froid et il y avait trop peu de soleil, alors pour maximiser le rendement, j'ai tenté d'éclairer avec une lampe de chantier. Et pour mieux laisser passer le soleil, j'ai coupé quelques feuilles, mais ça n'a pas marché », sourit Marco. « On a fait des erreurs, mais on s'est renseigné sur de nombreux forums pour maximiser le rendement, rapporte Dany. On s'est amélioré. »
 
Entreposés à quelques centaines de mètres du fond du jardin familial, à la limite d’un champ et d’une forêt, les plants de cannabis de Marco et Dany ont bien poussé jusqu’à atteindre près d’1,50 mètre de haut. LP/F.L.   Et les récoltes de Marco le prouvent. L'étudiant a obtenu 50 grammes d'herbe au cœur de l'été, puis 120 grammes au début de l'automne. « Avec Dany, on s'était même acheté une loupe pour regarder les couleurs des plantes pour savoir à quel stade de leur évolution elles en étaient, on utilisait des peaux de bananes dans l'eau comme engrais. Et pour sécher doucement les plants, j'avais pris des cintres et des petits ventilateurs… »
Car la passion s'empare des étudiants. Avec un troisième ami, lui aussi dans la culture de cannabis, les discussions tournent autour de leurs bébés : « Je les appelais mes fifilles, rigole Marco qui montre ses vidéos où il caresse les feuilles de cannabis. C'est fascinant de voir que tes plantes ont poussé de plusieurs centimètres en une journée, c'est du concret. Au taf pendant mon stage, je pensais à elles, les branches tournées vers le soleil. »
«On ne cherche pas à se faire de l'argent»
Les amis découvrent aussi les contraintes liées au jardinage, la discrétion en plus. « Heureusement qu'on n'avait que trois pieds, parce que vu qu'il faut aller les arroser quotidiennement, t'avais l'air malin à partir au fond de ton jardin avec ton sac rempli de bouteilles d'eau, sans que tes parents ne sachent pourquoi », chambre Dany.
Et puis vient le moment de la découpe et du séchage. « Chez moi ce n'était pas possible d'avoir un endroit pour les entreposer, alors il a fallu que j'emmène mes pieds chez Marco qui a une cabane, se rappelle Dany. C'est là qu'on a vraiment pris des risques à les transporter. J'avais peur d'être contrôlé. On n'a jamais perdu de vue que c est illégal, et on ne veut pas avoir un casier judiciaire. »
Alors, comme dans les films, pour faire 5 minutes de trajet entre les deux maisons, les compères sollicitent un ami, pour avoir un véhicule ouvreur, afin de protéger celui plein de cannabis. « Ça rend un peu parano de cultiver quelque chose d'illégal, avoue Marco. Une fois, alors que j'arrosais les fifilles dans le jardin, il y a un hélicoptère qui a survolé notre zone, j'ai couru me cacher. Notre ami, qui cultivait aussi, a eu peur que l'on ait pu sentir son cannabis quand des gens sont venus récupérer un ballon dans son jardin…»
Mais ce n'est pas le seul écueil pour des apprentis cultivateurs. « On ne savait pas qu'il fallait mettre des gants quand on coupe les branches après la récolte, rigole Marco. Sinon le cannabis rentre par les pores de la peau. La première fois que j'ai voulu m'y mettre, je me suis levé à 11 heures. J'ai commencé, et puis à 11h30 je suis retourné me coucher. KO. »
Des anecdotes qui font le sel de cette expérience à en croire les compères. « Et puis c'est hyper rentable, on a consommé pour plus de 2 000 euros de beuh avec un investissement inférieur à 100 euros », appuie Dany.
Des parents conciliants...
Pas mécontent du produit fini, surtout après avoir bien peaufiné l'affinage, Marco a décidé de faire goûter son herbe à son dealeur. « Il a kiffé, ça flatte, lâche-t-il fièrement. D'ailleurs, quelques semaines plus tard, il était en galère et il a même voulu nous en acheter. » « Mais on a refusé, on ne cherche pas à se faire de l'argent, on n'a pas pour but de jouer à Pablo Escobar », embraye Dany.
Malgré tout, les deux amis ont apprécié l'aura auprès de leur groupe d'amis proches. « On n'a manqué de rien durant toutes les vacances, c'était le bonheur, on m'appelait le jardinier, et nos potes donnaient notre prénom à notre beuh, s'amuse Marco. Et puis elle était vraiment bonne. En étant patient sur l'affinage ça donne un truc fabuleux. »
Ils ont aussi apprécié savoir ce qu'ils fumaient. « On en a pris soin, on sait comment cette beuh a poussé, où on l'a entreposée, confient-ils tous deux. On a fait des soirées dégustation, pour comparer les goûts, les effets… »
Quant à leurs parents, ils ont fini par comprendre que leurs enfants cultivaient du cannabis. « Mais tant qu'ils voient qu'on ne change pas, ça ne les embête pas trop, estiment Marco et Dany. Et nous, on voit les conséquences de l'alcool sur certains, et à nos yeux c'est pire. »
Par Florian Loisy 
Source: leparisien.fr on en parle sur le forum
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By Felix_Da_Craft,
Le 25 février 2020, le Centre américain pour le contrôle et la prévention de la maladie (CDC), en collaboration avec la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis, les services de santé locaux et des états, et d'autres partenaires cliniques ou publics en santé ont publié une mise à jour sur l'éclosion de maladies pulmonaires sévères associées au vapotage (MPAV). Sur un total de 2807 hospitalisations, 68 se sont avérées fatales. On attribue les lésions pulmonaires fatales à l'acétate de vitamine E qu'on retrouve dans les produits de vapotage et dans les liquides pulmonaires des sujets affectés [1].
 
En novembre 2019, la Belgique rapportait un cas de décès associé à l'usage de cigarettes électroniques contenant du cannabidiol (CBD) [2].
 
OBJECTIF
L'objectif de l'étude est de déterminer la présence de vitamine E ou d'acétate de vitamine E ainsi que d'autres substances potentiellement dangereuses dans les échantillons commerciaux de liquides à vapoter (aussi appelé e-liquides) enrichis de CBD vendus sur le marché européen.
 
MÉTHODOLOGIE
Tests d'identification
 
Entre la fin 2019 et le début 2020, 1 unité (bouteille) de 15 marques différentes de liquides à vapoter enrichis de CBD a été achetée à divers endroits (par internet, chez les buralistes, en boutique).
 
Chacune des bouteilles a été analysée selon une méthode de chromatographie en phase gazeuse/spectrométrie de masse (CPG-MS) en mode de balayage complet (scan), ce qui nous a permis d'obtenir l'information sur le contenu total des échantillons. Les substances détectées séparément par la chromatographie ont été comparées avec une base de données (bibliothèque NIST) ce qui a permis de les identifier avec un certain degré de fiabilité. L'analyse d'identification a été menée au moyen de deux méthodes de chromatographie différentes et dans des laboratoires distincts, ce qui nous a permis de détecter un plus grand nombre de substances présentes. De plus, l'une des méthodes a été réalisée au moyen de deux techniques d'injection différentes, c'est-à-dire l'injection directe et la technique dite de « l'espace de tête ».
 
Bien que les tests décrits ci-dessus permettent d'identifier un grand nombre de substances présentes dans les échantillons, un autre test d'identification spécifique pour la vitamine E et l'acétate de vitamine E a été exécuté par CPG-MS. Celui-ci a été réalisé selon les directives de la pharmacopée européenne (04/2005:0439) pour l'identification de ces deux substances.
 
Tests de quantification
 
Lorsque les résultats d'identification ont été obtenus, le CBD a été quantifié par chromatographie en phase liquide avec détecteur à barrette de diodes (HPLC-DAD) et l'acétate de vitamine E par CPG-MS. Dans les deux cas, les échantillons ont été analysés deux fois (contre-analyse).
 
 
 
RÉSULTATS
Tests d'identification
 
La plupart des échantillons (14 sur 15) ont démontré la présence de propylène-glycol (PG) ou du glycérol (VG), composés de base qui se retrouvent généralement dans les liquides à vapoter. L'un d'eux n'en contenait aucun. Dans ce dernier, du squalane et du tricaprylate de glycérol ainsi qu'une forme de vitamine E ont été identifiés. Dans les tests spécifiques pour l'identification de la vitamine E et de l'acétate de vitamine E, ce même échantillon a donné un résultat positif pour la présence d'acétate de vitamine E.
 
En plus de ces composés, la plupart des échantillons (12 sur 15) contenaient des terpènes qui sont également présents naturellement dans la plante de cannabis. Les plus fréquents étaient le ß-caryophyllène, détecté dans 10 des 15 échantillons, le limonène dans 8 échantillons et le ß-myrcène et le farnesène dans 7 échantillons.
 
Des phytocannabinoïdes autres que le CBD ont également été détectés : d9-THC a été identifié dans tous les échantillons et CBDV dans 12 d'entre eux.
 
La présence d'alcool benzylique pouvant provoquer de la toux, des étourdissements et des maux de tête a été relevée dans un échantillon, et ce, selon les deux méthodes [3].
 
Tests de quantification
 
En ce qui a trait au CBD, l'analyse de 14 des 15 échantillons a démontré des valeurs inférieures à celles figurant sur l'étiquette. Seuls 4 échantillons ont démontré un écart de moins de 10 % inférieur au pourcentage déclaré (-6 %, -3,4 %, -2,5 % et -8 %). En moyenne, la concentration de CBD était de 27 % inférieure à la valeur indiquée sur l'étiquette, avec les extrêmes allant de +6,67 % à -78,33 % de CBD. Un seul échantillon révélait une valeur supérieure à celle déclarée (6,67 %). Le coefficient de variation (% CV) lors de la contre-analyse était très élevé pour certains échantillons (jusqu'à 40,03 %), ce qui indique un manque d'homogénéité du produit.
 

 
 
Figure 1. La concentration de CBD dans les échantillons analysés par rapport aux valeurs sur les étiquettes
 
L'échantillon ayant obtenu un résultat positif pour l'acétate de vitamine E a rapporté une concentration de 244,48 mg d'acétate de vitamine E par gramme de l'échantillon lors du test de quantification.
 
CONCLUSIONS
La présence d'acétate de vitamine E a été confirmée dans un des 15 produits examinés dans le cadre de cette étude.
 
Il n'y a aucune donnée relative au seuil de dangerosité de ce composé lorsqu'il est inhalé dans un liquide à vapoter. Cependant, la documentation existante sur l'utilisation de cigarettes électroniques et la présence d'acétate de vitamine E par les gens souffrant de maladies pulmonaires graves tend à en déconseiller la consommation.
 
De la même manière, la présence d'autres composés comme l'alcool benzylique, qui peut entraîner des problèmes pulmonaires à court et à long termes, souligne le besoin d'exercer un meilleur contrôle sur la composition de tels produits, soit en limitant leur usage ou en fournissant des informations sur l'étiquette.
 
La présence de d-9 THC dans tous les échantillons signifie que, selon la quantité consommée, les tests de dépistage pourraient donner des résultats positifs pour cette substance.
 
En ce qui a trait au contenu en CBD, dans certains échantillons, l'écart entre la valeur déclarée et celle quantifiée était très grand, tout comme le manque d'homogénéité, ce qui démontre un manque de contrôle et l'absence de pratiques exemplaires dans la fabrication du produit.
 
