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  1. Une pénurie de cannabis frappe actuellement l'Allemagne. Ce qui pourrait passer pour une plaisanterie n'en est pas une. Depuis 2017, le pays autorise la consommation du cannabis à usage thérapeutique uniquement et peut être délivré sur simple présentation d'une ordonnance. Seul hic, la demande a explosé et les producteurs n'ont pas réussi à y répondre. David Henn, distributeur de produits à base de cannabis, subit ce phénomène : Rien qu'en 2018, 100 000 ordonnances de cannabisthérapeutiques ont été enregistrées. La culture à des fins médicinales n'étant autorisée que depuis cette année, la première récolte est prévue pour fin 2020. En attendant, les pharmacies doivent se fournir aux Pays-Bas et au Canada, créant alors un autre problème, celui de pouvoir donner le bon type de cannabis aux patients. Pour Ingo Klein, pharmacien : 21 des 28 pays de l'Union européenne autorisent actuellement le cannabis thérapeutique. Le Royaume-Uni, le Portugal ou encore le Luxembourg ont passé le cap en 2018. Quant à Chypre, l'île a autorisé son usage en février dernier. En ce qui concerne la France, le débat est brûlant puisque la question divise toujours. Par Malia Coutand Source: euronews.com
  2. Le ministère de la Santé a confirmé à la rédaction de RTL une rupture temporaire d'approvisionnement en cannabis médicinal. Depuis le 9 juillet, aucun nouveau patient ne peut débuter un traitement à base de cannabis. Il faudra attendre un retour à la normal des stocks de produits. La Direction de la Santé a adressé une recommandation aux médecins afin que les patients qui ont déjà commencé un traitement à base de cannabis médicinal aient temporairement un accès prioritaire aux produits. La volonté des autorités est d'éviter que ces patients doivent éventuellement interrompre leur traitement de manière non désirée. La Direction de la Santé a également communiqué aux médecins des possibilités de traitement alternatives. Les autorités n'ont pas précisé la cause de cette pénurie de cannabis médicinal au Luxembourg, ni la date à laquelle les stocks de produits seront revenus à la normale. Pour l'instant, les produits à base de cannabis prescrits au Luxembourg, sont exportés du Canada. Source: 5minutes.rtl.lu
  3. Aux USA les fumeurs de cannabis sont plutôt des femmes (53%). Pourtant elles ne représentent que 13% du Top Management des canna-compagnies. Explications. En 2016, 36% des postes de management étaient occupés par des femmes dans les l’industrie du cannabis au Colorado. Ce chiffre est tombé à 27% en 2019. A l’identique de la Finance ou de la Tech, l’économie de la Marijuana souffre lui aussi du manque de diversité. Le mâle blanc, cette preuve d’une industrie florissante Tant que la vente de cannabis était prohibée, le marché était tenu par des hommes. Puis au début de la légalisation, de très nombreuses startups ont été créées aussi bien par des femmes que par des hommes. Chacun avait sa petite boutique du coin de la rue, son réseau de producteurs et d’acheteurs, son story-telling. Ainsi Jeannette VanderMarel, canadienne. Après le décès de son fils mort du syndrome de Dravet (épilepsie myoclonique sévère du nourrisson), elle devient une avocate activiste pour la dépénalisation du cannabis à usage thérapeutique. Puis elle crée avec son mari la Green Organic Dutchman (du canna-bio) en 2012. Après la légalisation du cannabis à usage récréatif en 2016, sa petite entreprise prospère (600 millions de $ de CA). Prospère si bien qu’elle fait appel à des investisseurs pour se développer. Et se retrouve finalement débarquée de son poste de Directrice Générale par ces messieurs en col blanc. Car la voilà l’épée de Damoclès des gentils-canna-startups. Nouveau marché – prometteur, concurrence féroce, grandir ou périr, donc investir. Et comme toujours, les Venture Capitalists (VCs), les dollars de Wall Street imposent un management stéréotypé : hommes blancs diplômés des grandes écoles US. Au sein des 20 plus grandes canna-compagnies US et canadiennes, seules deux sont dirigées par une femme. Et pas une seule Directrice Financière. Elles ne représentent que 13% des membres des Comités de Direction (contre 31% dans les 20 plus grandes banques US). En parallèle, les non-blancs sont ‘sur-représentés’ dans cette nouvelle industrie : aux USA ils détiennent 17% du Top Management du canna-business à comparer aux 13% tous secteurs confondus. Cela est sans doute dû au fait que les Etats ont mis en place des politiques de discrimination positive notamment en obligeant cette industrie à intégrer d’anciens acteurs du temps de la ‘prohibition’ dans les Comités de Direction. Par exemple dans la ville d’Oakland, Californie, la moitié des licences d’exploitation sont légalement attribuées à d’anciens condamnés pour trafic de stupéfiants. En France le cannabis thérapeutique vient de recevoir un feu vert gouvernemental pour être testé. Première étape vers une légalisation de l’usage récréatif que les français commencent à approuver. Les retours d’expérience du Canada et de certains Etats US seront à prendre en compte le jour où : savoir intégrer les acteurs d’avant la légalisation, assurer aux femmes la place qu’elles méritent. Pas parce qu’elles sont des femmes mais parce qu’elles savent gérer une entreprise aussi bien que les hommes. Par Hugo Source: 45secondes.fr
  4. Salutations. Le 24 avril, la Chambre des représentants du Texas a adopté à l'unanimité la proposition de loi HB 1325. Ce règlement établit le cadre de réglementation et d'octroi de licences pour la culture et la transformation du chanvre industriel, ainsi que des produits à base de cette plante, tels que le cannabidiol (CDB) et a finalement été promulgué après son approbation le lundi 10 juin dernier. Une fois la loi votée, les étapes suivantes du processus d’adoption du projet seront, premièrement, l’acceptation par la Chambre des représentants des amendements apportés par le Sénat, et deuxièmement, le vote favorable des deux chambres. Le 16 juin était la date limite prévue pour que le gouverneur du Texas, Gregg Abbott, puisse opposer son veto, bien que cette possibilité soit hautement improbable puisque le projet de loi a été adopté à l'unanimité par les deux chambres. Enfin, grâce à cette initiative législative, les agriculteurs seront autorisés à cultiver du chanvre et à vendre des produits dérivés tels que l'huile de CBD. Alors, quelle est l'exigence pour la vente de chanvre industriel au Texas? Actuellement, le produit final ne peut dépasser une concentration de THC de 3%. Le règlement n'affecte pas l’usage du CBD, qui peut être consommé librement, mais limite le tétrahydrocannabinol (THC), principale substance psychoactive du cannabis, qui reste illégale dans cet état. Le Département de l'Agriculture sera chargé de surveiller les cultures et le Département de la Santé et des Services sociaux fera de même pour la transformation et la fabrication de produits dérivés du chanvre. La priorité la plus immédiate est d’élaborer une règlementation contrôlant la production de chanvre industriel afin que les agriculteurs connaissent les limites à respecter. Si tout se déroule comme prévu, le projet deviendra loi d’ici 2020 dans l'état du Texas, offrant un cadre réglementaire pour la culture, la fabrication et la vente du chanvre. À la suite de cette nouvelle approche et contexte favorables à l’industrie cannabinoïde après l'adoption du HB 1325, Texas organisera, les 21 et 22 septembre prochains, Lucky Leaf, la première exposition sur le chanvre et le cannabis qui se tiendra dans cet état. Ainsi, dans la description de l'événement on peut lire que... “on a organisé ce premier salon avec une chose en tête et c’est d'offrir tout ce dont vous avez besoin pour développer votre entreprise : des fournisseurs, des mécaniciens, des avocats, des producteurs ou des entreprises spécialisées dans les domaines de la distillerie ou l’éclairage. Ceci vous permettra de vous familiariser avec quelques spécificités du secteur: la régulation, les produits comestibles ou les processus de production agricole, parmi d’autres». Le salon, qui aura lieu au CentreIrvingde Conventions de Dallas, comprendra des conférences et des expositions sur le chanvre, le cannabis et le CBD. Les organisateurs attendent plus de 4.000 participants et plus de 1.000 fournisseurs, avec la participation de 30 intervenants. À ce jour, dix conférenciers ont confirmé leur présence. Un panel des experts du secteur présentera et discutera les dernières tendances et sujets d'actualité liés à l’industrie du cannabis: Chip Paul, cofondateur de l’organisation Oklahomans For Health, le Dr. Carlie Bell-Biggins, PDG de la compagnie Nature Genie LLC, Jerome Chenevert de Green Life Consulting LLCou Brett Strauss, président et co-fondateur de FolioGrow. De même, on lit sur le site de l’événement que la célébration marquera une étape importante dans cet état: «À Lucky Leaf, on a personnellement constaté l’impact positif du cannabis et du chanvre sur la vie des gens: on a aperçu une amélioration de la santé et du bien-être des personnes, on a rencontré des entrepreneurs qui ont trouvé des opportunités commerciales qui auraient été inconcevables il y a encore quelques années et, de la même façon, on a été témoins de l’influence croissante et l’impact que ce type d’initiatives ont sur les économies locales. Notre entreprise est un excellent exemple ". Cet événement unique permettra de rencontrer de nouveaux exposants: "nous présentons au public un large éventail d’exposants" Et sera également l’occasion parfaite pour participer d’une rencontre de réseautage avec une communauté de professionnels expérimentés et connaisseurs des dernières avancées et tendances de l’industrie. De plus, ces connaissances seront diffusées sur les différents réseaux de communication du salon: page Web, médias sociaux et conférenciers. Laura Rueda . @tte
  5. TORONTO — Statistique Canada estime que le coût moyen d’un gramme de cannabis provenant du marché noir continue de baisser à mesure que les prix du cannabis légal augmentent – les détaillants autorisés facturant jusqu’à 80 % de plus que les petits revendeurs. Photo @ La Presse canadienne L’agence gouvernementale a indiqué mercredi que le prix moyen d’un gramme de pot illégal était de 5,93 $ au deuxième trimestre, contre 6,23 $ et 6,51 $ aux deux trimestres précédents. Pendant ce temps, le gramme de cannabis légal se vendait 10,65 $ au deuxième trimestre, contre 10,21 $ au trimestre précédent et 9,82 $ au quatrième trimestre de 2018. À 10,65 $, le cannabis légal se vend donc environ 80% plus cher que le pot illégal, à 5,93 $. « La proportion de répondants qui ont déclaré avoir acheté du cannabis auprès de sources illégales en indiquant comme raison que «le prix du cannabis réglementé était trop élevé» est passée de 27% au premier trimestre de 2019 à 34% au deuxième trimestre », souligne d’ailleurs Statistique Canada. L’agence a basé ses conclusions sur les données recueillies grâce à l’application StatsCannabis, qui mise sur l’approche participative des consommateurs afin de cerner les changements de comportement attribuables au statut nouvellement légal du cannabis au Canada. La proportion de répondants de Statistique Canada qui ont acheté du pot illégalement est passée à 59% au cours du trimestre, contre 55% au premier trimestre. Statistique Canada prévient toutefois qu’il faut faire preuve de prudence lors de l’interprétation et de l’utilisation de ces données, car « les estimations sont sujettes à un biais statistique potentiel puisque l’échantillon est autosélectionné et que le nombre de réponses est limité » – même si ces soumissions ont fait l’objet « d’une détection des valeurs aberrantes ». L’agence a également analysé les prix du cannabis obtenus sur les sites internet de détaillants illégaux de cannabis en ligne, en excluant ceux qui ont pignon sur rue. Depuis mai 2018, plus de 423 000 prix ont été recueillis, soit une moyenne de 32 500 prix recueillis chaque mois. Le prix moyen du cannabis séché était de 8,44 $ le gramme au deuxième trimestre de 2019, en baisse par rapport à 8,61 $ au premier trimestre. Source: ledroit.com
  6. Premier bilan mitigé au Canada après dix mois de légalisation du cannabis Dix mois après, quel est le bilan de la décriminalisation du cannabis au Canada? Forum / 2 min. /mercredi à 18:02 Consommateurs en hausse et marché noir toujours présent: c'est le constat que fait le gouvernement canadien dix mois après la légalisation du cannabis. Selon le spécialiste Tristan Péloquin, il est toutefois trop tôt pour tirer un bilan négatif. En octobre dernier, le Canada est devenu le deuxième pays au monde et le premier du G20 à légaliser le cannabis récréatif. Le but de cette dépénalisation était clairement annoncé par le premier ministre Justin Trudeau: mettre fin au marché noir. Après 10 mois, les premiers chiffres montrent que cet objectif n'est pas atteint. Et le nombre de consommateurs serait en augmentation, avec 646'000 consommateurs de cannabis en plus à la fin du premier trimestre 2019. Pas de problèmes sociaux majeurs Pour le journaliste canadien Tristan Péloquin, auteur du "Petit livre vert du cannabis", il est cependant trop tôt pour tirer un bilan négatif. "Je ne dirais pas que c'est pas un échec. C'est un processus qui va prendre beaucoup de temps", a-t-il réagi dans l'émission Forum. Il explique que la mise à disposition de grandes quantités de cannabis légal n'a pas pu se faire assez vite et a entraîné une pénurie peu propice à assécher le marché noir. Pour lui, malgré la hausse du nombre de consommateurs déclarés, il n'y a pas lieu de s'inquiéter: "Il faut être prudent par rapport aux chiffres de hausse annoncés. Ce sont des autodéclarations sur un site internet et pas véritablement une enquête. Il est clair que la légalisation a augmenté d'une certaine façon la consommation, mais de manière assez légère. On ne voit pas de problèmes sociaux majeurs apparaître", poursuit Tristan Péloquin, qui se base notamment sur les rapports des directeurs de la santé publique. Effet nouveauté "Il y a l'effet nouveauté. Je pense que beaucoup de consommateurs ont voulu participer à ce moment historique", estime pour sa part Barbara Broers, médecin spécialiste des addictions aux HUG et vice-présidente de la commission fédérale qui a recommandé aux Conseil fédéral de légaliser le cannabis en avril dernier. Pour elle, il faudrait obtenir des données supplémentaires avant de s'inquiéter, car les nouveaux fumeurs annoncés pourraient notamment être des gens qui, à l'époque de l'interdiction, n'osaient pas avouer leur consommation. >> Ecouter l'interview de Barbara Broers dans Forum: Forum - Publié mercredi à 18:02 Le Canada pourrait-il être un exemple à suivre pour la Suisse? "A certains égards, oui, pour la production par exemple. Ici, les fabricants sont soumis à un régime de contrôle comparable à l'industrie pharmaceutique. Les consommateurs peuvent connaître la composition et la puissance de ce qu'ils achètent", avance Tristan Péloquin. Un modèle qui séduit Barbara Broers, notamment parce qu'il est axé sur la prévention, la transparence et parce que le cannabis est vendu dans des magasins bien spécifiques. Elisabeth Logean, Tania Sazpinar, Davy Bailly-Basin / vic Source: https://amp.rts.ch/info/monde/10565632-premier-bilan-mitige-au-canada-apres-dix-mois-de-legalisation-du-cannabis.html
