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Cannabis: le mirage de la prohibition
Par mrpolo,

Le gouvernement a une nouvelle fois fermé la porte à toute évolution de la législation sur le cannabis, malgré le constat d’échec unanime sur la politique répressive en place depuis cinquante ans
Illustration © Kak
Le gouvernement a exclu jeudi toute légalisation du cannabis à usage récréatif, une piste avancée notamment par le Conseil d’analyse économique, un think tank rattaché à Matignon, dans un rapport tirant les conséquences de « l’échec de la prohibition » qui n’est jamais parvenue à enrayer la consommation, l’une des plus élevées d’Europe. Une vingtaine de députés, dont certains appartenant à la majorité, ont pour leur part déposé une proposition de loi ouvrant la voie à une « légalisation contrôlée » similaire à celle sur le tabac et l’alcool.
A peine entrevue, la perspective d’une légalisation du cannabis est aussitôt partie en fumée. « La position du gouvernement est claire : nous sommes contre la légalisation à usage ludique », a balayé jeudi sur LCI la ministre des Transports Elisabeth Borne. Enième clap de fin pour l’un des plus vieux serpents de mer de la politique française. Les lignes semblaient pourtant avoir bougé avec la publication, le matin même, d’une note du Conseil d’analyse économique (CAE), un organisme de réflexion placé auprès du Premier ministre. Deux chercheurs, Emmanuelle Auriol et Pierre-Yves Geoffard, défendent dans ce document l’idée d’une légalisation « strictement encadrée » de la consommation afin de « reprendre le contrôle » du marché et tirer les leçons de l’échec de la prohibition mise en place depuis maintenant près de cinquante ans.
 
La sortie de ce rapport s’est doublée d’une offensive législative, puisqu’une proposition de loi en ce sens a été déposée jeudi par le député François-Michel Lambert (Libertés et territoires) avec le soutien d’une vingtaine de ses collègues. La veille, près de 70 médecins, économistes et personnalités politiques (dont plusieurs maires de banlieue) ont réclamé à leur tour une légalisation complète dans une tribune publiée par l’Obs. Tous dénoncent « l’impasse » de la situation actuelle et appellent à en finir avec le statu quo, dans un contexte marqué par une évolution de la législation dans de nombreux pays ces dernières années, à l’image du Canada, des Etats-Unis ou de l’Uruguay.
 
Depuis des années, études, rapports et analyses s’empilent. Chaque fois, le même constat est porté : la politique de prohibition appliquée depuis une loi de 1970 ne fonctionne pas. Pire, le nombre des consommateurs français est non seulement l’un des plus élevés de l’Union européenne, mais aussi significativement plus important que dans des pays où la détention et la consommation de cannabis pour un usage personnel ont été dépénalisées. En 2017, on comptait ainsi environ 5 millions de consommateurs dans l’Hexagone, dont 700 000 usagers quotidiens, selon un baromètre de Santé publique France conduit avec l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT).
 
Loi archaïque. « Le système de prohibition français est à la fois coûteux et inefficace », notent d’ailleurs les deux rapporteurs du CAE. Et pour cause. Alors que la plupart des études scientifiques concluent à la nocivité du cannabis pour le développement cérébral des adolescents, « la France affiche un des plus forts taux d’expérimentation du cannabis au monde, en particulier chez les jeunes de moins de 17 ans (50 % en 2014) », relèvent Emmanuelle Auriol et Pierre-Yves Geoffard. Un rapport parlementaire rédigé en 2014 par les députés Anne-Yvonne Le Dain (PS) et Laurent Marcangeli (ex-LR) était arrivé à la même conclusion, à savoir « l’indispensable révision de la loi de 1970. »
 
Ce texte, qui punit théoriquement le fait de fumer un joint d’un an d’emprisonnement et d’une amende de 3 570 euros, est au cœur du problème. Le cannabis y est considéré comme n’importe quel autre produit stupéfiant, au même titre que des substances comme la cocaïne et l’héroïne, alors même que « sa dangerosité́ semble plus faible que celles de l’alcool et du tabac » dont la vente, la production et la consommation sont pourtant tolérées, comme le notait déjà le rapport parlementaire de 2014. Cette situation a un impact critique sur le travail de la police et de la justice : près de « 100 000 interpellations par an pour simple usage, correspondant à plus d’un million d’heures de travail des forces de l’ordre », d’après le rapport du CAE !
 