On remarque aussi une tendance à ajouter des terpènes typiques à la plante de cannabis dans le liquide à vapoter, possiblement avec comme objectif de rapprocher le goût du liquide à vapoter à celui de la plante.
 
TÉLÉCHARGER L'ÉTUDE
 
Source : Fondation Canna
 
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By boogerman,
https://www.europe1.fr/sante/pourquoi-la-production-naturelle-de-cbd-nest-pas-encore-autorisee-en-france-4024256
 
Pourquoi la production naturelle de CBD n'est pas (encore) autorisée en France
 
 06h56, le 10 février 2021 , modifié à 07h29, le 10 février 2021
Un rapport parlementaire, remis mercredi, recommande au gouvernement d'autoriser la production naturelle de CBD, une molécule contenue dans la plante de cannabis, sans effet psychotrope et qui peut soigner différentes pathologies. Les réseaux de distribution existent, mais des craintes demeurent du côté de la Haute autorité de santé.  DÉCRYPTAGE Avez-vous remarqué la multiplication des "coffee shop" à la française, qui proposent des produits "bien-être" à base de CBD ? Le marché dérivé de cette molécule, contenue dans la plante du cannabis, est en pleine expansion et pourrait rapporter gros. Sauf qu'en France, il est pour l'instant limité par une réglementation frileuse, comme le pointe un rapport parlementaire remis mercredi. Europe 1 fait le point. 
 
>> Retrouvez Europe Matin en replay et en podcast ici
 
Des producteurs "dans les starting-blocks"
Première précision : le CBD ne doit pas être confondu avec le THC, une autre molécule du cannabis, qui a un effet psychotrope. Il est utilisé dans des tisanes, par exemple, pour un effet de relaxation musculaire, ou pour soulager des pathologies comme l'arthrose ou les insomnies. Sa vente est légale sous conditions - contrairement au THC. 
Mais aujourd'hui, la molécule est exclusivement produite en laboratoire en France, ou alors ses fleurs sont importées de l'étranger. Et l'Hexagone passe donc à côté d'un marché considérable. C'est pour cela que les parlementaires recommandent au gouvernement d'autoriser la production naturelle de CBD, aujourd'hui interdite en France. Car selon leur rapport, la filière, de sa production dans les champs français à sa transformation, représenterait un à trois milliards d'euros, avec des milliers d'emplois à la clé. 
 
>> LIRE AUSSI -Anxiété et insomnie : le CBD est-il vraiment efficace ? 
 
"La production est prête, les producteurs sont dans les starting-blocks", explique à Europe 1 Jean-Baptiste Moreau, rapporteur du texte - et député LREM de la Creuse qui a beaucoup a gagner avec le CBD. "La France est l'un des derniers pays européens à ne pas avoir bougé. C’est totalement incompréhensible puisque c’est reconnu officiellement par l’OMS : le CBD n’est pas une drogue", souligne le parlementaire. "On attend juste le feu vert de l’administration, c’est tout." Alors, pourquoi la situation n'évolue-t-elle pas ? Tout simplement parce qu’il y a toujours une crainte du côté de la Haute autorité de santé, qui estime qu'autoriser officiellement le CBD reviendrait à envoyer un mauvais signal aux consommateurs de cannabis récréatif. 
Entre 300 et 400 magasins en France
Pourtant, les producteurs ne sont pas les seuls à être prêts : le réseau de distribution l'est aussi,  avec entre 300 et 400 magasins en France. Europe 1 s'est ainsi rendue dans une boutique de CBD ouverte il y a deux mois à Paris. "Je le vaporise et je fais parfois des infusions", confie Clément, qui y achète chaque semaine 1 à 5 grammes de fleurs, en provenance du Luxembourg. "Je le prends surtout pour l’effet anxiolytique, ça m’aide à dormir, ça m’aide un petit peu à réfléchir", nous explique-t-il. Infusions, huiles, crèmes pour les mains, barres chocolatées : il y en a pour tous les goûts… et tous les âges. Parmi les habitués, on croise aussi une femme de 70 ans, venue acheter quatre paquets de tisane pour ses amies.
"Les gens font de moins de moins en moins l’amalgame avec le cannabis" se félicite Brice Masseixe, gérant de la chaîne Purple Store. "Depuis début septembre, on est à +30% de chiffre d'affaires par mois. Ça se développe très rapidement, j’ai tous les jours des gens qui m’appellent pour savoir comment ils peuvent ouvrir une franchise ou exploiter le concept."
Face à un tel succès, certains buralistes proposent désormais eux aussi des fleurs de CBD. Tandis que d’autres préfèrent attendre qu’il n’y ait plus aucun doute sur sa légalité. Car ceux qui en vendent déjà s’appuient pour l'instant sur une décision de la justice européenne, qui date de novembre dernier. Dans son arrêté, elle rappelle que le CBD n’est pas une drogue, et que ses fleurs doivent être librement commercialisées. L’Etat français va donc bien devoir se mettre en conformité avec le droit européen.
Par Justin Morin et Zoé Pallier, édité par Margaux Lannuzel   on en parle sur le forum  
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By boogerman,
https://theconversation.com/la-politique-du-cannabis-en-france-une-longue-histoire-145849
 
La politique du cannabis en France, une longue histoire
October 25, 2020 4.44pm GMT Author

David A Guba, Jr.
History Faculty, Bard Early College Baltimore
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David A Guba, Jr. does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.
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Un policier français se tient près de 74 kg de cannabis, de munitions et de billets de banque saisis par la police le 16 octobre 2015 à Marseille. Anne-Christine Poujoulat/Afp Le président Emmanuel Macron et le gouvernement français ne sont pas favorables à la légalisation du cannabis « récréatif ».
Cependant, la France semble de plus en plus envisager une éventuelle légalisation de l’usage thérapeutique du cannabis. Comment comprendre cette évolution, toute aussi sociétale que politique ? L’histoire coloniale du cannabis peut apporter quelques éclairages.
Qu’en est-il aujourd’hui ?
NORML France, association de loi 1901 informant les usagers et consommateurs de cannabis, a montré, au cours de la dernière décennie une demande croissante pour ce produit, relayée par des appels publics à la réforme. Entrepreneurs, agriculteurs, médecins, économistes, politiciens et même certains syndicats de police défendent à différents degrés un assouplissement de la législation sur la consommation du cannabis.
Le 14 mai 2016, la 15e Marche mondiale pour le cannabis, qui appelle à la légalisation de la marijuana, à Paris. Kenzo Tribouillard/AFP  
En janvier 2021, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) devrait lancer ses essais thérapeutiques à base de cannabis sur 3000 patients.
Un assouplissement de la loi semble être amorcé : depuis le 1er septembre 2020, la possession de cannabis entraîne des amendes de 200 euros contre, auparavant un risque de poursuites judiciaires.
Pourtant, de nombreux experts et commentateurs, considèrent que l’amende et les mesures judiciaires ne résolvent pas les problématiques actuelles.
En effet, la consommation de cannabis aggrave la toxicomanie, en particulier chez les mineurs.
On constate aussi une recrudescence de délits et crimes liés au trafic de cannabis et autres drogues. Enfin, certains, comme l’association NORM, pointent une hausse criante de la criminalisation des populations issues de l’immigration en lien avec le trafic de drogue. Selon une étude, les personnes issues des minorités sont 6 à 8 fois plus susceptibles que celles issues de la majorité d’être arrêtées par la police française, suspectées d’être plus directement liées à des trafics de drogue.
Au cours de mes recherches sur le sujet du cannabis en France, j’ai montré que la réglementation du cannabis en France s’inscrit dans une histoire longue composée de politiques publiques inefficaces, mais aussi d’injustices, d’hypocrisie et de néo-colonialisme.
En fait, presque tous les efforts de la France pour réglementer la consommation de cannabis au cours des deux derniers siècles ont échoué parce qu’ils considèrent à tort le cannabis et les fournisseurs de cannabis comme des menaces, et souvent des menaces étrangères, pour la santé et la sécurité publiques de la République française, justifiant ainsi la répression par l’État. La mesure prise au 1er septembre 2020 pourrait de la même façon échouer, car elle reproduit les mêmes erreurs politiques et sécuritaires qui régissent la répression de la drogue en France depuis le début du XIXe siècle.
La période coloniale
La toute première mesure d’interdiction du cannabis dans l’histoire de France a été adoptée le 8 octobre 1800 en Égypte, alors occupé par l’armée révolutionnaire française.
Généralement mal attribuée par les historiens à Napoléon, cette interdiction, en fait, a été émise de la politique coloniale de Jacques-François « Abdallah » Menou, le général en chef de l’Armée d’Orient travaillant à installer une République sœur en Afrique du Nord.
Jacques Menou. Joseph Ducreux/Wikimedia Menou, qui s’est converti à l’islam et a épousé la fille d’une famille sunnite élite à Rosetta, a interdit le haschich et a fermé les « cafés maures » où des Égyptiens, pour la plupart des membres des classes ouvrières et des sectes religieuses, comme les sufis, se procuraient et consommaient de la drogue.
Selon lui, ces classes défavorisées et leur consommation de cannabis menaçaient le partenariat fragile qu’il construisait entre l’élite indigène égyptienne et les forces d’occupation françaises. Cependant, Menou ne savait pas ou ne se souciait pas de savoir que c’étaient les Grecs d’Alexandrie, et non pas les musulmans, qui contrôlaient le marché du haschisch en Égypte à cette époque. Ni d’ailleurs que ce sont les exactions de l’armée française à l’encontre des populations, et non l’intoxication au haschish, qui ont provoqué les mouvements de résistance à la colonisation.
Un bouc émissaire utile
Une logique similaire a sous-tendu la création de lois anti-cannabis en Algérie française au cours de la seconde moitié du XIXe siècle.
En 1857, par exemple, plusieurs crimes violents commis par des musulmans à Alger ont été attribués à une consommation excessive de haschich. Le cas le plus médiatisé était peut-être celui de Soliman ben Muhammad, qui, après avoir consommé du haschich, a attaqué une foule de Juifs rassemblés dans le marché central d’Alger pour le sabbat, blessant sept et en tuant un. La cour d’assises d’Alger l’a reconnu coupable du meurtre d’un « indigène juif » et l’a condamné à cinq ans d’emprisonnement.
Les médecins appelés par le tribunal à faire des témoignages d’experts, ont commenté dans la presse
The History of Marijuana in France. Peu de temps après, le gouverneur général d’Algérie a adopté un décret officiel réglementant la vente et la consommation de haschich dans les cafés maures et interdisant la vente de haschich aux mineurs. Et des reportages sensationnalistes sur des hachichins terrorisant Alger ont ensuite étémis en avant pour justifier la création du Code de l’indigénat dans les colonies en 1881. Encore une fois, les Français ont instrumentalisé le haschich pour excuser les maux du colonialisme, dans ce cas les tensions intercommunautaires entre indigènes musulmans et juifs, et pour fournir une justification médico-légale pour circonscrire la liberté des Algériens indigènes.
Une drogue qui ébranle la sécurité nationale ?
Au cours du siècle suivant, les autorités françaises ont adopté plus d’une douzaine d’interdictions et de réglementations répressives du cannabis dans les juridictions métropolitaines et coloniales, présentant presque toujours la question de la consommation de cannabis comme une question de sécurité impériale et nationale.
Au Cambodge en 1907, en Indochine en 1910, toute la France en 1916, l’Afrique équatoriale française en 1926, la Syrie et le Liban en 1934, Madagascar en 1941, et toute la France (encore une fois) en 1953 puis 1970 – dans chaque cas le gouvernement français a proclamé que l’intoxication au cannabis et les consommateurs de cannabis – notamment ceux issus du monde colonisé, représentent des menaces au progrès et à l’ordre social. Mais chaque tentative de répression de cette drogue a échoué.
Peut-être que la seule réglementation réussie sur le cannabis promulguée par les Français au cours de cette période s’est produite en Tunisie (1881) et au Maroc (1914), où, sous le régime du protectorat, les Français ont décidé d’autoriser l’usage généralisé et de laisser les autorités locales opérer un monopole d’État, l’essentiel des recettes fiscales allant dans les caisses coloniales françaises.
Mais ces approches plus réalistes, qui considèrent le cannabis comme un vice acceptable et imposable comme le tabac et l’alcool, et non comme une menace pour la république ou un bouc émissaire de problèmes sociaux beaucoup plus profonds, ont constitué un succès rare qui n’a pas été répété depuis.
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By boogerman,
https://www.lefigaro.fr/actualite-france/cannabis-un-rapport-prone-une-legalisation-raisonnee-pour-assecher-les-trafics-20201010
 
