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Mon métier : testeur de cannabis
By boogerman,

https://www.neonmag.fr/mon-metier-testeur-de-cannabis-555141.html
Mon métier : testeur de cannabis
  © NEON par NEON6 mai 2020 José est testeur de cannabis au Canada, un job en vogue depuis la légalisation de la marijuana, en octobre 2018. Notre journaliste a suivi son eneignement. Enfin, jusqu’à la première taffe. Après, c’était plus compliqué…
 
Une belle couleur verte. Au nez, des arômes de conifères. Au goût, un fond d’épices. L’effet ? Un soupçon d’euphorie et une envie pressante de s’enfiler des tonnes de chips. José Dominguez, Québécois de 38 ans, note des échantillons de fleurs séchées sur des critères précis. Il est sommelier en cannabis. Chaque mois, l’entreprise canadienne Ahlot lui envoie un lot qui comprend cinq à sept variétés différentes. A lui de les tester, à l’aveugle, et de les évaluer. Un boulot rendu possible depuis que le Canada a légalisé le cannabis à des fins récréatives, en octobre 2018. Depuis, ils sont huit à évaluer les produits d’Ahlot, pour environ 1 000 dollars canadiens par mois (soit 690 euros). Les meilleurs échantillons seront ensuite vendus aux distributeurs autorisés partout dans le pays.
José fume pas moins de 2 500 joints par an. Ce soir, je l’accompagne dans son métier de sommelier. Devant nous, des petits paquets contenant 1 gramme d’herbe chacun. José en ouvre un : « C’est toujours avec ses yeux qu’on goûte en premier. » Nombre de feuilles, allure des trichomes – il s’agit des petites excroissances sur les feuilles et la tige dont la couleur peut aller du blanc laiteux à l’ambré – fleur sèche ou spongieuse… Tout ça permet à l’expert de savoir si la plante a été cultivée avec soin.
Son expertise, José la tient de ses quinze années en tant que cultivateur et de ses trophées. Il a remporté quarante-trois Cannabis Cup, des compétitions pendant lesquelles le meilleur cannabis est désigné par un jury de testeurs.
Je prends une belle tête de beuh entre mes doigts et l’observe de près. Puis j’approche mon nez, ferme les yeux… « Ça sent juste le cannabis », dis-je. J’essaie encore. Pour m’aider, José me montre une sorte de diagramme des goûts, allant de l’ananas au chili, en passant par la terre et la noix. « Trouve le premier mot qui te vient en tête quand tu la sens », me conseille-t-il. Je lance sans grande assurance : « Tropical ? »
Je suis incapable de dire autre chose que : « J’aimais mieux l’autre… »
José effrite la fleur aux ciseaux, puis roule un beau joint. Pur, s’il vous plaît. « Moi, je prends une première taffe à sec, sans allumer. On sent tout de suite un goût », assure l’expert. Je fais de même. Effectivement, un arôme subtil se dépose sur mes papilles. Mon manque d’expérience m’empêche de le définir. On allume. Je tire une première bouffée. José me conseille de taper un peu ma langue sur mon palais et de recracher une partie de la fumée par le nez.
Malgré ses conseils, je ne suis pas capable de détailler le goût de ce que je fume. « C’est la chose la plus difficile à définir, parce que tu as le goût de la combustion qui s’y mêle. » Nous testons ensuite l’autre échantillon. Le goût est totalement différent, mais je suis incapable de dire autre chose que : « J’aimais mieux l’autre… »
Je demande à José ce qui fait une bonne herbe. « C’est un cannabis qui plaît à la majorité, décrit-il. Le goût n’est pas tellement important. Ce qui l’est, c’est qu’il doit être bien cultivé, bien récolté et bien séché. » On tire encore une taffe. Je ne fais plus vraiment l’effort de sentir quoi que ce soit. J’ai un sourire figé. José part dans un monologue dans lequel il m’explique sa vision de la légalisation de la marijuana au Canada. A côté de son travail de sommelier, il conseille Neptune, une entreprise de transformation. Il y travaille sur la meilleure manière de proposer le chanvre sous différentes formes : bonbons, tisanes, crèmes… Il parle et ça me semble absolument interminable, mais intéressant. Je me demande comment je vais faire pour me souvenir de tout ce qu’il me raconte, puisque j’ai arrêté de prendre des notes.
Il semble dans un état totalement normal, contrairement à moi
Je fixe sa montre gravée de feuilles de cannabis et me rends compte à quel point c’est une passion pour lui. « Je vais le terminer, si ça te va », me dit-il en reprenant le joint en main et en enchaînant. Je perds le fil. Puis il se lève, me laisse quelques échantillons de sa récolte personnelle, « rien que des variétés primées », précise-t-il. Il semble dans un état totalement normal, contrairement à moi qui me demande encore comment je vais faire pour me cuisiner quelque chose. Il me lâche en passant le pas de la porte : « Weed makes friends » (le cannabis fait les amis).

Delphine Jung
Article publié dans le magazine NEON en Février-Mars 2020
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By mrpolo,
Des articles beauté aux vidéos des influenceuses, les soins à base de cannabis sont partout en ce moment. Zoom sur leurs bienfaits miraculeux !
 

Si à l'origine le cannabis est connu pour son aspect récréatif, ce dernier cache en vérité de nombreux bienfaits. Longtemps pointé du doigt car illégal et controversé, il est pourtant de plus en plus présents dans la composition de produits de beauté.
Même s’il fait certes partie de la même famille que celui utilisé pour fumer (canabis indica), il reste un cousin très éloigné. Issu de l'huile de chanvre, le cannabis sativa ne contient pas de THC (tétrahydrocannabinol), la fameuse substance psychotrope. Utilisé par l’industrie cosmétique il est un sous-genre de cannabis très régulé qui n’en contient qu’une dose infime (inférieure ou égale à 0,2%) dans les parties vertes. La possibilité de voir apparaître des moutons roses gambadants dans la prairie est donc réduite à néant.
Les bienfaits du cannabis sativa
Cultivée depuis des siècles sans traitement chimique, cette plante nécessite que peu d'entretien, seules quelques gouttes d'eau lui suffise. Riche en oméga 3 et en oméga 6, ainsi qu'en acides gras essentiels, elle est idéale pour la peau puisqu'elle redonne de l'élasticité en renouvelant le film hydrolipidique. L'huile de chanvre est donc idéale contre les premiers signes de l'âge et pour hydrater les peaux matures. Mais pas que ! En effet, elle est aussi idéale pour les peaux à tendance acnéiques puisqu'elle régule l'excès de sébum qui est responsable de l'apparition des boutons et des points noirs.
Les marques qui prônent les vertus du cannabis
De nombreuses marques ont su détecter les vertus du chanvre et en ont décliné de nombreux produits de beauté. Parmi elles The Body Shop, Patchology, Sephora... Et surtout Ho Koran. La marque 100% made in France cultive le chanvre et le transforme en Bretagne. Entièrement dédiée à l'innovation scientifique que recèle cette plante, elle a imaginé une gamme de soin complète.
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By Indi-Punky,
Dans le contexte actuel, La Lune sur le Toit en partenariat avec Reggae.fr offrent en libre accès pendant le confinement :
- le film Reggae Ambassadors La légende du reggae, d'Alexandre Grondeau et Andréa Dautelle, Prix Coup de Coeur 2017 de l'Académie Charles Cros, sur www.reggae.fr   - le livre Ici et Maintenant Génération H, d'Alexandre Grondeau, 4ème volet de sa série littéraire culte Génération H, dont il offre un chapitre sur son compte facebook chaque jour ou presque.  
 
 
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By mrpolo,
Tabac, alcool et produits de vapotage n'ont heureusement pas été interdits. Mais il va falloir compter avec les multiples conséquences de la pénurie en cannabis.

«Une dépendance grave à une substance licite vaut toujours mieux qu'une dépendance de moindre gravité à une substance interdite», déplore le Dr William Lowenstein, président de SOS Addictions. | realworkhard, ponce_photography et gjbmiller via Pixabay
 
Il croyait très bien faire. Lundi 23 mars, Ziad Khoury, préfet de l'Aisne, prenait un arrêté interdisant toutes les ventes d'alcool à emporter dans l'ensemble du département. Objectif: réduire les risques de violences intra-familiales inhérentes aux imprégnations alcooliques dont il pensait qu'elles seraient plus fréquentes durant la longue période de confinement.
 
Las, devant les réactions de plusieurs spécialistes de la prise en charge des addictions le préfet faisait, dès le lendemain, marche arrière. Il n'avait pas saisi que, dans ce domaine aussi, le mieux peut vite se révéler l'ennemi du bien. «À part promouvoir, dans ce département, la distillation au domicile et surcharger les urgences et services hospitalier pour delirium tremens, je ne voyais guère l'intérêt de cette mesure préfectorale», explique le Dr William Lowenstein, président de SOS Addictions.
 
Les spécialistes des addictions n'ont pas su se faire entendre en Polynésie française, où cette interdiction a été imposée. Idem au Groenland où le gouvernement a, le 28 mars, annoncé l'interdiction de la vente d'alcool dans la capitale Nuuk et sa région pendant le confinement qui doit durer, au minimum, jusqu'au 15 avril. Là aussi, l'objectif affiché est de limiter les violences domestiques. «Dans une situation aussi particulière, nous devons prendre de nombreuses précautions pour éviter l'infection. Mais le cœur de ma décision est de protéger les enfants, ils doivent avoir un foyer sûr», a expliqué le chef du gouvernement groenlandais.
 
L'alcool, une «première nécessité» paradoxale
Comment comprendre que l'interdiction de pouvoir acheter un produit potentiellement toxique ne soit pas une priorité de santé publique? Car il ne fait aucun doute que les contraintes inhérentes au confinement et à son prolongement dans la durée augmentent les incitations à consommer –certain·es avançant que l'alcool peut être considéré comme «un achat de première nécessité».
 
«On ne va pas forcément développer une dépendance, mais l'effet de groupe des apéros par vidéo par exemple peut créer une habitude et une propension à consommer tous les jours. Cependant, une personne qui ne buvait pas avant ne va pas s'y mettre», explique Selma Archier, psychologue addictologue dans une association à Montreuil. «En réalité, c'est la peur, l'anxiété, le fait de ne pas voir de fin à ce confinement qui augmente le stress et peut créer un besoin d'alcool autant que sa surconsommation. Dans ce contexte, les gens qui sont seuls sont des personnes encore plus à risque, pour gérer ces émotions négatives qui peuvent pousser à boire.»
 
Dès lors, en quoi interdire la vente pourrait-elle être une mesure contre-productive? «La décision du préfet de l'Aisne, qui partait d'une bonne intention, n'était pourtant pas aussi pertinente qu'on pourrait le penser a priori, explique, au risque de surprendre, l'Association nationale française de prévention en alcoologie et en addictologie (Anpaa). En effet, si l'alcool est souvent impliqué dans la survenue de violences familiales, comme facteur favorisant ou causal, cela ne saurait justifier l'interdiction totale à l'ensemble d'une population.»
Fédération Addiction Pour l'Anpaa comme pour tou·tes les spécialistes, les contraintes nées du confinement peuvent générer ou exacerber les violences dans certains couples. Pour autant l'arrêt de toutes les ventes d'alcool entraînerait immanquablement chez nombre de personnes dépendantes des phénomènes de sevrage aigu aux conséquences immédiates plus graves que le maintien de la consommation, même excessive.
 
L'initiative du préfet de l'Aisne a aussi alimenté une réflexion plus large au sein de la Fédération Addiction sur le thème des usages et addictions en temps de confinement. Elle a ainsi permis de rappeler que, pour les personnes qui en souffrent, l'addiction «est un enfermement, une prison dont elles peinent à s'extraire alors même que leur vie en devient impossible». La Fédération rappelle aussi qu'on a longtemps cru les aider en les enfermant dans des hôpitaux ou des asiles avant d'en reconnaître l'échec. «Aujourd'hui, pour les millions de Français dépendants de substances, légales ou non, le confinement pose avec une nouvelle acuité l'éternel problème de gérer une dépendance dans un contexte de crainte de pénurie.»
Parer à l'angoisse du manque
Ceci est lié à un phénomène bien connu des soignant·es comme de leurs patient·es: l'angoisse cardinale de l'addict est celle du manque. Et l'angoisse, le stress sont les moteurs essentiels du besoin irrépressible de consommer, du craving. Cette situation d'angoisse du manque doit donc non seulement être prise en charge, pour apaiser, mais aussi pour réduire les risques de débordements, d'agressivité, de troubles du comportement, de violences, de prises de risques, d'overdoses, etc.
 
Les personnes qui ignorent ces réalités pathologiques ont pu voir dans l'instauration du confinement une chance à saisir pour que «les addicts arrêtent de consommer». C'est ainsi que certain·es se sont étonné·es de voir que les accès au tabac et aux boissons alcooliques avait d'emblée été préservés par le pouvoir exécutif. On vit ainsi, aussitôt réactivé, le mythe du «ce n'est qu'une histoire de volonté» et celui de la prohibition décrétée comme solution unique et définitive. «Le confinement deviendrait un instrument, une sorte d'abstinence obligée grâce à une claustration salvatrice, observe la Fédération Addiction.
 
Or c'est l'inverse qui nous semble être nécessaire: il faut assurer une garantie absolue d'approvisionnement en produits de dépendance, pour pouvoir ensuite aider ceux qui le souhaiteront à réduire ou à arrêter.»
 
Garantir l'accès en tabac et en alcool, certes mais ce n'était pas suffisant. C'est pourquoi plusieurs associations spécialisées (comme la Fédération Addiction ou #sovape) ont très vite réclamé la réouverture des boutiques de vape. Une demande très rapidement entendue et accordée par Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé, qui s'était déjà prononcé, avant d'être à ce poste, en faveur de cette méthode de réduction des risques tabagiques. Il en fut de même pour la facilitation de la délivrance des traitements de substitution aux opaciés (TSO) aux personnes souffrant de formes graves de toxicomanies.
 
Et les mêmes questions se posent, avec une plus grande complexité, pour les personnes dépendantes vivant dans le dénuement et, elles aussi, soumises au confinement. Au risque de heurter il faut, du moins si l'on veut que les sans-abri se rendent dans les «centres d'hébergement spécialisés», leur garantir l'approvisionnement en tabac, en alcool, en benzodiazépines et autres TSO. «C'est une condition sine qua non pour qu'ils acceptent d'y entrer et d'y rester –et pour que les troubles du comportement soient limités», expliquent les spécialistes de la Fédération Addiction.
 
On pourrait même imaginer, autre paradoxe, que dans ce cadre une prise en charge fondée sur la réductions des risques pourrait aider certain·es à souhaiter aller plus loin et à décrocher. Toujours selon la Fédération Addiction, quelques premières observations faites pendant le confinement dans certains centres de soins d'accompagnement et de préventions des addictions (CSAPA) sont encourageantes: les niveaux de consommation d'alcool baissent, malgré le stress, beaucoup de résident·es confiné·es expliquant que «c'est l'occasion ou jamais d'arrêter».
L'hypocrisie concernant le cannabis
Mais tout, ici, n'est pas dit par les canaux officiels. Car s'intéresser au confinement et aux addictions c'est, aussi et, traiter des drogues illicites. On vit ainsi des messages sanitaires interministériels mettre en garde contre «la consommation régulière de produits inhalés (tabac, cannabis, cocaïne, crack, etc.)», car de nature à augmenter le risque d'infection et de forme sévère de Covid-19. «Or chez certains, de telles consommations sont responsables d'une toux qui par elle-même favorise la transmission du virus à son entourage, y compris en cas d'infection sans symptôme», ajoutaient ces mêmes messages.
 
«Pour ne parler que du cannabis, l'actuel confinement va conduire à bien malaises individuels, à bien des impasses sociales, nous explique le Dr William Lowenstein. Les mesures de confinement font qu'il nous faut aujourd'hui compter avec les fermetures des frontières et toutes leurs conséquences en matière d'approvisionnement. Elles vont ainsi peut-être réussir là où la prohibition aveugle avait lamentablement échoué: ralentir les trafics et réduire massivement le volume des consommations.»
 
Une situation qui n'a rien de rassurant, selon l'addictologue: «Certains s'en réjouiront, mais ce n'est pas notre cas. Ce ne sera pas le cas non plus des personnes souffrant de maladies chroniques qui s'auto-médiquent avec les principes actifs du cannabis. Ce ne sera pas non plus le cas des policiers ou des pompiers œuvrant dans les cités. Et ce sera encore moins les cas des prisonniers et de l'administration pénitentiaire puisque que l'annulation des parloirs signifie tout simplement, aussi, la fin des approvisionnements.»
 