  7. Le ministre fédéral responsable de la Loi sur le cannabis, Bill Blair, juge que l’alcool est une substance beaucoup plus dangereuse que le pot. photo: Christopher Nardi / JdeM Le cannabis « est une substance qui comporte des risques, mais je crois que l’alcool est de loin plus risqué pour la santé », a indiqué le ministre Blair, lors d’une entrevue qui visait à faire le bilan du dossier de la marijuana, quelque neuf mois après sa légalisation. Pour lui, la preuve scientifique sur le sujet est « très claire » : « environ 20 000 Canadiens meurent chaque année de la consommation d’alcool », tandis que « le cannabis n’a jamais tué personne ». « Il y a d’innombrables conséquences sociales liées à la consommation abusive d’alcool dans notre société, beaucoup de violence, notamment, et des conséquences très graves pour la santé », a expliqué l’ex-chef de police de Toronto, rencontré dans un bar de l’ouest du centre-ville de Montréal, mercredi. Pas de surdose La légalisation du pot pourrait-elle mener à une augmentation du nombre de décès liés à sa consommation dans quelques décennies ? « Il n’existe aucune preuve, peu importe l’endroit, de personnes qui meurent en raison d’une surdose de cannabis. Aucune », a répondu M. Blair. « Mais je veux être clair : je ne cherche pas du tout ici à faire la promotion de la substance », a tenu à préciser le ministre de la Sécurité frontalière et de la Réduction du crime organisé. La consommation du pot est cependant « inacceptable » chez les jeunes, notamment parce qu’il faut « protéger le cerveau des adolescents », a dit le député de Scarborough-Sud-Ouest. Message à Legault Le libéral s’est gardé de critiquer la décision du gouvernement Legault d’augmenter à 21 ans l’âge légal de consommation de la marijuana, mais il a quand même servi un message au Québec. « Je partagerais avec eux que l’avertissement que nous avons reçu [des experts] concernant l’interdiction chez les adultes, c’est que ça encourage le marché noir », s’est-il permis de dire. « Quand tu as la majorité, au Québec, tu peux commander de l’alcool dans un bar », a-t-il ajouté. Malgré ce commentaire, M. Blair a indiqué que le Québec exerçait sa juridiction dans le dossier et que c’était « son choix ». Par ailleurs, il prévoit que les Canadiens pourront acheter légalement des aliments qui contiennent du cannabis dès la mi-décembre. Pascal Dugas Bourdon | Le Journal de Québec Source: tvanouvelles.ca
  8. Paul Gascoigne a lancé un défi à Snoop Dogg pour un match de boxe de bienfaisance entre «le cannabis et l'alcool» afin de mettre leurs différences derrière eux. La semaine dernière, Gazza a été choqué de découvrir que le rappeur avait tweeté des photos de lui et de l'ancien footballeur à 20 ans et à 47 ans, intitulé «abus d'alcool» de Gazza et «abus de marijuana» de Snoop, apparemment pour montrer à quel point il avait l'air en meilleur forme que Gascoigne, alcoolique repenti . Gazza a riposté avec sa propre vidéo sur Twitter où il s'est déguisé en Snoop Dogg pour se moquer de lui, mais a maintenant mis au point un meilleur plan - le combattre dans le ring. L’ancien milieu de terrain anglais a confié à Good Morning Britain: «Je vais vous dire ce que je vais faire, je vais faire un match de boxe de charité avec lui, entre le cannabis et l'alcool. Je m'entrainerais, comme d'habitude. " Il a ajouté à Piers Morgan: «Quand j’ai appris que c’était Snoop Dogg, j’y suis allé« pourquoi moi? ». C’est arrivé (la photo) il y a six ou huit ans. "Vous savez, quand ils disent que quand vous êtes célèbre en Amérique, vous l'avez fait, eh bien, vous êtes célèbre en Amérique, maintenant moi aussi." Sur une note plus sérieuse, Gazza a déclaré qu'il était consterné par le fait que la star se moque de l'addiction que lui et beaucoup d'autres combattent chaque jour. Il a déclaré: «Parfois, je l’attends de la presse anglaise, mais venant de Snoop Dogg ... Je suis aussi un de ses fans, je ne peux pas le croire." «Quand je sortais de traitement il y a des années et des années, je revenais tous les jours pour soutenir tout le monde et leur souhaiter bonne chance, car il est difficile de s'en tenir aux outils qui vous ont été fournis." "Pour lui, attaquer quelqu'un comme moi, avec les ennuis que je me suis imposée ... pour lui, faire cela était vraiment anormal et j'étais bouleversé à ce moment-là." https://twitter.com/FootyAccums/status/1144170274839040000 https://twitter.com/FootyAc Gazza a admis: «Normalement, je boirais probablement, mais maintenant j'essaie de regarder du côté drôle. Mais il n’y avait pas vraiment de côté drôle à cela. «Je me souviens de l'avoir vu il y a bien longtemps et je serais devenu un fan, mais je pense qu'il doit (savoir qui je suis) pour qu'il se permette de le dire. J'étais choqué." Cependant, il a réussi à donner à ce message un sens positif pour les Lionnes, qui affrontent les États-Unis en demi-finale de la Coupe du Monde Féminine, mardi soir. Il a dit: «Bonne chance les filles et continuez comme ça. Je suis contre Snoop Dogg aux États-Unis et vous êtes contre les Américains - allez faire le travail. " https://uk.news.yahoo.com/gazza-challenges-snoop-dogg-to-boxing-match-101224033.html
  9. A l’heure où le débat sur le cannabis se banalise en Europe, sa prohibition est toujours d’actualité en Turquie. Mais pour beaucoup, la loi est loin d’être un frein à sa consommation. « Avant de commencer, je vous rappelle que je ne suis absolument pas responsable des torts que vous pourriez avoir en regardant cette chaîne. C’est précisé partout sur cette vidéo. A partir du moment où vous êtes en Turquie, c’est à vos risques et périls. » Derrière sa caméra, Sağlam Kafa souffle sur son joint. Le visage caché derrière un bec de corbin, celui qui se fait surnommer « Tête Robuste » a pris soin de remonter sa capuche jusqu’au bas de son front. Ses gestes sont ceux d’un habitué : cela fait plusieurs années qu’il s’est lancé sur Youtube. Assis sur son canapé, un décor nu, il s’adresse à sa communauté. Il y a six ans, alors atteint du syndrome des jambes sans repos (RLS) il allumait son premier joint pour soulager la douleur. Aujourd’hui, il en a fait un usage quotidien qu’il partage avec ses internautes. Car Sağlam Kafa n’est pas que Youtubeur : depuis son compte discord, il préside tout un réseau de Turcs amateurs de cannabis. Ici, on se soutient, on parle affaire, techniques de passe-passe. Mais avec toujours un mot d’ordre : « Dans ce groupe, on parle entre adeptes. On n’incite pas. » La punition : des tests de dépistage On s’en doute, la répression du cannabis en Turquie n’empêche pas sa consommation. Historiquement, la caricature du derviche fumant son kenevir tient toujours la route. La loi pourtant est claire : tout achat ou consommation illicite est punissable d’un à deux ans d’emprisonnement. Bonus possible d’un an selon la bonne volonté des tribunaux. En 2014, le parti islamique a augmenté la sentence de prison maximum pour possession de drogue à 5 ans au lieu de 2 auparavant. Quant à la production ou le trafic, elle équivaut à une peine minimale de 10 ans. Mais dans les faits, les consommateurs minimisent les risques. « Je ne savais même pas qu’on pouvait passer autant de temps en prison » s’étonne Emine*. La jeune fille consomme depuis deux ans seulement, jamais en dehors de chez elle. « Personnellement, je n’ai jamais eu de problèmes. Deux de mes amis s’étaient fait prendre avec environ 15 grammes de marijuana et une balance. La seule punition qu’ils ont eue a été de faire des tests de dépistage de drogue régulièrement pendant neuf mois. » Même son de cloche du côté d'Hassan, un jeune consommateur d'une vingtaine d'années. « En règle générale, être attrapé avec quelques grammes d’herbe sur soi ne mènera pas forcément à la prison. La seule chose qui peut être embêtante, c’est qu’on va t’inscrire sur la liste des addicts à la drogue. Mais je ne crois pas que ça puisse vraiment causer des problèmes. » Si le jeune homme savoure son insouciance, la liste dont il parle est utilisée par les avocats d’entreprise. Elle peut être un frein à la recherche d’emploi. Lui n’en est pas encore là : le joint fait partie de sa vie d’étudiant. « Ils ont cassé ma porte ! » « Les trafiquants de drogue devraient être traités de la même manière que s’ils étaient des terroristes. Les forces de sécurité ne doivent pas hésiter à leur casser les jambes. » En 2017, les propos du ministre de l’Intérieur Suleyman Soylu avaient fait polémique. Ils avaient été accompagnés de mesures accrues autour de la consommation de drogues : la même année, la police aurait saisi 217% de cannabis de plus que l’année précédente. Sağlam Kafa, en a fait les frais. Il y a deux semaines, le youtubeur postait une longue vidéo suite à la descente de la police à son domicile. « Ils ont cassé ma porte ! » répète-t-il plusieurs fois en tapant sa cigarette sur sa table. Lui n’était pas présent à ce moment-là. Il raconte : « C’est ma copine qui était à la maison. Ils sont arrivés en disant qu’ils avaient eu mon nom, que quelqu’un avait senti l’odeur de l’herbe. » Sağlam Kafa éclate de rire en tirant sur son joint : « Ils n’ont trouvé que 10 grammes ! » Son témoignage n’a pas eu l'air d'inquiéter ses abonnés. Le débat qui pointait son nez le lendemain du témoignage a vite été balayé par un internaute : « Il n’y a pas de raisons qu’on se fasse prendre. Il suffit d’être discret et malin. On ne montre pas qu’on fume à tout le monde ! » Il ajoute : « Puis c’est bon, ton cannabis, tu le caches dans un pot de fleurs ! » #FreeEzhel Emine considère encore que la consommation de marijuana est un tabou en Turquie. « Par exemple, on utilise rarement le mot de weed, on emploie des connotations négatives comme esrar et kubar. » L’actualité de ces dernières années a pourtant témoigné d’un revirement sur cette consommation cachée. Et la fin de ce tabou a un visage : celui du chanteur Ezhel. De son vrai nom Sercan İpekçioğluun, le jeune rappeur turc de 28 ans ne se cache pas de chanter les bienfaits du cannabis. En 2017, son nouvel album Müptezhel (stone en argot turc) vogue entre critique du régime autoritaire, sexe, polarisation sociale… et cannabis. Dans ses chansons, il décrit la drogue comme derman, un vieux mot qui vient du farsi, signifiant à la fois « le remède » et « être en bonne santé ». Cerise sur le gâteau, il poste sur Instagram une photo où il apparaît avec une feuille de cannabis. Depuis 2018, le chanteur a été condamné plusieurs fois pour incitation à la consommation de drogue. Le simple fait de se montrer avec du cannabis serait suffisant pour une incarcération, selon İbrahim Seydioğulları, le chef de la police du Bureau des stupéfiants qui avait déclaré que « le partage de photos de drogue est punissable de cinq ans de prison ». Le soutien du public pour Ezhel ne s’est pas fait attendre. Pendant plusieurs jours, le hashtag #FreeEzhel est resté dans le top des tendances sur Twitter. Des campagnes de pétition ont été mobilisées, des graffitis sont apparus à plusieurs endroits du pays et les musiciens ont manifesté leur soutien. Amnesty International avait même lancé une campagne en faveur de sa libération. Acquitté en juin 2018, il a été nommé cette année par le New York Times parmi les European Pop Acts que tout le monde devrait connaître. *Tous les prénoms ont été modifiés Charlotte Meyer Source: lepetitjournal.com
  10. Le cannabis compte parmi les plus anciennes plantes cultivées. Et des chercheurs nous apprennent aujourd'hui que certains peuples fumaient déjà du cannabis - à des fins rituelles - il y a au moins 2.500 ans. Les peuples d'Asie de l'Est cultivent le cannabis pour ses graines et ses fibres depuis au moins 4.000 ans. À en croire un texte d'Hérodote, la consommation de cannabis - que ce soit pour ses propriétés psychoactives ou médicinales - aurait débuté bien plus tard. Et aujourd'hui, des chercheurs de l'Institut Max-Planck (Allemagne) ont enfin mis la main sur un indice concret. Des traces de composés psychoactifs dans des brûleurs d'encens funéraires vieux de 2.500 ans et découverts à l'est du Pamir, une chaîne de montagnes d'Asie centrale. Les chercheurs ont analysé les anciens brûleurs en bois grâce à la technique dite de chromatographie en phase gazeuse - qui permet de séparer les composées de l'échantillon - couplée à la spectrométrie de masse qui elle, permet de les identifier. Pas de doute possible : la signature chimique des composés isolés est celle du cannabis. Mais elle révèle un niveau de THC supérieur à celui que l'on trouve habituellement dans les plants de cannabis sauvages. Cette étude se présente comme la preuve la plus ancienne et la plus solide à ce jour d'une sélection par les peuples anciens de plantes de cannabis destinées à des rituels mortuaires plus riches en THC que les autres. « Nos résultats corroborent l'idée que c'est dans les régions montagneuses que le cannabis a d'abord été utilisé pour ses composés psychoactifs », note Nicole Boivin, directrice de l'Institut Max-Planck. D'autres traces avaient déjà été découvertes plus au nord et en Russie, dans les montagnes de l'Altaï. L’un des brûleurs contenant des résidus de cannabis trouvés dans le cimetière de Jirzankal. © Xinhua Wu, Académie des sciences sociales chinoise Du cannabis sur la Route de la soie Par ailleurs, les objets et les ossements également trouvés sur place concordent avec l'idée selon laquelle les cols de haute altitude de l'Asie centrale et orientale ont joué un rôle clé dans les premiers échanges transeurasiens. Ainsi « la connaissance et la consommation de cannabis riche en THC ont pu faire partie des traditions culturelles qui se sont propagées le long de la Route de la soie », explique Robert Spengler, archéobotaniste. Il reste toutefois difficile de savoir si les peuples du Pamir avaient appris à cultiver du cannabis plus riche en substances psychoactives ou s'ils recherchaient simplement parmi le cannabis sauvage, celui qui contenait le plus de THC. Les chercheurs suggèrent que les plantes de cannabis produisent plus de substances psychoactives lorsqu'elles sont plus exposées aux rayonnements UV ou à d'autres facteurs de stress. Ce qui est le cas en altitude. Ainsi, les peuples de haute montagne auraient pu découvrir du cannabis sauvage plus riche en THC. “ Les propriétés psychoactives du cannabis sont recherchées par l’Homme depuis des millénaires Les chercheurs imaginent que leurs travaux pourraient venir éclairer d'un jour nouveau certaines décisions politiques. « Les perspectives modernes sur le cannabis varient énormément selon les cultures, mais il apparaît aujourd'hui plus que jamais clair que la plante est utilisée par l'Homme depuis des millénaires à des fins médicinales, rituelles et récréatives », conclut Nicole Boivin. Source:Futura Science