Cannabis : un rapport prône une «légalisation raisonnée» pour «assécher» les trafics
Dans une étude publiée vendredi 9 octobre, le think tank Terra Nova s’intéresse aux policiers chargés de mener la répression et dont les actions seraient trop souvent vaines.
Par Nicolas Daguin Publié hier à 14:05, mis à jour hier à 14:11  
700.000 personnes seraient des consommateurs quotidiens de cannabis. CascadeCreatives - stock.adobe.com
  Le débat depuis des années autour de la légalisation du cannabis et qui revient pour chaque gouvernement successif est aujourd'hui dans l'impasse. Les autorités prônent la voie répressive pour endiguer les trafics mais les Français restent les plus gros consommateurs de cannabis en Europe. Le pays comptait cinq millions de fumeurs de marijuana en 2017 dont 700.000 consommateurs quotidiens, selon des données publiées en 2018 par l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT).
À LIRE AUSSI : «Il n'y a pas de “drogue douce”»: des élus Les Républicains contre la légalisation du cannabis Pourtant la répression se poursuit. «La loi de la République, c'est l'interdiction des drogues» a martelé ces dernières semaines le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, qualifiant à plusieurs reprises le cannabis de «merde».
  Dans une analyse intitulée «Cannabis : pour une autre stratégie policière et pénale» publiée vendredi 9 octobre, le think tank Terra Nova estime que les forces de l'ordre ont été trop mises à l'écart du débat. Le rapport s'attache entre autres à faire la lumière sur l'incapacité des policiers à appliquer la loi dans des quartiers où le trafic et la consommation de drogue sont fleurissants.
À LIRE AUSSI : Amendes pour usage de drogue: Le Figaro livre un premier bilan national L'étude montre notamment le caractère vain des contrôles répétés tout comme les enquêtes et interpellations menées dans le cadre des affaires de stupéfiants qui n'aboutissent jamais mais qui s'inscrivent dans une politique du chiffre, la «bâtonite». Face au volume d'affaires à traiter, policiers et magistrats ont pour beaucoup le sentiment de «vider l'océan avec une cuillère».
  « Quand je fais un go fast sur l'autoroute, ça n'a aucun impact sur le quotidien des gens. C'est un fournisseur, les petits revendeurs vont se fournir ailleurs. Ça sert à quoi ? Je me pose la question, dans un pays où on criminalise l'offre et on dépénalise quasiment la demande, je ne vois pas où ça nous mène. (…) On criminalise la moitié du système, on regarde ailleurs pour l'autre moitié » raconte dans l'étude un commissaire de police d'un service de lutte contre les stupéfiants.
À LIRE AUSSI : La ville de Reims candidate pour tester la légalisation du cannabis Si le rapport assure ne pas minimiser «la dangerosité de la drogue» et ne prône pas non plus une «vision naïve qui consisterait à considérer la légalisation comme la solution à tous les problèmes», il préconise une «légalisation raisonnée» pour «assécher» les trafics. Cela permettrait également de «dégager du temps aux services judiciaires et policiers pour les dossiers les plus importants, tout en poursuivant des objectifs en termes de santé publique (suivi des personnes souffrant d'addictions, contrôle de la qualité des produits…)» explique le rapport.
      Pour Terra Nova il s'agit de lutter contre la consommation de cannabis par la légalisation. Le think tank ne nie pas la nécessaire présence des pouvoirs publics dans le contrôle et la gestion de la consommation de la drogue. Mais il préconise la création d'une nouvelle autorité de régulation dont le rôle ne serait plus celui de la répression systématique mais davantage celui de faire baisser la consommation et de contrôler les risques liés aux usages.
« Il faudrait changer l'approche, qui est dogmatique, caricaturale, politique. On dit « c'est illégal, donc il faut sanctionner », on ne réfléchit pas. Chez les consommateurs et les revendeurs, il y a peu de gens foncièrement mauvais ou dangereux. Ce sont des gens qui sont tombés dans les trafics par opportunité, cela reflète la misère sociale. Peu de riches trafiquent » confie dans le rapport un gardien de la paix rattaché à la brigade des stupéfiants d'une grande métropole française.
La forfaitisation, une fausse bonne idée?
Depuis le premier septembre 2020, les forces de l'ordre ont la possibilité de verbaliser et d'infliger une amende de 200 euros aux consommateurs de stupéfiants arrêtés en flagrance sur la voie publique. On parle de forfaitisation des délits de stupéfiants. L'objectif de cette mesure, appliquée sous l'impulsion en 2018 de Gérard Collomb alors ministre de l'Intérieur, est de «renforcer la réponse répressive face à la consommation tout en désengorgeant les juridictions» dans la mesure où le paiement de l'amende évite tout recours aux tribunaux. Dans les faits, il apparaît que cette nouvelle mesure n'est qu'une charge supplémentaire pour les agents de la voie publique qui ont déjà de nombreux problèmes à traiter. «De plus, cela a pour conséquence de renforcer des tensions déjà existantes avec une partie de la population, notamment jeune, autour de la question des contrôles d'identité, qui cristallise en grande partie la défiance policepopulation» précise le rapport de Terra Nova.
    «On est dans un discours de « tenir le terrain », ça ne veut rien dire et ça donne une perception agressive aux gens » affirme un gardien de la paix d'une brigade des stupéfiants.
Cette étude de Terra Nova intervient après la publication samedi 3 octobre par Le Journal du Dimanche d'une tribune de 80 élus du parti Les Républicains opposés à la légalisation du cannabis. «Il n'y a pas de «drogue douce». La drogue est un poison, un fléau que nous devons combattre!» écrivent les élus. Cette tribune était une réponse à celle de trois maires du même parti LR qui avaient réclamé la semaine précédente, dans Le JDD, la légalisation de la consommation de cannabis, qu'ils estiment être «le meilleur moyen d'en anéantir le trafic et de ruiner les trafiquants».
«Légaliser la vente de cannabis conduira les vendeurs actuels à se tourner vers la vente d'autres substances encore plus dangereuses et nocives !», leur avaient répondu les 80 parlementaires. En outre, «ce n'est pas parce que les forces de l'ordre ont du mal à venir à bout du trafic qu'il faut légaliser la pratique!», insistent les parlementaires, «sinon il faudrait aussi légaliser le trafic d'armes, la fraude fiscale, la prostitution et ne plus sanctionner les vitesses excessives au volant !»
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https://www.lefigaro.fr/actualite-france/cannabis-ces-habitudes-de-consommation-prises-pendant-le-confinement-20201007
 
Cannabis: ces habitudes de consommation prises pendant le confinement
Selon une étude de l’observatoire français des drogues et des toxicomanies, les consommateurs se sont procurés la drogue sans difficulté malgré les fermetures des frontières.
Par Angélique Négroni Publié le 7 octobre 2020 à 23:00, mis à jour le 8 octobre 2020 à 10:35  
L’observatoire français des drogues et des toxicomanies révèle ce jeudi les chiffres de l’enquête «cannabis online». THOMAS SAMSON/AFP
  Le confinement a eu des conséquences inquiétantes en matière d’addiction sur une partie des consommateurs de cannabis. L’observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) révèle ce jeudi qu’un quart des usagers jusqu’alors hebdomadaires (27 %) et près d’un usager mensuel sur dix (8 %) est passé à un usage quotidien pendant le confinement. «Au total, la part des usagers quotidiens a progressé de 11 points, passant de 20 % à 31 %», indique l’observatoire.
À LIRE AUSSI : «Il n’y a pas de “drogue douce”»: des élus Les Républicains contre la légalisation du cannabis Ces données inédites résultent de l’enquête «cannabis online» que cet organisme a réalisé. Entre le 10 juillet et le 7 août, l’observatoire a mis en ligne un questionnaire sur les habitudes de consommation à l’heure du confinement. Parmi les 7.000 personnes qui ont consulté le document, 2 778 -majoritairement des personnes âgées de 18 à 34 ans-, y ont répondu.
  L’impact de l’enfermement
C’est à partir de ces milliers de réponses que l’OFDT a pu analyser l’impact de l’enfermement sur l’addiction. Toutes ces données font apparaître que si des consommateurs assez réguliers ont monté d’un cran leur consommation, une importante majorité d’habitués n’a pas, quant à elle, changé ses habitudes. D’une façon générale, plus la consommation était «élevée avant le confinement, moins le comportement d’usage a varié», relève l’étude. «Ainsi, 8 consommateurs quotidiens sur 10 (82 %) et la moitié des usagers hebdomadaires ont maintenu leur niveau de consommation à l’identique», est-il écrit. Cette période a eu des effets positifs sur certains puisque 28 % d’usagers ont indiqué ne pas avoir consommé et 16 % avoir diminué leur consommation.
Cet état des lieux de la consommation indique clairement que, malgré les restrictions de sorties et les fermetures des frontières, les consommateurs n’ont guère eu de peine à se procurer leur dose. «Les personnes ayant répondu à l’enquête ne semblent pas avoir rencontré de difficulté majeure pour accéder au produit», fait remarquer l’observatoire, qui relève toutefois une légère baisse de la vente au cours de cette période. «67 % des usagers de cannabis en ont acheté durant le confinement contre 78 % en temps ordinaire». Les tarifs de la vente pratiqués au cours de ces quelques mois révèlent par ailleurs que le marché de la résine a moins résisté que celui de l’herbe. Ainsi, le prix de la résine a augmenté de 27 %, passant de 5,70 euros le gramme à 7,20 euros tandis que celui de l’herbe est resté stable, autour de 7 euros le gramme.
  Consommation solitaire
«Cette différence s’explique. Concernant l’herbe, il y a en France une part d’auto culture, qui a permis aux usagers de s’approvisionner. À l’inverse, le marché de la résine, qui vient de l’étranger et remonte par le sud, a été perturbé par des frontières fermées», explique au Figaro Stanislas Spilka, le coordinateur de l’enquête qui, d’une manière générale, s’est dit surpris par cette photographie de la consommation à l’heure du confinement. Toutes ces données contredisent ce qu’il avait imaginé. «Nous étions partis d’une hypothèse selon laquelle il y aurait au cours de cette période beaucoup de difficultés d’approvisionnement en raison des frontières fermées et que les prix allaient fortement grimper. Nous avions alors envisagé une rupture de la consommation. Cela n’a pas été le cas», dit-il.
    Au cours de cette même étude, l’observatoire rend compte aussi de la manière dont la drogue a été consommée. Le confinement, qui a interdit les rassemblements, a naturellement fait progresser la «consommation solitaire».
   