Dr William Lowenstein, président de SOS Addictions À l'annonce du confinement plus d'un million de Français·es se sont, selon le Dr Lowenstein, précipité·es dans les lieux de deal pour faire des provisions. Mais ces dernières se tariront bientôt. Or la dépendance au cannabis existe bel et bien avec, corollaire, un syndrome de sevrage (troubles de l'humeur, du sommeil, de l'appétit, irritabilité) qui ne présage rien de bon pour l'équilibre individuel et familial, pas plus que pour l'apaisement carcéral.
 
«Mais voilà, notre pays a sagement décidé de laisser ouverts les débits de tabacs, les magasins des cavistes ou les boutiques de vape. En revanche il ne peut laisser ouverts ses coffee shops puisque nous n'en avons toujours pas, observe le président de SOS Addictions. Nous sommes rattrapés par l'hypocrisie récurrente de nos responsables politiques puisque nous avons opté depuis bien longtemps déjà pour une économie parallèle teintée de violences. Une politique qui aujourd'hui ne nous permet pas de déclarer un plan de soutien pour assurer la continuité de la consommation devenue primordiale pour des centaines de milliers de personnes. Comment pourrions-nous soutenir le commerce des “mafias sans frontières” alors que nous sommes officiellement en guerre contre elles?»
 
Une substance illicite mais aux moindres conséquences
Comment la France, plus grosse consommatrice de cannabis au sein de l'Union européenne, pourra-t-elle assumer les conséquences de ses ambivalences, de ses errances, faute de vouloir avancer vers une dépénalisation assumée, préalable à une légalisation encadrée et taxée? «Cela tombe vraiment mal, ajoute, provocateur, le Dr Lowenstein. Car pour tuer le temps douloureux ou anxieux, pour aider à ne rien faire, le cannabis, ce dopant du presque rien, est une substance psychoactive très efficace. Verra-t-on sous peu des livraisons de pochons via Amazon? L'Agence française du médicament va-t-elle accorder des “autorisation temporaires d'utilisation thérapeutique” de cannabis à aller chercher sans encombre dans les cités? Non, bien sûr.»
 
Alors? «La réponse est connue, dit-il. En confinement urbain comme dans les prisons, ce sera la substitution par les médicaments anxiolytiques à moyennes ou fortes doses, et peu importe que leur indice addictogène soit trois à quatre fois supérieur à celui du cannabis; peu importe que le sevrage brutal des benzodiazépines soit (avec celui de l'alcool) le seul sevrage aux risques mortels (état de mal comitial). C'est tristement ainsi: en 2020, dans une France confinée, une dépendance grave à une substance licite vaut toujours mieux qu'une dépendance de moindre gravité à une substance interdite.»
 
Par Jean-Yves Nau
Source: slate.fr
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By mrpolo,
"Tant que les cultures ont consommé du cannabis, la pratique de partager un joint entre amis a été une pratique sociale courante", a déclaré Erik Altieri, directeur exécutif de NORML, un important lobby pro-cannabis américain.
 
 

 
"Mais compte tenu de ce que nous savons sur COVID-19 et sa transmission, il serait utile pendant cette période de mettre un terme à ce comportement", a-t-il déclaré dans un communiqué.
 
Risque élevé
Il a également appelé les utilisateurs à ne pas partager les différents outils qu'ils pourraient utiliser pour fumer de la marijuana – y compris les bangs, les pipes ou les stylos de vapotage – et à les nettoyer avec du gel désinfectant.
Optez pour les produits comestibles et les teintures
"L'utilisation de produits comestibles ou de teintures peut éliminer complètement l'exposition à la fumée", a déclaré Altieri dans le communiqué.
 
Selon NORML, environ 25 millions d'Américains ont fumé de la marijuana au cours de la dernière année.
La drogue est légale à différents niveaux – à des fins récréatives et médicinales – dans 47 des 50 États, bien qu'elle soit toujours classée comme une substance très restreinte au niveau fédéral, de la même manière que le LSD, la cocaïne ou l'héroïne.
 
– Par © Agence France-Presse
Source: barbanews.com
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By mrpolo,
Dans le contexte parfois pesant et inquiétant du coronavirus, les gendarmes ardéchois ne manquent pas d’humour afin d’évoquer la lutte contre les produits stupéfiants.
 
« Vous avez récemment fait l’acquisition d’un peu de marijuana ? Vous avez des doutes sur le fait qu’elle puisse être contaminée par le Coronavirus Covid-19 ? Présentez-vous à la brigade de votre lieu de domicile, on testera votre marchandise », écrit le groupement de gendarmerie de l’Ardèche sur un post publié, mardi 10 mars, sur les réseaux sociaux.
 
  Et d’ajouter : « Pour une plus grande efficacité et une meilleure fiabilité des résultats, fournissez-nous l’identité de la personne qui vous l’a vendue ainsi que tous les éléments que vous avez sur la filière d’approvisionnement, on s’occupera du reste. Notre procédure fonctionne également pour la résine de cannabis, la cocaïne, l’héroïne et un grand nombre d’autres substances. » 
 
Source: ledauphine.com
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By mrpolo,
Pour produire du cannabis thérapeutique "made in France", "on a tout ce qu'il faut, il faut juste avoir les autorisations pour démarrer": au salon de l'agriculture, l'impatience des professionnels est palpable, à quelques mois d'une première expérimentation sur 3.000 patients dans le pays.

 
Les premiers traitements sous forme d'huile de cannabis ou fleurs séchées doivent être distribués dès septembre à 3.000 patients souffrant de cinq types de maladies ou d'affections graves
Tinnakorn Jorruang / IStock.com
  Au sein du "village" des semenciers, certains acteurs profitent du salon pour une opération séduction. Confiture au chanvre, dégustation de graines vantant leur apport protéiné, lait relaxant au CBD (cannabidiol, la molécule non psychotrope du cannabis, ndlr): loin des volutes de fumée, les projecteurs sont braqués sur les utilisations très variées de la plante.
Mais hormis ces applications "bien-être", c'est surtout l'usage médical qui intéresse.
Les premiers traitements sous forme d'huile de cannabis ou fleurs séchées doivent être distribués dès septembre à 3.000 patients souffrant de cinq types de maladies ou d'affections graves - certaines formes d'épilepsies, de douleurs neuropathiques, d'effets secondaires de chimiothérapie, de soins palliatifs ou de scléroses en plaques. Mais la production sera, dans un premier temps au moins, étrangère: de quoi frustrer le monde agricole.
"Il faut absolument qu'on soit en capacité au niveau français de mettre en place cette nouvelle filière" thérapeutique, martèle le député LREM de la Creuse Jean-Baptiste Moreau, en visite sous sa nouvelle casquette de rapporteur général de la mission parlementaire sur les usages du cannabis, lancée fin janvier.
A l'heure actuelle, la loi française empêche toute production médicale. Impossible de cultiver des plants de cannabis contenant plus de 0,2% de THC - tétrahydrocannabinol, molécule psychotrope du cannabis, à l'effet planant, ndlr - et d'en récolter les fleurs.
Une interdiction dont InVivo, l'un des premiers groupes coopératifs agricoles français, espère s'extraire: il a déposé une demande d'autorisation à l'Agence du médicament (ANSM) depuis deux semaines, pour bénéficier d'une exception à titre expérimental.
"Globalement, il va nous falloir 18 mois pour s'assurer que la plante a une composition standardisée et qu'on a un médicament au sens pharmaceutique du terme", assure Yves Christol, directeur général d'InVivo Food & Tech. Il est prêt à investir 10 millions d'euros et compte développer une variété spécifique pour chaque pathologie ouverte à la prescription.
 
- Retard français -

Le groupe souhaite "prendre le relais des importations dans deux ans", lorsque l'expérimentation du cannabis thérapeutique prendra fin, puis conquérir le marché mondial grâce au développement génétique de variétés à usage médical, une innovation qui garantit le caractère identique des plantes.
A terme, les cinq indications thérapeutiques autorisées par l'ANSM représentent "environ 300.000 patients" en France, selon le groupe. Pour leur assurer une production d'environ un gramme par jour, "on a besoin de sept hectares, soit un seul centre commercial", assure M. Christol.
InVivo souhaite former pour cela "un consortium qui va de la graine au patient", rassemblant divers acteurs publics et privés, dont l'Institut national de la recherche agronomique (Inrae). Les cultures, ne seraient pas menées sous serre ou en plein champ, mais "uniquement en bâtiments".
Et le groupe n'est pas le seul sur les rangs: le département de la Creuse veut également devenir un "pôle d'excellence", capable de fournir du cannabis thérapeutique.
Mais au sein de la filière, la modification indispensable du cadre légal fait figure d'arlésienne. En Maine-et-Loire, le semencier Hemp It compte déjà dans son catalogue des graines permettant de faire pousser des plants de cannabis illégaux. Depuis deux ans, il réclame d'expérimenter, "sans aucun retour" des autorités, soupire son président, Jacques Martin.
Après avoir fait voter l'expérimentation du cannabis thérapeutique en tant que député, "Olivier Véran est aujourd'hui ministre de la Santé, donc normalement cela devrait aider", espère Nathalie Fichaux, directrice d'InterChanvre, l'interprofession qui rassemble les 1.500 producteurs de chanvre.
Les acteurs français s'impatientent, d'autant que la concurrence internationale a plusieurs longueurs d'avance. Soumis à une législation plus souple, l'américain Tilray et les groupes canadiens comme Canopy Growth et Aurora ont des années de savoir-faire. D'autres challengers, comme le hollandais Bedrocan ou le britannique Emmac Life Sciences, ont également des vues sur le marché hexagonal.
Face à ces offres, une production française garantirait "un prix accessible", avance M. Christol, en pointant les écueils des cas allemands et italiens. Après une phase d'expérimentation comme en France, les producteurs étrangers ont avalé le marché thérapeutique de ces pays et ont fortement relevé leurs tarifs.
 
Source: laprovence.com
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By bigbudybud,
Comment Culture Indoor profite du cannabis sans jamais en parler
FRÉDÉRIC BRILLETPUBLIÉ LE 25/01/2019 À 12H30MIS À JOUR LE 25/01/2019 À 12H36     En quelques années, Culture Indoor est devenu le numéro un français des growshops, ces magasins dédiés aux amateurs de cultures en intérieur de toutes sortes y compris illicites. Et ce grâce au système de la franchise et à une clientèle qui préfère cultiver à domicile plutôt qu’acheter dans les cités. Mais avec la saturation du marché, les ventes s’essoufflent.
On a connu commerce plus avenant. Dans la vitrine poussiéreuse, des plantes anémiées se morfondent. Ici, des sacs d’engrais s’empilent. Là, des chambres de culture découvrent leur revêtement intérieur métallisé éclairé par de puissantes lampes qui éblouissent le visiteur. Contre le mur défraîchi s’appuient des cartons contenant des extracteurs d’air ou d’odeur. Chez Culture Indoor, une franchise dédiée au jardinage en intérieur présente dans toute l’Europe, on se soucie manifestement peu du merchandising.
Officiellement, comme dans tous les “growshops”, les clients y viennent pour cultiver des fleurs, légumes ou plantes aromatiques dans un coin de leur salon ou au fonds de leur placard. Mais dans les points de vente visités, des indices ça et là laissent aisément deviner la nature et la finalité des récoltes. Chez Culture Indoor, on trouve des engrais comme la bien nommée marque Canna. Et puis que viennent faire dans une jardinerie ces pipes à eau pour fumeurs? Cet autocollant qui reproduit le logo d’un célèbre coffee-shop hollandais?
 
Voilà donc une franchise un brin hypocrite. Mais à l’instar des quelque 230 growshops que compte la France, Culture Indoor n’a d’autre choix que de cultiver l’ambiguïté. Elle doit feindre d’ignorer l’usage que la grande majorité de ses clients font de ses produits, puisque la culture du cannabis demeure illégale, fût-ce à des fins de consommation personnelle. C’est pourquoi les propos entre initiés entendus dans les points de vente demeurent bien anodins.
“On y échange avec les vendeurs sans jamais prononcer le mot interdit car on se comprend à demi-mot. Des grand-mères innocentes entrent parfois demander conseil pour leur orchidée, ça nous amuse beaucoup” confie Julien, client de cette enseigne qui est parvenue à prendre le leadership en à peine dix ans. Non contente de contrôler plus de la moitié du marché intérieur avec 131 magasins sur le territoire national, Culture Indoor en a bouturé 34 d’autres hors des frontières, essentiellement en Europe.
La tête de réseau emploie directement une vingtaine de personnes mais en fait vivre plusieurs centaines si l’on compte l’effectif des points de vente. Et selon les comptes déposés au tribunal du commerce, elle aurait réalisé un chiffre d’affaires de 15,5 millions en 2017 pour un résultat net de 288 058 euros.
 
Culture Indoor a bâti son succès sur une consommation en hausse régulière malgré la prohibition: selon le “Baromètre santé 2017 sur les usages en France de substances psychoactives illicites”, près d’un adulte de 18 ans à 64 ans sur dix (11 %) et un adulte de 18 ans à 25 ans sur quatre (26,9 %) a fumé du cannabis au moins une fois dans l’année. Une consommation qui passe de plus en plus par l’autarcie pour la clientèle mature. “Je me vois mal à mon âge acheter dans une cité un produit dont j’ignore la qualité, au risque de passer une nuit au poste” résume Julien, un restaurateur quadragénaire.
Mais comment Culture Indoor a t-il émergé face à la concurrence sans avoir de souci avec la loi française, l’une des plus répressives d’Europe? Pour le savoir, Capital a sollicité Frédéric Tordjman, qui a fondé cette PME en 2009. Mais ce patron trentenaire qui semble avoir pour devise “pour vivre heureux vivons caché” décline les interviews.
Heureusement, des spécialistes du cannabis business et des franchisés de l’enseigne se montrent plus prolixes. “Pendant longtemps, ce secteur a été dominé par des commerces indépendants. Culture Indoor a lancé sa franchise en cassant les prix, ce qui lui a permis de les laminer” résume Aurélien Bernard, rédacteur en chef du site d’informations Newsweed.
 
Bénéficiant de meilleures conditions d’achat du fait de la puissance de sa centrale, le distributeur a conforté sa domination par une communication en ligne agressive. “Il investit beaucoup dans la publicité par mot-clé sur Google, c’est ça qui fait venir des gens dans mon magasin. Les concurrents ne peuvent suivre face à ce rouleau compresseur. Nous proposons aussi une large gamme de quelque 7000 références” précise un franchisé.
Autre élément du succès, l’extrême prudence. “Culture Indoor s’abstient de participer aux salons du cannabis qui se tiennent en Europe, y compris à Expogrow qui draine à la frontière franco-espagnole les acteurs français du secteur. Il refuse de se mouiller et de voir son nom associé à la plante” résume Olivier, rédacteur en chef du magazine spécialisé Soft Secrets. Dans le même esprit, le distributeur exclut de son site de e-commerce les produits trop connotés. Certes, en cherchant bien on y trouve un joli assortiment de briquets et cendriers, des fausses piles, pierres ou canettes servant à cacher… ma foi ce que l’on veut.
Mais pas question pour le franchiseur de vendre des pipes à eau, des T-shirts arborant une feuille de cannabis ou du cannabis légal dit CBD et qui abondent sur les sites des entreprises opérant depuis l’étranger. “La direction nous déconseille aussi de le faire car on frôle la ligne rouge”, explique un franchisé. En France, la loi réprime en effet l’incitation à la consommation et toute présentation de substances illicites sous un jour favorable, même s’il n’y a pas de vente du produit concerné. Reste que les revendeurs qui ont droit d’acheter une petite partie de leur assortiment hors du catalogue Culture Indoor ne tiennent pas tous compte de ce conseil. Mais s’ils ont maille à partir avec la justice pour cette raison, la tête de réseau pourra toujours arguer qu’elle n’y est pour rien.
 