  11. Les règles concernant la vente de cannabis légal (léger) seront harmonisées à partir du 1er juillet. La vente et l’achat en ligne seront notamment interdits. Chaque importateur devra par ailleurs enregistrer son produit et fournir davantage d’informations aux autorités. Le SPF Santé publique voit également ses prérogatives renforcées. « Jusqu’à présent, nous ne pouvions que donner un avertissement », rappelle Paul Van den Meerssche, inspecteur en chef du service public fédéral. « Si les règles ne sont pas respectées, le produit pourra être confisqué », ajoute-t-il. « Et ce n’est que lorsque toutes les conditions sont remplies que nous vérifions la teneur en THC. Le maximum de 0,2% du THC, substance psychoactive, n’est pas souvent dépassé, mais cela arrive. » Ces règles plus strictes s’appliquent déjà aux cigarettes électroniques et aux produits à base de tabac, entre autres. Outre les ventes en ligne, les ventes individuelles sont également interdites: le produit doit être préemballé et doit également porter un timbre fiscal. De plus, aucune publicité annonçant un hypothétique effet positif sur la santé ne sera tolérée. Cette semaine, le SPF discute avec les parquets afin d’aboutir à une sorte de protocole sur la manière dont les magasins offrant du cannabis légal devraient être traités. Source: Belga via metro
  12. La léga­li­sa­tion du canna­bis avance au États-Unis. Mardi 25 juin, le gouver­neur de l’Il­li­nois, J.B Pritz­ker, a signé un projet de loi auto­ri­sant son usage récréa­tif, rapporte CBS News. Cet État du midwest, où se trouve notam­ment Chicago, est le 11e du pays à prendre une telle déci­sion. Crédits : Wesley Gibbs « Avec cette légis­la­tion, notre État rede­vient un chef de file », affirme J.B Prtiz­ker. Lors de son entrée en vigueur le 1er janvier 2020, la loi HB 1438 auto­ri­sera la vente, la posses­sion (avec un maxi­mum de 30 grammes) et la consom­ma­tion de canna­bis aux adultes. Sa culture sera en revanche limi­tée aux personnes suivant un trai­te­ment. Les autres devront se four­nir dans des dispen­saires agréés. Les recettes engen­drées par cette acti­vité finan­ce­ront des programmes sociaux à hauteur de 25 %, ainsi que des programmes pour lutter contre la toxi­co­ma­nie et les troubles mentaux à hauteur de 20 %. La léga­li­sa­tion a aussi pour objec­tif réduire le nombre de condam­na­tions pour trafic de stupé­fiant, qui touchent avant tout les pauvres et les Afro-Améri­cains. Sur les 94 personnes arrê­tées pour posses­sion de canna­bis à Chicago, de 2017 à début 2018, 16 étaient hispa­niques, deux cauca­siennes et 76 afro-améri­caines. Il n’existe pour­tant pas de corré­la­tion entre l’ori­gine et le niveau de consom­ma­tion. « L’ac­cent mis par l’Il­li­nois sur la justice et l’équité, dans le cadre de la léga­li­sa­tion, devrait être un modèle pour les autres États » a déclaré Steve Hawkins, direc­teur du Marijuana Policy Project. par Suzanne Jovet Source : CBS News via ulyces.co
  13. Il n’y a pas qu’en France que le dossier fait des vagues ! Le projet de légalisation du cannabis au Luxembourg va à l’encontre de la convention de l’ONU sur les stupéfiants. Le texte limite l’usage à des fins scientifiques et médicales. Photo d’illustration /Sylvain Muscio L’enthousiasme affiché le 17 mai dernier par le ministre de la Santé, Étienne Schneider, flanqué du ministre de la Justice, Félix Braz, risque de prendre un coup. Tout juste de retour d’un voyage d’études au Canada, les deux membres du gouvernement luxembourgeois ont fièrement confirmé leur volonté d’avancer rapidement sur la légalisation du cannabis. L’exemple canadien, pays où le cannabis est légalisé depuis octobre 2018, doit servir de base pour la réalisation du même projet au Grand-Duché. Il reste toutefois d’importants obstacles juridiques à franchir, qui, jusqu’à présent, ont été passés sous silence par le gouvernement. La Convention unique de l’ONU sur le contrôle des stupéfiants, à laquelle le Luxembourg a adhéré en 1972, est très claire sur l’utilisation des drogues illicites. L’article 4 stipule que les pays signataires « prendront les mesures législatives […] nécessaires […] pour limiter exclusivement à des fins médicales et scientifiques la production, la fabrication, l’exportation, l’importation, la distribution, le commerce, l’emploi et la détention des stupéfiants ». Le cannabis fait partie de la liste des substances placées sous la tutelle de l’Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS), basé à Vienne. « Aucune dérogation n’est permise » La volonté du Grand-Duché de légaliser le cannabis récréatif est donc clairement opposée à l’engagement pris pour limiter l’usage de cette substance à des fins médicales ou scientifiques. Contacté par Le Quotidien , l’OICS confirme que « la légalisation du cannabis à des fins non médicales par un État parti à la convention de 1961 constituerait une violation manifeste des obligations juridiques qui lui incombent ». Cette limitation reste « un principe fondamental auquel aucune dérogation n’est permise ». Le projet de légaliser le cannabis récréatif au Luxembourg est-il condamné avant même d’avoir vu le jour ? A priori, la réponse est non. Le ministère de la Santé précise que « le Canada a légalisé le cannabis récréatif tout en étant aussi parti de la convention ». Cela ne change pourtant rien au fait que « le gouvernement canadien s’est mis délibérément en situation de faillir à ses obligations internationales », souligne l’OICS. Au vu du nombre croissant de pays qui décident de passer outre les limitations de la convention, il est peu probable de voir le Luxembourg se faire taper sur les doigts La tournure diplomatique pour répondre à l’OICS, rédigée par le ministère de la Santé, en étroite concertation avec le ministère des Affaires étrangères, est que « le Luxembourg reste engagé en ce qui concerne la mise en œuvre des conventions et reste ouvert à discuter avec les autres pays et organisations des problèmes qui résulteraient éventuellement de la légalisation nationale ». Le Canada adopte la même position. Cela n’empêche pas que le gouvernement cherche déjà à trouver des solutions pour ne pas figurer sur une liste noire : « La question est actuellement sous étude au sein des différents ministères compétents. » Dans ce contexte, la dernière précision apportée reste un brin contradictoire. « En tout état de cause, le Luxembourg continuera » à porter « un message très fort concernant l’importance de la règle de droit et du respect du droit international », souligne le ministère des Affaires étrangères. Le ministère de la Santé ajoute qu’il compte continuer « à appuyer pleinement l’objectif général des conventions antidrogues et à adopter une approche constructive et transparente avec l’OICS ». Le faible risque de sanctions À Vienne, on attend de pied ferme de plus amples explications. « L’OICS poursuivra son dialogue avec le gouvernement luxembourgeois dans le but de l’encourager à continuer à respecter ses engagements ». Le risque de voir le Grand-Duché sanctionné est cependant minime. La convention est en effet assez limitée sur ce point. Le dialogue que compte engager l’OICS est la solution clé reprise dans le texte. L’organe onusien peut ainsi demander au gouvernement de prendre des « mesures correctives ». En cas de refus, l’OICS peut saisir les pays signataires, qui doivent néanmoins adopter par une majorité des deux-tiers d’éventuelles sanctions. Au vu du nombre croissant de pays qui décident de passer outre les limitations de la convention, il est peu probable de voir le Luxembourg se faire taper sur les doigts. Mais en dépit de tout cela, on peut d’ores et déjà affirmer que le Grand-Duché est bien décidé à enfumer l’ONU. David Marques; Le Quotidien Source: republicain-lorrain.fr
  14. Le pays avait été en octobre le deuxième au monde, après l’Uruguay, à autoriser la vente libre de marijuana. Des règles strictes devront être respectées pour limiter l’attractivité des produits à base de cannabis auprès des jeunes. Des cookies au cannabis dans un magasin éphèmère de Rome en Italie, le 6 juin. Andrew Medichini / AP Des produits comestibles à base de cannabis seront vendus au Canada dès la mi-décembre, a annoncé, vendredi 14 juin, le gouvernement, mais les produits susceptibles de plaire aux enfants, comme les bonbons ou les sucettes, ne pourront pas en contenir. Les nouvelles réglementations, qui entreront en vigueur comme prévu un an après la légalisation du cannabis à usage récréatif le 17 octobre 2018, concernent également les extraits de cannabis et les produits à usage dermatologique. Ces produits ne seront cependant pas disponibles en magasin ou en ligne avant décembre, en raison d’un délai réglementaire de 60 jours pour leur approbation, ont indiqué aux journalistes des responsables gouvernementaux lors d’un briefing téléphonique. Des règles strictes pour limiter l’attractivité des produits dérivés du cannabis auprès des jeunes devront être respectées, parmi lesquelles l’obligation d’adopter des emballages neutres et difficiles à ouvrir, ou encore la restriction de certains ingrédients, colorants et parfums. Article réservé à nos abonnés « La réglementation modifiée est la prochaine étape visant à réduire les risques pour la santé et la sécurité publiques associés au cannabis comestible, aux extraits de cannabis et au cannabis (à usage dermatologique) et de supplanter le marché illégal de ces produits au Canada », a déclaré dans un communiqué Bill Blair, ministre de la Sécurité frontalière et de la réduction du crime organisé. Pas de cannabis dans les boissons alcoolisées Selon cette nouvelle réglementation, les aliments ou boissons infusés au cannabis ne pourront pas contenir plus de 10 milligrammes de THC, principale substance psychoactive de la plante. Pour les extraits de cannabis et les produits à usage dermatologique, la dose maximale autorisée sera de 1 000 milligrammes par emballage. Les autorités recommandent néanmoins aux nouveaux consommateurs de ne pas consommer des aliments ou boissons comportant plus de 2,5 milligrammes de THC. Les producteurs et distributeurs de ces produits ne pourront pas mettre en avant d’éventuels bénéfices pour la santé ou le régime, et ne pourront pas non plus associer le cannabis à des boissons alcoolisées. Plusieurs entreprises ont déjà commencé à développer de la bière au cannabis, par exemple, mais la nouvelle réglementation en prohibera donc la vente. Environ 5,4 millions de Canadiens ont acheté du cannabis depuis la légalisation en octobre 2018, dont 600 000 en ayant récemment essayé pour la première fois, selon les chiffres de l’agence fédérale de la statistique. Source: Le Monde avec AFP
  15. Durban - La concurrence est féroce et les possibilités de créer de nouvelles marques de produits à base de cannabis sont infinies si l'on en croit l'enthousiasme manifesté par la foule à la Cannabis Expo du Sibaya Casino ce week-end. Cannabis Expo a lieu au Casino Sibaya Sun International et le Royaume du divertissement / (Photo : Twitter / Cannabis Expo) Le mouvement mondial croissant en faveur de la légalisation de la consommation de cannabis a suscité un vif intérêt commercial de la part des entreprises qui vendent des produits à base de cannabis, et il en va de même en Afrique du Sud, après que la Cour constitutionnelle a légalisé la possession et la consommation de marijuana par des adultes pour leur consommation personnelle en septembre. Bien que le dagga, appellation locale du cannabis, n'ait pas été en vente à l'exposition, comme beaucoup l'avaient pensé, d'autres produits comme les Bunny Chows, un plat de restauration rapide sud-africain composé d'un pain évidé de pain blanc fourré au curry, les pizzas, les hamburgers végétaliens au cannabis et une variété de cafés et desserts étaient parmi les plus populaires. La plupart des participants ont dit que c'était l'exposition la plus excitante à laquelle ils avaient participé et qu'ils ne la manqueraient pas la prochaine. La Cannabis Expo est le plus grand salon professionnel et grand public de son genre sur le continent africain et comprend un hall d'exposition, des espaces de réseautage et de divertissement ainsi qu'une scène de la Convention qui accueille des experts de l'industrie. Photo : David Ritchie/Agence de presse africaine (ANA) Se déroulant chaque année à Johannesburg, Cape Town, Pretoria et Durban, la Cannabis Expo est le plus grand salon professionnel et grand public du continent africain et comprend un hall d'exposition, des espaces de réseautage et de divertissement, le Cannabis Food Market, ainsi que la scène du congrès qui accueille des experts. Silas Howarth, l'organisateur du salon, a déclaré qu'il y en avait pour tous les goûts. L'exposition a donné aux visiteurs l'occasion d'apprendre tout ce qu'il y avait à savoir sur le cannabis. Michael Arendsen de Bio Leaf Technologies, spécialiste des produits de culture du cannabis, a déclaré que la plupart des personnes qui ont participé à l'exposition étaient curieuses d'en apprendre davantage sur les produits du cannabis, qui comprennent la santé, la beauté et l'agriculture. Le fondateur de Canna Coffee, Wayne Farrell, a déclaré : "Ça a attiré beaucoup plus de monde que je ne l'imaginais, c'était un week-end incroyable." Emplois dans le domaine offerts à l'Expo du cannabis à Durban Les occasions d'affaires sont nombreuses dans l'industrie du cannabis La Cannabis Expo à Sibaya était aussi une boîte de rencontre, qui aide les gens à trouver des emplois dans l'industrie du cannabis en expansion rapide. "Le cannabis, c'est une grosse affaire", dit Silas Howarth, directeur de l'expo. "Il y a tant d'entreprises qui opèrent déjà sur le marché du cannabis, ce qui est une bonne nouvelle pour les demandeurs d'emploi et une excellente nouvelle pour l'économie locale. "C'est un salon aux multiples facettes ", dit Howarth, " si vous voulez savoir comment devenir un entrepreneur du cannabis ou trouver un emploi dans cette industrie passionnante, ou si vous voulez simplement en savoir plus sur la santé, la culture et même comment obtenir un permis de producteur". KwaZulu-Natal / 10 June 2019 / SNE MASUKU Sources: iol.co.za & highalert.co.za