Addiction aux jeux Par ailleurs, 38% de ceux qui ont répondu au questionnaire ont admis avoir pris leur premier joint de la journée plus tôt que d’habitude. «Ces deux changements sont en général considérés comme des signes inquiétants de la consommation et de la dépendance. Évidemment durant le confinement, la consommation solitaire était inévitable. Mais nous redoutons que des habitudes aient été prises et nous allons surveiller l’évolution des comportements», indique le responsable de l’enquête.
En parallèle de cette étude, l’observatoire rend compte d’un autre phénomène d’addiction qui touche les jeux d’argent. Ces derniers ont explosé. «Malgré un recul global du jeu en ligne du fait de l’interruption des paris sportifs, le confinement a contribué à l’essor très important du poker en ligne avec davantage de joueurs actifs, une intensification de la pratique de jeu et des dépenses moyennes par joueur également en hausse», est-il écrit. Les chiffres montrent aussi que les jeunes de 18 à 24 ans mais aussi la tranche d’âge des 25 à 34 ans sont tombés durant cette période dans la spirale du jeu et du poker.
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https://fr.euronews.com/2020/09/30/la-culture-du-cannabis-un-danger-pour-l-environnement
 
La culture du cannabis, un danger pour l'environnement ?
Par Mhari Aurora  •  Dernière MAJ: 01/10/2020 - 17:23 Culture de cannabis   -   Tous droits réservés  Dutch passion  
Imaginez un monde où les gens pourraient acheter un pochon de marijuana pendant leur course hebdomadaire au marché.
C'est ce que le Dr Anthony Silvaggio, chercheur à l'université d'État Humboldt de Californie, espère voir un jour.
    Au Royaume-Uni, le débat sur la légalisation ou la dépénalisation du cannabis est une véritable pomme de discorde depuis de nombreuses années, certains estimant que ce n'est qu'une question de temps avant que la Grande-Bretagne ne suive les traces du Canada, de la Californie, des Pays-Bas, etc.
Mais alors que des incendies ravagent la côte ouest des États-Unis, que le glacier de Thwaite en Antarctique fond lentement sous nos yeux et que le mouvement Extinction Rebellion continue de protester contre la destruction des écosystèmes mondiaux, il n'a jamais été aussi urgent d'examiner de plus près le sujet de la production en masse de cannabis. Se pose en effet la question : la culture de masse de "l'herbe" est-elle bonne ou mauvaise pour l'environnement ?
Selon les données de l'Organe international de contrôle des stupéfiants, le Royaume-Uni est le plus grand producteur et exportateur de cannabis à usage médical et scientifique au monde. Cependant, l'empreinte carbone de la Grande-Bretagne en matière de production de cannabis n'a guère fait l'objet de discussions.
Quelle est la façon la plus écologique de cultiver le cannabis ?
La culture du cannabis varie massivement dans le monde entier, mais il existe trois méthodes que les cultivateurs ont tendance à utiliser.
  La première consiste à cultiver le cannabis en extérieur, où il bénéficie de la lumière naturelle du soleil et de l'eau de pluie.
Cette méthode est souvent considérée comme la moins nocive pour l'environnement, mais cela dépend si des pesticides et des rodenticides chimiques sont utilisés pour protéger les plantes. L'approche en plein air peut également se traduire par des récoltes de moindre qualité.
La deuxième méthode consiste à cultiver le cannabis en serre en utilisant la lumière du soleil, ou de la lumière artificielle.
L'impact environnemental de cette méthode varie selon que l'on utilise ou non la lumière artificielle, étant donné le surcroît de consommation d'électricité que cela implique. Une autre considération est le degré de sophistication de la serre elle-même.
Et troisièmement, le cannabis peut être cultivé intégralement en intérieur en utilisant un éclairage 100% artificiel, du chauffage, un système de ventilation et même des déshumidificateurs. De nos jours, c'est souvent la méthode la plus populaire car elle permet d'obtenir une récolte de meilleure qualité et de multiples récoltes dans la même période de temps.
Pourtant, cette culture en intérieur est la plus néfaste de toutes pour l'environnement, en raison de la grande quantité d'électricité utilisée, qui contribue à son tour aux émissions de carbone. Il faut également de grandes quantités d'eau pour maintenir les plantes en vie tout au long du processus de culture. "La consommation d'énergie est de loin le problème le plus important et peut être résolue en cultivant en serre plutôt qu'en intérieur", explique Jouke Piepenbrink, directeur du marketing de Dutch Passion, une entreprise de graines de cannabis basée à Amsterdam.
"Si le cannabis est cultivé à l'extérieur ou dans des serres sans lumière artificielle, l'impact sur l'environnement est très faible", ajoute-t-il.
Les producteurs illégaux de cannabis utilisent souvent la méthode de culture en intérieur pour se faire discrets, parfois même en se tournant vers des générateurs diesel ou à essence pour éviter d'utiliser l'électricité du réseau et ainsi de susciter des soupçons liés à une hausse drastique de la consommation électrique.
Le cannabis doit-il donc être légalisé ?
La question de savoir si l'interdiction du cannabis nuit à la planète, en poussant des producteurs non autorisés à utiliser ces techniques de culture polluantes, est une question que le Royaume-Uni devra examiner alors que le débat sur la légalisation fait rage.
Anthony Silvaggio, chercheur à l'Institut Humboldt pour la recherche interdisciplinaire sur la marijuanaAnthony Silvaggio "Ces impacts sont le résultat du cannabis sauvage, mais aucun de ces impacts n'existerait si le cannabis n'était pas interdit. La prohibition est la cause première des impacts environnementaux de la culture du cannabis", déclare le Dr Silvaggio, sociologue de l'environnement et membre de l'Institut Humboldt pour la recherche interdisciplinaire sur la marijuana (HIIMR).
"Il est problématique que nous développions une industrie qui pollue au point de nous rendre la tâche plus difficile pour lutter contre la crise climatique. (...) La culture industrielle du cannabis est mauvaise pour l'environnement. La Terre ne peut plus le supporter", conclut-il.
La popularité des produits à base de cannabis atteint des sommets avec la pandémie de coronavirus. Une étude d'Alphagreen, le plus grand marché du Royaume-Uni pour les produits à base de CBD, a révélé que 8 millions de personnes avaient acheté des produits provenant de la CBD entre le début de l'année et mai 2020. Cela représente 150 millions de livres sterling d'achats (164,3 millions d'euros) et une croissance de 50 % par rapport à 2019.
En Europe, l'industrie du cannabis est également en constante croissance. Cela inclut les produits qui inondent le marché dans les pays où le THC - le composé psychoactif du cannabis - est interdit.
"Notre marché n'a cessé de croître depuis 33 ans, mais au cours des trois dernières années, beaucoup de choses ont changé", explique M. Piepenbrink, directeur marketing de Dutch Passion.
Une banque de graines de cannabis à AmsterdamDutch Passion "Nous voyons de nombreux pays du monde s'ouvrir d'une manière ou d'une autre. Parfois, ils commencent par un programme médical, le marché domestique s'ouvre, ou ils permettent aux entreprises de produire des produits à base de cannabis pour un usage récréatif", précise M. Piepenbrink.
Au Royaume-Uni, la croissance de l'industrie du cannabis pourrait être le signe d'une éventuelle légalisation ou dépénalisation à venir, mais certains chercheurs craignent que la légalisation ne fasse rien pour aider la crise environnementale. Pour eux, les politiques économiques doivent d'abord prendre en compte des objectifs écologiques pour que des changements significatifs puissent être apportés.
Le codirecteur de l'HIIMR, le Dr Dominic Corva, explique : "Vous ne pouvez pas dire que la légalisation a un impact ou un autre tant que vous ne savez pas à quelle variété de légalisation vous avez affaire".
"Une légalisation qui est couplée à une politique environnementale a le potentiel d'être bonne pour l'environnement", ajoute-t-il.
Il met en garde contres les abus de l'industrie : "J'ai vu d'énormes entrepôts remplis de cannabis être cultivés à une échelle qui ne devrait pas se produire, j'ai vu l'assèchement, en particulier dans des conditions de pénurie d'eau, où les grandes rivières sont à sec des mois avant qu'elles ne soient censées l'être. Beaucoup de mes collègues ont vu l'utilisation de pesticides et de rodenticides interdits sur les sols publics".
L'agriculture sèche et les plantations d'accompagnement
Il existe des techniques qui peuvent être utilisées par les cultivateurs de cannabis pour améliorer leur empreinte carbone, explique le Dr Corva. Il s'agit de l'agriculture sèche et de la plantation d'accompagnement.
L'agriculture sèche consiste à faire pousser des cultures dans un climat sec, sans eau ni système d'irrigation. Elle est meilleure pour l'environnement car elle n'épuise pas les précieuses réserves d'eau dans les régions où l'eau est rare, surtout en cas de sécheresse.
Des graines de cannabisDutch Passion Le compagnonnage dans l'agriculture consiste, lui, à planter différentes cultures ensemble, pour qu'elles se complètent et s'enrichissent mutuellement. Par exemple, les haricots et le maïs. Les haricots adorent grimper sur les hautes tiges de maïs, et le maïs apprécie l'azote fourni par les haricots. Un autre exemple est la ciboulette et la laitue, car la ciboulette repousse les insectes normalement attirés par les feuilles vertes des salades. Ce mode de croissance permet souvent d'améliorer la qualité des récoltes, mais surtout d'éviter le recours aux pesticides, car certaines plantes repoussent naturellement les insectes qui mangent leur plante compagne.
Mais en fin de compte, conclut M. Corva, seule une interdiction totale de la culture de cannabis à grande échelle permettra de faire face à la crise environnementale. Les méthodes nocives utilisées pour cette culture en masse détruisent les sols.
Pour plus d'articles sur le "lifestyle" et les voyages éthiques et durables, découvrez Living, par Euronews. Pour lire la version originale de l'article en anglais, cliquez ici.
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By boogerman,
https://www.lsa-conso.fr/le-chanvre-fait-planer-les-fabricants-de-soft-drinks,358283
 
Le chanvre fait planer les fabricants de soft drinks
MARIE NICOT |  Les boissons au chanvre qui auraient des effets relaxants sont en vogue. Parties les premières, les start-up sont concurrencées par les géants de l’alcool et des soft drinks.
La forme étoilée de la célèbre feuille, les tiges longues de près de 2 mètres et le vert intense malgré la sécheresse estivale accrochent le regard. Les champs de chanvre de la coopérative Interval s’étendent sur la commune d’Arc-lès-Gray, en Haute-Saône. Seuls les « touristes » s’étonnent de trouver cette plante dans cette campagne vallonnée. Les locaux, eux, savent bien que le chanvre est cultivé depuis 1992 en toute légalité, afin d’être transformé en isolants, parebrises de voitures, textiles, graines alimentaires, cosmétiques… Aujourd’hui, la réglementation française ne tolère que ces usages, interdisant la culture de variétés dont le taux de THC (tetrahydrocannabinol) substance psychotrope dépasse 0,2 %. Le THC présent dans la fleur est le principe actif du cannabis. En bref, le THC a un effet planant.
 