Malgré le savoir-faire et la notoriété de l’enseigne chez les consommateurs, les franchisés ont subi ces dernières années une contraction des ventes, de 20% chez certains. Un repli découlant de la concurrence des sites de e-commerce et de la saturation du marché. Le nombre de fumeurs qui aspirent à planter pour leur consommation personnelle n’est pas extensible: une fois qu’on lui a vendu un kit complet (un consommateur régulier peut débourser entre 1000 et 1500 euros pour un équipement avec chambre de culture pour abriter les plants, lampes, humidificateur d’air, extracteur d’odeur…) le client ne revient guère que pour acheter des consommables comme les engrais et du substrat (billes d’argile, fibres de coco…). Pour compenser cette conjoncture médiocre, Culture Indoor qui aspire à compléter sa couverture du territoire a supprimé le droit d’entrée et les royalties dont devaient s’acquitter ses franchisés, explique l’un d’eux.
 
 
Cela suffira-t-il à redynamiser la chaîne? Pas sûr. La France subit en effet un handicap supplémentaire par rapport à ses voisins, constate Thomas Duchêne, cofondateur et président de Plantasur, un grossiste basé en Espagne qui exporte du matériel de jardinage, des engrais et graines de cannabis dans 35 pays. “La réglementation manque de clarté. Les growshops se sentent en insécurité juridique, ça n’incite pas à investir”.
D’un côté, les autorités brident les ventes de cannabis CBD, une variété pourtant dépourvue de THC, la substance psychoactive de la plante. Ferment des growshops qui conseillent trop explicitement leurs clients ou vendent simultanément du matériel pour cultiver et des graines de cannabis dites de collection (elles sont en vente légale mais il est interdit de les planter). De l’autre, ces mêmes autorités laissent la grande majorité des magasins qui respectent cette ligne rouge opérer en toute tranquillité, bien que leur raison d’être soit un secret de Polichinelle.
 
La raison? La police et la justice auraient d’autres priorités. “On n’a jamais vu des bandes s’affronter pour le contrôle d’un magasin vendant des lampes et des engrais. Les growshops et leurs clients rapportent des taxes, ne créent pas de troubles à l’ordre public, contrairement au trafic de rue. Donc ils sont tolérés. On est déjà dans un marché gris” conclut Thomas Duchêne.
 
Source : 
 
 
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By mrpolo,
ENQUÊTE - L’expérimentation en France, qui sera lancée en septembre prochain par l’ANSM, prévoit l’importation de traitements à base de cannabis. Les entreprises canadiennes espèrent conquérir ce marché mais une filière nationale veut voir le jour.
    La serre de l’usine Tilray, au Portugal. Paul Carcenac / LE FIGARO
De notre envoyé spécial à Cantanhede (Portugal)
Une odeur herbacée envahit les narines du visiteur. Puissante, entêtante. Quelques secondes plus tard, comme dans un mirage, surgit une serre de 2,4 hectares, cernée de barbelés. Un peu plus loin, de hauts bâtiments gris, contrôlés par des agents de sécurité zélés. Nous sommes dans le saint des saints, le centre de production de cannabis thérapeutique - donc légal - de Tilray, à Cantahede au Portugal. «Il y a quatre ans, il n’y avait ici qu’un champ vide», s’enthousiasme Dounia Farajallah, directrice de la filliale française de cette entreprise canadienne, l’un des leaders mondiaux du secteur. Désormais, plus de 200 personnes se relaient jour et nuit pour faire pousser des milliers de pieds de 43 variétés différentes de cannabis. Ils atteignent plusieurs mètres de hauteur, alimentés en lumière par des lampes surpuissantes.
Les employés confectionnent huiles, gélules et fleurs séchées à inhaler, à destination de plusieurs pays européens: Allemagne, Irlande, Royaume-Uni, Croatie, Chypre... Le volume exact de production est un secret bien gardé, concurrence oblige. Les dirigeants de Tilray ont investi 20 millions d’euros dans ces installations futuristes, certifiées Bonnes pratiques de fabrication (BPF) par l’Agence européenne du médicament.
En ce moment, un dossier stratégique occupe tout particulièrement les dirigeants. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) - en France, donc - lance en septembre prochain une expérimentation pour deux ans. Les entreprises qui fourniront des produits aux 3000 premiers patients français seront bientôt choisies. Épilepsies sévères, maladies nerveuses, soins palliatifs, sclérose en plaques ou effets secondaires des chimiothérapies... «C’est pour les malades en échec thérapeutique, qui n’ont pas d’autre solution», martèle Dounia Farajallah.
 
 
Être présent dès maintenant sur le marché hexagonal est capital pour les sociétés canadiennes. Ces multinationales souvent cotées en Bourse, comme Tilray, Canopy Growth ou Aurora, ont une longueur d’avance en termes de savoir-faire. Le cannabis médical y est autorisé depuis 2001.
Ces firmes tentaculaires sont pourtant sous pression. Le secteur boursier a subi une sévère correction ces derniers mois. Tilray a perdu 60% de sa capitalisation depuis août. Canopy Growth et Aurora ont lâché respectivement 38% et 75%. Le secteur médical à l’international, estimé à 55,8 milliards d’euros à l’horizon 2025 par le cabinet Grand View Research, ne grossit pas assez vite au goût des investisseurs. Tilray a dû se résoudre il y a quelques jours à se séparer de 10% de ses collaborateurs, pour réduire ses coûts.
D’autres firmes ont également des activités dans le cannabis récréatif. Et là aussi, au Canada, les résultats ont déçu depuis la légalisation en 2018. Chaque bonne nouvelle est donc aujourd’hui une aubaine pour rassurer. «Il y avait une surestimation de la demande et de la rapidité de l’évolution de la législation dans le monde. La courbe est lente. Il faut faire de la pédagogie», rassure Hélène Moore, directrice québécoise de la branche française d’Aurora, mastodonte du secteur implanté dans 25 pays.
Chez Tilray, les normes sont strictes autour de la plante. Paul Carcenac / Le Figaro
Ces géants canadiens le jurent: ils ne se contentent pas de livrer du cannabis. Ils investissent dans les pays où ils fournissent des traitements. En Allemagne, où Aurora est dominant sur le marché avec 4 tonnes de commandes, le groupe construit des serres près de Leipzig. Tilray assure de son côté vouloir contribuer à l’économie française. «Même si la production restait basée au Portugal, nous créerons des emplois en France. Il faudrait alors des équipes de médecins-conseils, des délégués médicaux, des juristes, des livreurs...» énumère Dounia Farajallah.
Aucune industrie française
Face à eux, des challengers européens se positionnent, comme le hollandais Bedrocan ou le britannique Emmac Life Sciences. Ce dernier, qui ambitionne de devenir leader sur le Vieux continent, possède aussi un site de production au Portugal et livre huit pays. «C’est important, dans ce domaine, d’être des experts locaux», confie le directeur général Antonio Constanzo. Pour preuve, le rachat en juin dernier de l’entreprise corrézienne Green Leaf, spécialisée dans le CBD (substance non-euphorisante issue du cannabis, dont la commercialisation est autorisée mais très encadrée). Emmac joue la carte de la proximité. «On a une empreinte carbone plus réduite que nos concurrents et nous avons une vraie compréhension culturelle des pays où nous sommes actifs», poursuit François Xavier Nottin, directeur France et Benelux de la firme.
 
 
L’ANSM a récemment confirmé qu’elle aurait recours «à des producteurs étrangers» pour les deux ans d’expérimentation. Sept d’entre eux ont été auditionnés l’an passé par un comité d’experts. Toutefois, «si un producteur national est en capacité de répondre aux critères (...), il pourra être retenu», a garanti la directrice générale adjointe de l’ANSM, Christelle Ratignier-Carbonneil il y a quelques jours.
Des traitements de la firme Tilray, à base d’huile de cannabis. Paul Carcenac / Le Figaro
Il est cependant absolument impossible pour une industrie française de se positionner face à ces géants. Sauf à des fins de recherche, la loi ne permet pas de cultiver du cannabis à forte teneur en THC (le cannabinoïde utile en pharmacologie, mais aussi classé comme stupéfiant). La députée LREM Emmanuelle Fontaine-Domeizel, suppléante de Christophe Castaner dans les Alpes-de-Haute-Provence, s’inquiète du retard pris. «Je souhaiterais que l’on puisse créer une filière made in France, avec les agriculteurs et les extracteurs, bouillonne-t-elle. Il faut qu’ils puissent vivre de leur travail. Que le Canada vise la France pour un quelconque marché, on l’entend. Mais on veut avoir notre rôle à jouer dans cette affaire».
Des acteurs tricolores fourbissent quand même leurs armes, notamment l’union de coopératives InVivo, leader français du chanvre industriel (utilisé principalement dans le textile). Le groupe veut lancer un grand consortium de cannabis thérapeutique sous serre. «On veut faire de la R&D dès le lancement de l’expérimentation. Nous serons ensuite en mesure de prendre le relais des produits d’importation d’ici deux ans», promet Yves Christol, le directeur général d’Invivo food and tech. «Tout pourra commencer quand l’ANSM nous donnera une autorisation», poursuit-il.
De plus petits agriculteurs attendent aussi un feu vert des pouvoirs publics, comme on le leur a promis. La Creuse, notamment, veut devenir un champion du secteur. Dans ce département, en avril dernier, Édouard Philippe est venu signer le Plan pour la revitalisation du bassin d’emploi comprenant un volet sur le développement d’une filière locale du cannabis thérapeutique. Des agriculteurs comme Jouany Chatoux, membre du syndicat professionnel du chanvre, sont prêts. «Nous avons un ancien site militaire, un bunker sous terre. On travaille à la création d’un pôle d’excellence. Tout est prêt mais cela devient urgent.
Les ministères et l’ANSM se renvoient la balle. C’est un peu le flou artistique», déplore-t-il. «Il faudra, après les deux ans de test, laisser la place aux acteurs locaux! Sinon on va louper ce marché...» La hantise des Creusois reste l’exemple allemand, où une fois l’expérimentation terminée, les multinationales canadiennes Aurora et Aphria ont avalé le marché légal. Un seul acteur local, Demecan, s’est fait une place au soleil. Mais il s’agit d’une joint-venture avec l’entreprise Wayland basée... dans l’Ontario.
Par Paul Carcenac
Source: lefigaro.fr
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By TEAM CannaWeed,
Hola, 
 
Nous perdons une personne qui a beaucoup laissé dans le milieu cannabique tant par son savoir que ses strains... 
 

 
RIP Subcool... 
 
 
Après plusieurs années de lutte contre une maladie rare, le célèbre cultivateur / éleveur Subcool est décédé. Il souffrait d'un déficit en Alpha 1-antitrypsine (AAT) et de BPCO.
On sait peu de choses sur la vie personnelle de Subcool avant qu'il ne devienne un cultivateur de cannabis, célèbre pour la sélection de variétés telles que Vortex et Jack the Ripper. Il les a vendues ainsi que d'autres variétés via ses sociétés TGA Genetics et Subcool Seeds.
 
Né Montgomery Ball, il a finalement déménagé de l'Oregon en Californie en 2013 après y avoir bâti sa réputation et avoir été intronisé au Temple de la renommée de la High Times Seed Bank en 2009.
Subcool a écrit plusieurs livres, dont Dank: The Quest for the Very Best Marijuana, et a accueilli l'émission Weed Nerd sur YouTube.
 
En 2017, l'incendie de forêt qui a ravagé certaines parties de Santa Rosa a incendié l'installation de culture de lui et de sa femme. Lui et MzJill se sont séparés et ont divorcé par la suite. Elle a gardé TGA Genetics et il a commencé sa nouvelle ligne Dank.
 
À propos de son état, Subcool a déclaré à Big Buds en 2016:
«J'ai beaucoup de mal à faire face à une carence en antitrypsine Alpha-1. Elle est transmise des parents à leurs enfants par le biais de leurs gènes, et crée une maladie pulmonaire grave chez les adultes. Elle peut provoquer une maladie du foie à tout âge. Cette maladie crée une grave pénurie de souffle, mais c'est aussi une maladie du foie, et la mienne a progressé assez rapidement. En fin de compte, je m'étouffe lentement, mais je ne peux pas y faire grand-chose.
 
"Il n'y a pas de remède pour cette maladie génétique, mais je reçois des perfusions hebdomadaires qui prolongent ma vie. Le problème est que les perfusions sont incroyablement chères. Mon assurance maladie coûte plus cher que mon hypothèque.
 
"Ironiquement, étant donné combien j'aime inhaler du cannabis, cette maudite maladie rend malsain de fumer de l'herbe ou même d'être avec des gens qui le font. Pour cette raison, je suis devenu un peu isolé. Les gens aimaient visiter et se défoncer Mais ces jours-ci, les gens visitent rarement, parce qu'ils ne peuvent pas fumer autour de moi. Je dois aussi faire attention aux contacts avec les gens, parce que je suis très sensible au rhume et à la grippe. J'ai tendance à faire la plupart des mon travail via e-mail et les réseaux sociaux. C'est une maladie solitaire. "
 
En ce qui concerne la façon dont il a développé ses variétés, Subcool a expliqué:
"Mon principal objectif initial était de créer une gamme de graines de marijuana qui se sont développées pour être des hybrides à haut rendement à saveur de fruits. Le premier goût et parfum de fruits que nous avons perfectionné était le citron. Puis vinrent le raisin, la cerise et l'orange. Très bientôt, nous travaillions avec les goûts et les parfums du chocolat. J'étais tellement excité par ces cultivars et je les ai donnés à d'autres cultivateurs professionnels pour voir ce qu'ils disaient. Les gens m'ont dit qu'ils aimaient ces variétés. Pas seulement le goût et le parfum, mais aussi leur nouvelle sortes de highs. "
 

 
SubCool a écrit pour CelebStoner à la fin des années 2000 et au début des années 10. La photo ci-dessus le montre avec des plantes cultivées par Mendo Dope à partir de sa génétique et de celle de MzJill.
 
https://www.celebstoner.com/news/marijuana-news/2020/02/02/subcool-marijuana-breeder-dies/
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By mrpolo,
L'Agence du médicament a détaillé mardi 28 janvier le cahier des charges pour les industriels qui fourniront le cannabis thérapeutique, pour une expérimentation pendant deux ans auprès de 3 000 patients français. Franceinfo a pu visiter une usine de production de cannabis au Portugal.

 
L’usine est assez facile à repérer. À une centaine de mètres à la ronde, une forte odeur de cannabis est dans l’air de la zone industrielle de Cantanhede au Portugal, située entre Lisbonne et Porto.
 
La société canadienne Tilray vient de créer une usine de production de cannabis au Portugal consacrée au marché européen. Et peut-être bientôt au marché français car l'expérimentation du cannabis thérapeutique se précise : 3 000 patients français vont tester le cannabis pour soulager la douleur à partir de septembre 2020. L'Agence du médicament a détaillé, mardi 28 janvier, le cahier des charges pour les industriels qui fourniront ce cannabis pendant deux ans aux patients français de cette expérimentation.
 
43 variétés sous haute surveillance
Au Portugal, les conditions de sécurité sont strictes. Les vigiles, les barbelés et les caméras sont omniprésents avant de pouvoir accéder à la serre. Une serre gigantesque, un hectare où se trouvent des dizaines de milliers de plants dans des pots, avec autour des ouvriers en combinaison médicale. Ici, rien n'est laissé au hasard. "Quand on a plus de douze heures d’ensoleillement, on ferme le haut de la serre pour leur [les plants de cannabis] faire croire que c’est la nuit, explique Dounia Farajallah, pharmacienne et directrice de Tilray France. On joue sur le jour et la nuit pour réduire leur cycle et on a des plantes en trois à quatre mois au lieu de six mois jusqu’à un an."
 
Quatre récoltes par an, c'est la troisième pour cette usine qui a ouvert en avril 2019. "On fait pousser 43 variétés différentes de cannabis, indique Cristina Almeida, responsable de la qualité. On fait des boutures, des clones, qu'on laisse dans une nurserie pendant 40 jours. Ensuite, on les fait pousser dans la grande serre pendant 40 autres jours. Ce clonage, c'est pour que dans chacune des variétés, tous les plants soient calibrés, aient exactement les mêmes propriétés, les mêmes pourcentages de CBD et de THC."
 
Chaque variété contient en effet des teneurs différentes en cannabidiol (CBD) et en tétrahydrocannabinol (THC). Ce sont les deux principes actifs du cannabis qui intéressent la médecine pour aider par exemple les patients atteints d’un cancer à supporter les traitements. "Le THC a un effet antiémétique, anti-vomitif, un effet antalgique et est aussi un stimulant d’appétit, détaille Dounia Farajallah. Il est donc intéressant dans le cadre des nausées et des vomissements induits par la chimio et réfractaires aux traitements actuels sur le marché."
Gouttes d'huile et fleurs séchées
Dans cette usine, il n'est absolument pas question de produire du cannabis qui se fume mais des gouttes d'huile de cannabis ou des fleurs séchées, dont on inhale les vapeurs grâce à un petit vaporisateur. Impossible pour les journalistes de voir comment le cannabis est transformé.
 