« En privé, la plupart des policiers affirment qu’ils ont autre chose à faire, notamment par rapport au trafic et à la consommation de crack qui sont un gros problème à Paris », assure Ingrid Metton, avocate pénaliste spécialiste du sujet. « En comparution immédiate, on voit tout le temps des gamins qui viennent de villes ou de quartiers défavorisés où ils n’ont pas accès à l’emploi ni à des formations valables. Ils se retrouvent pris dans des réseaux de trafiquants avant de se voir condamner à un, voire deux ans de prison. On brise des vies et c’est dramatique », poursuit-elle.
 
Le système prohibitionniste apparaît donc comme particulièrement archaïque, incapable de protéger la santé des plus jeunes tout en mobilisant d’énormes moyens pour réprimer un usage qui touche désormais toutes les classes d’âge (en 2017, la prévalence était de 9,4 % chez les 35-44 ans et 5,7 % pour les 45-54 ans selon les statistiques de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies). « On est face à des idées préconçues, notamment le mythe selon lequel le cannabis est un stupéfiant puisqu’il a été classé comme tel, malgré ses vertus thérapeutiques et l’existence de variétés non psychotropes », explique Ingrid Metton.
 
Manne financière. Personne, au demeurant, ne préconise une légalisation sauvage mais bien un alignement sur l’alcool et le tabac. « La consommation est monstrueuse, la législation n’est pas adaptée au terrain et n’est jamais appliquée à la lettre. On nage en plein déni français », regrette le maire d’Ajaccio Laurent Marcangeli, dont le rapport avait été rejeté à l’époque par la ministre de la Santé Marisol Touraine. Si l’élu corse est opposé à toute forme de légalisation car « l’interdit doit demeurer », il s’était cependant prononcé pour une contraventionnalisation du délit de consommation afin d’en finir avec les procédures judiciaires à répétition.
 
Cinq ans plus tard, il estime que « rien n’a changé » malgré un constat d’échec unanimement partagé.
L’opinion publique a elle aussi évolué sur cette question, bien que timidement. Une enquête de l’Ifop pour Terra Nova et ECHO Citoyen publiée le 10 juin 2019 indiquait ainsi que 51 % des personnes interrogées se prononçaient pour une « régulation et un encadrement du cannabis » avec des règles strictes et un maintien de l’interdiction pour les mineurs et la conduite.
 
Un chiffre finalement assez faible, qui explique sans doute en partie la réticence des responsables politiques à s’engager sur ce terrain, malgré l’évolution du contexte international. Si les expériences de légalisation à l’étranger ont montré certaines limites, elles permettent également de se faire une idée de l’impact économique éventuel d’une telle réforme en France.
« Suivant deux scénarios de consommation, le nombre d’emplois créés pourrait varier de 27 000 à 80 000 et les recettes fiscales aller de 2 à 2,8 milliards d’euros », note le rapport du CAE. Une manne financière qui permettrait de financer une politique de prévention plus efficace et de mieux faire respecter l’interdiction imposée aux mineurs.
 
Si la légalisation du cannabis n’est pas la panacée, notamment si elle est mise en place dans un seul pays, la société semble évoluer bien plus vite que ses représentants sur ce sujet. « On est dans un mouvement global et il n’y aura pas de retour en arrière possible », avertit l’avocate Ingrid Metton. Après cinquante ans de prohibition, les graines de la libéralisation ont bien germé.
 
Par Raphaël Proust
Source: lopinion.fr
 
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Par mrpolo,
Mercredi, une proposition de loi pour légaliser le cannabis recevait le soutien de plusieurs députés de différents bords politiques. Jeudi, L’Obs relayait un appel de 70 personnalités sur le même sujet. Si le débat revient constamment, la France reste invariablement campée sur ses positions. Pour quelles raisons?
Photo: La légalisation du cannabis fait débat en France. (Sipa)    
 
Mercredi, le Comité scientifique spécialisé temporaire, dans son avis public, recommandait d’autoriser l’usage thérapeutique du cannabis pour soulager certaines douleurs. Ce jeudi matin, le conseil d’analyse économique enfonce le clou en conseillant à l’exécutif de légaliser cette drogue douce et de réinvestir les profits dans la prévention. La réponse ne se fait pas attendre : "Le gouvernement reste clairement opposé à la légalisation du cannabis", confirme une source de Matignon à BFMTV. Sur la matinale de LCI, Elisabeth Borne, ministre des transports, réaffirme : "La position du gouvernement est très claire : il n’y aura pas de légalisation du cannabis, une réflexion est en cours sur l’usage thérapeutique."
Voici toutes les raisons pour lesquelles ça coince.
 