En concurrence avec l’alcool
 
Légalistes, les agriculteurs se refusent à produire du THC, et même du CBD (cannabidiol), une autre molécule sans propriété stupéfiante. Le CBD n’a qu’un pouvoir relaxant et n’est pas considéré comme une drogue en Europe. Plus libéraux que la France, dont la législation devrait cependant évoluer prochainement, l’Allemagne, les Pays-Bas et la Grande-Bretagne tolèrent la commercialisation du CBD, tandis que la Suisse permet depuis 2011 la vente de produits à base de moins de 1 % de THC.
Profitant de ce patchwork réglementaire, des entrepreneurs se lancent sur ce marché prometteur au petit goût de transgression. Tous s’inspirent des États-Unis, où le marché des boissons au CBD atteindra 260 millions de dollars en 2022, selon les analystes de Cannacord Genuity. L’évaluation triple lorsqu’on ajoute les softs à base de cannabis (Marijuana infused beverages). L’usage « récréatif » du cannabis est en effet légal au Canada et dans une dizaine d’États américains. Là-bas, des start-up comme Recess (New York) et son eau pétillante au chanvre bousculent déjà les forteresses. « En conséquence, les grands groupes prennent position. Ces innovations au CBD, voire à taux de THC élevé pourraient concurrencer l’alcool », observe Gaëtan Laederich, ancien créateur de l’eau de coco Vaïvaï reconverti dans Rainbow, société qui propose des produits à base de chanvre. De fait, Constellation Brands (Vins Robert Mondavi...), a investi 4 milliards de dollars dans le producteur de cannabis Canopy Growth. Au Canada, AB InBev (Budweiser, Stella Artois...) a fondé une joint-venture avec le spécialiste du cannabis Tilray pour développer des boissons contenant du CBD ou du THC.
En Europe, le développement est moins spectaculaire, mais bien réel. Le suisse Hempfy, le britannique Kolibri, les français Chilled, Rainbow, Leafter... Plusieurs dizaines de start-up tentent leur chance. Elles promettent un effet anti-stress sans franchir la ligne rouge de l’allégation santé. Et misent sur l’e-commerce pour initier le consommateur avant de convaincre les GMS.
En témoigne le précurseur Hempfy avec son lime tonic à « l’infusion de chanvre » lancé en 2015. L’un des cofondateurs, l’Ukrainien Constantin Marakhov, détaille les recettes du succès : « Un approvisionnement en chanvre 100 % hélvétique et un positionnement premium. » L’offre détonne. SparklingH est un mousseux titrant 7° et mêlant l’énigmatique « infusion de cannabis » avec du chasselas suisse. Plus étonnant, Hempfy Recharge Water V1.0 est une eau composée de lithium et d’extrait de chanvre. Hempfy ajoute un brin de provocation en mettant en avant la feuille de cannabis. Une confusion interdite en France où la DGCRRF veille au grain. « Nous sommes prêts à modifier nos packagings pour conquérir le marché tricolore, concède Constantin Marakhov. L’homme d’affaires assure négocier le référencement de la marque avec les grandes enseignes pour fin 2020 : « Hempfy cible le grand public via la grande distribution. Peu importe s’il faut deux ou trois ans de pédagogie. »
 
La loi française évoluera-t-elle?
 
En France, David Migueres (Mezcal Brothers) et Martin Gunther (Kol), qui ont lancé Chilled début avril, se montrent plus prudents. Dans un premier temps, leur eau pétillante au CBD (15 mg par canette) infusée à l’hibiscus est vendue en ligne et à La Grande Épicerie de Paris. « La feuille de cannabis n’apparaît pas sur les canettes. Nous ne souhaitons pas jouer sur l’ambiguïté et l’effet planant. Pour éduquer le consommateur, mieux vaut ne pas mélanger les symboles », précise David Migueres. Le jeune entrepreneur regrette aussi de devoir « se fournir en CBD helvétique en attendant que la France autorise la production locale ». Justement, une mission d’information parlementaire autour des usages du cannabis rendra un rapport en novembre avec des préconisations pour au moins encadrer l’usage du CBD. La question du THC sera aussi posée pour les produits thérapeutiques ou simplement récréatifs. Son rapporteur, Jean-Baptiste Moreau, député LaRem de La Creuse, semble prêt à casser le carcan afin de dynamiser une filière chanvre tricolore qui n’attend que cela. 
 
Une plante écolo
Avec plus de 16 000 hectares et 1 500 cultivateurs, la France est le premier pays producteur de chanvre européen. Très robuste, cette plante non OGM exige très peu d’eau, aucun engrais, ni pesticide. Les régions Bourgogne, Champagne et Pays de la Loire renouent avec cette culture très répandue (176 000 hectares en 1860) avant que le coton et les fibres synthétiques ne prennent le dessus. La concurrence reste vive avec deux zones importantes de production : la Chine et l’Amérique du Nord.
Précurseur
Lancée en 2015, la marque suisse Hempfy fait figure de pionnière avec un lime tonic « à l’infusion de chanvre 100 % helvétique ». Cette boisson se présente en gourde de 180 ml et en bouteille en verre de 250 ml à boire pure ou en cocktail.

Smoothie
Voelkel signe depuis juin une boisson bio à base de soja, complétée de banane, pomme, citron, d’extrait de chanvre, de farine de chanvre et d’acérola. Le groupe allemand cible les végétaliens qui recherchent des protéines végétales sans effet planant.
2,75 € la bouteille de 25 cl.

Multiusage
La société Rainbow préconise de diluer l’huile de CBD Kaya dans un smoothie ou un cocktail. Lancée par Gaëtan Laederich (ex-cofondateur de Vaïvaï), Kaya est censée apporter calme et relaxation.
Le prix est cependant élevé : 30 ml, 38 € et 100 ml, 88 €.

Bulles de CBD
David Migueres (Mezcal Brothers) et Martin Gunther (Kol) ont lancé début avril, en plein confinement, Chilled, une eau pétillante au CBD (15 mg par canette) et à l’hibiscus. Ils vantent l’effet relaxant d’une boisson commercialisée en ligne et à La Grande Épicerie.
PVC : 3 € la canette.

 
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By mrpolo,
L’expérimentation du cannabis à usage médical, initialement prévue en ce mois de septembre, devrait finalement commencer au début 2021. Mardi soir, Gérald Darmanin a confié soutenir cette initiative dans une conversation informelle avec des députés de la majorité

Gérald Darmanin, le vendredi 11 septembre 2020 à Vélizy-Villacoublay.© Sipa Press
 
Le ministre de l’Intérieur médiatise largement les opérations de police menées contre les vendeurs et les usagers de cannabis. Son compte Twitter fait quotidiennement le point sur les chiffres de saisies et d’interpellations en la matière.
 
« La drogue, c’est de la merde. » Martelée par Gérald Darmanin, la formule est devenue le slogan de sa politique de lutte contre les stupéfiants. C’est clair, c’est net. Sauf que, comme pour les chasseurs, il y a le bon et le mauvais cannabis. Mardi soir, le ministre de l’Intérieur a reçu une dizaine de députés de la majorité pour un dîner informel. Passant d’un sujet à l’autre, la conversation s’est arrêtée sur celui du cannabis à usage thérapeutique. L’élu du Nord a alors confié qu’il n’était pas opposé à une telle idée. Il y est même « favorable », affirme un participant. Gêné, son entourage minimise, parlant d’une simple discussion entre le ministre et des députés.
 
Le sujet est pourtant d’importance. L’exécutif ne cesse de repousser le début de l’expérimentation d’un usage thérapeutique du cannabis. Elle aurait dû commencer en ce mois de septembre mais le décret n’est toujours pas paru. La gestion de l’épidémie de Covid-19 en a empêché la rédaction, explique la direction générale de la Santé. Le dispositif sera lancé au plus tard en janvier 2021, promettait cet été la DGS.
Le cannabis médical suppose que quatre ministères s’entendent : la Santé, l’Agriculture, la Justice et l’Intérieur
« Inertie ». La mission d’information menée à l’Assemblée nationale a épinglé cette « inertie de l’administration » dans son récent rapport. Le décret est en cours d’examen par le conseil d’Etat, annonce aujourd’hui le président de la mission d’information, le député (Libres !) Robin Reda, qui annonce un début d’expérimentation « début 2021 ». « Ça vient », promet son rapporteur, le député LREM de la Creuse, Jean-Baptiste Moreau, défenseur de longue date d’une production qu’il juge d’avenir pour son département. Sans décret, le processus est à l’arrêt. Aucun appel d’offres pour sélectionner des fournisseurs et des distributeurs ne peut être lancé.
 
Le cannabis médical suppose que quatre ministères s’entendent : la Santé, l’Agriculture, la Justice et l’Intérieur. D’autant que les membres de la mission d’information parlementaire attendent plus qu’une simple expérimentation. Ils réclament une modification du droit en urgence « par un dialogue interministériel volontariste et dynamique ». Selon eux, il faut autoriser la production, la fabrication, le transport, la détention de cannabis pour fournir des traitements à des patients souffrant de pathologies préalablement définies. Cela permettrait de créer une filière française de cannabis.
 
Un tel message de souveraineté sanitaire porte en ces temps de Covid-19, moins dans une séquence régalienne au cours de laquelle l’exécutif, ministre de l’Intérieur en tête, veut afficher sa fermeté contre toutes les drogues, cannabis en tête. Il faudra au gouvernement faire preuve de nuance le jour où il annoncera la légalisation du cannabis, renvoyant les Français à une note de bas de page : « Seulement pour ceux qui souffrent des pathologies suivantes...»
 
Source: lopinion.fr
 
 
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By mrpolo,
La libéralisation du cannabis mettrait un coup d’arrêt au trafic, pour peu que le marché légal soit compétitif car peu taxé et bien implanté grâce à la liberté de création de dispensaires.

 
 
Depuis la fin de l’été, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin est engagé dans une croisade contre le cannabis. Tout consommateur s’expose depuis le premier septembre au risque d’être sanctionné par une amende de 200 euros. Les trafiquants, quant à eux, vont « arrêter de dormir » a assuré Gérald Darmanin en déplacement au Val-de-Marne.
 
Cannabis et politique répressive
Cette vigueur retrouvée dans la lutte contre « cette merde » est paradoxale quand on sait que le 16 septembre, la représentation nationale se prononçait en faveur d’une autorisation du cannabis thérapeutique. Les députés allant même jusqu’à regretter « un retard fort déplorable » en la matière. Il va donc falloir que monsieur Darmanin se livre à un véritable numéro d’équilibriste pour continuer à défendre sa ligne dure tout en soutenant Olivier Véran qui sera probablement chargé de lancer la filière.
Si le ministre parle encore de lâcheté lorsque sont évoquées des solutions comme la dépénalisation ou la légalisation, il semble beaucoup plus juste de pointer du doigt l’échec cuisant de la politique répressive menée depuis cinquante ans. Les Français sont aujourd’hui les plus gros consommateurs d’Europe. Presque la moitié des citoyens français (45 % parmi les 18-75 ans) déclare avoir déjà consommé du cannabis .
  D’autant plus que le décalage entre la société et la sphère politique entraîne une surenchère des mesures répressives. Monsieur Darmanin n’a cessé de marteler que « lutter contre le trafic de stupéfiants c’est lutter contre le crime organisé et l’insécurité du quotidien ». En réalité, c’est l’alimenter. Des moyens considérables ont été alloués depuis cinquante ans à la guerre contre les drogues, pour un résultat inverse de celui escompté. Loin d’avoir été démantelés, les cartels de drogue s’en sont trouvés renforcés. Tous les rapports sur le sujet soulignent les effets pervers de l’approche répressive : explosion du revenu des cartels, hausse de l’attractivité du secteur, baisse de la qualité des produits et spécialisation vers la vente de produits plus concentrés comme la cocaïne ou la méthamphétamine.
 