Une question de normes sanitaires et aussi de secret industriel. "Chaque pays, chaque autorité sanitaire va nous demander des dosages différents entre CBD et THC, indique Joao Pancas, responsable production. Pour les fleurs séchées, on n'intervient pas dans le processus, on va choisir une variété qui naturellement correspond aux pourcentages demandés. Pour les gouttes d'huile de cannabis, là c'est différent, puisqu'on crée les dosages par un processus pharmaceutique."
 
L'usine prévoit également de fabriquer bientôt des gélules d'huile de cannabis. Elle va prochainement s'agrandir, le marché est prometteur, une vingtaine de pays européens autorisent déjà le cannabis thérapeutique notamment l'Allemagne, l'Espagne, le Portugal ou encore le Royaume-Uni.
 
Par Solenne Le Hen
Source: francetvinfo.fr
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By mrpolo,
La commission Européenne a repris à son compte certaines  recommandations de l’OMS, sous couvert de permettre la recherche scientifique sur le Cannabis médical en Décembre dernier.
En réalité la majorité des membres de l’UE comptent bien maintenir le Cannabis dans la catégorie ‘stupéfiant’ et empêcher la déclassification du CBD des substances contrôlées.
 
 
Quand la vague verte crée des remous au parlement, vous êtes sur Le Cannabiste.
 
Les informations de cet ordre là, ont une saveur toute particulière, un goût aigre-doux.
Chacun sait que les règles nationales des états membres, ne vont pas changer partout du jour au lendemain, simplement parce que l’UE ou l’OMS l’auront décidé, car c’est un peu plus compliqué que ça.
 
En réalité la plupart des états, ne s’encombrent pas systématiquement des accords internationaux sur le droit ou la santé, lorsqu’ils veulent assouplir leur législation sur les substances. Dernier exemple en date à ce niveau : Le Canada.
 

 
Par contre à partir du moment où l’UE et l’OMS donnent le LA, un changement législatif durable et profond devient possible. C’est surtout valable aujourd’hui  pour les patients et les professionnels du Cannabis médical et du CBD en Europe.
#Thérapeutique
L’OMS a émis 6 résolutions à l’intention de l’UE par le biais d’un rapport envoyé le 13 février 2019. Le but est de préparer une session importante de la Commission Drogues et narcotiques de l’OMS qui se tiendra du 2 au 6 Mars 2020 à Vienne en Autriche.
Le reclassement du Cannabis depuis la liste des stupéfiants de 1971 vers la convention des nations unies de 1961 Le THC aussi serait déclassé de la catégorie 4 à la catégorie 1 pour simplifier sa classification Les préparations au CBD pur ou bien avec moins de 0.2% de THC ne devraient plus être placées dans la liste des stupéfiants Certains médicaments au THC seraient reclassés au tableau 3, une catégorie qui contient les produits dont la consommation abusive n’est pas possible. La résine de Cannabis et le Cannabis seraient enlevés de la catégorie 4 de 1971 et passée en catégorie 1 de 1961 Le dronabinol et les isomères du THC aussi seraient effacés de la liste des substances psychotropes de 1971 et placés sur la liste 1 de la convention sur les narcotiques en 1961  
#Traduction
Réponse de l’UE
D’une manière générale l’UE est favorable au Cannabis médical En même temps l’UE refuse toute mesure qui pourrait restreindre l’interdiction des substances stupéfiantes Le THC ne pourrait plus être utilisé dans la cosmétique comme auparavant Le CBD ne pourra pas quitter la liste des substances contrôlées Est-ce que c’est une bonne nouvelle ? Pas vraiment, on vous explique pourquoi.
 
Premièrement comme on l’a dit plus haut : Cela n’implique aucune évolution significative de la régulation internationale du Cannabis. 
Ensuite, la suppression du Cannabis du tableau 4 de la convention n’a rien d’un pas en avant vers la libéralisation du Cannabis médical. Il s’agit en revanche de permettre à l’industrie et à la recherche de positionner leurs futurs produits naturels ou de synthèse, dans un cadre légal. 
#CBD
Malgré les recommandations de l’OMS qui déclarait en Février dernier : 
 
 
La commission Européenne a décidé de maintenir le CBD au rang des substances contrôlées avec les autres cannabinoïdes. Une décision lourde de conséquences pour les entrepreneurs. Un aveu d’incompétence qui claque en 1 phrase :
 
 
Depuis cette prise de position toute récente, un vent froid souffle chez les majors du CBD et du Cannabis médical. C’est vrai à travers l’Europe mais surtout depuis l’étranger, en particulier les USA. 
Un certain nombre de conférences et de prises de position ont effectivement eu lieu pour demander aux députés de revoir leur position en la matière, surtout au niveau du CBD.
 
On se quitte avec l’opinion de notre expert juridique l’enseignant chercheur en droit au CORHIS à l’Université Paul Valéry Montpellier, Yann Bisiou.

Lecture entre les lignes avec Yann Bisiou :
 » L’Union européenne n’est pas signataire des conventions de 1961 et 1971 qui classent les stupéfiants au niveau international. Pour parler d’une seule voix, la commission fait donc une proposition de « position commune » aux pays membres pour répondre aux recommandations de l’OMS sur le classement. Pour l’instant cette position commune n’est qu’un projet qui doit encore être validé par le Conseil de l’Union Européenne. Ensuite ce sont ces même états membres qui vont devoir voter lors de la prochaine réunion de la Commission des Stupéfiants de l’ONU. Dans ce projet, l’UE écarte tout ce qui peut affaiblir le contrôle du Cannabis. Elle accepte le principe d’un usage thérapeutique du cannabis, mais c’est bien tout. Pour le THC, elle propose de le considérer comme un stupéfiant et non plus comme un psychotrope ce qui va renforcer les contrôles sur le produit et interdire, par exemple, son utilisation en cosmétique.
 
Pour le CBD, elle s’oppose à la proposition de l’OMS de préciser expressément que le CBD n’est pas soumis au contrôle international. Au contraire, si la position commune de l’UE l’emporte, les contrôle sur le CBD extrait de la plante vont se renforcer. On arrivera alors à une situation incohérente que nous dénonçons depuis des années à savoir que  le CBD synthétique pourrait être proposé légalement et sans contrôle particulier, au détriment du CBD issu de plantes, serait à ce moment là interdit. «   
Source: lecannabiste.com
 
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By mrpolo,
Trois jeunes hommes, âgé de 20 à 23 ans, ont été brûlés dans l’explosion d’un logement qu’ils occupaient près de Toulouse.

À l’instar de Walter White de la série Breaking Bad, mais visiblement sans ses compétences, ils ont essayé de créer de l’huile de cannabis. Illustration. (Wikimedia)
 
C’est dans une résidence hôtelière de Saint-Lys en Haute-Garonne, que les gendarmes de la compagnie du Mirail sont intervenus, dimanche vers 2h15. Une forte explosion venait de souffler un petit studio meublé.
Sur place, ils n’ont pas trouvé les occupants des lieux, mais ont été accueillis par une forte odeur de cannabis, relate ActuToulouse. Une situation qui laissait sérieusement à penser qu’il ne s’agissait pas d’un banal accident domestique.
 
Sur au moins deux d’entre eux, l’explosion de la mixture laissera des stigmates. En plein milieu du visage. Dans la nuit de samedi à dimanche, vers 2 h 15, une déflagration a littéralement soufflé une chambre d’hôtel de Saint-Lys, à l’ouest de Toulouse (notre édition d’hier). Il était environ 2 h 15 lorsque les trois fenêtres de l’habitation ont été soufflées. Par miracle, aucun des quinze clients répartis dans les autres chambres n’a été blessé.
  Sur place, les sapeurs-pompiers et les gendarmes ne trouvent qu’un jeune blessé, commotionné et désorienté. En réalité, pendant que ses deux colocataires d’un soir se présentaient d’eux-mêmes aux urgences de l’hôpital Purpan, le troisième était pris en charge sur place avant d’être laissé aux soins des équipes médicales.
 
Ils se rendent aux urgences par leurs propres moyens
L’enquête a rapidement permis de retrouver les trois jeunes gens, victimes de brûlures, qui s’étaient rendus aux urgences. Les apprentis chimistes préparaient une mixture sur la plaque électrique de la cuisine de l’appart’hôtel loué pour la nuit, lorsque l’explosion s’est produite.
 
En s’appuyant sur des tutoriels trouvés sur Internet, les suspects ont essayé de fabriquer de l’huile de cannabis nommée « BHO » (Butane Honey Oil, ndlr). Une drogue qui se présente sous la forme de cristaux une fois la préparation finalisée.
    Les chimistes « en herbe » omettent un détail
Si tout se passait bien pour eux jusque là, les jeunes gens ont simplement omis qu’il fallait œuvrer à l’extérieur, ou dans un lieu très aéré, pour mener à bien leur projet. Car pour produire l’huile de cannabis il faut utiliser du gaz butane liquide.
 
Une erreur qui aurait pu leur coûter la vie. « Il y a eu une énorme détonation, mais aucun départ de feu. C’était un souffle qui a pulvérisé le double-vitrage des fenêtres de la chambre » a indiqué une source proche de l’enquête au quotidien local. Les enquêteurs vont notamment tenter de savoir à qui était destinée cette drogue.
 
Le "shit" se vapote
Une fois soignés, ces trois jeunes gens âgés de 20 à 23 ans, ont pu être entendus en garde à vue, leur état ayant été jugé compatible par le médecin. Pour autant, deux d’entre eux pourraient garder encore un moment les stigmates de leur maladresse. Car comme l’avaient détecté les secouristes, les forces de l’ordre et les témoins de la scène, une forte odeur de cannabis émanait des lieux, dimanche, après l’explosion. Que fabriquaient-ils ? Le panel est large, à vrai dire. Depuis deux ans, de nouveaux produits à base de marijuana ne cessent de fleurir dans les coffee-shops étrangers jusque dans les cages d’escalier des points de deal de la Ville rose.
 
Comme le rapportait "La Dépêche du Midi" en décembre 2018, une nouvelle tendance consiste à vapoter une forme de cannabis concentré. La résine est en quelque sorte "affinée" à l’extrême pour produire une huile que l’on place ensuite dans les pipes à eau et même certains modèles de vapoteuse. Ce produit est extrêmement puissant, le taux de THC étant très concentré. Certains produits dépasseraient largement la barre des 80 % de cannabinoïdes.
 
D’ailleurs comme leur nom l’indique, les BHO (Butane hasch oil) se fabriquent avec du butane. Mais les déclinaisons sont légion : le rosin, les moon-rocks, les distillats en capsules, etc. L’attirail nécessaire varie : casserole pour porter à ébullition, plat en pyrex, papier sulfurisé, seaux à glaçons, CO2, butane, etc.
 
Libérés et reconvoqués
Pour les BHO, des tutoriels sont visibles sur le web. Il est notamment recommandé de les manipuler dans un milieu ouvert. Est-ce que nos apprentis chimistes ont aéré leur chambre louée pour la nuit ? Pas sûr. Ont-ils allumé une cigarette ou juste opéré une mauvaise manipulation ? Probable. En tout cas, sur ces trois jeunes originaires de Fonsorbes, deux sont strictement inconnus des services de gendarmerie et le troisième l’est pour des faits en lien avec les stupéfiants. Tous ont été libérés et seront reconvoqués ultérieurement par la Justice. Les résultats d’analyses pratiquées par les laborantins seront divulgués d’ici à quelques semaines.
 
Sources: actu17.fr & ladepeche.fr  
 
Nd polo: il existe des guides pour le BHO sur notre site et il y est bien spécifié de faire ça en extérieur ou dans une zone très aérée et ne pas créer de flamme ou arc électrique...
 
j'hésitais a poster direct au bétisier merci @UFCM-I Care
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By UFCM-I Care,
Non, les growshops ne sont pas déjà condamnés. Mais la situation ne s’est pas améliorée ! Présenté le 17 septembre dernier, le Plan national de lutte contre les stupéfiants comporte 55 mesures visant à répondre à la fois à l’usage, à la production et au commerce illicite des drogues.
 
Confirmant la logique répressive de l’actuel gouvernement, ces dispositions cohérentes visent à créer l’équivalent de la Drug Enforcement Administration (DEA) américaine. Intitulé « OFAST » (remarquons ici l’humour du Ministère de l’Intérieur qui n’avait vraisemblablement pas le budget pour ajouter un « G » en début de mot), la nouvelle structure réunit l’ensemble des services des différents ministères concernés (justice, intérieur et économie principalement) qui travailleront désormais de concert.
Surtout, ce nouveau Plan Stup permet de tourner la page de l’OCTRIS et de la participation confirmée de fonctionnaires français au trafic international de stupéfiant, véritable scandale qui n’a provoqué d’ailleurs aucune réforme concrète.
Parmi l’armada coercitif, le gouvernement entend « renforcer le contrôle des growshops » et améliorer la « détection des cultures de cannabis (…) dans les territoires les plus impactés » (mesure n°19). Cette mesure sera assortie en interne d’éléments opérationnels, nous avons pris connaissance d’un certain nombre d’entre eux et il était donc utile d’avertir sans inquiéter.
Si la fin de l’histoire de l’autoproduction avait été signée le 17 septembre, nous serions déjà sur les barricades. Je vous rassure, il n’en est rien ! Mais il est vrai que la situation évolue négativement. D’abord parce qu’on sent chez certains un relâchement sur les essentiels. Des règles qui avaient permis d’installer ces établissements de matériel de jardinage destinés à la production de tous types de végétaux se sont perdues.
La quasi-totalité des growshops ont été mis en cause par leurs propres clients
La quasi-totalité des growshops qui ont fermé durant les vingt dernières années l’ont été du fait de clients qui, interrogés plusieurs heures en garde à vue se décidaient à tout avouer. Ainsi, la simple question visant à élucider la provenance d’une lampe, d’une box ou d’un pesticide entraînait la mise à mal de toute une communauté.
Concrètement, les risques liés à l’autoproduction sont plus limités aujourd’hui ; d’une part parce que le phénomène ne fait que s’accentuer et d’autre part parce que les faibles productions (moins de dix plants) sont condamnées avec de moins en moins de vigueur par les juridictions. Paradoxalement, la tentation d’avouer et de chercher à passer des deals sont devenus des pratiques courantes alors même que l’impact de la répression est, sur ce point, moins élevé aujourd’hui qu’hier.
Jeter son growshop ou ses clients dans la bête enragée que constitue un Palais de Justice n’est donc pas une solution, surtout que cela n’assure aucune clémence particulière du juge. Avec une éventuelle intensification des contrôles et des poursuites, il est donc nécessaire que chacun prenne ses précautions de ce point de vue et que nous autres gaulois réfractaires et un tantinet bavards choisissions de nous taire car devant l’officier de police judiciaire c’est un droit.
Une augmentation à venir du contrôle des communications téléphoniques
La mesure n°19 sera vraisemblablement assortie d’une intensification du contrôle des conversations téléphoniques. Les instruments se sont multipliés ces dernières années et les procureurs ouvrent des enquêtes plus facilement en matière de production personnelle autant qu’autour des différents growshops.
Dans la dernière affaire de growshop mis en cause, les communications téléphoniques de l’établissement et des gérants ont été suivi pendant plusieurs semaines. Les gendarmes ou les policiers ne pouvant être derrière un portable chaque seconde, ils se fixent des emplois du temps où les écoutes se feront sur cinq ou six journées espacées durant plusieurs mois.
La solution est donc d’éviter de parler de ces sujets au téléphone, cela nous épargne en juridiction beaucoup de travail supplémentaire.
Une mise en cause plus facile des gérants qui continuent le mélange des genres
Avec cette intensification des contrôles à venir qui se traduira sur le terrain par d’éventuelles visites dans les établissements et des contrôles parfois aléatoires, il est nécessaire de cesser le mélange des genres qui constitue le cœur du problème des growshops aujourd’hui en France.
Si des règles plus vertueuses étaient encore respectées au début des années 2000, force est de constater que ceci s’est largement perdu ces derniers mois. Ainsi, nous avons trop souvent constaté que dans un même établissement figurent à la fois les graines et les outils pour produire, trop souvent lu les comptes-rendus d’enquêtes qui mentionnent des placements sur écoute avec des entrepreneurs parlant ouvertement de cannabis, trop souvent appris que tout en étant gérant d’une jardinerie, certains étaient eux-mêmes auto-producteurs et pouvaient consommer à la maison assez librement.
Vous me direz qu’il faut essayer le matériel qu’on vend et goûter la plante qu’il permet de produire, faites-nous de belles tomates mais ne faites pas prendre de risques à toute une profession.
Derrière la répression, un tissu local à promouvoir
Si certains pouvaient imaginer hier la disparition des growshops, ils ne peuvent qu’être interpellés par la vivacité d’un tissu local qui résiste et qui sera dans quelques années l’épine dorsale de la légalisation que nous défendons. En attendant, il faut lutter contre le mélange des genres et continuer de favoriser ce merveilleux cercle vertueux.
Les growshops existent et ils vont sans doute connaître dans les prochains mois une nouvelle ère avec le développement du CBD et notre bataille sans relâche pour une première étape visant la dépénalisation de l’usage ainsi que de la production personnelle. En attendant, continuons de nous serrer la ceinture !
 
https://www.softsecrets.com/fr/actualites/national/plan-stup-les-growshops-dans-le-colimateur-des-autorites/?fbclid=IwAR20pzZh5tnqtgSy-sCLV6nLIRoJuKv50ziL3IxSlhZgeqyTEnEDJzw9mms
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By mrpolo,
Dans les quartiers, les trafiquants de drogue voient d’un œil inquiet une éventuelle légalisation du cannabis en France. "Ce ne sont pas les Noirs et les Arabes qui vont avoir les commerces qui vendent ça", peste l’un d’eux.