L'opinion publique est partagée
Selon une enquête réalisée fin 2018 auprès d’un public adulte par l’observatoire français des drogues et de la toxicomanie (OFDT), 54% des sondés déclarent être opposés à la légalisation du cannabis. En juin 2018, une autre enquête de l’Ifop réalisée pour ECHO Citoyen et Terra Nova, dévoile que seuls 44% des sondés sont favorables à son autorisation sous certaines conditions.
Et si 51% des Français seraient favorables à une régulation et un encadrement du cannabis par l’Etat, ils sont 53% à penser que cela favoriserait les addictions. 43% estiment même que cette régulation pourrait contribuer à la perte de valeurs morales.
 
On craint que le nombre de consommateurs augmente
Les Français sont déjà sur la première marche du podium, puisque ce sont les plus gros consommateurs en Europe. "On a très peur que si le cannabis est légalisé, ce soit une incitation à consommer", confiait Danièle Jourdain-Menninger, présidente de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives, en janvier 2017 au magazine Le Bonbon. Selon l’analyse comparée des expériences de régularisation du cannabis menée par l’OFDT en 2017, les résultats sont partagés.
 
Dans les Etats de Washington et du Colorado, aucune hausse de consommation n’est observée chez les mineurs. A la différence de l’Uruguay où tous les indicateurs annoncent une hausse de la consommation généralisée.
Rien à voir avec les résultats des Pays-Bas qui ont opté pour une tolérance des drogues douces dès 1976. La consommation des adultes, une des plus basse d’Europe, s’est depuis stabilisée et celle des jeunes scolarisés est même en recul selon les constatations de l’observatoire des drogues néerlandais en 2007.
 
Le cannabis est dangereux pour la santé, surtout des plus jeunes
On le sait depuis longtemps, fumer est dangereux pour la santé, que ce soit du cannabis ou du tabac. La fumée contient comme des produits néfastes et, pour certains, cancérigènes. Elle peut compliquer des maladies respiratoires et même favoriser leur apparition. Surtout, en augmentant la fréquence cardiaque, fumer favorise la haute pression artérielle et la survenue d'infarctus. En tant que psychotique, le cannabis augmente le risque de psychose, avec des hallucinations, des idées paranoïdes. Il peut aussi provoquer chez des consommateurs réguliers, des symptômes dépressifs, de l’agitation, de l’irritation…
 
Selon l’OFDT, l’adolescence est la principale période d’initiation au cannabis. "Les premiers usages interviennent dès le collège et tendent à s’installer et à se diversifier au fil des années", note le rapport "Drogues et addictions – données essentielles" de 2019. Avec des conséquences plus néfastes que chez l’adulte.
"Les processus de maturation cérébrale (qui se poursuivent jusqu’à environ 25 ans) entraînent une vulnérabilité exacerbée de l’adolescent vis-à-vis de la neurotoxicité des substances psychoactives en général. Une zone du cerveau, le cortex préfrontal, qui permet la prise de décision, l’adaptation du comportement à la situation, est plus particulièrement concernée par cette maturation à l’adolescence", explique les chercheurs de l’INSERM dans leur expertise collective, "Conduite addictive chez les adolescents", menée en 2014.
 
Le marché des spiritueux pourrait être menacé
Ce n’est pas pour rien que les géants de l’alcool s’intéressent de près au marché du cannabis et qu’en août 2018, Constellation Brands (bières Corona, vodka Svedka) a investi 4 milliards de dollars dans une entreprise canadienne spécialisée dans cette drogue douce, comme le dévoilait le magazine Sciences et Avenir.
Des chercheurs de l’université du Connecticut et de Géorgie ont constaté une baisse de 12,4% de la vente d’alcool dans les comtés américains ayant autorisé le cannabis thérapeutique. Si les professionnels du secteur, aux Etats-Unis, démentent cette tendance, estimant qu’il est trop tôt pour tirer des conclusions, le risque continue de planer au-dessus du marché des spiritueux.
 
On manque de connaissances sur le cannabis thérapeutique
Selon l’enquête Ifop réalisée pour ECHO Citoyen et Terra Nova, 82% des Français sont favorables à un usage médical encadré du cannabis. Le gouvernement a annoncé y réfléchir mais des freins restent encore à lever. En décembre dernier, le professeur Axel Kahn, président du comité éthique et cancer, sollicité par une malade sur l’usage du cannabis thérapeutique, déclarait à Libération que "la littérature scientifique sur les effets thérapeutiques du cannabis restait insuffisamment concluante, notamment en raison de défauts méthodologiques des études jusqu’à présent réalisées."
 