  16. Depuis 2016, l’an­cien cham­pion des poids lourds Mike Tyson s’est lancé dans le busi­ness de la weed. À travers son groupe Tyson Holis­tic Holdings, l’ex-boxeur inves­tit dans toutes sortes de produits déri­vés du canna­bis, dont la pièce maîtresse de cet empire nais­sant est le Tyson Ranch. L’été prochain, ce gigan­tesque village vacances pour fumeurs de joints de 165 hectares sera enfin achevé, révèle Canna­tech Today ce 11 juin. Crédits : Tyson Ranch Cons­truit dans le désert de Cali­for­nie du Sud, le gigan­tesque complexe déve­loppé par l’en­tre­prise de Kid Dyna­mite compren­dra un grand hôtel, un terrain de camping de luxe, ainsi qu’un centre de recherche et une petite univer­sité privée centrés autour du canna­bis. « J’ai combattu pendant plus de 20 ans, et mon corps est resté très marqué », explique Tyson. « J’ai subi deux opéra­tions et j’uti­lise la marijuana pour calmer mes nerfs et apai­ser la douleurs… Avant ça, [les méde­cins] m’avaient mis sous opioïdes et ça m’a foutu en l’air. » Voilà pourquoi il a décidé de construire un vaste centre de relaxa­tion et bien-être au milieu de nulle part pour amateurs de fumette. Soutenu par des parrains du milieu comme Snoop Dogg, Tyson est impa­tient de pouvoir les assom­mer, mais juste avec son herbe. Crédits : Tyson Ranch On sait que, depuis 2016, l'ancien champion du monde des poids lourds Miky Tyson (52 ans) s'est lancé dans le business du cannabis. Il a en effet ouvert cette année-là le «Tyson Ranch», une ferme dévolue à la culture de la weed, dont la culture et l'usage récréatif ont été légalisés en Californie. A travers son groupe «Tyson Holistic Holdings», Tyson voit encore plus loin. L'été prochain, il ouvrira ainsi son propre village de vacances pour fumeurs de joints. Ce complexe de 165 hectares comprendra un grand hôtel, un terrain de camping de luxe, de même qu'un centre de recherches et une petite université privée axés sur le cannabis. «J’ai combattu pendant plus de 20 ans, et mon corps est resté très marqué, a expliqué Tyson dans le magazine «Canna­tech Today». J’ai subi deux opéra­tions et j’uti­lise la marijuana pour calmer mes nerfs et apai­ser la douleurs. Avant cela, les méde­cins m’avaient mis sous opioïdes et ça m’a foutu en l’air.» Crédits : Tyson Ranch Un festival de musique Voilà pourquoi il a décidé de construire ce vaste village de vacances, qui ressemble à un centre de relaxation pour adeptes de la fumettes. L'endroit sera doté de nombreux espaces destinés au repos et à la relaxation, comme une «Lazy River» (littéralement: «Rivière de paresse») qui va entourer la propriété. Tyson prévoit aussi d'organiser un festival de musique dans l'enceinte de son village de vacances. Couplée à la présence de 420 jeux et d'une exposition destinée au wellness, cette expérience permettra aux festivaliers - en plus des concerts - d'en apprendre plus sur les nombreux bienfaits du cannabis. Sur le ring, Mike Tyson envoyait ses adversaires au tapis en quelques secondes. Maintenant qu'il a pris sa retraite, il se bat pour le bien-être de chacun. «Le cannabis, c'est le futur, affirme ainsi Tyson. Tôt ou tard, tout le monde devra bien l'admettre.» (nxp) Sources: lematin.ch & ulyces.co
  17. En dépénalisant la consommation récréative de cannabis fin avril et en donnant le feu vert à l'export, le pays accélère dans sa course à l'or vert. Objectif : devenir producteur mondial. La société Breath of Life est la seule à avoir décroché tous les permis pour exploiter le cannabis du champ à la vente. (Photo Jack Guez, AFP) Une terre de lait, de miel et de cannabis. Le rêve de l’élite du chanvre israélien, à l’heure où une partie du monde occidental se tourne vers cette plante autrefois si taboue. Début avril, l’Etat hébreu a officiellement dépénalisé la consommation récréative de cannabis et, surtout, autorisé la vente des cannabinoïdes médicaux à l’export. A l’échelle mondiale, la normalisation est en marche, vers une légalisation à la californienne. De quoi aiguiser maints appétits capitalistes, d’autant qu’en la matière Israël a toujours été un pionnier. L’histoire moderne de la plante aux fines feuilles crénelées commence à Jérusalem en 1964, lorsque dans son labo de l’université hébraïque, le chimiste Raphael Mechoulam est le premier à isoler, parmi la centaine de molécules qui composent le cannabis, le THC (principal composant psychoactif) et le CBD (efficace antidouleur). Depuis, et particulièrement durant les deux dernières décennies, Israël s’est positionné en leader de la recherche et des usages en la matière. Et cherche désormais à passer le braquet suivant : celui de producteur mondial. Mais le milieu reste un écosystème encore trouble, entre hype fumeuse et ruée vers l’or vert, où tout le monde bluffe et se toise, d'un ex-Premier ministre reconverti aux pionniers à l’idéal libertaire dépassé, des requins de la finance flairant un nouvel eldorado aux régulateurs étatiques velléitaires, sans compter un marché noir increvable. Plongée en trois actes au cœur de l’économie de l’Etat de la beuh. Un militant du parti Zéhout, pro-légalisation, à Tel-Aviv le 2 avril. «Le nouveau Cohiba cubain» A la tribune, l’ancien Premier ministre Ehud Barak étouffe une quinte de toux. Nous sommes le 1er avril à Tel-Aviv, à dix jours des élections législatives. Ici, point de come back politique : dans cet auditorium sur la marina de Tel-Aviv, l’ancien général est venu évoquer son étonnante reconversion. Après avoir placé ses billes dans diverses firmes de cybersécurité, l’ancienne gloire des commandos s’est lancée à l’automne dans la dernière fièvre entrepreneuriale made in Israël : le cannabis thérapeutique. L’Etat hébreu se rêve désormais en pays où l’herbe est plus verte, ou, pour citer Ehud Barak, en «terre du lait, du miel… et du cannabis». Le public au look de start-uppers – hommes en chemise slim, femmes en tailleurs – soupire d’aise. Nous sommes au très chic salon CannaTech, et la date ne doit rien au hasard. Depuis l’aube, le cannabis médical est autorisé à la vente en pharmacie (avant limitée aux dispensaires spécialisés), et surtout à l’export, qui pourrait générer, selon le Parlement israélien, des profits approchant le milliard de shekels par an, soit 230 millions d’euros. Dans l’air flotte non pas des effluves de chanvre (un panneau indique que la légalisation n’est pas encore à l’ordre du jour et que mieux vaut s'abstenir de fumer son trois-feuilles à l’intérieur), mais une atmosphère de coup d’envoi. L’ivresse d’une conquête à venir. A l’instar d’une industrie qui veut ériger une muraille de Chine entre la défonce et la médecine, Ehud Barak, 77 ans, tient à maintenir des airs de respectabilité : «Je n’ai jamais inhalé de fumée, jamais mis un joint sur mes lèvres, jamais soufflé dans un bang. Mais je suis le président d’une grande société cannabique.» Il s’agit d’InterCure, compagnie montée sur une paire de fusions-acquisitions et encore déficitaire, mais déjà cotée en bourse à Tel-Aviv, avec une capitalisation autour de 1,15 milliard de shekels (environ 285 millions d’euros), en attendant une introduction au Nasdaq. Ehud Barak à la tribune de CannaTech. (photo Brian Blum) Malgré ses ambitions globales (une expansion dans une dizaine de pays est annoncée), InterCure est encore un nain : ses champs dans le nord d’Israël n’ont pour l’instant produit qu’une tonne de marijuana, chiffre que la boîte entend multiplier par cent d’ici 2020. Au micro, Barak en met plein les mirettes à coups de prédictions enflammées, estimant que ce marché pèsera bientôt 150 milliards de dollars par an à l’échelle planétaire, soit trois fois ce que les experts les plus optimistes anticipent pour 2030. Limite ésotérique, il parle de «génomes cannabinoïdes protégés par blockchain», de la classe moyenne indienne «prête à payer cher», de la crise des opioïdes («les Américains font des overdoses pour soigner leur mal de dos, on peut sûrement faire mieux !») et de «produits récréationnels premium» : «Faisons du cannabis israélien le nouveau Cohiba cubain !» Puis il laisse la scène à une adolescente américaine, dont la tumeur osseuse qui rongeait le visage aurait été guérie par de l’huile de cannabis. «Un premier ministre qui crapotte ah, ah...» Peu après, l’ex-dirigeant israélien rejoint Saul Kaye, le directeur du salon, pour un briefing presse. Avec sa kippa siglée «CannaTech» et son veston argenté, Kaye ne boude pas son plaisir de voir l’ancien chef de Tsahal, la légende des forces spéciales, légitimer son business. «Autour de cette table, il n’y pas de criminels, mais des entrepreneurs, des cultivateurs… et un Premier ministre qui crapotte, haha !» Barak en rajoute une couche, évoquant «nos prophètes» qui utilisaient «très probablement» des produits à base de chanvre. «On redonne vie à une vieille tradition !» assure-t-il, avant d’étreindre un représentant de Shavit Capital, l’un des plus gros fonds d’investissement du pays. Selon la presse spécialisée, les actions de l’ancien militaire dans InterCure lui aurait virtuellement rapporté 21 millions de shekels (plus de cinq millions d’euros) depuis sa prise de fonction en septembre. A ses côtés, Yona Levy, PDG d’Alvit Pharma, autre prétendant au titre de futur géant de ce qu’on nomme ici l’«high-tech agromédicale», ose une comparaison plus contemporaine : «Le cannabis, c’est le nouvel Internet. On ne sait pas où ça va nous mener mais on sent que c’est the next big thing. L’an passé, 20% de la population mondiale a pris du cannabis sous une forme ou une autre. Il y a dix ans, on parlait de dépénalisation en Israël : on y est quasiment. Cette année, durant les élections, la légalisation était au cœur du débat. Ça va vite...» Au salon CannaTech Dans les travées du salon, entre stands dédiés aux purificateurs d’airs, semences, huiles, gélules antidouleurs et autres cosmétiques, on s’échange des cartes de visite entre juristes et «responsables des investissements». «Regardez les gens autour de vous, l’arrivée de Barak dans le secteur a été un énorme signal», glisse une avocate au sourire bright. Son patron, Amir Goldstein, vétéran de la téléphonie mobile désormais à la tête d’International Medical Cannabis (IMC), numéro 2 du secteur, y voit l’héritage d’un savoir-faire typiquement israélien. Voire du «génie juif», de la tradition agronomique des pionniers sionistes (l’invention des tomates cerises…) aux start-ups des années 2000 : «On est à la pointe parce qu’on a le timing et le talent, martèle-t-il. Avec nos patients bien réels, la décennie de recherche et développement derrière nous nous donne une avance unique sur l’Amérique du Nord et l’Europe, en plus d’une compétence agricole et biochimique.» Et puis surtout, comme le rappelle Kaye, le kilo de cannabis légal s’apprécie autour de 100 000 dollars. «C’est autre chose que le kilo de tomates ou d’avocat !» rugit l'entrepreneur. En quittant le salon, on croise devant l’entrée une quinqua avec des lunettes aux montures en forme de feuilles de ganja, gros pétard au lèvres – mais c’est elle qui détonne ici. Des plants de marijuana au laboratoire de Breath of Life près de Kfar Pines, en mars 2016. Business juteux Dans les bars de Tel-Aviv, les effluves de weed font partie de l’ambiance. Selon une étude réalisée en 2017, les Israéliens entre 18 et 65 ans auraient le taux annuel de consommation de cannabis le plus haut du monde, autour de 27% de la population. Au-delà de l’usage thérapeutique, strictement encadré, la consommation récréative de cannabis s’y est largement banalisée ces dernières années, désormais seulement sujette à des amendes. Les policiers ont désormais consigne de se concentrer sur les cultivateurs et dealers, et de n’agir sur les fumeurs que lorsqu’ils tirent sur leur joint dans des «lieux publics exposés». Néanmoins, la question de la légalisation, notamment pour la culture à usage privé, reste primordiale pour une partie des aficionados de la plante, représenté par le parti Feuille verte. Lequel a jeté l’éponge lors des dernières élections, laissant le fantasque et inquiétant Moshe Feiglin s’emparer de cette revendication. Son parti Zéhout, mélange de messianisme antiarabe forcené et de libertarianisme californien, a jeté le trouble dans les sondages, poussant même le Premier ministre Benyamin Nétanyahou à concéder «réfléchir à la légalisation». Depuis, le soufflet est retombé : annoncé faiseur de roi, Feiglin n’a pas réussi à franchir le seuil d'éligibilité. Mais pour les grosses firmes, telles celles réunies à CannaTech, c’est du côté de l’étranger que les fortunes sont à faire, le marché israélien étant destiné à rester confidentiel face aux Etats-Unis, où le cannabis est partiellement ou entièrement légal dans trente Etats sur cinquante, ainsi qu’au Canada, qui a sauté le pas fin 2018 sur le récréationnel. En attendant l’Europe… Pour Shmuel Ben Arie, chef des investissements israéliens pour le fonds Pioneer Wealth, «il suffit de prendre une carte et regarder les pays dont les dirigeants sont nés après 1965 : c’est là que ça va bouger». Depuis les années 2000, le ministère de la Santé israélien investit dans la recherche et autorise le traitement de certaines maladies à base de cannabinoïdes. Aujourd’hui, environ 38 000 Israéliens sont traités ainsi (nombre qui devrait quadrupler dans les prochaines années), pour des maladies allant