La guerre sans fin contre les trafiquants
La guerre contre les trafiquants de drogue est une guerre sans fin. La prohibition est sans issue. Il n’est pas étonnant que le dernier rapport de l’Union européenne publié en 2019 dresse le constat d’une hausse de la consommation de cocaïne, d’héroïne et de MDMA.
À l’inverse, la libéralisation du cannabis mettrait un coup d’arrêt au trafic, pour peu que le marché légal soit compétitif car peu taxé et bien implanté grâce à la liberté de création de dispensaires. À l’hypothétique « si il n’y avait pas de consommateurs, il n’y aurait pas de trafic » de Gérald Darmanin, il semble bien plus réaliste d’opposer que « s’il existait un marché légal, le marché noir en serait grandement affaibli ». En légalisant la filière du cannabis qui existe déjà de facto, une offre concurrente avec des produits traçables et propres à la consommation verrait le jour. Il faut mettre fin à l’hypocrisie : l’État ne peut pas compter la filière du cannabis dans le calcul de son PIB et en même temps chercher à l’éradiquer.
 
Il nous faut pour cela sortir des passions inappropriées lorsque le sujet est évoqué dans le débat public. La drogue est en effet un concept plus difficile à définir qu’il n’y paraît. Pour rappel, le cannabis, considéré à ce jour comme un fléau, apparaît dans les études scientifiques comme étant deux fois moins addictif que l’alcool, à l’inverse, pourtant loin de souffrir de cet ostracisme. Il occupe même une place centrale dans la culture française et tout le monde s’accorde aujourd’hui pour y voir un élément indispensable du lien social.
 
Pourtant les chiffres ne s’y trompent pas, un Français sur quatre a un problème d’alcool alors que moins d’un fumeur de joints sur 10 a une consommation problématique. Qui imaginerait monsieur Darmanin ou tout autre politicien un tant soit peu sérieux demander à ce qu’on emprisonne viticulteurs et brasseurs, organiser des descentes chez les cavistes, ou mettre en place une amende pour les jeunes consommant un verre de vin dans un parc ?
 
Un crime sans victime
Une telle police des mœurs doit nous inviter à la réflexion. Les démocraties tolérant la poursuite systématique des auteurs d’un crime sans victime se font de plus en plus rares. Profitons-en pour rappeler que la consommation de cannabis est bien moins néfaste pour autrui que la consommation d’alcool que ce soit pour les cas de violence ou d’accident de la route. La liberté ne consiste-t-elle pas à avoir le droit de faire tout ce qui ne nuit pas à autrui ?
  Monsieur Darmanin déplorait encore lors de sa visite dans le Val-de-Marne les effets d’une drogue « qui tue notre jeunesse », et cela malgré le fait que le cannabis soit 114 fois moins mortel que l’alcool comme le rapporte le Think Tank Génération libre. Sa préoccupation pour la santé de nos concitoyens les plus jeunes est certes louable, la consommation de cannabis pouvant nuire au développement du cortex cérébral des enfants et adolescents. Il est néanmoins étrange de constater que le ministre de l’Intérieur préfère le maintien d’un système où l’approvisionnement des consommateurs se fait par le biais de trafiquants sans foi ni loi, peu soucieux de l’âge de leurs clients. À l’inverse, la légalisation ferait des futurs employés des dispensaires les garants du contrôle d’identité des consommateurs comme c’est le cas aujourd’hui dans les bureaux de tabac. Enfin, l’absence d’un marché légal empêche l’État de remplir son rôle de tiers de confiance, notamment en ce qui concerne le contrôle du produit et les normes d’hygiène et de sécurité.
 
L’approche répressive a déjà été essayée et partout elle a échoué. Il est temps de le reconnaître et de changer de paradigme. Le gouvernement a l’occasion d’être pionnier en arrêtant d’allouer autant de moyens et d’effectifs des forces de l’ordre à cette prohibition anachronique. Les policiers et gendarmes pourraient alors se concentrer sur les vrais sujets qui mettent en péril notre pacte social comme les crimes violents et le terrorisme.
 
Par Martin Devaulx de Chambord.
Source: contrepoints.org
 
 
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By Indi-Punky,
Au moins quinze personnes ont été arrêtées par la Garde civile dans le cadre d'une opération anti-drogue au Gipuzkoa.
Dans le cadre de celui-ci, des membres de l'institut ont effectué mercredi un déploiement dans le quartier Ibaeta de Donostia, où ils ont enregistré une entreprise.
 

 
Au moins quinze personnes ont été arrêtées par des agents de la Garde civile dans le cadre d'une opération anti-drogue menée par cette force de police à Gipuzkoa, selon des sources de l'enquête.

L'opération, toujours ouverte, a débuté hier à Donostia, où des agents de l'institut armé ont fouillé l'entrepôt d'une entreprise spécialisée dans la vente de graines de marijuana et de produits végétaux.

Ces sources ont précisé que l'opération est en cours en raison de la commission éventuelle de crimes contre la santé publique, l'organisation criminelle et le blanchiment d'argent.

Tout au long de la journée d'hier, les agents ont inspecté les locaux de la société susmentionnée, situés au numéro 83 de la rue Portuetxe dans le quartier Ibaeta, à Donostia, où un appareil de quatre SUV de la Garde civile et plusieurs véhicules camouflés s'est déplacé. .

L'opération de police, lancée par ordre du tribunal central d'instruction numéro 6 du tribunal national espagnol, a été menée principalement à Gipuzkoa, bien que certaines actions aient également été menées à Nafarroa.

L'action reste ouverte, le tribunal maintient donc le secret sommaire
 
 
Source: naiz.eus
 
Il semblerait que la société en question soit Dinafem.
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By Yotna2,
Bonjour
 
 
Sources : https://www.ulyces.co/news/le-cannabis-sauve-la-vie-des-abeilles-affaiblies-par-les-pesticides/
https://merryjane.com/news/cannabis-extracts-may-extend-the-life-of-bees-exposed-to-pesticides-research-shows
 
Au revoir
 
édit modération: les formules de politesse son de rigueur sur le furom.
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By boogerman,
https://www.techno-science.net/actualite/mise-garde-cannabis-electronique-vapotage-N19912.html
Mise en garde sur le cannabis électronique et le vapotage
Publié par Adrien le 29/08/2020 à 09:00
Source: Université de Montréal     De plus en plus populaires auprès des jeunes désireux d'avoir leur dose de nicotine, les cigarettes électroniques sont également utilisées pour susciter un état d'euphorie au moyen du cannabis, met en garde une nouvelle étude canadienne sur les dangers du vapotage.
 
De plus en plus populaires auprès des jeunes désireux d'avoir leur dose de nicotine, les cigarettes électroniques sont également utilisées pour susciter un état d'euphorie au moyen du cannabis. Crédit: Getty
Des chercheuses du Département de médecine sociale et préventive de l'Université de Montréal ont recruté près de 775 adolescents et adolescentes de la région de Montréal en 1999 et les ont suivis jusqu'au début de la trentaine, en 2019.

Un cinquième d'entre eux ont déclaré avoir vapoté au cours de la dernière année et, parmi eux, 55 % ont inhalé du cannabis sous forme liquide, dont un tiers exclusivement, selon l'étude publiée cet été dans la revue BMC Public Health.

Nous avons demandé à l'auteure principale de l'étude, Jennifer O'Loughlin, professeure à l'UdeM et chercheuse au Centre hospitalier de l'Université de Montréal, de nous parler des résultats obtenus et de leur signification en termes de santé publique.
 
Jennifer O'Loughlin Crédit: CHUM Vous signalez des niveaux de vaporisation de cannabis beaucoup plus élevés que des études précédentes. Est-ce parce que les données sont spécifiques à Montréal ou indiquent-elles une tendance plus générale ?

Deux références que nous citons ‒ le New England Journal of Medicine en 2018 et le British Medical Journal en 2019 ‒ laissent entendre qu'il s'agit d'une tendance plus générale. Et des rapports plus récents montrent que ces augmentations se poursuivent, surtout chez les adolescents. Cela est particulièrement inquiétant en raison de problèmes de santé tels que les lésions pulmonaires associées à l'utilisation de la cigarette électronique ou de produits vaporisés. Selon les jeunes, quels sont les avantages de la vaporisation du cannabis ?
La popularité croissante de la vaporisation du cannabis peut être liée aux vaporisateurs qui facilitent une utilisation discrète du produit: l'appareil peut être facilement dissimulé, il a l'apparence des cigarettes électroniques et il produit une vapeur presque inodore. La vapeur de cannabis est décrite comme étant plus agréable au goût et, comme les produits de cannabis vaporisés peuvent fournir des concentrations de THC plus élevées que le cannabis ordinaire, elle est associée à un état d'euphorie plus marqué. Enfin, les consommateurs peuvent croire que la vaporisation du cannabis est moins nocive que ses modes de consommation traditionnels. Le vapotage a d'abord été présenté comme un moyen d'arrêter de fumer, mais on a découvert l'inverse: les jeunes vont vapoter pour fumer. Faut-il interdire le vapotage ?
Mon opinion est que, si c'était possible, il faudrait l'interdire, mais ce n'est probablement pas vraiment possible à ce stade, et de nombreux chercheurs pourraient soutenir que les avantages possibles liés à l'arrêt de la cigarette doivent d'abord être prouvés. Sinon, nous devrions ‒ et nous le faisons dans de nombreux endroits ‒ règlementer l'offre en rendant difficile l'achat de produits de vaporisation: resserrer les critères qui définissent le client autorisé, limiter les lieux où les vaporisateurs sont vendus, où ils peuvent être utilisés, et en essayant aussi de limiter la demande par l'éducation. Il s'agit d'une enquête autodéclarée, et la taille de l'échantillon est relativement petite. Cela rend-il les données et votre analyse peu fiables ?
Une petite taille d'échantillon rend les estimations imprécises, ce qui signifie que les intervalles de confiance sont larges. Toutefois, nos estimations de prévalence semblent correspondre à celles d'autres études récentes. Les autodéclarations peuvent entraîner un biais de classification erroné ‒ la question la plus importante est de savoir si les gens comprennent vraiment ce qu'il y a dans le liquide qu'ils vapotent. Poursuivez-vous ces recherches et, si oui, comment ?
Oui, nous nous intéressons aux "chercheurs de nicotine", c'est-à-dire les personnes qui recherchent la nicotine dans plusieurs produits. L'utilisation de divers produits contenant de la nicotine ‒ cigarettes, cigarettes électroniques, mulling (cannabis et tabac mélangés), chicha et autres produits du tabac ‒ contribue probablement à une dépendance à la nicotine. Nous pensons que les gens doivent être beaucoup plus conscients de la teneur en nicotine de tous les produits qu'ils consomment afin de pouvoir évaluer concrètement la manière de cesser de fumer. Essayer d'arrêter de fumer tout en continuant à consommer de grandes quantités de nicotine dans d'autres produits risque d'inhiber la capacité d'arrêter. C'est pourquoi nous pensons que les professionnels de la santé qui veulent aider les gens à cesser de fumer devraient contrôler l'utilisation de tous les produits contenant de la nicotine.
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By boogerman,
https://www.lalsace.fr/magazine-sante/2020/08/25/grossesse-le-cannabis-augmente-le-risque-d-autisme
Grossesse : le cannabis augmente le risque d’autisme
Quel est l’impact sur le fœtus d’une consommation de cannabis durant la grossesse ? Des chercheurs canadiens révèlent un lien avec un risque de troubles du spectre autistique. Par Dominique Salomon (Destination Santé) - 25 août 2020 à 18:00 | mis à jour à 18:04 Photo AFP/Don MACKINNON     Naissance prématurée, fausse-couches, retards de croissance… Les méfaits de la consommation de tabac et d’alcool durant la grossesse sont bien connus. Ceux du cannabis le sont moins.
Afin de mieux informer les futures mamans, des chercheurs de l’Hôpital d’Ottawa* (Canada) ont analysé les données de 2 200 femmes ayant accouché entre 2007 et 2012 et qui avaient déclaré avoir consommé uniquement du cannabis, et aucune autre substance, pendant leur grossesse.
Les résultats ont révélé « un risque accru d’autisme chez les bébés nés de ce groupe comparativement aux bébés nés de femmes qui n’ont pas consommé de cannabis », notent les scientifiques.
« Le cannabis étant de plus en plus accepté socialement, (…) certaines femmes enceintes croient pouvoir y avoir recours pour soulager leurs nausées matinales », s’inquiètent les auteurs.
C’est pourquoi ces résultats permettent d’apporter un argument pour décourager cette consommation pendant la grossesse.
Ou en tout cas, « les femmes qui envisagent de consommer du cannabis pendant la grossesse ou qui en consomment déjà devraient parler avec un professionnel de la santé qui les aidera à faire un choix éclairé pour elles-mêmes et leur bébé », concluent-ils.
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By mrpolo,
Les symptômes sont loin de pouvoir être pris à la légère.