"Il existe des médicaments à base de cannabis, c’est du cannabis médical sous forme de gélules, ces médicaments sont autorisés mais ils sont en négociation de prix. Lorsque le prix sera fixé, des personnes vont avoir accès à ces médicaments", déclarait en juillet dernier Agnès Buzyn au micro de RMC.
 
 A l’heure actuelle, il n’existe que deux médicaments autorisés en France : Le Marinol et le Sativex. Le premier, destiné au traitement de douleurs neurologiques, est accessible seulement à partir d’une autorisation temporaire d’utilisation nominative et seulement en pharmacie hospitalière. Le second, utilisé pour le traitement de la sclérose en plaques, a reçu l’autorisation de mise sur le marché, mais n’est toujours pas disponible en pharmacie. 
 
Par Elise Forestier
Source: lejdd.fr
 
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Par mrpolo,
Explosif ! Un think tank rattaché à Matignon défend les mérites d’une légalisation, en créant un monopole public de la production et de la vente de cannabis. Mais Emmanuel Macron y est plutôt hostile.
 
Photo: Ouverture de Cofyshop, à Paris, en juin 2018. La boutique, censée vendre un dérivé légal de cannabis, a vite été fermée par la police.  Ip3 Press/Maxppp
 
C’est un pavé dans la mare que devrait lancer le 20 juin Conseil d’analyse économique (CAE). Ce très sérieux aréopage d’économistes, rattaché à Matignon et dirigé par Philippe Martin, un proche d’Emmanuel Macron, doit publier une note pour défendre la légalisation du cannabis. Ses auteurs, Emmanuelle Auriol et Pierre-Yves Geoffard, issus des prestigieuses écoles d’économie de Toulouse et de Paris, estiment qu’elle permettrait "à la fois de lutter contre le crime organisé, de restreindre l’accès au produit pour les plus jeunes et de développer un secteur économique, créateur d’emplois et de recettes fiscales".
 
La proposition est d’autant plus audacieuse que le chef de l’Etat s’est, jusqu’à présent, montré plutôt frileux sur le sujet. Certes, le gouvernement s’est dit récemment ouvert à une expérimentation du cannabis thérapeutique et il a fait un petit pas vers la dépénalisation de l’usage récréatif, en instaurant une amende forfaitaire de 200 euros pour les petits consommateurs. Mais pas question, pour l’instant, d’aller vers une légalisation complète, comme c’est le cas au Canada et dans onze Etats américains. La note du CAE pourrait- elle infléchir sa position ?
 
Des boutiques agréées
Les économistes partent d’un constat d’échec bien connu : la France est l’un des pays les plus répressifs en matière de lutte contre le cannabis, elle y consacre beaucoup d’argent et, pourtant, elle fait figure de champion européen en matière de consommation, en particulier chez les jeunes. Or, les études universitaires montrent que les effets nocifs du cannabis sur la santé sont plus prononcés chez les adolescents que chez les adultes, pour lesquels une consommation modérée est relativement indolore.
 
C’est pourquoi la note prône une légalisation du marché, assortie d’une interdiction de vente aux mineurs. Pour contrôler la consommation des jeunes, les auteurs plaident pour une gestion étatique centralisée, comme en Uruguay ou au Québec, plutôt qu’un marché privé régulé, en place dans d’autres provinces canadiennes et certains Etats américains. "Il est préférable, pour les protéger, d’avoir la mainmise sur l’organisation du secteur et son fonctionnement plutôt que de subir les mécanismes du marché. "
 
L’Etat exercerait son monopole en octroyant des licences à des producteurs agréés et à des boutiques spécialisées ne vendant que du cannabis. Les économistes recommandent de créer une autorité administrative indépendante pour gérer ces licences et réguler le marché. "Cette solution aurait l’avantage de limiter l’appétence des pouvoirs publics pour les rentrées fiscales liées au cannabis et leur capture par les lobbys du secteur qui ne manqueront pas de se former." L’autorité devra veiller à ce que la production soit assez importante et de bonne qualité, et les prix suffisamment attractifs, pour détourner les consommateurs du marché noir et affaiblir les organisations criminelles.
 