Les immeubles de la cité des Boute-en-Train à Saint-Ouen. - LIONEL BONAVENTURE / AFP
 
Au pied des tours grises, Youssouf* s'allume un joint en faisant patienter les clients et n'a aucune envie que son petit commerce devienne licite. Si le cannabis était légalisé, "ça serait galère: comment on va faire de l'argent?"
Tout de noir vêtu, le jeune homme de 23 ans est une petite main du trafic de la cité des Boute-en-train à Saint-Ouen, en bordure du périphérique parisien. La première fois qu'il a fait le "chouf" (guetteur en argot), il avait 14 ans. Dealeur pendant un temps, il a passé un mois et demi en prison.
"On vendra moins cher, y aura toujours de la parallèle"
"Vaguement" au courant de la récente légalisation du cannabis au Canada, il ignore en revanche qu'une mission d'information parlementaire doit être lancée prochainement pour "éclairer le débat public" français sur tous les usages du cannabis, y compris récréatif. De quoi assombrir son regard.
 
 
Comme guetteur, il dit toucher "100 euros pour 12 heures" de travail, entre midi et minuit. Une manne qui, admet-il, serait menacée si les clients pouvaient se procurer leur cannabis librement. "Ici tu peux choper du shit ou de la beuh (herbe, NDLR), mais que d'une sorte. Dans une boutique, t'aurais plein de variétés."
À ses côtés, Karim reste confiant. "On vendra moins cher, y aura toujours de la parallèle, car ce sera trop réglementé", élude-t-il. Moins serein, Youssouf avertit: en cas de légalisation, "ça sera le ‘fuego’ dans les cités".
Les dealeurs actuels seront "les oubliés du système"
"La légalisation du cannabis, c'est plus un choc social qu'un choc sanitaire. Cela nécessite de mettre un coup de pied dans la fourmilière des banlieues", estime Christian Ben Lakhdar, professeur d'économie à l'université de Lille. Selon ce spécialiste des drogues, environ 100.000 personnes participent plus ou moins régulièrement au trafic en France.
 
Si l'Hexagone, premier pays consommateur d'Europe, passe à la légalisation, les dealeurs actuels seront "probablement les oubliés du système", craint cet universitaire qui recommande de créer "des emplois légaux liés au nouveau marché du cannabis" dans les anciennes zones de trafic.
Ancien "consommateur-vendeur", Eric a passé trois ans en prison à cause du deal. Ce trentenaire trouverait "dégueulasse" de "donner le business aux industriels", sans permettre aux anciens délinquants d'acquérir les compétences nécessaires pour ouvrir un commerce.
"Il faudra se rendre compte qu'on a été hypocrites"
"En tant que société, il faudra se rendre compte qu'on a été hypocrites, en faisant porter la responsabilité des stups aux gens les plus exposés à la précarité", lance-t-il, dénonçant le traitement de faveur réservé, selon lui, aux fumeurs de joints des beaux quartiers. "Ces gens-là ne sont jamais inquiétés. Mais pour qu'il y ait des vendeurs, il faut qu'il y ait des consommateurs", juge-t-il.
 
Aux Etats-Unis, où une dizaine d'Etats ont totalement légalisé le cannabis, l'insertion des populations les plus exposées au trafic est devenu un thème de société. En Californie, la loi permet d'effacer du casier judiciaire les condamnations liées au cannabis, qui ont surtout frappé des Afro-américains.
Les villes d'Oakland et de San Francisco ont également lancé des initiatives pour aider les femmes et les minorités à investir dans le marché légal du cannabis. Le Massachusetts assure, lui, un programme de réhabilitation des anciens dealeurs pour les aider à trouver un emploi dans cette nouvelle industrie.
Des emplois moins rémunérateurs
Les députés français se pencheront-ils sur ces expériences ? "Il faut absolument aller jusque-là", assure le député Jean-Baptiste Moreau (LREM), un des artisans de la mission d'information, qui compte organiser des voyages outre-Atlantique.
Pour lui, la légalisation, rejetée par le gouvernement, n'est "pas taboue" et "si on la propose, il faut savoir ce qu'on fait des gens qui sont dans cette économie parallèle." "Un accompagnement social serait nécessaire", estime-t-il. Mais les trafiquants qui souhaitent se reconvertir "doivent prendre conscience que ces emplois seraient moins rémunérateurs".
 
À Saint-Ouen, Youssouf n'exclut pas de gagner moins et de payer des impôts. "Pourquoi pas ? Si tu bosses normalement, y a moins de risques". Mais avec un simple bac en poche, il reste sceptique: "pourquoi les employeurs prendraient des mecs de cité qui savent pas bien parler ?"
*Les prénoms ont été modifiés.
 
N.G. avec AFP Source: bfmtv.com  

 
 
 
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By mrpolo,
Le secteur du Cannabis s’enflamme cette semaine, après plusieurs mois de dépression, dans un rebond concernant beaucoup de producteurs de Marijuana, et mené par Canopy Growth (TSX:WEED).
 

 
Une note d’analyse de Bank of America (NYSE:BAC) publiée hier, qui concernait cette société mais qui au final était valable pour tout le secteur, semble être à l’origine du mouvement.
Selon la banque, les actions du producteur de Cannabis Canopy Growth ont plongé au cours des derniers mois à des niveaux qui deviennent attrayant pour les acheteurs potentiels. Bank of America a donc modifié sa recommandation sur Canopy Growth de “neutre” à “acheter”, sans afficher d'objectif de cours toutefois.
Cela a envoyé les actions du producteur canadien de cannabis en forte hausse, avec un gain de plus de 15% à la bourse de Toronto en clôture, un mouvement qui se confirme aujourd’hui avec un gain de plus de 12% au moment d’écrire ces lignes.
 
Rappelons qu'il y a un peu plus de deux mois, la Bank of America avait dégradé son point de vue sur le producteur de cannabis, craignant que sa valorisation soit trop gonflée à un moment où les commandes de cannabis de certaines provinces canadiennes ralentissaient.
 
Les actions sont depuis passées d'un sommet de 70,98 $ à un point bas à 18,23 $.
Une grande partie du ralentissement des commandes a été attribuée à un manque de magasins de détail, ce qui a entraîné une surabondance de stocks. Mais cela a changé depuis : Selon BofA, les stocks des canaux de distribution se raréfient et les marges montrent des signes de croissance.
Il est important de noter que Canopy a pris des mesures pour améliorer l'efficacité qui pourraient non seulement rendre son évaluation raisonnable, mais aussi l'amener à battre ou au moins à atteindre les estimations de Wall Street, a ajouté la banque.
 
Ces perspectives haussières sur le producteur de cannabis surviennent dans la foulée de son deuxième trimestre, publié la semaine dernière, qui a manqué les estimations des analystes tant sur les ventes que sur les bénéfices.
L'entreprise attribue cette faiblesse à plusieurs facteurs, notamment la réduction des achats de cannabis et le nombre moins élevé que prévu d'ouvertures de magasins de détail, mais estime que ces problèmes ne sont que des "vents contraires à court terme".
 
En ce qui concerne les autres têtes d’affiche du secteur du Cannabis, on notera que Tilray (NASDAQ:TLRY) gagne près de 8% ce jeudi, après un gain de 4.70% hier, tandis qu’ Aurora Cannabis (TSX:ACB) bondit de +12.5%, égalant la performance d’hier. Pour Cronos (NASDAQ:CRON) Group, c’est un gain de 8.6% qui s’affiche à l’ouverture aujourd’hui, après +2.54% en clôture hier. Enfin, Hexo gagne 9%, après +3.27% hier.
 
Source: fr.investing.com
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By mrpolo,
À coup de vidéos et hashtags, les «stoners» étalent en ligne leur consommation de cannabis. Information, mèmes, business... De quoi normaliser son usage et faire rêver les pro-légalisation.
Sur la chaîne YouTube de Dr GreenRoger, conseils sur la fumette et cuisine de space cakes. | Capture d'écran via YouTube   Lunettes de soleil, barbe fournie et cheveux longs, «Dr GreenRoger» raconte face caméra: «Aujourd'hui, je vais vous apprendre l'intérêt de consommer des variétés différentes de cannabis.» Entre une affiche parodique de Magritte «Ceci n'est pas un pétard» et des feuilles à rouler, le jeune homme de 24 ans tourne des vidéos YouTube sur la marijuana. Conseils sur la fumette, la cuisine de space cakes voire les «extractions de cannabis»: «Mon but est faire de la prévention sans diaboliser», explique-t-il. En un an et demi d'existence, la chaîne de ce diplômé en marketing cumule près de 14.000 abonné·es.
 
 
 
En dehors de nos frontières, de tel·les vidéastes sont appelé·es «WeedTubers». Habitant souvent des pays ou États dans lesquels le psychotrope est légal ou toléré, les WeedTubers se filment en train d'en consommer en grande quantité –sous toutes ses formes– et vantent son utilisation thérapeutique ou récréative. Leurs vidéos peuvent atteindre des millions de vues. En France, c'est plus compliqué. «On continue d'appliquer la même politique de répression inefficace depuis des années. Afin que chacun puisse se faire un avis sur le sujet, il est essentiel de fournir des informations précises. Ma chaîne n'incite en aucun cas à la consommation de cannabis», affirme Dr GreenRoger.
#weedporn et «stoner moms»
Selon l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), 45% des adultes ont déjà expérimenté le cannabis –ce qui fait de nous (cocorico) les plus gros consommateurs d'Europe. Et, en plein débat national sur sa dépénalisation, le cannabis s'affiche de par le monde sur les réseaux sociaux.
 
Sur Instagram, des hashtags comme #weedporn –#weedfrance ou #420france (4:20 ou 4/20 étant une référence à la consommation de cannabis) chez nous– rassemblent des photos de plants de chanvre, sculptures en joints ou mèmes. Idem sur Facebook, où pullule pléthore de pages de promotion de la fameuse plante. Sans oublier les pastilles web de certains médias, comme cette «interview sandwich» de Florent Pagny à plus de 2 millions de vues sur la page Facebook de Konbini, ou les centaines de milliers de vues qu'engrange la série de Vice, «Smokeables».
 
 
 
Autre preuve de cette imprégnation sur la toile: le phénomène des «stoner moms», venu des États-Unis, ces mamans qui revendiquent leur passion de la fumette. Sur Twitter, la vitalité du hashtag #stonermoms ne se dément pas. «Nous, les “stoners”, n'avons plus peur de revendiquer notre consommation et de donner notre avis sans filtre», résume Dr GreenRoger. Et d'affirmer: «Grâce aux réseaux sociaux, les mentalités évoluent.»
Moyen de communication
Si chaque publication n'a pas une vocation militante, la culture weed infuse dans la culture web. Selon une étude de l'école de médecine de l'Université de Washington publiée en 2016, les posts Instagram sur la marijuana «pourraient influencer les normes sociales relatives à la consommation». De quoi ériger les réseaux sociaux en plateformes privilégiées pour communiquer sur le cannabis.
 
Résultat: outre les dealers se servant de Snapchat, certain·es entrepreneur·es profitent de cette mise en scène virale de l'herbe. C'est le cas de Ferhat Alakocoglu, à la tête de Weed Paradise, société française de vente de produits au «cannabis bien-être», le cannabidiol (CBD), molécule bénéficiant d'un flou juridique. «Facebook et Instagram représentent 90% de ma communication», assure cet ancien du secteur automobile. Il revendique 5.000 abonné·es sur la plateforme de Mark Zuckerberg et environ 1.000 visites quotidiennes sur son site. En ligne, le chanvre s'affiche sur toutes ses photos, référencées par des #weedlife ou autre #cannabisculture. «Censurer mes réseaux me couperait du milieu! Il n'y a pas de provocation quand on explique la démarche.»
 
 
 
Une façon de se placer, en attendant la légalisation dans l'Hexagone –à l'instar des «ganjapreneurs» des pays qui ont franchi le pas? L'Assemblée nationale a donné le 25 octobre le feu vert à une expérimentation du cannabis thérapeutique. De quoi donner de l'espoir aux entrepreneurs et aux stoners. «C'est bien parti pour progresser. Les gens s'ouvrent, la légalisation va s'étendre», se félicite Dr GreenRoger.
La position compliquée des réseaux sociaux
Les actualités semblent lui donner raison: le Canada a légalisé le cannabis en 2018, il est possible d'en consommer assez librement aux Pays-Bas, en Espagne... Et les résultats d'un travail de recherche de 2018, mené à l'Université Old Dominion, en Virginie, sont très clairs: ils «suggèrent que l'utilisation des réseaux sociaux a une incidence sur le soutien à la légalisation de la marijuana».
 
Malgré leur nombre, les réseaux sociaux font la chasse à ces contenus. Sur Facebook, promouvoir la vente et la consommation est interdit, même dans des États où le cannabis est légal. Idem sur Instagram (qui appartient à Facebook), où «weedfluencers» et entreprises serrent les dents. Enfin, YouTube n'est pas tendre avec ses WeedTubers. L'an dernier, ces chaînes ont été ciblées et suspendues à la suite du durcissement de ses politiques de modération. Pourtant, la consommation de «drogues douces» n'est pas censée faire l'objet d'une suppression sur la plateforme mais simplement d'une interdiction aux mineurs.
 
«Légal à un endroit, pas à un autre... les réseaux sociaux sont confrontés à un sujet compliqué», commence Aurélien Bernard, fondateur de Newsweed. «Il faut jouer avec les règles: ne pas montrer de feuille, par exemple. Faire en sorte d'éviter les signalements...» D'autres font bande à part, comme le rappeur Berner. Excédé par la censure, il a lancé en juillet 2019 Social Club, une application façon Instagram qui s'est hissée au 12e rang de l'App Store américain... avant d'être «temporairement» supprimée.
Jeune public
En attendant le Grand Soir de la beuh, Aurélien Bernard se réjouit, malgré les difficultés, de cette présence numérique. «Elle reflète les usages de la société. De la même façon que les lyrics de Cypress Hill n'ont pas été décisives pour la légalisation en Californie, ça permet quand même de montrer que c'est un mouvement mainstream.» En revanche, il en est sûr: «Qu'un YouTubeur donne des informations est plus efficace en prévention et réduction des risques que le portrait inquiétant, prohibitionniste, dressé par les gendarmes dans les collèges –qui donne finalement beaucoup plus envie aux jeunes de fumer!»
Laurent Karila, porte-parole de l'association SOS Addictions et médecin à l'hôpital Paul-Brousse près de Paris, a quant à lui des réserves: «Présenter le cannabis de manière positive peut inciter certains à consommer.» Surtout que l'engagement des stoners peut toucher un jeune public, particulièrement sensible. Pour rappel, 91% des 15-18 ans utilisent au moins un réseau social, selon l'association Génération numérique. «Plus on est exposé tôt, plus il y a de risques pour le cerveau», avertit Laurent Karila. Sans compter la mise en scène parfois extrême, comme le «one gram dab challenge», qui consiste à aspirer en une fois un gramme d'huile de cannabis.
 