Sharon McCutcheon via Unsplash
Pour Mic, la journaliste Melissa Pandika s'est posé une question relativement simple: peut-on être allergique au cannabis? La réponse est oui, puisque comme l'indique Lewis Nelson, chef du pôle médecine d'urgence et du département de toxicologie médicale dans une école de médecine du New Jersey, «on peut être allergique à n'importe quoi». L'allergie au cannabis est même répertoriée sur le site de l'AAAAI, académie américaine travaillant sur l'asthme, les allergies et l'immunologie.
Dès leur première exposition au cannabis, les personnes allergiques fabriquent des anticorps destinés à lutter contre certaines parties de la plante, et en premier lieu le pollen ou certaines protéines. Ce n'est pas le THC (petit nom du tétrahydrocannabinol, à l'origine des effets recherchés par les fumeurs et fumeuses) qui est responsable de l'allergie.
Lors de la deuxième consommation, les anticorps s'en prennent aux protéines, ce qui crée une réaction allergique pouvant aller du nez encombré au choc anaphylactique, en passant par des éruptions cutanées, des problèmes respiratoires, des nausées et des diarrhées.
Il est extrêmement rare que le simple fait de toucher ou sentir du cannabis puisse déclencher une réaction allergique: celle-ci passe presque systématiquement par le fait de le fumer ou de l'ingérer.
 
Liée à d'autres allergies
Les personnes les plus susceptibles d'être allergiques au cannabis sont celles qui sont déjà allergiques à plusieurs autres substances. Sans aller jusqu'à établir un lien de corrélation, lequel n'a pas été prouvé, Lewis Nelson indique que les allergènes présents dans le cannabis sont très proches de ceux figurant dans les pêches et les tomates. Autrement dit, si vous êtes allergique à l'un de ces deux fruits, il y a sans doute plus de chances pour que vous soyiez également allergique au cannabis.
Lewis Nelson met en garde les consommateurs et consommatrices contre ce qui n'a rien d'un problème minime: «On ne peut jamais prévoir la force de la prochaine réaction allergique». En cas de suspicion d'allergie, il conseille de contacter son médecin et de réaliser des tests cutanés afin d'en avoir le cœur net...
 
Source: slate.fr
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By mrpolo,
Quête de qualité ou démarche écologique? La culture de cannabis à domicile semble attirer de nombreux adeptes. Le gouvernement peut-il endiguer cette tendance? Sputnik fait le point avec Bénédicte Desforges, co-fondatrice du collectif Police contre la prohibition.

 
Certains Français semblent avoir la main verte. Dans l’Hexagone, l’auto-culture d’herbe de cannabis a le vent en poupe. Selon le baromètre santé 2017 de Santé publique cité par Le Figaro, près de 7% des usagers de cannabis, soit entre 150.000 et 200.000 personnes, auraient eu recours à cette pratique.
Signe de la démocratisation de l’auto-culture, le nombre de saisies de plants de cannabis est en forte progression: en 2010, 54.728 plants ont été confisqués, contre 158.592 en 2014. Et malgré un léger infléchissement entre 2014 et 2016, la tendance est repartie à la hausse.
 
Dans une interview à Europe 1, Victor Martin, chargé de projet réduction des risques pour l'association marseillaise Plus belle la nuit, explique que «beaucoup de remontées du terrain font état de nouveaux venus dans la production à domicile». «Pour certains, le confinement a été un élément déclencheur. Avec la pénurie s'est posé la question de l'autoproduction avec une logique de recherche de qualité, de savoir ce que le consommateur consomme. Finalement dans la même logique que de produire ses tomates sur son balcon», poursuit-il. Le confinement aurait-il amorcé une tendance de fond?
 
Près de 200.000 cultivateurs clandestins
Interrogée par Sputnik, Bénédicte Desforges milite pour une réforme des politiques publiques des drogues. Ex-lieutenant de police, elle a cofondé le collectif Police contre la prohibition à l’automne 2018 qui réunit anciens et actuels policiers et gendarmes. Pour elle, «il n’y a pas de boom de l’autoproduction suite au confinement. On n’a absolument pas le laps de temps nécessaire pour s’en rendre compte [selon la variété, le cycle de production peut prendre entre 2 et 7 mois, ndlr]».
Avec Internet, s’approvisionner en graines, acheter une lampe UV, ou encore consulter des tutoriels afin de devenir le parfait cultivateur, devient un jeu d’enfant. Ainsi, le gouvernement peut-il endiguer ce phénomène?
Non, d’après Bénédicte Desforges: «Ils ne peuvent pas. De la même façon qu’ils ne peuvent pas empêcher les gens de faire usage de drogues. Ils auront beau fermer tous les robinets, les gens en trouveront d’autres. La drogue, ce n’est pas une histoire d’offre mais de demande.»
Impossible d’empêcher cette pratique
Comme le souligne la co-fondatrice du collectif Police contre la prohibition, «dans un coin de leur tête [au gouvernement, ndlr], il y a aussi des flics et des gendarmes qui l’ont bien compris, ils savent que ces gens ne font pas de mal.»
 
 
Néanmoins, certains trafiquants ont compris l’intérêt de produire localement et tentent de cultiver des plants en quantité industrielle.

 
«La période du confinement a permis de constater que, face aux difficultés d’acheminement du cannabis de l’étranger par voie terrestre, nombre de trafiquants se réorientaient vers la culture indoor sur le territoire national», analyse pour Le Figaro le contrôleur général Samuel Vuelta-Simon, chef adjoint de l’Office anti-stupéfiant (Ofast).
Remettre en cause la politique du chiffre
Bénédicte Desforges rappelle la différence entre «ceux qui plantent des centaines de pieds de cannabis, là on parle de production de stupéfiants, ce qui est dans l’absolu un crime [punissable de 20 ans de réclusion et 7.500.000 euros d’amende (article 222-35 du code pénal), ndlr]» et les «jardiniers du dimanche».
 
 
Selon l’ex-lieutenant de police, «tous ces gendarmes qui vous font une saisie de deux ou trois plants par ici, une dizaine de plants par-là, qui mettent les gens en garde à vue, qu’est-ce qu’ils font?».
 
 
Pour Bénédicte Desforges, «l’auto-culture est donc un faux problème» face au véritable trafic et à l’essor du «Dark web» pour s’approvisionner en drogue.
56% de l’activité «proactive» des forces de l’ordre
La co-fondatrice finit par pointer la politique des différents gouvernements concernant les stupéfiants, mais également le regard des Français sur les usagers de cannabis. Et pour cause, «il faut savoir que l’activité proactive des forces de l’ordre, à 56%, c’est la répression de l’usage de "stup". Laquelle est à plus de 90% de la répression de fumeur de cannabis [chiffres basés sur une période d’un an, de septembre 2014 à août 2015, ndlr]. Cette répression coûte 1,13 milliards d’euros», détaille-t-elle.
 
 
Par Mike Beuve
Source: sputniknews.com
 
A lire aussi -> "On ne devient pas flic en rêvant de courir après les fumeurs": Police contre la Prohibition, le collectif qui détonne
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By mrpolo,
Face à l’impuissance des pouvoirs publics à éradiquer le trafic de drogue et à libérer des banlieues des bandes armées qui contrôlent le marché, l’idée de légaliser le commerce du cannabis refait surface et fait rêver les spéculateurs.
 