de Parkinson à l'épilepsie et la maladie de Crohn, ainsi que les douleurs chroniques, liés aux chimiothérapies ou les soins palliatifs. Des tests prometteurs sur l’autisme et l’Alzheimer sont en cours, Israël restant le leader incontesté dans le domaine de la recherche cannabique, grâce à une législation très progressiste sur les essais cliniques. Braquage Cependant, l’idée qu’Israël va inonder le monde de ses cannabinoïdes ultrasophistiqués pourrait n’être qu’un mirage. Plusieurs pays ont pris le parti de développer leur propre marché, à l’échelle industrielle au Canada ou plus embryonnaire en Scandinavie. Et s’il ne s’agit pas d’une simple «bulle», il y aura peu d’élus, met en garde Ben Arie. En effet, en ne donnant le feu vert à l’export que fin janvier après avoir traîné des pieds – Nétanyahou et son ministre de l’Intérieur y ont longtemps été opposés – le gouvernement a instauré une série de régulations draconiennes, qui ont privé plusieurs acteurs historiques de permis et devraient repousser les premières livraisons à l’étranger, au mieux, à la fin de l’année. Tamir Gedo, le directeur-général de Breath of life Désormais, l’exploitation «verticale» du cannabis, des champs à la vente, nécessite quatre homologations : une pour l’agriculture, une pour la transformation, une pour la distribution et une dernière pour la sécurité des installations. Fin mars, le premier braquage d’une ferme de cannabis médical a eu lieu dans le nord d’Israël, des assaillants masqués parvenant à neutraliser les gardes. Un scénario que redoutait le ministère de l’Intérieur et qui pourrait se reproduire avec la production exponentielle des années à venir. Pour l’heure, seule une société israélienne a réussi à décrocher tous les permis, Breath of Life. Son directeur-général, Tamir Gedo, qui aime faire précéder son patronyme du titre «Docteur» (bien que celui-ci soit docteur en «économie comportementale» plutôt qu’en sciences), fait figure d’oracle sur la question cannabique. Lui aussi est dubitatif face à la multiplication des acteurs. «Tout à coup, on voit arriver beaucoup de coquilles vides avec des noms ronflants, assène le patron. Le monde de la finance a enfin compris qu’il y a là un business réglo et c’est la course à la levée de fond et aux promesses intenables. Mais je dis aux investisseurs : si vous voyez des politiciens à la tête d’une boîte qui ne produit quasi rien mais fait du bruit, passez votre chemin…» A Tikun Olam, l'un des pionniers du cannabis israélien. Le gouvernement l'a fermé en novembre pour cause d'«infrastructure inadaptée». Jusqu’à l’instauration des nouvelles règles, huit cultivateurs avaient reçu l’aval de l’Etat, et vendaient directement aux consommateurs. «Le temps des fleuristes romantiques qui voulaient changer le monde, c’est fini, lâche Gedo. La barrière est plus haute, il s’agit maintenant d’une branche de l’industrie pharmaceutique. On doit vendre des produits stables, raffinés, pas de simples plantes. Il y aura toujours des boutiques de niche pour faire du récréatif, mais pour le reste, c’est comme la révolution industrielle, ceux qui durent sont ceux qui évoluent.» Ainsi, Tikun Olam, l’un des pionniers et plus gros fournisseur du pays, a vu son exploitation fermée par le gouvernement en novembre pour cause d’«infrastructure inadaptée». De retour d’Europe, Gedo considère que le marché du cannabis médical est encore «à ses balbutiements». Mais que d’ici trente ans, «le monde occidental finira par s’y résoudre». Il s’y voit déjà. A Tikkun Olam, en 2012. (Photo Menahem Kahana, AFP) Micmacs, crime et botanique Le «fleuriste romantique», c’est lui. Agé de 70 ans, la peau mate creusée par des rides profondes, Nissim Krispil est un botaniste reconnu en Israël, ainsi qu’un ancien taulard. Lorsqu’on le rencontre en banlieue de Tel-Aviv, dans un café au pied d’une déprimante cité de béton, il est sorti de prison depuis presque six mois, et vit «chez une copine». Trois ans plus tôt, Krispil recevait un prix de l’université Ben Gourion, l’une des plus prestigieuses du pays, pour ses travaux sur la flore locale. Autodidacte et parfaitement arabophone (il est né au Maroc), Krispil, qui se définit comme un «ethno-botaniste», a consacré vingt ans au recensement des plantes d’Israël et de Palestine, archivant les connaissances «des guérisseurs, marabouts, fermiers et autres médecins palestiniens» sur leur usage. «Quinze livres et une encyclopédie en cinq volumes», revendique-t-il. Mais en novembre 2016, c’est à un autre type d’honneur qu’il a droit : au petit matin, une quarantaine de policiers en Hummer déboule dans son torpide moshav (une communauté agricole) du centre d’Israël. Deux chiens sont lâchés, mais Krispil sait ce qu’ils cherchent et conduit les officiers sur son toit. C’est là qu’il fait pousser un millier de plants de cannabis, destinés, insiste-t-il, à ses recherches. Sans avoir averti les autorités ni mis au point de protocole scientifique. En toute illégalité donc. «Ils ont tout embarqué et pesé : il paraît qu’il y’en avait pour 90 kilos, raconte-t-il. Pour eux, c’était un vrai laboratoire criminel, et j’ai été directement mis en prison.» Préparation de cannabis thérapeutique à Breath of life. Très zen, Krispil prend l’expérience à l’ombre comme celle du mektoub (le destin, en arabe), en plus d’«une opportunité de faire de l'anthropologie in situ». Ça ne l’empêche pas de trouver l’addition salée. Après un mois sous les verrous, douze autres avec bracelet électronique en attendant le procès pour être finalement condamné, fin 2017, à un an de prison ferme et une amende d’un million de shekels (250 000 euros). Ses deux voitures sont saisies, ainsi que sa maison. «La juge a été très dure. On a fait de moi un trafiquant alors que je n’ai pas vendu un gramme, un criminel alors que la moitié de la population [en réalité, plutôt un quart, ndlr] fume tous les jours, et que des milliers de personnes se soignent au cannabis ! Que je sache, je n’ai pas fait plus de mal que si j’avais des tomates sur mon toit.» «On vous met en taule pour un peu de jardinage» Krispil raconte que ses «recherches» portaient sur une variété de cannabis ramenée du Maroc, où pendant une dizaine d’années, il a cherché à retrouver les derniers Juifs vivant dans les villages agricoles du Rif. «C’est là que j’ai découvert que les Juifs ont grosso modo organisé le commerce de la marijuana au XVIIe siècle. Il y avait même des avis rabbiniques sur que faire avec les Arabes qui n’ont pas payé leur cannabis…» De ses pérégrinations dans les années 90, il revient avec des graines «rares et anciennes», qu’il conserve soigneusement et décide de mettre en culture, vingt ans plus tard, après s'être documenté sur Internet à propos des «effets miracles» du cannabis sur certains cancers. Ses contacts dans le milieu de la médecine alternative lui envoient leurs cas les plus désespérés, pendant qu’il met au point un «thé médicinal». En tout, plus d’une trentaine de personnes auraient bénéficié de ses plantes et de ses soins, sans contrepartie. «Les résultats étaient très positifs», assure-t-il. Mais dans sa volonté de «professionnaliser» le milieu pour en faire un business aussi lucratif que présentable, l'Etat israélien fait montre de la même sévérité pour les cercles organisés de deal (comme le réseau Telegrass, où les commandes se passaient sur l’appli chiffrée Telegram jusqu’à son démantèlement en avril) que les amateurs un peu idéalistes comme Krispil. «C’est idiot, poursuit-il. D’un côté, Israël veut devenir le plus grand dealer de cannabis du monde, de l’autre, on vous met en taule pour un peu de jardinage. Dans un futur proche, des milliers de gens feront comme moi, tout le monde le sait. Mais l’Etat ne veut pas de la légalisation qui ferait baisser les prix et rendrait les médicaments plus accessibles. Ce qui se joue aujourd’hui c’est la création d’un quasi-monopole pour une poignée de firmes, qui ne fera que renforcer le marché noir.» Et de se réjouir, goguenard, que son «prestige» nouvellement acquis lui vaut désormais d’être courtisé par plusieurs compagnies pour travailler comme consultant. «L’Etat va finalement faire de moi un plus gros producteur de cannabis que s’il m’avait laissé tranquille. Mais mon rêve, c’est de retourner au Maroc, où j’ai la citoyenneté. Je déteste ce que devient ce pays…» Quitte à tourner le dos aux fourmis industrieuses de l'or vert, à la recherche d'un illusoire pays de Cocagne enfumé. Texte : Guillaume Gendron, à Tel-Aviv Photos : Jack Guez (AFP) sauf mention contraire. Production : Libé Labo Source: liberation.fr
  18. Depuis que le cannabis "récréatif" sans substance hallucinogène est toléré, les magasins se sont multipliés dans le centre-ville de Bruxelles. Pourtant, jusqu'ici, tous travaillaient sans cadre légal. Les boutiques qui vendent du cannabis récréatif perdent des clients - © RTBF Une législation flambant neuve Depuis le mois d’avril une nouvelle législation considère le cannabis récréatif CBD comme un produit à tabac. Il est donc soumis aux mêmes accises et contrôles. Au centre de Bruxelles, Green Day est l’un des rares commerces du quartier à se conformer au nouveau dispositif légal. Michaël Dunod, le gérant, explique : "On n’est plus dans un flou juridique, l’Etat nous met en cadre et il faut travailler en conséquence." Sur tous les produits à fumer vendus dans ce magasin est collée une vignette fiscale. Tout est déclaré, le prix est fixe et qualité contrôlée. "Le client connaît désormais la provenance du produit et il sait qu’il subit des contrôles, sur l’étiquette on retrouve le taux de CDB qui doit être inférieur à 7%." Un impact sur les ventes Mais pour l’instant, le chiffre d’affaires du magasin est en chute libre. La quinzaine de concurrents du quartier vend encore des produits détaxés. En suisse ou un système identique fonctionne 90% des commerces de départ ont disparu. Seuls les magasins à la gamme de produits diversifiés ont atteint un seuil de rentabilité. Source: rtbf.be
  19. La légalisation du cannabis thérapeutique en Thaïlande tranche avec les politiques répressives anti-drogues des autres pays de l’ASEAN. La légalisation du cannabis a récemment constitué un nouvel enjeu politique en Thaïlande. Le parti Bhumjaithai, dirigé par Anutin Bhumjaithai, a fait de son usage thérapeutique son principal message de campagne lors des élections législatives du 24 mars. Le petit parti de centre droit s’était retrouvé en position d’arbitre pour former une majorité au Parlement : Anutin Bhumjathai s’était déclaré prêt à rejoindre la coalition qui acceptera sa politique “free kanja”, de légalisation du cannabis. La société thaïlandaise plutôt conservatrice et assez répressive en ce qui concerne la consommation de stupéfiants, a récemment évolué vers une position plus conciliante. Un sondage effectué le mois dernier démontre que 86% des Thaïlandais sont favorables à une légalisation du cannabis pour un usage médical. La légalisation du cannabis thérapeutique en Thaïlande tranche avec les politiques répressives anti-drogues des autres pays de l’ASEAN. Jusqu’à 15 ans d’emprisonnement En décembre 2018, la Thaïlande a légalisé l’usage de la marijuana à des fins médicales, de recherche et d’activités industrielle. Le projet de loi autorise l’utilisation du cannabis ou de la marijuana et du kratom, une plante locale aux propriétés opioïdes originaire d’Asie du Sud-Est. Six mois après le début de la nouvelle loi, le nombre de patients ayant demandé l’amnistie pour l’usage de marijuana thérapeutique devrait dépasser les 50 000. L’ancienne loi de 1979 sur les drogues narcotiques définit la marijuana comme un stupéfiant de classe 5, interdisant son utilisation et sa possession. Les personnes voulant tirer profit de la culture ou du commerce du cannabis peuvent encourir de lourdes amendes et une peine allant jusqu’à 15 ans d’emprisonnement. La marijuana était omniprésente en Thaïlande avant l’interdiction de 1934, mais la criminalisation accrue a donné un statut tabou à cette plante. Une culture du cannabis très strictement encadrée La première installation de culture a été ouverte en février dans la province de Panthum Thani, au nord de Bangkok, à l’initiative de l’Organisation Pharmaceutique du Gouvernement (GPO), pour un coût de 100 millions de bahts (2,8 millions d’euros). Les cultures couvertes s’étendent sur plus de 100 mètres carrés et sont équipées de systèmes aéroponiques, de scanners et gadgets, le tout sous haute sécurité. Les agences gouvernementales thaïlandaises surveillent et contrôlent la production et la culture du cannabis dans tout le pays. Seules les agences officielles agréées sont autorisées à cultiver du chanvre dans les zones de développement des tribus des provinces de Chiang Mai, Chiang Rai, Nan, Tak, Mae Hong Son et Phetchabun. La réglementation stricte en matière de culture a finalement entraîné une augmentation des coûts du traitement thérapeutique. Début mai, le Dr Surachoke Tangwiwat, secrétaire général adjoint de l’administration de la Nourriture et de la Drogue (FDA), a autorisé 175 équipes médicales supplémentaires à prescrire des médicaments à base de marijuana. Le premier lot de 2500 bouteilles de gouttes d’allergie sublinguales contient cinq millilitres d’huile médicinale de cannabis et sera distribué aux patients dès le mois de juillet. Le potentiel de la légalisation de la marijuana en Thaïlande est très étendu , du développement d’un commerce d’exportation jusqu’à celui du tourisme médical : le marché du cannabis a été évalué à 21 milliards de bahts. Politiques anti-drogues de l’ASEAN Les pays de l’ASEAN sont parmi les plus sévères au monde : en Malaisie et à Singapour, les consommateurs ou détenteurs de cannabis risquent une peine allant jusqu’à 10 ans d’emprisonnement. En Indonésie, les passeurs sont exécutés. Un sondage mené en 2018 par yougov.com a révélé que la majorité des Singapouriens et des Malaisiens considéraient la marijuana comme une plante à valeur médicinale, mais moins de la moitié était en faveur de sa légalisation. En Malaisie, le gouvernement mène des études sur les propriétés réelles du cannabis. Singapour a autorisé l’utilisation de produits pharmaceutiques cannabinoïdes pour des potentiels traitements thérapeutiques contre les crises épileptiques, mais uniquement dans le cadre de réglementations très strictes. Néanmoins, le pays reste ferme sur sa position selon laquelle le cannabis devrait rester une drogue illicite. Au début de cette année, les Philippines ont reconnu les avantages de la marijuana à des fins médicinales pour traiter les maladies chroniques ou débilitantes telles que l’arthrite, l’épilepsie et la sclérose en plaques. En Thaïlande, la marijuana ne peut pas encore être vendue en vente libre ni administrée sous sa forme brute. Débat sur les bienfaits réels du cannabis La marijuana médicinale aurait des bienfaits thérapeutiques pour des maladies telles que la maladie de Parkinson, l’asthme, l’insomnie, l’autisme et le cancer. La validité de ces revendications est cependant contestée. Le débat porte généralement sur les deux principaux ingrédients de la marijuana : le tétrahydrocannabinol (THC) et le cannabidiol (CBD). Les deux substances interagissent avec les récepteurs aux cannabinoïdes présents dans le corps humain et le cerveau, mais leurs effets diffèrent considérablement. Le THC est le principal constituant psychoactif produisant le facteur de drogue, alors que le CBD est prometteur à des fins médicinales. Son utilisation soulage la gêne ressentie par les patients sans augmenter leur niveau de consommation. Le THC est également connu pour détendre les vaisseaux sanguins et traiter les douleurs chroniques, les lésions de la colonne vertébrale et la sclérose en plaques. La marijuana thaïlandaise est mondialement connue pour sa haute teneur en THC. S’il existe des exemples concrets des effets thérapeutiques de cette plante, les preuves concluantes manquent pour soutenir l’efficacité du cannabis. À ce jour, aucune étude n’a validé les affirmations selon lesquelles la marijuana brute peut être utilisée dans des conditions médicales. https://theaseanpost.com/article/medical-marijuana-thailand-leads-way Source: thailande-fr