 
Si sa chaîne YouTube est bloquée aux moins de 18 ans, Dr GreenRoger n'est pas dupe: «Je suis forcément suivi par des personnes qui n'ont pas l'âge. Dans mes vidéos, je déconseille à ce public de fumer!»
Pour toucher une audience concernée et esquiver la censure de plus en plus fréquente, les stoners redoublent d'inventivité. En 2018, un concurrent à la plateforme de vidéos en ligne de Google s'est lancé: TheWeedTube. Depuis, le site a enregistré plus de 2,5 millions de visiteurs uniques et vient de sortir une application mobile.
 
Bruno Lus
Source: slate.fr
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By mrpolo,
Les députés ont donné cette semaine leur accord pour une expérimentation du cannabis thérapeutique très encadrée qui évite de remettre en cause les intérêts convergents de plusieurs acteurs de la santé.
 

ol sisters farm tour by Oregon department of Agriculture (CC BY-NC-ND 2.0) — Oregon department of Agriculture, CC-BY
 
Les députés ont donné cette semaine leur accord pour une expérimentation médicale du cannabis. Contrairement au titre aguicheur de Libé, non, il ne s’agira pas d’ « autoriser le joint qui soigne ». Et d’ailleurs, c’est bien dommage. Si une telle autorisation avait été donnée, elle aurait remis en cause les intérêts convergents de plusieurs acteurs de la santé…  intérêts qui pourraient bien diverger de ceux des utilisateurs.
 
Des modalités très restrictives
Il est d’abord question de n’autoriser l’expérimentation de cannabis « thérapeutique » que pour deux ans, et uniquement pour certains cas : épilepsie, douleurs neuropathiques, spasticité musculaire dans la sclérose en plaques, soins palliatifs et soins de support en oncologie.
 
Les prescriptions ne pourront être faites que par un médecin spécialiste de la pathologie, et éventuellement reconduites par le médecin traitant (mais la situation n’est pas encore à l’ordre du jour).
La forme du cannabis est elle aussi très restreinte. Si nombreux sont les pays où l’on peut acheter son cannabis dans une échoppe ad hoc, ce n’est pas ce que la France a prévu. Et c’est donc là que les choses deviennent intéressantes.
 
Le cannabis ne sera prescrit que sous forme « sublinguale (pastilles, gouttes), inhalée et vaporisée (spray ou liquide). Pour les effets prolongés, des supports à diffusion lente, comme des solutions buvables ou des capsules d’huile, seront privilégiés. » Et même tisanes.
 
L’État et les laboratoires
Évidemment, le législateur ne pouvait pas autoriser la fumette thérapeutique : trop de risques associés à la combustion en feraient une pratique aussi nocive que bienfaisante.
Mais alors, de fleurs séchées il n’est point question ? Mais si, mais si : elles seront encapsulées dans des gélules… Fabriquées par un laboratoire, et délivrées par un pharmacien. Que les choses soient bien encadrées.
 
L’auteur de ses lignes n’a pas ici l’intention d’étriller les laboratoires : les pauvres ne font que ce que l’État les autorise à faire.
Justement, il se trouve que ce genre de thérapie par les herbes-qui-font-rigoler existe déjà : ainsi que l’explique dans une interview à l‘Express le Pr Nicolas Authier, président du comité d’experts mandaté par l’Agence du médicament (ANSM) évoquant le Sativex, indiqué dans la sclérose en plaques.
 
 
Il faut bien comprendre qu’on ne trouve pas de soulagement à son cancer comme ça, en France : il faut d’abord que l’État donne son accord pour qu’un laboratoire distribue un produit qui va coûter cher, dont il plafonnera le prix, couteau sous la gorge, main dans la main avec le laboratoire.
 
Le consommateur sera dûment averti qu’en échange de longues années d’attente pour obtenir le traitement (qui pourrait pousser dans son jardin), il aura l’assurance d’une qualité du produit et d’une régularité d’approvisionnement garanties par l’État.
Certes, pour la régularité d’approvisionnement, on n’est pas sûr : il y a de telles pénuries de médicaments en France (dont certains sont catalogués comme peu importants par le ministère de la Santé) qu’un produit « de confort » (puisque c’est de cela qu’il s’agit) ne sera jamais prioritaire s’il est en rupture de stock.
 
Des distributeurs alléchés
N’oublions pas au passage le rôle important du pharmacien qui délivrera la précieuse molécule : ils se retrouvent au premier rang d’un marché prometteur. Voilà qui devrait leur redonner le sourire, après des années de baisse de chiffre d’affaires.
 
« Sur le plan économique, la vente de plantes n’offre pas de marges aussi importantes que celle de médicaments chimiques.  »  expliquait Jean-Luc Fichet député du Finistère qui plaidait en faveur de la réinstauration du diplôme d’herboriste (JO Sénat du 28/04/2010 – page 2826.)
D’ailleurs, en juin dernier, ils étaient vent debout contre la vente de cannabis séché… au motif que la qualité de la plante pouvait être irrégulière et non contrôlée :
« Mélange végétal composé de 200 principes actifs différents, variables en quantités et en proportions en fonction des modalités de culture, de récolte, de conservation, n’étant ni dosé, ni contrôlé, le cannabis dit thérapeutique ne peut apporter les garanties d’un médicament« , estime pourtant l’Académie de pharmacie dans un communiqué.
 
Après avoir fait disparaître les herboristes qui auraient été tout indiqués pour délivrer une marijuana plus ou moins dosée en THC et en CBD, les pharmaciens se verront donc les seuls à pouvoir distribuer, voire conseiller. C’était d’ailleurs l’un des points de tensions qui avait eu lieu entre pharmaciens et herboristes, les premiers ne reconnaissant pas aux seconds le droit de pouvoir conseiller. C’est sûr que lorsqu’on vend dans son officine des granules d’homéopathie ou des produits qui font pousser les cheveux, on est en mesure de peser de tout son poids scientifique auprès des instances politiques…
Cela tombe bien : justement quelques mois après il n’est plus question de délivrer la plante sous sa forme la plus simple, mais sous diverses formes plus ou moins conditionnées.
 
Quelle source d’approvisionnement ?
Après les méandres de la distribution, il y a un autre secteur dans lequel l’État ne manquera pas d’intervenir, car il serait tout à fait scandaleux que les patients puissent s’approvisionner librement.
Avant d’être conditionné en gélules, pastilles, gouttes ou autre, le cannabis est une bête plante qui pousse. Facilement. Très facilement, même. Tenez, vous pourriez même en avoir sur votre balcon. C’est dire. Et vous pourriez aussi proposer un petit joint à Tata Josette pour l’aider à supporter son traitement médical, et soulager un peu ses douleurs. Voire lui faire un space cake, si elle n’aime pas fumer. Ou même lui confectionner des capsules avec de l’herbe séchée.
 
Il n’en est pas question. La culture des plants sera elle aussi réglementée. On ne trouve pas pour l’instant de texte qui explique quel sera le mode de culture et son autorisation. Pour l’instant il est question d’acheter la production à d’autres pays. Il est aussi question de créer des sites de production à la Réunion, ainsi que l’a sous-entendu Emmanuel Macron récemment.
 
Mais on peut sans trop s’aventurer supposer que les agriculteurs français producteurs de cannabis thérapeutique seront membres d’une corporation agréée par l’État, sur le modèle de la production du tabac. Eux seuls auront l’autorisation de faire pousser le plante dans des champs. Il y aura des producteurs agréés et seuls ceux-ci auront un marché avec l’État. Connivence quand tu nous tiens…
 
En Europe, 21 pays sur 28 autorisent le cannabis médical. Il n’en restait que 7 à la traîne, dont la France. Autoriser le cannabis thérapeutique est une très bonne idée. Comme toujours, elle est un peu gâchée par la création de méandres législatifs, de réglementations en tous genres. Une simple dépénalisation aurait résolu à la fois le problème du marché noir, et celui du consommateur-patient, qui n’est peut-être finalement qu’un prétexte à réglementer et taxer un nouveau produit.
 
Un dernier détail : est-ce l’État qui a demandé des études pour prouver le bénéfice du cannabis dans la gestion de la douleur ? Non. Il s’agit d’empirisme, celui-là même qu’expérimentent les fumeurs de tous les pays depuis des décennies. Dans cette affaire de réglementation de cannabis thérapeutique, l’ironie de l’histoire est que c’est le consommateur qui a découvert tout seul les applications de la plante. Et que dorénavant, c’est l’État qui lui vendra le droit de l’utiliser. Pour son bien, évidemment.
 
Par Phoebe Ann Moses.
Source: contrepoints.org
 
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By mrpolo,
Un mois après le lancement du plan anti-drogue à Marseille par le gouvernement, 720 personnalités du monde médical, politique, social et économique lancent un nouvel "Appel de Marseille" pour un changement et une légalisation encadrée du cannabis.

 
Est-ce l'approche des élections municipales ou un concours de circonstance ? Un mois seulement après la venue à Marseille de trois ministres pour le lancement d'un nouveau plan anti-drogue, voilà que 720 personnalités s'unissent dans un nouvel "Appel de Marseille" pour proposer une autre politique en matière de drogue.
 
Une autre politique de prévention
Ils demandent une légalisation encadrée de la consommation de cannabis et la mise en place d'une autre politique de prévention.

Ces 720 personnalités appartiennent au monde médical, politique, économique, social ou artistique. Parmi eux, Victor Martin est leur porte-parole, il est aussi chargé de projet de réduction des risques en milieu festif.

Victor Martin rappelle que la loi qui pénalise la consommation de drogue remonte au 31 décembre 1970 : 
 
La France, en retard sur ses voisins européens
La Belgique, l'Allemagne, l'Espagne, les Pays-Bas ou encore le Portugal, ont tous assoupli leur législation en matière de consommation de cannabis.

Selon une étude réalisée au Portugal par l'Observatoire Européen des Drogues et des Toxicomanies (OEDT), il apparaît que 8 % des jeunes de 15 à 34 ans consomment du cannabis, contre 14,1 % pour la moyenne européenne.
"Les pays qui ont les politiques de répression les plus fortes sont ceux où la consommation est la plus importante", indique Victor Martin.
En France, 21,5 % des 15-34 ans fument du cannabis, contre 8 % au Portugal, qui a dépénalisé le cannabis en 2001. / © Sylvie Chappe
Le cannabis est dangereux pour la santé
Parmi les signataires de "l'Appel de Marseille", il y a des médecins, addictologues ou psychiatres, tous en contact permanent avec des consommateurs de drogues.

S'ils soutiennent ce mouvement, c'est pour un meilleur contrôle du cannabis, de la production à la consommation, ainsi que pour une autre politique de prévention.

Cependant, le cannabis est dangereux pour la santé, notamment chez les adolescents. "On remarque d'abord des difficultés d'apprentissage, un désintérêt par rapport à des investissements habituels", explique le docteur Gilbert Fabre, pédopsychiatre.
 
Que vont devenir les trafiquants de cannabis ?
Dépénaliser ou légaliser le cannabis, "c'est une très lourde responsabilité", assure Bruno Bartoccetti, secrétaire régional Unité SGP Police Paca. Il précise qu'on ne peut pas prendre une telle décision sans une profonde réflexion.

"Le tout répressif ne fonctionne pas, on le sait bien... Dépénaliser le consommateur ? Oui, c'est peut-être une solution, c'est avant tout une victime", ajoute le policier.

Mais si demain, le cannabis est contrôlé par l'Etat, cela pourrait entraîner d'autres trafics, plus graves encore.

"Les trafiquants ne resteront pas au chômage longtemps, ils s'exprimeront de façon différente, peut-être avec la cocaïne bon marché et de mauvaise qualité", explique Bruno Bartoccetti, i lajoute : 
 
4 millions de consommateurs en France
Le policier reconnaît que la condamnation de la consommation de cannabis est une vaste hypocrisie : "on le voit bien, tout le monde fume sans se cacher, dans la rue ou ailleurs et lorsqu'un consommateur est condamné à une amende de 100 ou 200 euros, c'est devenu ridicule..."

En France, 4 millions de personnes fument régulièrement ou occasionnellement du cannabis.
 
Source: france3-regions
 
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By mrpolo,
Florent Pagny a défendu la légalisation du cannabis, face au Maire de Grenoble, sur le plateau d'On n'est pas couché, ce 19 octobre.
 

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Florent Pagny sort un nouvel album intitulé Aime la vie. La vie, le chanteur l'aime. De ses terres en Patagonie, il profite de chaque instant au côté de son épouse Azucena. Dans le cadre de la promotion de ce nouveau projet, il enchaîne les plateaux de télé en France. L'ancien coach de The Voice était l'invité d'On n'est pas couché sur France 2 pour le présenter, ce 19 octobre. Mais Florent Pagny n'a pas parlé que d'amour lors de ce tournage. Face au maire de Grenoble, il a défendu la légalisation du cannabis.
Pour le chanteur, il n'y a plus aucune autre solution. "On se rend bien compte qu'on n'empêchera jamais les gens de consommer... Pas tout le monde ! Mais il y a des gens, on n'arrivera jamais à les arrêter.", a-t-il entamé.
A ses yeux, l'interdit crée de gros déséquilibres à l'échelle mondiale. "Par contre à créer tous ces interdits, bien sûr qu'on a toutes ces bandes et tous ces gangs. Mais là, on parle de banlieue et de région mais il ne faut pas oublier qu'il y a des groupes qui sont des armées complètes qui sont narcotrafiquants qui gèrent toute l'Amérique du Sud, et ça repart aux Etats-Unis. Finalement, ça prend des proportions tellement grandes que pour tout gérer, tout savoir, tout calibrer...Il faut légaliser", a-t-il détaillé de manière engagée.
    Selon Florent Pagny, ce n'est qu'ainsi que l'Etat pourrait mieux contrôler "qui consomme, ce qu'il consomme". "On enlèvera toute cette petite délinquance. Ce n'est pas parce qu'on va légaliser la drogue que tout le monde va se droguer", a-t-il conclu visiblement très préoccupé par ce sujet.
Source: tele2semaines
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By mrpolo,
Bien que les performances décevantes des actions de cannabis les plus en vue aient récemment fait la une des journaux, les nouvelles ne sont pas toutes mauvaises, surtout si l'on choisit la bonne règle pour mesurer les avantages pour les investisseurs.

 
Le Groupe TMX a créé une telle règle. Ça s'appelle le TSX30. Dévoilé la semaine dernière, il s'agit de la liste inaugurale des titres les plus performants des trois dernières années à la Bourse de Toronto, où l'on retrouve plusieurs des titres de cannabis. Et les actions de mauvaises herbes occupaient une place prépondérante.
En haut de la liste se trouve la croissance de la canopée (NYSE:CGC), (TSX:WEED). Les actions de la plus grande société de cannabis au monde se sont appréciées de 1,823% au cours des trois dernières années, se terminant le 30 juin. Le rendement a été si impressionnant qu'il a plus que doublé par rapport à la société de commerce électronique Shopify (NYSE:SHOP), (TSX:SHOP), qui s'est classée deuxième sur la liste, offrant un rendement de 883% au cours de la même période.
 
canopy    
En tout, quatre compagnies de cannabis figuraient sur la liste, toutes parmi les 10 premières.
Village Farms International (NASDAQ:VFF), (TSX:VFF) occupe la troisième place sur la liste. Il a généré un rendement de 868 % au cours des trois dernières années. Basée en Colombie-Britannique et en Floride, cette société est également cotée au NASDAQ.
 
Village Farms International exploite des installations de culture de légumes aux États-Unis, au Canada et au Mexique, ainsi que des installations de cannabis en Colombie-Britannique, et prévoit prendre de l'expansion sur le marché américain du chanvre dérivé du chanvre. Elle possède actuellement deux coentreprises : Village Fields Hemp et Arkansas Valley Green et Gold Hemp, qui produisent du chanvre cultivé à l'extérieur pour l'extraction du CBD.
 
village farms    
Aphria (NYSE : TSX:APHA), (TSX : APHA), basée en Ontario, occupe la sixième place sur la liste TSX30, offrant ainsi aux investisseurs un taux de croissance de 479 %. Pas mal pour la compagnie de marijuana médicale basée à Leamington, qui a annoncé plus tôt ce mois-ci un "programme pilote de vérification". Le but du programme est d'aider les chercheurs à apparier les résultats thérapeutiques à des profils génétiques et chimiques spécifiques et d'aider les médecins et les pharmaciens à prescrire les meilleurs produits à base de cannabis.
 
aphria    
Neptune Wellness Solutions (NASDAQ:NEPT), au Québec (TSX:NEPT), s'est classée au 8e rang sur la liste TSX30, avec un rendement sur trois ans de 322 %. L'entreprise se spécialise dans l'extraction et la purification d'huiles à base de cannabis pour les suppléments de bien-être destinés aux humains et aux animaux domestiques.
 