 
A Dijon, Lille, Nice, Marseille, les guérillas urbaines se multiplient pour le contrôle du trafic de drogue et le contrôle d’un marché qui est sorti très vite du confinement. Mais face à l’impuissance des pouvoirs publics de faire cesser ce terrorisme de banlieue, l’idée de légaliser la vente de cannabis a refait surface. Cette idée n’est pas nouvelle. Beaucoup d‘économistes sont capables d’expliquer qu’un marché de pénurie et très réglementé crée la rareté, fait monter les prix et encourage le marché de l’ombre et donc le trafic. A contrario, on explique qui si on libère le marché en éliminant toutes les contraintes, la rareté tombe, les prix s’effondrent et le commerce de la drogue devient beaucoup moins lucratif et dissuade les organisations de poursuivre leur coupable industrie.
C’est exactement ce qui s’était passé aux Etats-Unis au siècle dernier avec la prohibition de l’alcool. Les interdits avaient drainé aux organisations clandestines et mafieuses des revenus illégaux mais colossaux qui leur avaient permis de construire des empires diversifiés dans les jeux,la prostitution, et de s’immiscer dans les syndicats et même la politique.
L’arrêt de la prohibition a sonné la fin du règne d’Al Capone et de son pouvoir sur le territoire des États-Unis.
Cela dit, la légalisation de l’alcool ou de n’importe quelle autre drogue ne résout pas les problèmes. La levée des interdits sur l‘alcool n’a pas diminué le nombre d’alcooliques. Quant au marché de la drogue, il se diversifie et trouve souvent d’autres substances plus dures, plus rares. Donc une grande partie du marché se déplace et les banlieues gangrenées restent gangrenées. Il est évident que parallèlement à la mise en place d’un arsenal répressif, il faudrait trouver des activités alternatives qui permettent de garantir un niveau de vie décent.
Le cannabis à usage médical a été autorisé en France à titre expérimental en 2019, les résultats sont plutôt positifs, dans la mesure où le système hospitalier a pu se procurer des substances qu‘il ne pouvait pas utiliser auparavant et qu‘il en contrôle la provenance et l’utilisation. C’est une procédure qui est déjà appliquée dans une trentaine de pays.
Mais l’idée de dépénaliser l’usage de la drogue et d’en libérer le marché va beaucoup plus loin.
Depuis les années 2000, l’usage libre du cannabis s’est progressivement élargi.
C’est le Canada qui a été précurseur. Dès 2001, le Canada autorise l’usage du cannabis dans le traitement de maladies lourdes et incurables à l’époque : le sida et le cancer. La France a d’ailleurs très récemment repris les mêmes protocoles. Mais en 2018, le Canada a été le premier à légaliser la consommation de cannabis à but récréatif.Le commerce est toutefois (comme l’alcool, d’ailleurs) contrôlé par l’Etat qui fixe les prix et donne les autorisations de créer des points de vente. 
Les Pays-Bas tolèrent la consommation de cannabis, donc la possession et la vente dans les coffee-shop depuis 2003.
  Israël autorise le cannabis à des fins médicales depuis 2006.
Ces expériences ont très récemment conduit de nombreux pays à alléger leur réglementation à des fins thérapeutiques mais aussi à des fins récréatives. Aux États-Unis, on le trouve dans les hôpitaux et en pharmacie, dans plus de 37 États et le Missouri vient de l’autoriser en vente libre. Au Chili, en Colombie, au Mexique, au Pérou, l’usage et le commerce sont autorisés mais sous le contrôle de l’Etat.
En Europe, 21 pays de l’Union européenne sur les 27 ont franchi le pas. Dont l‘Allemagne très récemment, tout comme la Belgique, la Grande Bretagne etc...
Le marché mondial du cannabis médical est évalué à 55 milliards de dollars. Il est évident que ça représente une infime partie du marché global et clandestin (où on doit approcher les 500 milliards, mais ces 50 milliards de dollars sont déjà soustraits au commerce illicite des trafiquants).
Et l’ampleur de ce marché, tout comme la perspective de croissance du secteur légal, fait déjà saliver bien des investisseurs.
D’abord quand le commerce est légalisé, la production l'est aussi. Aux États-Unis, au Canada, en Australie, des fermes spécialisées se sont développées. Les producteurs canadiens qui sont arrivés les premiers sur ces nouveaux marchés se taillent la part du lion : des groupes comme Canopy, Tilray sont leaders mondiaux d’autant qu’ils ont l’autorisation d’exporter pour accroître leurs débouchés. En Europe, le premier producteur est aux Pays-Bas avec des filiales en Israël et au Danemark. En Asie, c’est la Thaïlande le premier producteur de cannabis légal.
Mais au-delà des fermes de production, la spéculation s’est emparée de toute la chaine de valeur. De la production à la distribution. Et on trouve dans les starting-block, tous les grands de l’industrie pharmaceutique, mais surtout les grands groupes spécialisés dans le tabac (qui est pour eux un marché en décroissance rapide) et qui espèrent trouver avec le cannabis un relais de croissance. On trouve aussi les grands industriels mondiaux de l’alcool, deux ou trois américains, un grand groupe français, un groupe italien. Dans le plus grand secret, ils ont compris que la vente de cannabis au grand public pouvait répondre au même ressort marketing que la vente de vodka ou même de la bière pour un public de consommateurs plutôt jeunes.
Cette évolution apparemment inéluctable entamera sans doute le pouvoir des mafias qui contrôlent actuellement le trafic, mais peu probable que ça règle la question de la sécurité dans les quartiers difficiles.
Pour deux raisons :
La première, c’est que les trafiquants trouveront d’autres substances illicites et notamment les drogues chimiques. Si le marché juteux du cannabis disparaît, ils se tourneront vers d’autres secteurs.
 
La deuxième raison est que ce commerce contrôlé actuellement par des bandes et des délinquants permet à des milliers de jeunes et de familles de survivre et pour quelques chefs, de bien vivre. Les BMW et les Porsche vendue dans les banlieues de Paris ou de Marseille n’appartiennent pas toutes à des stars du football. Elles n’ont pas non plus été payées par le RSA. Il y a donc un problème de mutations à régler au niveau des activités. Et pas seulement dans les pays consommateurs. 
 
Source: atlantico.fr
 
 
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By mrpolo,
La diversité raciale et de genre dans l’industrie de la marijuana « fait toujours défaut – en particulier dans les postes de propriété et de direction », selon Eli McVey, rédacteur en chef de MJBizDaily Research.
 

 
Bien que l’industrie ait pris des mesures pour s’améliorer, il en faut davantage, a noté McVey.
Les projecteurs nationaux étant actuellement davantage axés sur la réforme de la justice civile, des changements pourraient se profiler à l’horizon.
‘Assez isolant’
Les chefs d’entreprise minoritaires affirment qu’il existe des barrières importantes dans les institutions critiques qui empêchent nombre d’entre elles de devenir des acteurs importants dans l’espace.
Mark Slaugh, PDG de la société regtech iComply, a déclaré à qu’il estimait avoir fait une marque dans l’industrie depuis son lancement en 2011 et qu’il pouvait se fier à ses références. Cependant, les structures de pouvoir en place ont créé une expérience négative pour lui et d’autres minorités dans l’espace.
« Etre une minorité dans le cannabis, au Colorado, n’a pas été l’expérience la plus positive et c’est assez isolant quand je peux littéralement compter le nombre de propriétaires d’entreprises de cannabis minoritaires que je connais d’une part », a déclaré Slaugh.
Voir aussi: Comment la «  guerre contre la drogue  » et le système d’accueil nuisent aux minorités et aux familles à faible revenu
 
Le PDG a également signalé des cas où ses tentatives de collaboration ont été rejetées, tout en étant également la cible de prises de contrôle hostiles.
« On ne m’a jamais proposé d’investissements, de partenariats stratégiques ou de rachat qui n’essayaient pas de profiter de ce que j’ai construit et de le détourner à des fins de privilège », a-t-il déclaré. « Bien que personne n’ait été ouvertement raciste, il semble y avoir un sentiment d’élitisme parmi quelques élus qui sont culturellement différents de moi. »
Des obstacles existent également dans les institutions financières.
 
Marie Montmarquet est une vétéran de l’industrie depuis 13 ans et cofondatrice de Numéros MD Inc., une marque avec une gamme de produits de cannabis intégrés verticalement.
Il n’y a pas de modèle pour le succès de l’industrie sur le marché naissant, a expliqué Montmarquet. Cependant, les minorités sont souvent confrontées à des défis supplémentaires en raison d’un manque de capitaux et de biens immobiliers.
«La plupart des minorités n’ont pas accès aux prêts bancaires, aux marges de crédit ou à d’autres possibilités de prêt», a déclaré Montmarquet, citant comment le problème s’étend à toutes les industries.
 
La cofondatrice dit qu’elle s’est vue refuser la propriété et les opérations bancaires pendant la majeure partie de sa carrière dans le cannabis.
Dhaval Shah, PDG de Lullaby Wellness, a fait écho à des sentiments similaires, notant un manque d’investissement dans des entreprises minoritaires.
« Les investisseurs ne soutiennent tout simplement pas suffisamment les entreprises appartenant à des minorités, et vous le voyez partout », a déclaré Shah.
Plus à faire
Certains répondants ont déclaré se sentir les bienvenus dans l’espace.
«La communauté du cannabis m’a largement accueilli à bras ouverts», a déclaré Rob Mejia, fondateur de la plateforme d’éducation sur le cannabis Notre récolte communautaire et professeur adjoint de cannabis à l’Université de Stockton. «Il y a un sentiment d’excitation pour l’avenir, et j’ai été surpris par la quantité d’expertise et de relations auxquelles j’ai pu accéder.»
Pourtant, il y a des oublis découlant de l’échec de la guerre contre la drogue, dit iComply’s Slaugh.
 
« La communauté du cannabis doit comprendre l’impact de la guerre contre la drogue sur les Noirs et les autres communautés les plus touchées », a-t-il déclaré. « La légalisation du cannabis s’accélère, mais les personnes les plus touchées par son interdiction se voient refuser l’accès à un marché de plusieurs milliards de dollars et la possibilité de créer légalement de la richesse générationnelle. »
 
Le PDG, qui a déclaré que de nombreuses personnes comme lui avaient grandi avec des familles brisées par des peines de prison à base de marijuana, a déclaré que les propriétaires minoritaires avaient besoin d’un meilleur accès pour commencer à créer un marché de niveau.
« Sans accès à l’éducation sur les opportunités du marché légal, les investissements et les capitaux, et les ressources pour gérer efficacement une entreprise de cannabis, nous sommes marginalisés face aux entreprises MSO et aux richesses blanches qui prennent ce que nous avons construit », at-il ajouté.
 
Voir aussi: 65 hommes noirs et hispaniques exceptionnels menant le cannabis
D’autres ont souligné qu’il était nécessaire d’avoir une représentation dans tous les aspects du marché, des panneaux d’affichage à la salle de conférence.
Martine Francis Pierre, stratège en croissance et marketing, est une récente venue dans le secteur. Tout en développant sa marque marketing et en établissant une plaque tournante pour les entreprises appartenant à des Noirs, elle a noté à quel point de nombreuses entreprises manquent de diversité dans son leadership.
 
«En quelques semaines, je me suis rendu compte que le gros problème que tant de ces grandes marques de cannabis étaient devenus inclusifs dans tous les domaines», a déclaré Francis Pierre. « Nous parlons de bureaux d’entreprise, mais encore plus lorsque vous faites défiler Instagram ou que vous parcourez des panneaux d’affichage. Vous ne voyez pas de visages noirs ou bruns. »
Prochaines étapes
De nombreux répondants ont appelé les États à réviser leurs programmes de cannabis, à réviser leurs processus d’octroi de licences et à examiner les programmes d’équité sociale pour déterminer leur impact réel sur les communautés touchées.
«Le côté positif de l’industrie est que ces points sont entendus par les gouvernements locaux et, plus important encore, par des États entiers», a noté iComply’s Slaugh, qui souhaite que davantage de personnes de couleur soient sensibilisées aux opportunités du marché tout en recevant une assistance adéquate. l’entreprise se développe.
 
« Il ne suffit tout simplement pas de fournir une opportunité sans l’engagement des personnes les plus touchées par les erreurs et les inconvénients du passé », a déclaré Slaugh.
Montmarquet espère voir plus de propriétaires minoritaires dans l’espace également. Le co-fondateur a noté que ces entrepreneurs doivent être prêts pour le paysage apparemment en constante évolution de l’industrie du cannabis.
 
Montmarquet a également offert quelques conseils aux entrepreneurs.
«Renseignez-vous autant que vous le pouvez», dit-elle. «Si vous avez fait des recherches sur les lois, les processus d’autorisation, les réglementations, les coûts, les taxes, etc., pour la zone dans laquelle vous souhaitez opérer, cela vous permettra de prendre des décisions avec plus de confiance et plus rapidement.»
 
Source: africadaily.news
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