  20. De retour de leur visite « d’études » au Canada, où ils se sont vus décrypter le modèle en vigueur dans cet État par les autorités locales, les ministres de la Santé et de la Justice, Étienne Schneider et Félix Braz, ont fait le point, vendredi matin, sur le modèle luxembourgeois qu’ils comptent instaurer avant la fin de la législature en cours. La vente de cannabis ne sera qu'autorisée aux personnes majeures et résidentes, afin notamment d'éviter toute situation de narco-tourisme. (illustration François Aussems) La fumette légale récréative, ce ne sera pas pour tout de suite : les deux ministres, au sein d’une « task force » interministérielle, poursuivront leurs discussions avec toutes les parties concernées (police, justice etc.), avant de présenter un concept précisément défini en Conseil de gouvernement à l’automne, ont-ils fait savoir. De là devra ensuite être déposé un projet de loi à la Chambre, à une date qui reste encore à définir, avant que le texte ne suive l’intégralité d’une processus législatif. Des détails, dont certains calqués sur le modèle canadien pourraient effectivement être intégrés au texte légal, « qui ne vise pas à promouvoir sa consommation, mais à assurer la production de cannabis de qualité dans une optique de garantie de la santé publique, ainsi qu’à contrer le marché noir » (ont martelé les deux ministres), ont d’ores et déjà été annoncés : – le cannabis sera décriminalisé dans le code pénal – des licences très strictes seront octroyées par l’État aux producteurs – par le biais d’appels d’offres – qui seront archi-contrôlées, de même que le taux de THC contenu dans le cannabis produit (autour de 5%); d’autres licences très strictement encadrées seront également délivrées aux boutiques qui le vendront. – la vente de cannabis ne sera qu’autorisée aux personnes majeures et résidentes, afin notamment d’éviter toute situation de narco-tourisme par rapport aux pays voisins (entre autres), mais aussi vis-à-vis des travailleurs frontaliers. « Un dialogue avec les autorités des pays voisins sera mené en ce sens », a indiqué Étienne Schneider. – la détention de cannabis sera dépénalisée (et non légalisée) pour les mineurs pour des quantités n’excédant pas 5 grammes. – les majeurs pourront se procurer 30 grammes au maximum. Il sera par contre interdit de détenir plus de 30 grammes sur la voie publique. Claude Damiani Source: lequotidien.lu
  21. Considéré comme un produit du tabac, le cannabis light va être très lourdement taxé. Les centaines de shops apparus comme des champignons risquent de disparaître aussi rapidement. On vous en parlait récemment dans Moustique. Depuis quelques mois, on assiste en Belgique à un déploiement commercial sans précédent. Une explosion d’enseignes spécialisées en cannabidiol, cet extrait de cannabis aux vertus (entre autres) relaxantes – mais non planantes. Lesquelles poussent comme des champignons dans tout le pays et se payent même le luxe de s’intercaler entre les chocolatiers et les boutiques de luxe du centre de Bruxelles. Un tsunami motivé par un certain militantisme, certes, mais aussi par l’appât du gain. Nous vous révélions d’ailleurs la très forte rentabilité de ce business qui achète sa ganja légale en Suisse à environ 3.000 euros le kilo et la revend trois à quatre fois plus cher au détail. Tranquille. Sauf que l’État compte bien se réserver une grosse part de ce space cake… Après avoir aligné les descentes dans ces commerces pour s’assurer de leur légalité, les services publics fédéraux annoncent que le cannabis CBD sera désormais considéré comme un “autre tabac à fumer” et… donc soumis à de fortes accises. À ce titre, les fleurs de cannabis CBD seront taxées lourdement. Outre les 21% de TVA, elles seront soumises à 31.5 % d’accises en plus d’un droit d’accise spécial spécifique de 48 euros par kg. Sans compter les droits à l’importation. Dans ces shops spécialisés, c’est la douche froide. “On va tous vers la faillite!, s’insurge le gérant d’une enseigne wavrienne. Je suis tout à fait d’accord de payer des taxes, mais là, c’est du racket. Je ne pourrai plus payer mon loyer et mes charges.” Et de confier que pour pouvoir distiller ce chanvre comme un produit du tabac en Belgique, son principal fournisseur doit désormais s’acquitter d’une licence de 200.000 euros. Incompréhension générale. D’autant plus sur cet amalgame qui est fait entre cannabis CBD et tabac. Rappelons que cette herbe ne contient ni tabac ni nicotine et que si elle est bien fumée par certains, de nombreux consommateurs la vaporisent ou l’ingèrent sous forme de tisanes. “Nous sommes satisfaits que l’administration réagisse par rapport à ce nouveau marché, remarque Vincent Borrel de la Fédération du cannabis belge (FeCaB) mais ce nouveau cadre légal pose de nombreux problèmes. Nous forcer à vendre ce cannabis comme un produit du tabac revient en effet à inciter les consommateurs à le fumer. Ce qui est de loin le mode de consommation le plus nocif pour la santé. Cette taxation met ensuite le couteau sous la gorge de nombreux entrepreneurs qui ont contracté de gros emprunts.” Et de prédire, lui-aussi, une vague imminente de faillites. “Tous ces petits commerces vont fermer boutique et ce cannabis sera donc vendu dans les librairies, les night shops ou les pompes à essence. Ce qui va à l’encontre des politiques de prévention mises en place. Alors que ce produit était jusqu’ici commercialisé dans des magasins spécialisés gérés par des vendeurs très bien informés, il va dorénavant être à la portée de tous. Avec les dérives que l’on rencontre fréquemment dans ces points de distribution de tabac: ventes aux mineurs, produits issus du marché noir, etc.” Commerçants, pas dealers Des professionnels du secteur qui n’ont jamais été consultés dans l’élaboration de cette nouvelle législation. “Tout a été fait dans notre dos et nous l’avons appris via une correspondance du SPF Finances aux Douanes, déplore encore Vincent Borrel, par ailleurs gérant du premier CBD shop de la capitale. Alors que nous avons toujours travaillé en toute transparence depuis le premier jour. Je rappelle que nous ne sommes pas des dealers mais bien des commerçants. Désormais, nous devrons préparer des packagings spéciaux avec le timbre de l’administration fiscale. C’est un travail monstre car il va notamment falloir ouvrir des entrepôts fiscaux. Et une nouvelle charge pour les commerçants qui vont devoir débourser des milliers d’euros en frais d’avocat pour se conformer à la nouvelle législation. Avant qu’elle ne rechange sous la prochaine législature dans quelques semaines?” Une chute de la rentabilité que les commerçants pourraient compenser en augmentant leurs tarifs. C’est du moins ce que d’aucuns leur rétorquent. Rien n’est moins sûr. Commercialisés jusqu’ici à 10 ou 12 euros le gramme, ce cannabis légal n’est déjà pas accessible à toutes les bourses. Surtout celles des personnes qui l’utilisent massivement pour ses effets thérapeutiques. Lesquelles représentent désormais, selon ce gérant d’une enseigne située à Wavre, 30% de ses clients. Principalement des personnes souffrant de fibromyalgie ou de douleurs chroniques. Les autres acheteurs étant pour la plupart des amateurs de cannabis illégal désireux de freiner leur consommation. Ce qui est donc aussi un usage “thérapeutique”. Sans compter que si ce CBD est commercialisé à 14 ou 15 euros le gramme, il sera alors quasiment deux fois plus cher que le cannabis clandestin. “Je prédis la faillite de 80% des magasins spécialisés”, enchérit Mario Calandra, gérant de deux CBD shops dans le Brabant wallon. “En Suisse, par exemple, il y avait 400 enseignes. Après taxation, il n’en restait plus que 60. Nous, on a la chance d’être déjà bien implanté et donc de bénéficier d’une bonne marge de négociation avec nos fournisseurs. On a d’ailleurs déjà convenu avec eux de se partager les accises. Mais la rentabilité va être très très faible. Avec ce modèle, on achètera ce cannabis en sachet de 2 grammes à 17 euros pour le revendre à 20 euros. Après avoir payé notre part des taxes, il nous restera 1,5 euro de bénéfice…” D’après nos infos, si le cannabis CBD sera taxé comme le tabac, à 31.5% donc, il se pourrait bien qu’une nouvelle catégorie de produits à fumer, moins taxée, voit le jour. À l’image de ce qui se fait pour les “blunt” (ces feuilles de cigares utilisées par les fumeurs de joints à la place du papier à rouler). C’est évidemment le souhait de tous ces commerçants Mets de l’huile? Et qu’en est-il de l’huile de CBD ? Moins chère et beaucoup plus efficace que les fleurs de cannabis, elle est naturellement le mode de consommation le plus utilisé à des fins thérapeutiques. Non considérée comme un “autre produit du tabac”, l’huile ne sera pas soumise aux accises. Fausse bonne nouvelle puisqu’elle est totalement interdite en Belgique. Une interdiction qui pourrait être levée si elle était considérée comme une denrée alimentaire. Mais pour l’instant, les autorités européennes classent le CBD comme un “nouvel aliment” et ne l’ont pas autorisé. Une autre voie légale serait de considérer le cannabis light comme un médicament. À condition, bien sûr, qu’il fasse l’objet d’une autorisation de mise sur le marché délivrée par l’Agence fédérale des médicaments. À ce jour, seul le spray Sativex contenant du CBD est autorisé à la vente. Au prix prohibitif de 466 euros (!) les 30 ml. Seuls les patients atteints de sclérose en plaque pouvant se le faire rembourser. Ceci dit, ce nouveau marché aiguise d’autant les appétits que les labos pharmaceutiques pourront commercialiser des médicaments au CBD sans s’acquitter d’accises. On apprend d’ailleurs que Perrigo (le groupe américano-irlandais détenu en partie par Marc Coucke) a décidé de se lancer lui-aussi dans le business du cannabis thérapeutique. “On ne peut donc plus vendre aucun produit cosmétique ou alimentaire au CBD en Belgique. Et les fleurs sont très lourdement taxées, conclut la FeCaB. Cela va évidemment profiter aux sites web étrangers, qui le commercialisent sans payer de taxes, et au marché noir.” Ce qui se confirme déjà aujourd’hui. Qu’il s’agisse de sites de e-commerce (voir encadré) ou des enseignes physiques, cette interdiction est loin d’être respectée. Les premiers se gardant bien de mentionner “CBD” sur les étiquettes de leurs produits tandis que les seconds vendent régulièrement de l’huile sous le comptoir. Source: moustique.be
  22. Le directeur du Görlitzer Park a suscité l'indignation en matérialisant à la peinture rouge des emplacements dans lesquels le deal est toléré. ALLEMAGNE - Réserver des emplacements aux dealers dans un parc pour circonscrire leur trafic: l’initiative du directeur d’un jardin berlinois très fréquenté a suscité ce jeudi 9 mai une levée de boucliers de la part d’élus qui dénoncent une forme de légalisation, comme l’explique notre vidéo en tête d’article. Situé en plein cœur de la capitale allemande, dans le quartier alternatif de Kreuzberg, le Görlitzer Park, très fréquenté le week-end, notamment par des familles, est aussi réputé pour les dizaines de dealers qui, sans se cacher, y vendent essentiellement de l’herbe et n’hésitent pas à accoster les passants. Les très rares descentes de police n’ont pas dissuadé ces vendeurs, tous issus de pays d’Afrique noire, de trafiquer matin, midi et soir. Face aux protestations de riverains et de familles, las d’être accostés lorsqu’ils s’y promènent, le directeur du parc Cengiz Demirci a décidé de faire tracer au sol et à la peinture rouge, à l’une des entrées du “Görli Park”, de petits rectangles dans lesquels le deal serait toléré. La droite conservatrice indignée Cette initiative est censée éviter que les quelque 250 dealers, selon la presse locale, qui vendent dans ce jardin, quadrillent l’ensemble du parc, y compris à proximité des aires de jeu pour enfants qui s’y trouvent. Mais elle a suscité l’ire de la droite conservatrice et de policiers. La commissaire fédérale chargée des drogues, Marlene Mortler (issue de la droite bavaroise), a vivement réagi auprès du groupe de médias Funke Mediengruppe: “malheureusement, nous devons accepter le fait que les gens consomment des drogues, dans une certaine mesure, mais nous ne sommes certainement pas autorisés à accorder une licence pour le commerce”, a-t-elle fustigé. “Si c’est vrai, alors c’est un abandon du droit.” Même tonalité du côté du syndicat de police de Berlin (GdP): “pour que le parc soit nettoyé de la drogue et donc de la criminalité, il faut une pression permanente de la part de la police, une détermination juridique et un soutien politique”, a fait valoir un porte-parole, Benjamin Jendro. L’attribution de ces zones est une invitation à enfreindre la loi, a tonné Burkard Dregger, chef de file de la droite conservatrice berlinoise, très minoritaire à Berlin. Face à la polémique, la mairie d’arrondissement a assuré que l’initiative était encore au stade de simple proposition et qu’aucune décision définitive n’avait été prise. De fait ce jeudi matin, les dealers étaient toujours aussi nombreux dans le parc et les zones tracées au sol non utilisées. https://www.huffingtonpost.fr/entry/a-berlin-des-zones-reservees-aux-dealers-font-polemique_fr_5cd47eaae4b054da4e8602bb