Une petite entreprise canadienne de cannabis signe une entente importante en Chine
La semaine dernière, une petite société canadienne de cannabis a signé une énorme entente avec la Chine, et le cours de ses actions a connu une hausse de 32%.
Les parts de Pure Global Cannabis (OTC:PRCNF), (TSXV:PURE), dont le siège social est à Brampton, en Ontario, sont passées de 0,075 $ US (0,095 $ CA) à 0,115 $ US (0,145 $ CA). Il a clôturé hier à 0,110 $ US (0,135 $ CA). Mais plus important encore, l'entreprise est le premier producteur canadien de marijuana médicinale et de chanvre à conclure une entente avec une entreprise chinoise.
 
Selon l'entente conclue avec la société de chanvre KMT-Hansa Corp, Pure Global, par l'entremise de sa filiale PireSinse Inc. cultivera du chanvre sur 17 000 acres dans la province du Yunnan, pour ensuite transformer et exporter des produits à base de CDB. KMT-Hansa, basée à Anguilla, a récemment reçu une licence pour cultiver, extraire et exporter du chanvre dans la province du Yunnan. L'entreprise canadienne gérera les activités de culture et d'extraction, et les deux entreprises prévoient exporter leurs produits CBD dans toute l'Asie.
 
La Fondation de l'arthrite publie une déclaration du CBD
La Arthritis Foundation, dont le siège est aux États-Unis, a publié sa première liste de recommandations pour la CDB au début du mois, fournissant des renseignements à des millions de patients arthritiques sur ce qu'il faut rechercher lorsqu'on choisit un produit à base de CDB.
Le CBD, ou cannabidiol - l'extrait non psychoactif de la plante de cannabis - est de plus en plus populaire pour un large éventail de conditions médicales.
 
La Fondation de l'arthrite n'a pas recommandé d'utiliser l'huile pour traiter les symptômes de l'arthrite, mais reconnaît que de nombreuses personnes souffrant d'inflammation des articulations se sont tournées vers le CBD pour soulager la douleur.
Les représentants de la Fondation ont déclaré à ses membres qu'il n'y a " aucun problème sérieux de sécurité " associé à l'utilisation modérée du CBD, mais ils ont averti qu'il pourrait interagir avec les médicaments couramment prescrits pour l'arthrite.
 
Source: fr.investing.com
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By Guest,
STUPEFIANTS Quatre ministres présentaient ce mardi à Marseille le plan antistupéfiant du gouvernement, mais il ne devrait pas révolutionner la lutte contre les trafics à Marseille
Parmi les mesures annoncées lors de la présentation du plan antidrogue, certaines sont déjà testées à Marseille depuis 2015. Pour de nombreux observateurs de cette problématique des trafics, la méthode du tout répressif n’est pas efficace pour combattre ce fléau.  
 
Un plan national de lutte contre les stupéfiants annoncé à Marseille, mais qui ne devrait pas changer grand-chose localement. Le gouvernement a sorti l’artillerie lourde ce mardi matin pour présenter son plan antidrogue, avec la présence dans la deuxième ville de France du ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, de son secrétaire d’Etat et ancien préfet de police des Bouches-du-Rhône Laurent Nunez, de la ministre de la Justice Nicole Belloubet, et du ministre des Comptes publics Gérald Darmanin.
 
Suppression de l’Octris (Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants) au profit de l’Ofast (Office antistupéfiant) « sur le modèle de la DGSI en matière de lutte contre le terrorisme », développement des cellules du renseignement opérationnel sur les stupéfiants (CROSS), création d’une plateforme d’appel pour signaler les points de vente, ou encore mise en place d’une amende de 200 euros pour tous consommateurs de produits stupéfiants en 2020 font partie des 55 mesures annoncées par les ministres.
 
« Marseille, laboratoire de la lutte contre les stup' »
Alors que trois règlements de comptes en trois semaines viennent de s’ajouter aux six personnes déjà tuées dans les Bouches-du-Rhône depuis le début de l’année en lien avec des trafics de stupéfiants, aucune des annonces ne semble pouvoir inverser la tendance à Marseille. Les CROSS y sont déjà expérimentés depuis 2015, à travers la méthode dite du « pilotage renforcé », où différents services de police, de gendarmerie ou de douanes, collaborent. « Marseille est un laboratoire des initiatives pour la lutte contre les stupéfiants », a d’ailleurs souligné Christophe Castaner.
 
Avec des résultats statistiques probants puisque en 2018, 68 réseaux ont été démantelés, contre 18 en 2015. Le nombre de personnes écrouées a bondi de 71 à 177 sur la même période, quand les saisies de cannabis sont passées de 147 kg en 2015 à plus de 4.500 kg en 2018.
 
« On a tout essayé »
Mais les statistiques ne traduisent pas toujours la réalité, et pour beaucoup de points de deal démantelés, une guerre de succession s’engage, quand la police estime leur nombre à plus de 110 rien qu’à Marseille. Malgré cette politique du tout répressif, dénoncée par un avocat pénaliste du barreau de Marseille, la situation ne semble pas s’améliorer : « On a tout essayé, notamment avec l’exécution du tout répressif au niveau judiciaire mais ça ne marche pas. Il faut trouver autre chose, réclame-t-il. Un gamin a pris 18 mois de prison pour quatre pochons de cocaïne alors qu’il y avait encore quelque chose à faire : le sortir du quartier avec une domiciliation chez sa tante et des obligations de soin. »
 
Samia Ghali, sénatrice des quartiers Nord, réclame depuis des mois plus de moyens. Selon elle, ce ne sont pas ces plateformes d’appels qui devraient changer grand-chose. « Nous passons notre temps à donner ce genre d’information à la police, mais rien ne change », regrette-t-elle. C’est pourquoi elle souhaite également plus de prévention. « Il faut apporter une réponse sociétale et sociale. Ces gamins ne partent pas en colonie, et les dealers deviennent bien souvent les animateurs sociaux en leur offrant des piscines. Ce plan anti stup' est une approche nationale, nous avons désormais besoin d’une approche globale au niveau local », estime-t-elle.
 
Laurent Nunez s’est engagé à revenir rapidement à Marseille pour apporter des réponses, même si Christophe Castaner estime que « Marseille est loin de l’image que l’on veut lui
donner ».
 
https://www.20minutes.fr/societe/2606403-20190917-plan-antidrogue-tout-essaye-experience-effets-limites-marseille
 
 
 

 
Peace
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By mrpolo,
D’après une nouvelle étude française, les effets du cannabis sur la conduite sont plus importants et durent plus longtemps chez les fumeurs occasionnels que chez les fumeurs quotidiens.

En France, depuis 2010, quelque 500 personnes sont tuées chaque année dans un accident de la route avec stupéfiants (cannabis ou autres). 102201531/beeboys - stock.adobe.com
Ils ont fumé des joints, mais pour la science, avec de l’herbe fournie par la police: une étude présentée mercredi évalue les effets de la consommation occasionnelle et chronique de cannabis sur la conduite, en se basant, fait rare, sur ce qui se passe quand on fume vraiment. En France, depuis 2010, quelque 500 personnes sont tuées chaque année dans un accident de la route avec stupéfiants (cannabis ou autres), selon les chiffres officiels.
«Pour la plupart des études, on utilise des sprays ou des décoctions. Là, on montre réellement ce qui se passe dans la vraie vie, avec du cannabis fumé, ce qui est important du point de vue médical», explique à l’AFP l’un des auteurs, Jean-Claude Alvarez, spécialiste de pharmacologie et toxicologie à l’Inserm. Le Pr Alvarez a présenté cette étude baptisée Vigicann mercredi à Paris devant l’Académie nationale de pharmacie.
 
Simulateur de conduite
Le premier volet a été publié en mars dans la revue médicale américaine Clinical Chemistry. Il montre que les effets du cannabis sur la conduite sont plus importants et durent plus longtemps chez les fumeurs occasionnels (un ou deux joints par semaine) que chez les fumeurs chroniques (un ou deux joints par jour). Si la drogue était bien réelle, l’expérience n’a bien sûr pas été menée sur la route: les fumeurs ont pris le volant d’un simulateur de conduite.
L’étude a été menée en 2017-2018 par des chercheurs des hôpitaux Raymond Poincaré à Garches (AP-HP) et Sainte-Marguerite à Marseille. Ils ont recruté 30 fumeurs de cannabis, rémunérés, des hommes de 20 à 34 ans dont une moitié était des fumeurs occasionnels et l’autre des fumeurs chroniques. Le recrutement s’est fait par voie d’affichage dans «des facs de médecine et de droit», explique le Pr Martinez.
 
Dosage précis
L’expérience s’est déroulée durant trois sessions de 26 heures. Le cannabis utilisé était de l’herbe - «de qualité» selon les chercheurs - qui provenait des saisies policières, après le feu vert des autorités judiciaires. L’herbe a été mélangée à un gramme de tabac pour obtenir des joints contenant 10 et 30 milligrammes de THC, principe actif du cannabis. Pour pouvoir comparer, certains joints étaient des placebos: ils contenaient du chanvre sans THC et une quantité minime de vieux cannabis (faiblement dosé), pour reproduire l’odeur d’un vrai joint. Tous les joints, vrais ou placebos, étaient roulés avec du tabac très odorant, de l’Amsterdamer, pour qu’il soit difficile de les différencier.
 
Les joints étaient fumés selon un protocole précis: une inhalation de 2 secondes toutes les 40 secondes pendant dix minutes, soit 15 bouffées. Ensuite, les fumeurs passaient au simulateur de conduite qui reproduisait la circulation sur une autoroute, avec des rafales de vent déviant les trajectoires. Le processus s’accompagnait de prises de sang et de tests salivaires.
 
Temps de réaction allongé
Résultat sans surprise: la consommation de cannabis entraîne une augmentation rapide du THC dans le sang, ce qui allonge le temps de réaction. Mais cet allongement est plus marqué chez les fumeurs occasionnels, sur qui, en outre, l’effet dure plus longtemps (13 heures contre 8 pour les chroniques). Cela s’explique par «une tolérance plus grande» aux effets de la drogue chez ceux qui fument le plus. À l’inverse, le THC reste détectable dans le sang plus longtemps chez les fumeurs chroniques.
 
Enfin, l’étude révèle des différences dans la façon même de fumer: «Les chroniques tirent davantage sur les joints, car cela leur fait moins d’effet et ils ont besoin d’une dose supérieure», selon le Pr Alvarez. Le second volet de l’étude doit être publié prochainement et portera sur les tests salivaires utilisés par la police dans les contrôles routiers.
 
L’expérience a valu aux chercheurs français des critiques de collègues américains, heurtés par le fait qu’on utilise de vrais joints, dit le Pr Alvarez. «Bien entendu, nous n’avons initié personne, les sujets étaient tous consommateurs», insiste-t-il.
 
Source: lefigaro.fr
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By mrpolo,
En 2013, l’Uruguay est le premier pays à légaliser la consommation récréative de cannabis. Ce précurseur a été rapidement suivi par de nombreux pays au cours de ces six dernières années, comme le Canada ou plusieurs États américains. Dans certaines régions du globe, on a fait le choix de la dépénalisation. C’est notamment le cas en Europe. Face à cet élan de légalisation à travers le monde qu’attend la France pour se lancer ? Le business du cannabis est-il vraiment rentable ? Éléments de réponse.
 

 
Les profits générés par la légalisation
Les premières études qui ressortent sur la légalisation du cannabis à usage récréatif démontrent une manne financière monstrueuse. En 2016, aux États-Unis, l’industrie a permis aux États du Colorado et de Washington de récolter entre 200 et 300 millions de dollars en taxes et impôts. Cette même année, les Américains auraient déboursé environ 6,7 milliards de dollars pour se procurer du cannabis de manière légale, selon Arcview Market Research.
Toujours au Colorado, dans les trois premières années de mise en place de la nouvelle législation, près de 18 000 emplois nets ont été créés. Un chiffre impressionnant quand on sait que l’État abrite une population de seulement 5,5 millions d’habitants.
 
Le tourisme du cannabis
Si cette industrie est aussi lucrative, c’est parce qu’elle donne la possibilité aux États d’empocher trois fois plus de taxes que l’alcool. Au total, pour le Colorado, ce serait presque 500 millions de dollars récoltés entre 2014 et 2017. Une manne qui aura tout de même permis à l’État d’investir dans l’éducation et dans des programmes de sensibilisation contre les drogues.
Cette légalisation a ouvert la voie au tourisme de masse. En effet, le Colorado se retrouve isolé, au milieu d’États qui n’ont pas légalisé le cannabis à usage récréatif. Ainsi, il attire de nombreux frontaliers qui souhaitent se procurer ce produit en respectant la loi. Ce phénomène se retrouve dans de nombreux pays en Europe.
 
Le cannabis dans l’Union européenne
Sur notre continent, la majorité des pays ont fait le choix de la dépénalisation. La consommation est autorisée, dès lors que la loi est respectée. Ainsi, l’Espagne, le Portugal, l’Italie, la Suisse, les Pays-Bas, l’Autriche, la Norvège, l’Estonie, la Moldavie, la République tchèque, la Slovénie et la Croatie ont décidé de ne plus condamner les consommateurs. En Allemagne et en Pologne, le cannabis à usage récréatif est toujours illégal, mais toléré.
Concrètement, la dépénalisation autorise une consommation très encadrée. Aux Pays-Bas par exemple, le cannabis à usage récréatif peut être consommé uniquement dans les coffee shops et à son domicile. Il est interdit dans la rue. Dans les faits, les Amstellodamois fument très régulièrement dans la ville sans être verbalisés. Ce business et ce « laxisme » à l’égard des fumeurs fonctionnent plutôt bien pour les Pays-Bas. Un peu trop bien.
De ce fait, la hausse du tourisme est devenue beaucoup trop importante pour Amsterdam et d’autres zones du pays. Certaines villes ont pris des mesures fortes. En 2010, un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne permet à Maastricht d’interdire l’accès de ses coffee shops aux touristes. Amsterdam a, par exemple, stoppé la publicité faisant la promotion de la ville. Face à l’afflux massif de touristes du cannabis, La Haye (capitale économique du pays) est devenue la première ville des Pays-Bas à interdire cette substance dans son centre-ville.
 

 
Ne pas devenir le nouvel Amsterdam
Observant les problématiques rencontrées par les Pays-Bas, le Luxembourg a pris des mesures radicalement différentes. Le pays est sur le point d’être le premier État européen à pleinement légaliser la consommation du cannabis à usage récréatif. Pour autant, le Premier ministre a déjà annoncé qu’il ne voulait pas devenir « le nouvel Amsterdam ».
Ainsi, le Luxembourg n’autorisera que les résidents du pays à se procurer du cannabis. Étienne Schneider, ministre de la Santé, est très ferme et refuse toute vente aux frontaliers. L’objectif du pays n’est pas de générer du business autour de la légalisation, mais bien de contrer le marché noir. Comme l’expliquait Étienne Schneider, l’interdiction ne fait que nourrir le circuit parallèle.
En légalisant le cannabis à usage récréatif, le Luxembourg souhaite avant tout permettre de réglementer ce business. L’objectif ? Fournir à ses habitants des produits de meilleure qualité. Le projet de loi n’autorisera la consommation que dans le cadre privé. Elle sera interdite dans la rue et dans les cafés. L’intégralité des revenus n’ira pas dans la poche de l’État, mais sera dédiée à un fonds de prévention très actif dans la prévention de nombreux dangers comme la toxicomanie.
 