  23. Le canadien Tilray, poids lourd du cannabis thérapeutique, a inauguré fin avril au Portugal sa première unité de production européenne. Un employé vérifie les plants dans une serre au Portugal. (Pedro Fiuza/Sipa pour le JDD) Sourire radieux et costume soigné, Brendan Kennedy saisit les ciseaux pour couper le ruban disposé devant la porte de ses nouveaux locaux. Il égrène fièrement les chiffres – 75.000 mètres carrés, 20 millions d'euros d'investissement – avant de se tourner vers un petit drapeau portugais, qu'il soulève théâtralement pour dévoiler une discrète plaque "Tilray, EU Campus". Rien qui déroge aux codes d'une inauguration d'usine. Si ce n'est que d'un entrepôt, à quelques dizaines de mètres de là, émane malgré la cloison une odeur à la fois âcre et fruitée, indescriptible mais reconnaissable entre toutes. A Cantanhede, on cultive le cannabis au grand jour. Voici trois ans que cette ville de 35.000 habitants, à mi-chemin entre Lisbonne et Porto, a été élue pour accueillir l'unité de production. Plus si subversive, en fin de compte, à mesure que les pays d'Europe basculent vers la légalisation de la marijuana médicinale. Une évolution que Brendan Kennedy flaire et anticipe depuis une décennie. Tilray, l'entreprise canadienne dont il est le PDG, fut déjà le premier producteur nord-américain à exporter ses produits cannabi­noïdes sur le sol européen, en 2016 en Croatie. Le groupe espère faire du Portugal une nouvelle plaque tournante vers le reste du continent, jugé le plus prometteur parmi les nouveaux marchés, et le plus à même de concrétiser les espoirs fous soulevés par cette industrie. A Wall Street, l'action s'envole de 900% Tilray est un cas d'école de la bulle "cannabusiness" qui enfle sur les marchés boursiers nord-américains. Après son entrée à Wall Street en juillet dernier – une première pour un producteur de cannabis –, le groupe a vu son action s'envoler de 900% en trois mois. La raison? Son talent pour placer ses pions sur l'échiquier mondial de la légalisation. "Je parcours 300.000 miles aériens par an, 12 fois le tour du monde, raconte le PDG. Ce n'est pas une industrie dans ­laquelle on pénètre en restant derrière son ­bureau." Dans cette activité aussi florissante qu'incertaine, les investisseurs comme ­Brendan Kennedy jouent les prophètes : "L'enjeu est de prédire, pour chaque pays, si la légalisation va survenir – et quand." En novembre 2015, l'homme d'affaires s'est envolé pour ­Berlin afin de s'entretenir avec des activistes, des parlementaires et des équipes médicales. "Le lendemain, on a commencé à embaucher des gens sur le terrain." Du lobbying? De l'anticipation, corrige-t-il. "Il serait idiot de dépenser de l'argent dans quelque chose qui est déjà en train d'arriver." En janvier 2017, ­l'Allemagne a légalisé la marijuana comme traitement de certaines pathologies. Un agent en France pour "sensibiliser" les médecins À l'heure de prendre les paris, Tilray a un temps fantasmé sur l'élaboration d'un modèle qui permettrait de prédire les prochaines vagues de libéralisation. En est ressorti un outil à 99 entrées, parmi lesquelles la religion dominante ou le statut du mariage homosexuel. Mais, admet volontiers Brendan Kennedy, c'est plus compliqué que cela. "En ce qui concerne l'usage thérapeutique, la communauté médicale pèse fortement, ainsi que les représentations globales qu'ont les gens du cannabis. La France semble évoluer plus vite que je ne le croyais." D'où l'embauche toute récente d'un nouvel employé, chargé de "sensibiliser les médecins généralistes" aux bienfaits de la marijuana. Épilepsie, syndrome post- traumatique, nausées dues à la chimiothérapie : les pistes d'utilisation sont multiples. Les cannabinoïdes extraits de la plante sont non stupéfiants et non psychotropes. À chaque pathologie son conditionnement – fleurs séchées, gélules, huile –, tous testés et empaquetés sur le campus de Cantanhede. L'usage récréatif peut-il fournir, plus tard, un autre marché? Brendan ­Kennedy grimace. "Il devient de plus en plus dur de résister à la légalisation du cannabis médical. Dans quelques années on comptera 50, 60, 70 pays l'autorisant. Pour la marijuana récréative, on prévoit 20 nations maximum dans cinq ans." Pas de quoi intéresser le businessman, qui n'insulte pourtant pas l'avenir : "Nous ne sommes qu'au premier jour de cette industrie." Source: lejdd.fr
  24. Pour faire face à la chute des prix du cannabis, les producteurs officiels américains se tournent vers l’efficacité énergétique. Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement. Le coût de l'énergie représente 20 à 40% du prix du produit final. [Shutterstock] C’est peu de dire que la récente légalisation partielle de la production de marijuana, aux Etats-Unis, a bouleversé la donne. Une quarantaine d’Etats fédérés autorisent désormais la production de cannabis pour des usages récréatifs ou médicaux. Une soixantaine de millions d’Américains s’adonneraient ainsi, plus ou moins régulièrement, aux joies de la fumette. Au plan climatique, le développement de la culture, sous serre le plus souvent, n’est pas totalement anecdotique. La production de plants de cannabis fortement dosés en principe actif impose des conditions de température et d’hygrométrie strictes, nécessitant le plus souvent l’emploi de puissantes lampes à UV et de climatiseurs. Deux véritables pompes à électrons, rappelle Utility Dive. 500 producteurs autour de Denver Selon une étude du consultant New Frontier Data, les centaines de producteurs légaux consommaient plus d’un million de mégawattheures (MWh) d’électricité par an en 2017, contre près de 3 millions prévus en 2022. Les producteurs illégaux consommeraient en effet trois fois plus de courant que les officiels. Au niveau national, pareil soutirage relève de l’épaisseur du trait. Ce n’est pas le cas dans les régions de forte production. Dans la région de Denver (Colorado), les serristes du cannabis consomment près de 4% du courant local: autant que l’internet. Dans cet Etat, la demande d’électricité des 500 producteurs a été multipliée par 8 entre 2011 et 2016. La sécurité de l’approvisionnement en électricité de certaines régions n’est pas le seul problème posé par le développement exponentiel du cannabis. En 2017, le chauffage et la climatisation des serres ‘légales’ émettaient 500 000 tonnes de CO2 par an. Ce chiffre pourrait tripler d’ici à 2020, estime New Frontier Data. En incluant la production illégale, le bilan carbone de la «beuh» américaine pourrait flirter avec les 5 Mt CO2 par an, à cet horizon. Pas terrible. Chute des prix Fort heureusement, l’économie veille. Avec le développement de la concurrence, les prix du marché des produits issus de la marijuana se sont effondrés. Dans le Colorado, toujours, la livre de cannabis était vendue 750 dollars (445 euros) en 2017, contre 500 dollars (296 euros) fin 2018. Cette année, les prix pourraient flirter avec les 300 dollars (178 euros). Pour rester compétitifs, les producteurs doivent serrer les boulons, notamment ceux de l’énergie, dont les coûts peuvent représenter 20 à 40% du prix du produit final. Certaines institutions, comme l’Energy Trust de l’Oregon, commence à financer des systèmes d’éclairage et de chauffage à LED, nettement moins énergivores que des lampes de croissance à vapeur de sodium. Entre fumette et planète, on pourra ne plus choisir. Source: euractiv.fr
  25. Rencontre avec les tenanciers de coffee shops à Bréda, tous furieux contre la législation actuelle qui interdit la production du cannabis vendu dans leurs échoppes. « Une brèche pour les organisations criminelles », mais la commune est engagée dans une expérimentation qui doit tenter de couper l’herbe sous le pied des mafieux. Les coffee shops aux Pays-Bas sont juste tolérés dans le droit hollandais. Pire : la vente au détail est acceptée, mais pas la production de cannabis. Les coffee shops doivent donc se fournir (secrètement) en marchandise illégale. - Sylvain Piraux Il pleut ce midi sur Bréda, ville des Pays-Bas située à une heure de Thalys d’Anvers. Nous sommes en pleine semaine, à peine sorti de la torpeur de la matinée, mais le coffee shop Fly’n’hy est ouvert. Et bien rempli. Toutes les tables sont occupées, ainsi que le comptoir. Une odeur de cannabis s’échappe des portes grandes ouvertes sur la rue. Le parfum vénéneux de la « beuh » se mélange à l’atmosphère humide de la ville. De petits groupes (surtout des hommes) fument des joints en sirotant des boissons sucrées dans une ambiance « lounge ». Un serveur nous prend à l’écart. Merlyn a un débit verbal de mitraillette. On le lance sur le sujet de la législation : « C’est fou ! On a faux du début à la fin. Nous, aux Pays-Bas, nous nous croyions progressistes. Mais ça, c’était il y a vingt ans. Aujourd’hui on se croirait de retour au Moyen-Âge », s’emporte le jeune employé du Fly’n’hy. Dans le viseur de Merlyn, l’angle mort de la législation néerlandaise sur les drogues douces : la « back door », ou porte de derrière en français. Cette expression désigne « le » problème des coffee shops. Célèbres dans le monde entier – on se presse tous les week-ends à Amsterdam pour visiter la ville et parfois fumer un petit cône… – ils ne sont pourtant que tolérés dans le droit hollandais. Pire : la vente au détail par les coffee shops agréés est acceptée, mais pas la production de cannabis. Les coffee shops doivent donc se fournir (secrètement) en marchandise illégale. C’est le problème de la « back door » de ces établissements. Ce qui rentre par la porte arrière est frappé d’un tabou. « On crée les conditions de notre illégalité » Nous vendons environ 100 grammes par jour ici, c’est impossible de n’avoir qu’un si petit stock. On crée les conditions de notre illégalité « La “weed” est totalement illégale jusqu’à ce que je la vende à un client, à raison de cinq grammes maximum par jour et par personne. Ce faisant, nous créons des démons », analyse Merlyn. Amnesia, White Widow, Lemon Haze… la liste des variétés d’herbe est longue. Le prix est similaire pour toutes : de 10 à 15 euros le gramme. « Nous avons le droit de disposer de 500 grammes de stock dans les coffee shops. Mais nous en vendons environ 100 grammes par jour ici, c’est impossible de n’avoir qu’un si petit stock. On crée les conditions de notre illégalité. » Les griefs s’accumulent : « Il n’existe aucun contrôle qualité », « les producteurs veulent seulement faire de l’argent »… N’en jetez plus, pour le serveur du Fly’n’hy, « cette législation est très étrange… » La production est-elle vraiment illégale ? Poursuit-on réellement ces Néerlandais à la main verte qui alimentent les quelque 570 coffee shops du pays ? La réponse est oui, selon les autorités. « Chaque année, entre 4.000 et 5.000 plantations sont démantelées (4.670 en 2017, 3.913 l’année dernière…) », rapporte Pieter Tops, professeur en administration publique à l’Université de Tilburg et enseignant à l’Académie de Police des Pays-Bas. « Et chaque année aussi, quelques centaines de personnes sont expulsées de chez elles pour culture illégale de chanvre. » « Les gouvernements régionaux et fédéral exercent un travail de sape », assure Eric Passchier, porte-parole de la police de Zélande / Brabant septentrional. « Notre travail de sape est un concept large qui dépasse la criminalité liée aux drogues douces. Cela concerne l’ecstasy et d’autres drogues dures, les gangs de motards, mais aussi les menaces envers les politiciens et bien plus encore… La police conduit naturellement ses propres recherches contre la production et l’import-export de drogues. » La simple possession de plus de 5 grammes d’herbe ou de haschisch sur soi est punissable de 3.500 euros d’amende. Organisations criminelles Les coffee shops eux-mêmes sont soumis à des règles strictes : un stock maximal, une prolongation des licences tous les cinq ans devant les autorités communales… Margriet van der Wal et Ed Pattche nous reçoivent dans l’arrière-boutique du coffee shop « Het Paradijs », en plein centre de Bréda. La première préside l’association ABC, sorte de groupe de pression des coffee shops de la ville ; le second possède le « Paradijs ». « Les pouvoirs politiques ne sont pas fiers du succès des coffee shops », embraye Margriet van der Wal. « Et pourtant c’est bien un succès : les consommateurs préfèrent la qualité du produit, être bien conseillés, ne pas être intimidés comme lorsqu’ils achètent à des dealers de rue. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle beaucoup de Français et de Belges préfèrent venir se fournir aux Pays-Bas. Les coffee shops sont un succès aussi du point de vue sanitaire, puisque leur création remonte aux années 1960, lorsqu’on a séparé dans la loi drogues douces et dures. » Le gouvernement a tellement poursuivi les petits cultivateurs qu’il a créé une brèche pour les groupes criminels La présidente d’ABC déroule les règles auxquelles s’attachent les coffee shops : « Pas de publicité, pas de vente aux mineurs, pas de nuisances pour le voisinage… » La présidente du groupe de pression en a assez du problème de « back door » : « Le gouvernement a tellement poursuivi les petits cultivateurs qu’il a créé une brèche pour les groupes criminels, capables avec leurs réseaux de gagner jusqu’à 300.000 euros par jour. » Tournant le dos aux écrans de surveillance de la boutique, sur lesquels on distingue le flot continu des échanges « argent contre Marijuana », Ed Pattche opine du chef. Le patron se roule un pétard. « Nous, on l’achète à des petits cultivateurs et à des sortes de représentants de commerce », se rassure le patron. Vraiment ? « La plupart, je suis sûr que ce ne sont pas des groupes criminels. » Tout est dans la locution « la plupart »… « Je ne peux pas être certain des personnes à qui j’achète », finit par reconnaître le patron aux bras tatoués. « Mais les criminels produisent beaucoup de kilos et la conséquence directe est une baisse de la qualité de l’herbe, c’est pour cela que je ne pense pas être fourni par ces groupes. » Projet test, « véritable challenge » Consciente du problème, mais divisée sur la question du cannabis récréatif, la classe politique néerlandaise a enfin pris le chemin d’une réforme du système. Lors d’une phase de test qui doit débuter en 2020, dans une dizaine de villes des Pays-Bas (dont Bréda), la vente de cannabis sera encadrée du cultivateur au consommateur. Les coffee shops de la ville voient ce test d’un bon œil. Margriet van der Wal résume les attentes de chacun : « Le gouvernement espère frapper au portefeuille les groupes criminels et nous espérons que nos commerces deviennent enfin “normaux” ». Elle reconnaît que la réussite de ce test sera « un véritable challenge ». Le cannabis aux Pays-Bas, sur la route de la «back door» Les coffee shops des Pays-Bas sont autorisés à disposer d’un stock de 500 grammes de cannabis. - Sylvain Piraux Nous quittons l’arrière-boutique du « Paradijs » pour rejoindre un autre coffee shop de la ville, « Le Baron ». La vitrine est occultée par des cactus et une fumée blanchâtre flotte à l’intérieur. La porte donne sur un couloir qui mène droit vers le comptoir. La plupart des clients font la file (qui ne désemplit pas) et repartent avec quelques grammes sous forme de pacsons d’herbe, d’une barrette de hasch ou de joints pré-roulés. Le commerce est tellement entré dans les mœurs que l’on paye bien souvent par carte bancaire. Certains passent la porte de la salle attenante et fument avec des amis. C’est ici que l’on rencontre Pari, 23 ans, et son amie Eva, 19 ans seulement. « On aime bien venir ici se détendre après une journée stressante », affirme la plus jeune, étudiante à Bréda. Que pense-t-elle de l’absence de traçabilité du stupéfiant qu’elle consomme ? « C’est vrai qu’au début on se pose des questions, on craint que le cannabis qu’on achète enrichisse des mafias… Mais honnêtement vous tirez une taffe et vous n’y pensez plus ! », lance cette grande blonde dans un sourire. « Vous voulez essayer ? » Touristes interdits Le patron ici, c’est Rick Brand. Un type immense, sweat à capuche sur les épaules. 10 ans qu’il possède « Le Baron ». Il n’a ni peur des photographes, ni des journalistes, qu’il reçoit souvent dans son établissement. « Si vous écoutez les gens, 70 % sont pour réglementer la “back door”. Dans une vraie démocratie, il y a longtemps qu’on aurait changé la loi », râle le boss. Fervent partisan de la phase de test qui prévoit de légaliser tout le processus, l’homme a un discours militant. A ses yeux, le cannabis n’est même pas une drogue. Plutôt un médicament. Il a même financé à ses frais un documentaire vantant les vertus de cette plante contre le cancer. Le businessman assure que « les politiciens exagèrent la criminalité » dans le milieu des producteurs. Ce qui lui importe plus que tout, c’est la qualité du produit qu’il revend : « Je ne peux pas vraiment garantir cette qualité, c’est un problème. J’ai investi dans des microscopes très onéreux (3.000€ pièce), c’est l’un des seuls moyens que j’ai trouvé pour vérifier. Souvent, le cannabis est trop fort. Et parfois, il est mélangé à des produits de coupe très mauvais. Je le fume aussi pour contrôler la qualité, mais c’est désastreux pour ma santé. » Rick Brand peste aussi sur la décision de sa commune d’interdire aux coffee shops de vendre aux étrangers. Avant 2012, les Belges et les Français représentaient la majorité des clients ! « C’est absurde parce que si vous allez à Tilburg, à quelques kilomètres à peine, ils acceptent tout le monde. Le cannabis devrait être pour tout le monde ! » Parole de chef d’entreprise. Paul Depla, maire de Bréda: «Mon message au bourgmestre d’Anvers» Mis en ligne le 29/04/2019 à 06:00 Par Louis Colart et L.Co. Le travailliste Paul Depla dirige la ville de Bréda. « Je ne fume pas de joints », assure l’édile. Il l’assure, « je suis très heureux que le gouvernement ait encadré la production et la vente d’alcool, je pense que nous devons faire de même avec le cannabis. » Depla : « Penser que l’on peut interdire cette consommation, c’est la même chose que penser qu’on peut interdire l’alcool. C’est une illusion. » - Sylvain Piraux Paul Delpa, le maire de Bréda plaide pour l’encadrement de l’ensemble du business du cannabis Que pensez-vous du modèle néerlandais ? Quand vous regardez le système, il est assez hypocrite. Vous donnez une licence aux coffee shops pour vendre du cannabis ; les citoyens sont autorisés à acheter ce cannabis ; mais il est interdit de produire du cannabis. Si d’un côté vous autorisez la vente de cannabis et de l’autre vous interdisez sa production, vous obtenez un résultat certain : vous aurez un marché noir. Le cannabis vendu dans les coffee shops ne tombe pas du ciel, il ne vient pas du paradis… Il y a pourtant un coffee shop à Bréda qui s’appelle « Het Paradijs »… (rire) C’est sans doute l’exception à la règle. Le résultat de ce système hypocrite du gouvernement néerlandais, c’est le développement rapide d’un marché dominé par des organisations criminelles, qui ne recherchent que l’argent et le contrôlent par la violence. De nombreux Néerlandais sont plus ou moins impliqués dans une organisation criminelle. Tout cela parce que le gouvernement a oublié de réguler la « back door » des coffee shops. Concrètement, quels sont ces problèmes pour l’ordre public ? Avant d’être le bourgmestre de Bréda, j’étais celui de Heerlen (commune située à l’est de Maastricht, à la frontière allemande, NDLR). Chaque année, je devais démanteler plus de 140 plantations de « weed ». Malgré notre détermination, nous savons que nous ne les démantelons pas toutes. Mais cela illustre l’étendue de l’infiltration du marché noir dans une ville comme Heerlen (90.000 habitants, NDLR). Si vous regardez à Bréda, l’année dernière, un jeune homme a été abattu dans l’appartement où il dealait. En 2015, dans notre région, il y a eu 15 meurtres par balle, neuf étaient liés à l’industrie de la drogue. Certains incendies sont causés par des plantations illégales : les assureurs estiment qu’un incendie de maison sur cinq est causé par une plantation illégale. Votre ville est l’une des six à dix communes candidates pour faire partie de la phase de test pour légaliser l’entièreté de la chaîne de production. En effet. Le gouvernement des Pays-Bas va délivrer, à environ 10 entreprises, des licences pour produire le cannabis. Ces firmes ne produiront que pour les coffee shops. Enfin, les coffee shops ne pourront vendre que le produit de ces entreprises. Le processus fonctionnera en circuit fermé. Quand allez-vous commencer ? Nous espérons que le Parlement autorisera l’expérimentation avant l’été 2019. Ensuite, nous aurons un temps de mise en place. Il faudra compter une année. Quels sont les problèmes rencontrés au cours de la mise en place de cette expérimentation ? Premièrement, la difficulté pour réunir un soutien politique suffisant. Au niveau national, certains partis sont diamétralement opposés sur la question des drogues douces. Au niveau local, nous voyons les choses différemment, car nous observons clairement les ennuis causés par le système actuel. Deuxièmement, ce qui est compliqué, c’est la préexistence du marché illicite. Ce marché offre à certains de très confortables revenus. Et les patrons de ce marché vont le perdre lorsqu’on va passer d’un modèle illégal à un modèle encadré. Comment vont réagir ces « green mafias » ? Les organisations qui profitent du système actuel vont forcément réagir aux changements que nous préparons en ce moment. Mais comment… ? Vous êtes inquiets à ce sujet ? Nous devons nous en inquiéter. Nous n’avons pas d’écho pour l’instant, mais on peut s’attendre à des réactions et il faut y être préparé. Pourquoi avoir décidé, à Bréda depuis 2012, d’interdire la vente de cannabis aux étrangers ? Nous estimons que les coffee shops sont destinés au marché local. En Belgique, le cannabis est interdit. Si les Belges peuvent venir acheter du cannabis chez nous, il n’y a plus d’intérêt à mettre en place des lois pour le consommateur belge. Pourtant, c’est possible dans d’autres villes. À commencer par Amsterdam. Oui, mais c’est une autre histoire. Amsterdam n’est pas une ville située à proximité d’une frontière. Les touristes passent le week-end à Amsterdam et ensuite entrent dans un coffee shop. Ce qu’il se passait à Bréda, mais aussi à Maastricht, c’était que des gens venaient en voiture d’Anvers, Gand ou Liège… pour se rendre dans les coffee shops et immédiatement repartir. Après avoir acheté ou fumé. Ce tourisme a causé énormément de problèmes dans nos villes. Les coffee shops répondent à un besoin local. Ils ne sont pas destinés à résoudre les problèmes belges. J’imagine bien que c’est intéressant pour les coffee shops d’avoir davantage de consommateurs, mais ce n’est pas ma priorité. Ils génèrent suffisamment de bénéfices, je n’ai pas à me soucier de ça. La situation serait-elle plus simple si la Belgique décidait de légaliser le cannabis ? Bien sûr ! Penser que l’on peut interdire cette consommation, c’est la même chose que penser qu’on peut interdire l’alcool. C’est une illusion. Tâchons de le contrôler plutôt que l’interdire. C’est aussi mon message au bourgmestre d’Anvers, Monsieur De Wever : il est installé en face d’une industrie nationale de bière, la Brasserie De Koninck ; si vous regardez à l’aspect de santé, boire de l’alcool est bien plus nocif que fumer du cannabis. Si l’on se soucie vraiment de la santé publique, entamons un débat sur les drogues les plus dangereuses : par exemple, le tabac et l’alcool. Pas le cannabis, qui est même un médicament. Soyons honnêtes : en Belgique, beaucoup de gens en consomment. En France, Etat avec une tolérance zéro, beaucoup de gens fument de l’herbe. Bien entendu, le meilleur choix serait que personne n’en consomme, idem pour l’alcool. Mais quel est le meilleur deuxième choix ? Réguler la vente et la production pour que les organisations criminelles ne profitent pas de ce marché, ou bien le livrer aux criminels et à la rue ? Soyez honnêtes et regardez les problèmes en face, plutôt que de faire comme Don Quichotte combattant les moulins. Pieter Tops: «La majorité du cannabis vendu dans les coffee shops est d’origine criminelle» Mis en ligne le 29/04/2019 à 06:00 Par L.Co. Pieter Tops est un professeur néerlandais d’administration publique à l’Université de Tilburg et enseignant à l’Académie de police des Pays-Bas. Il travaille principalement sur la démocratie locale et la lutte contre la criminalité. Pieter Tops. - D.R. Pour Pieter Tops la façon d’encadrer au mieux le secteur du cannabis c’est un cadre au niveau international et « une lutte efficace contre les organisations criminelles du secteur ». Quelle sont les connexions entre les organisations criminelles de Belgique et des Pays-Bas actives dans le secteur du cannabis ? La production et le commerce de cannabis en Belgique sont sous contrôle des organisations criminelles néerlandaises depuis longtemps. Mais, plus récemment, des organisations belges en particulier ont repris en main la distribution sur le marché de leur pays, selon l’Institut de recherche international sur les politiques criminelles. Le cannabis produit illégalement en Belgique alimente-t-il partiellement les coffee shops néerlandais ? C’est tout à fait possible. D’autant plus si la production illégale en Belgique est sous contrôle des organisations criminelles néerlandaises. Combien d’efforts et d’argent coûte la lutte contre la production illégale de cannabis à l’Etat néerlandais ? Nous n’avons aucun chiffre fiable à ce sujet… A-t-on une idée de la part du cannabis vendue dans les coffee shops qui serait issue d’organisations criminelles ? C’est sans aucun doute la grande majorité du produit vendu, même si aucun pourcentage ne peut être avancé. Les personnes qui militent pour un encadrement du secteur du cannabis par les Etats avancent que cela permettrait d’affaiblir le crime organisé. En est-on certain et sous quelles conditions cela fonctionnerait-il ? Cela fonctionnerait si nous mettions en œuvre deux conditions indispensables. La première serait d’encadrer le secteur du cannabis récréatif au niveau international ; la seconde de lutter considérablement contre les organisations criminelles du secteur. Et ce malgré l’encadrement. Jonathan Pfund, de la police fédérale: «Des organisations criminelles délocalisent en Belgique» Mis en ligne le 29/04/2019 à 06:00 Par L.Co. Jonathan Pfund est attaché de presse à la police fédérale belge. Jonathan Pfund. - D.R. Les marchés du cannabis aux Pays-Bas et en Belgique sont-ils liés ? Et comment ? Les marchés sont bien entendu intrinsèquement liés, que ce soit au niveau de la production, de la distribution ou de la consommation du cannabis. En ce qui concerne la production, de nombreux producteurs néerlandais utilisent le territoire belge afin de produire du cannabis. Et ce, en raison notamment de la concurrence féroce entre organisations criminelles néerlandaises. Les organisations criminelles qui font pousser du cannabis en grande quantité sur le territoire belge destinent-elles leur marchandise uniquement au marché belge ? Il est certain qu’une partie importante de la production réalisée en Belgique est vouée à l’exportation, essentiellement vers les Pays-Bas. Il est très difficile d’estimer l’importance de cette production mais l’on peut encore raisonnablement affirmer qu’au plus grande est la taille d’une plantation, au plus grandes sont les chances que la production de cette plantation soit destinée à l’exportation, y compris en vue d’une distribution au sein des coffee shops, il s’agit d’une possibilité qui ne peut être exclue. Le fait que les coffee shops soient tolérés aux Pays-Bas, mais pas la production de cannabis, complique-t-il le travail policier des pays voisins ? Il est un fait que l’existence de ce réseau de distribution particulier a une influence en termes de criminalité en Belgique. Bon nombre de consommateurs belges se rendent ainsi aux Pays-Bas en vue d’y acquérir des stupéfiants, générant un flux illégal de drogues entre nos deux pays. Pour ce qui concerne la production, le marché du cannabis néerlandais fait l’objet d’une concurrence féroce ce qui conduit certaines organisations à délocaliser leurs sites dans les pays voisins, dont la Belgique. Source: plus.lesoir.be