Cannabis et marché noir, une grande histoire d’amour
Au Colorado, comme au Luxembourg, l’idée de départ était de reprendre la main sur un trafic illégal qui générait des milliards de dollars. Problème : dans certains pays ayant légalisé l’usage récréatif du cannabis, le marché noir grossit.
Pourquoi ? Premièrement parce que les taxes sont trop élevées. Au Colorado, celles-ci s’élèvent à 29,9 %. Une augmentation qui rend les consommateurs frileux quant à l’achat de cannabis en toute légalité, d’autant plus que l’État américain a aussi autorisé la pousse de ses propres plants de cannabis. Une décision qui a participé à la hausse du marché noir.
En effet, le Colorado est isolé au milieu d’États qui n’ont pas légalisé l’usage récréatif de cette substance. Ainsi, les différents acteurs du marché noir n’hésitent plus à faire pousser leurs plants dans cette zone où c’est légal, avant de les revendre aux consommateurs qui vivent dans les régions frontalières.
Depuis 2014, la DEA, l’agence chargée de la lutte contre le trafic de drogues, estime qu’elle dédie 15 % de son temps au cannabis. Un chiffre qui a triplé par rapport à la période qui a précédé la légalisation. Près de dix États autour du Colorado sont ainsi abreuvés par le cannabis produit au Colorado.
 
L’échec de la légalisation : le cas canadien
Au nord des États-Unis, la situation n’est pas bien glorieuse non plus. Certains experts ont avancé l’hypothèse que la légalisation n’entraînerait pas une hausse du nombre de consommateurs. Au premier trimestre 2019, le Canada a vu l’arrivée de 646 000 nouveaux clients.
Cette hausse significative a eu un réel impact sur les stocks de cannabis au Canada. Légalisé le 17 octobre 2018, l’État était déjà à court de marchandise 10 jours plus tard. Résultat, les magasins ont dû réduire les heures d’ouverture, n’ouvrant que quatre jours par semaine. Alors que le gouvernement avait prévu l’installation de 50 points de vente avant la fin décembre, seuls 12 ont ouvert leurs portes. Conséquence : une fois encore le marché noir s’est enflammé.
 
Le cannabis en France
Fin 2018, l’Observatoire des drogues et des toxicomanies indiquait que la consommation de cannabis dans notre pays avait atteint son plus haut niveau depuis 25 ans. Si la France a une des politiques les plus répressives en la matière en Europe, c’est aussi le pays qui possède le plus haut taux d’expérimentation. En 2016, en France, 41,4 % des 15-64 ans avaient consommé du cannabis au moins une fois dans leur vie, contre en moyenne 18,9 % en Europe.
Mi-2019, le Conseil d’analyse économique (CAE) a dressé un état des lieux sur la consommation de cette substance en France. L’étude met notamment en avant le fait que le nombre d’affaires liées au cannabis est si important que la justice ne peut pas toutes les saisir. Certaines solutions sont mises en place pour désengorger les tribunaux, allant du simple rappel à la loi à une amende de 200 €. Malgré tout, la police et la justice y dédient une importante partie de leur temps et de leurs ressources.
Pour lutter contre la consommation du cannabis, le budget estimé serait de 568 millions d’euros. « Si on rajoute les pertes de revenus, de production et de prélèvements obli­gatoires liées à l’emprisonnement, le coût social du cannabis serait supérieur de 40 %, soit 919 millions d’euros », expliquent les experts du CAE. Près d’un milliard d’euros seraient déboursés par l’État pour un business clandestin qui ne rapporte donc rien. Qu’attend donc le gouvernement pour se décider ?
 
La drogue à travers les âges
Avant de comprendre pourquoi la France ne légalise pas le cannabis à usage récréatif, il est important de savoir comment les drogues ont été interdites. Au XIXe siècle, leur consommation était très répandue. De nombreuses personnes à travers le monde étaient adeptes de l’opium, par exemple. On comptait environ 25 millions de consommateurs réguliers au début des années 1900. Cela représentait environ 1,5 % de la population mondiale de l’époque.
Ce n’est qu’au début du XXe siècle que la guerre contre la drogue est déclarée. En 1961, les Nations Unies prennent le problème en main en ratifiant la Convention unique sur les stupéfiants. Ce texte n’autorisait la production et l’utilisation de drogues que dans un objectif médical ou scientifique.
Aux États-Unis, Richard Nixon fait de ce combat une cause nationale, pour sa réélection en 1971. En réalité, son mantra, War on Drugs, n’était qu’une tentative de discréditer ses deux ennemis, les Afro-Américains et les hippies en leur associant une image de drogués.
Après plusieurs années de lutte contre la drogue, plusieurs prix Nobel signent le rapport Ending the Drug Wars, en 2014. Cette tribune démontre les effets négatifs d’une politique répressive contre les consommateurs de drogue.
Aujourd’hui, certains chiffres du rapport mondial sur la consommation des drogues démontrent un potentiel business important. Près de 3,9 % de la population mondiale aurait consommé du cannabis au moins une fois dans sa vie, soit 192 millions de personnes environ, selon l’étude de 2016. Des consommateurs qui n’ont pas la possibilité de se fournir légalement.
 
Quand la France va-t-elle légaliser le cannabis ?
Le CAE met en avant une donnée importante : de manière générale, dans les pays qui dépénalisent le cannabis, la criminalité a tendance à baisser. Son rapport indique également que la France pourrait grandement bénéficier d’une légalisation du cannabis. En effet, cette décision permettrait au pays de réaliser une économie significative sur les frais déboursés pour lutter contre cette substance. De plus, l’impôt et les taxes générés par la vente légale du cannabis représentent une manne financière importante pour l’État.
Cependant, la France se montre très réticente à une telle légalisation. Entre 2018 et 2019, de nombreux coffee shops ont ouvert leurs portes, vendant des produits contenant du cannabidiol à très faible quantité. Le gouvernement les a fait fermer dans leur grande majorité.
En août 2019, Édouard Philippe s’est exprimé sur la possibilité de légaliser le cannabis à usage thérapeutique. Même si le gouvernement étudiait prochainement cette piste, le Premier ministre a affirmé que cette décision n’ouvrirait pas la voie à la dépénalisation du cannabis. Dans les prochains mois, le Luxembourg servira de zone test pour l’Europe. S’il arrive à maîtriser ce business, le pays pourrait être un modèle pour de nombreux autres États dans l’UE.
 
Les effets du cannabis sur la santé
Il s’agit bien sûr du gros point noir qui inquiète les autorités publiques et ralentit la légalisation du cannabis en France. Aux États-Unis, le bilan est mitigé. Les hôpitaux ont enregistré une baisse de 5 % de la fréquentation pour des douleurs chroniques. Mais la consommation de cannabis aurait augmenté de 10 % le nombre d’accidents de la route selon le British Medical Journal.
Cependant, le CAE, qui met en avant de nombreuses études de 2017 sur les risques pour la santé de ce produit, affirme que les effets chez l’homme sont minimes. « De fait, le cannabis est une drogue particulière, car, à l’inverse de l’héroïne, de la cocaïne ou même de l’alcool, il est presque impossible de faire une overdose. De plus, le cannabis est beaucoup moins addictif que les autres substances légales (alcool, tabac). »
 
Des diplômes en cannabis
Le business du cannabis s’étend aussi au secteur de l’éducation. En effet, face au succès de la légalisation de cette substance outre-Atlantique, de nombreuses universités ont développé des cursus dédiés au cannabis. Certaines études prédisent que ce marché aura créé 467 000 emplois aux États-Unis d’ici 2022.
Ainsi, de prestigieux établissements américains et canadiens comme The University of Washington, UCLA ou encore Northern Michigan University délivrent un diplôme reconnu par l’État. Les cours abordent tout le spectre du cannabis, de la biologie au médical en passant par l’impact économique. De quoi susciter des vocations outre-Atlantique.
 
Source: business-cool.com
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By mrpolo,
Aux origines de son interdiction, une association stigmatisante entre musulmans, haschisch et criminalité.

La prohibition du cannabis en France a une histoire teintée de racisme et de ségrégation. | Francois Nascimbeni / AFP
 
L'été 2019 aura été particulièrement fécond en réflexions et rebondissements autour de la modeste Marie-Jeanne, plus connue sous le nom de cannabis. Son statut juridique a suscité les passions en France, pays d'Europe où elle est par ailleurs particulièrement consommée malgré son illégalité.
Ainsi, le 19 juin, soixante-dix personnalités –économistes, médecins et élu·es– ont publié une lettre ouverte dans L'Obs appelant à sa légalisation. Y était notamment dénoncé l'échec des politiques prohibitionnistes.
Quelques jours après, des économistes conseillant le Premier ministre publiaient un vademecum intitulé «Cannabis: comment reprendre le contrôle?».
 
Allant dans le même sens que la lettre ouverte, ce document soutient que la politique de la France en la matière a été un échec et appelle l'État à créer un «monopole public de production et de distribution du cannabis».
 
En juillet, c'était au tour de l'Agence nationale de sécurité des médicaments (ANSM) de s'exprimer. Elle a ainsi approuvé le lancement d'essais médicaux sur le cannabis en France –réclamés depuis 2013 par de nombreux médecins et activistes.
Ce mouvement fait écho à celui qui, aux États-Unis, a finalement conduit une douzaine d'États à légaliser et réglementer le cannabis depuis 2014.
Mais en France, les responsables politiques comme les intellectuel·les ont, à mon sens, éludé du débat l'histoire coloniale du cannabis, en omettant de se pencher sur les raisons politiques –et racistes– de son interdiction, et donc de réfléchir aux stigmatisations qui continuent de l'entourer.
Hashischins
Comme je le soutiens dans ma thèse de doctorat ainsi que dans mon livre à paraître en avril 2020 sur l'histoire du haschisch en France, les Français du XIXe siècle croyaient que le cannabis, plus précisément le haschisch, sa résine, engendrait la folie, la violence et la criminalité chez les Maghrébins musulmans (les sources ne font pas spécifiquement mention de son usage parmi les populations juives et chrétiennes).
Au début des années 1800, le célèbre érudit français Antoine-Isaac Silvestre de Sacy a popularisé l'idée que le mot «assassin» dérivait du mot arabe haschisch et que les deux termes étaient liés à une secte musulmane appelée «Assassins d'Alamut», qui opérait pendant les croisades.
 

La secte des Assassin d'Alamut a nourri de nombreuses productions culturelles, comme la série de jeux vidéo Assassin's Creed (Ubisoft). | BagoGames via Flickr
Décrits pour la première fois en 1298 dans le Devisement du monde, récit des voyages de Marco Polo, les Assassins d'Alamut auraient utilisé une potion intoxicante pour duper les fidèles en Irak et en Syrie afin qu'ils deviennent assassins à leur tour.
Sacy croyait que la potion était faite de haschisch, citant une référence arabe contemporaine à la secte comme al-Hashishiyya, «mangeurs de haschisch», écrit par le savant syrien Abu Shama Shihab al-Din (1203-1268).
 
Ces assassins, soutenait Sacy, «ont été spécifiquement entraînés pour tuer» par leur chef, connu sous le nom du Vieux de la Montagne à qui ils se soumettaient sans condition, drogués au hashish.
Bien qu'il s'agisse en grande partie d'une fiction, les dires de Sacy sur ces assassins musulmans consommateurs de cannabis ont fait des émules en France, en particulier dans le milieu médical.
Ce récit ignore pourtant le fait que la consommation de haschisch était loin d'être aussi généralisée parmi les populations du monde arabe. Ainsi, certaines communautés aux pratiques confessionnelles et culturelles très variées condamnaient la prise de substances au même titre que l'alcool. D'autres, bien que musulmanes, se l'appropriaient dans des rituels ou traditions précises.
Un fantasme orientaliste
Mes recherches historiques montrent que des dizaines de médecins contemporains de Sacy se sont appuyés sur ses thèses. Ils croyaient que la science pharmaceutique occidentale pourrait apprivoiser le haschisch –curieux intoxicant venu d'Orient– afin d'en faire une substance médicinale pour traiter des maladies aussi redoutables que la folie, la peste et le choléra.
Le haschisch médical, principalement utilisé sous forme de teinture-mère ou alcoolature, s'est ainsi répandu en France entre 1830 et 1840.
 
Le plus célèbre aliéniste et homéopathe, le savant Jacques-Joseph Moreau de Tours, croyait par exemple que l'intoxication au haschisch reproduisait la folie, offrant ainsi un moyen d'étudier et de traiter les maladies mentales.
Son usage récréatif a quant à lui été particulièrement développé grâce aux activités du club des Hashischins, organisé par Moreau à l'Hôtel de Lauzun à Paris. Ses membres renommés comptaient notamment Théophile Gautier, qui a relaté ses expériences dans plusieurs récits, ou Charles Baudelaire. Ces intellectuels se réunissaient régulièrement pour prendre du haschich et «jouer aux Orientaux» sur les bords de Seine.
 

Hotel de Lauzun, à Paris (1892). | Paul Robert via Wikimedia Commons
Un échec médicamenteux
Mais les scientifiques de l'époque –et les patient·es– n'ont pas tardé à être désabusés par ce médicament miracle. Le cannabis, nous le savons maintenant, atténuaient bien les symptômes de certaines maladies, comme la peste, le choléra, et la folie. Mais il ne pouvait guérir du choléra, particulièrement fatal en cette fin de XIXe siècle.
 
Au début du XXe siècle, les échecs successifs des différentes tentatives de traitements, l'abandon également de certaines philosophies scientifiques –comme l'anticontagionisme, qui légitimaient ces recherches –ont peu à peu conduit à l'arrêt total des essais médicinaux à base de cannabis.
En 1953, un arrêté rend illégal le haschisch médicinal. La substance est ensuite classée dans la catégorie des stupéfiants, entrant dans la liste des produits illégaux à la fin de 1970. Plus de trente ans plus tard, circulation, consommation, vente et détention de cannabis demeurent prohibées, en dépit d'une évolution de la législation.
La folie haschischique
Officiellement, le cannabis est banni. A-t-il pour autant été effacé des consciences? Mes recherches montrent qu'au contraire, son association avec le monde arabe et nord-africain, par extension monde musulman, perçu comme violent –nous sommes alors en pleine ébullition décoloniale– est demeurée bien ancrée dans l'imaginaire collectif. Ce dernier a ainsi continué d'influencer les politiques publiques en France pendant des décennies et jusqu'à nos jours.
Dès le début du XIXe, les officiels et médecins œuvrant en Algérie coloniale française considéraient l'usage du haschisch comme une cause de folie et de criminalité violente.
 
Vers la fin du XIXe siècle, les hôpitaux psychiatriques en Algérie française se remplissent d'Algériens musulmans censés souffrir de «folie haschischique». Comme l'a écrit un médecin français en poste à Alger en 1855, «les Arabes sont en état de dégradation morale et physique… le vol et le meurtre infestent l'ordre moral, la syphilis et la gale l'ordre matériel… Ces effets produits par l'utilisation du haschisch sont vraiment désastreux».
Ces raisonnements ont nourri la création en 1875 du Code de l'indigénat, une loi institutionnalisant le racisme et l'apartheid en Afrique du Nord française, désignant officiellement les Maghrébins comme sujets plutôt que citoyens.
 

«Note sur la folie haschischique. À propos de quelques arabes aliénés par le haschisch», Nouvelle Iconographie de la Salpêtière, Tome XX (Paris, 1907), 252. | Auguste Marie de Villejuif
Ces individus étaient alors soumis à des codes juridiques distincts et inégaux qui favorisaient la ségrégation, le travail forcé et les restrictions des droits civils. L'association stigmatisante entre musulmans, haschisch et criminalité a ensuite persisté jusqu'après la fin de l'Empire colonial français en 1968.
Cette idée a aussi suivi les Maghrébins immigrés en France. Ces derniers étaient considérés comme plus vulnérables à la violence et à la délinquance que d'autres et, à ce titre, soumis à une surveillance excessive de la police.
Au niveau du gouvernement, cette peur s'est traduite par une criminalisation du cannabis à la fin des années 1960. Un membre de l'Assemblée nationale française a même, en octobre 1969, cité Sacy en se référant à la supposée secte des Assassins.
Les parlementaires ont alors décrit la consommation de drogue, à la hausse dans les années 1960, comme un «fléau étranger» qui se propageait à cause des trafiquants maghrébins.
 
Toutefois, comme indiqué dans le livre récent d'Alexandre Marchant, un grand nombre de ces trafiquants étaient des jeunes Français, qui passaient clandestinement du hachisch et d'autres drogues à leur retour de leurs tournées en Orient.
Beaucoup se réjouiront certainement d'une prochaine dépénalisation, voire d'une légalisation du cannabis. Mais il faudrait aussi se rappeler pourquoi, en premier lieu, le cannabis a été interdit et comment il a conduit à la stigmatisation de nombreux jeunes Français d'origine nord-africaine.

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l'article original.
 
David A Guba, Jr.
 
Source: slate.fr
 
 
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