Emplois et impôts
Actuellement, le prix de vente du cannabis illégal se situe autour de 11 euros le gramme, pour un coût de production de seulement 1 euro. Selon le CAE, un prix de vente au détail, hors taxes, de 5 euros serait suffisant pour rémunérer correctement producteurs et distributeurs. En y ajoutant la TVA et un droit d’accise de 50 %, on aboutit à un prix final de 9 euros. "Un tel prix permettrait à la fois de lutter contre le marché illégal en ayant un niveau de taxation similaire à celui du tabac." Dans un premier temps, il pourrait même être fixé à un niveau inférieur pour assécher le marché criminel, avant que l’Etat monte progressivement le niveau des taxes afin de limiter la consommation. Une solution également défendue par l’économiste Christian Ben Lakhdar, dont les travaux ont, en partie, inspiré la note.
 
Enfin, le CAE a tenté de mesurer les effets économiques de cette légalisation. Pour cela, il a retenu deux scénarios de consommation annuelle de cannabis, de l’ordre de 500 ou 700 tonnes pour toute la France. En se basant sur les exemples de la Californie et du Colorado, les économistes estiment le nombre d’emplois créés par tonne de cannabis entre 55 et 114. Soit, à l’échelle du pays, de l’ordre de 27 500 à 80 000 postes, selon les scénarios retenus.

Quant aux recettes fiscales récoltées par l’Etat, elles seraient comprises entre 2 et 2,8 milliards d’euros. Les auteurs suggèrent d’utiliser cette manne en renforçant les politiques de prévention, notoirement insuffisantes, et les moyens policiers pour faire respecter l’interdiction de vente aux mineurs et lutter contre les gros trafiquants. "Ainsi, bien qu’on les oppose généralement, légalisation et répression sont des politiques publiques complémentaires."
 
Pas sûr toutefois que cela suffise à emporter l’adhésion des policiers, qui restent pour le moins réticents. "La légalisation est une voie très incertaine, il faut attendre d’avoir plus de recul sur les expériences étrangères », plaide Vincent Le Beguec, patron de l’Office central de lutte contre le trafic de stupéfiants. Ce dernier craint que les réseaux criminels ne reportent leurs efforts sur d’autres drogues, notamment la cocaïne. « Or, sur ce marché, la hausse de l’offre entraîne celle de la demande."
 
Un coût social très élevé : Le cannabis coûterait 919 millions d’euros par an à la collectivité. Cette estimation approximative, reprise par le CAE, a été calculée par l’économiste Christian Ben Lakhdar dans de précédents travaux. Sur ce total, 568 millions d’euros sont des dépenses publiques stricto sensu. La plus grande part (523 millions) est consacrée aux moyens de police, de gendarmerie et de douanes affectés à la lutte contre le trafic de cannabis (saisies, interpellation des usagers, arrestations des trafiquants) ainsi qu’aux services judiciaires et pénitentiaires. A peine moins de 45 millions sont réservés à la prévention, clairement le parent pauvre du budget, et aux soins hospitaliers des pathologies dues au cannabis. Enfin, l’économiste évalue à 351 millions d’euros les pertes de revenus, de production et de prélèvements obligatoires, liées au décès ou à l’emprisonnement des usagers et des trafiquants.Malgré une des législations les plus strictes en la matière, la France ne parvient pas à endiguer la consommation de cannabis chez les jeunes.
 
Source: challenges.fr
 
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Par mrpolo,
La guerre contre la drogue est un cercle vicieux : elle crée plus de violence et augmente le bénéfice des dealers.
 
Photo: Marijuana Chihuahua Dog by Chris Yarzab (CC BY 2.0) — Chris Yarzab, CC-BY
 
La guerre contre la drogue est une mauvaise chose. Non pas que chacun devrait en  consommer, mais plutôt parce que la prohibition nuit davantage à la société qu’elle ne l’améliore.
Plus encore, bien que je sois personnellement contre sa consommation, je défends le principe libertarien selon lequel chaque individu devrait être libre de disposer de son corps comme il l’entend, même pour des choses idiotes.
 
Les dernières recherches
Pour défendre cela d’un point de vue pragmatique, nous nous appuierons aujourd’hui sur une récente étude tout à faire surprenante, réalisée par Evelina Gavrilova, Takuma Kamada, et Floris Zoutman (respectivement deux économistes et un criminologue), dont voici le résumé :
 
En un mot comme en cent : dépénalisez l’usage des drogues, et le nombre de crimes diminue.
Voici pour ceux qui souhaitent un exemple pertinent issu de l’analyse économique de l’étude :
 
 
Ci-dessous, le graphique montre comment la légalisation entraîne des pertes importantes pour les dealers.

On pourrait assimiler la zone grisée en une perte sèche comme lors de la mise en place d’une taxe. Il faut néanmoins garder en tête que les pertes subies par les trafiquants de drogue sont bénéfiques pour la société, à l’inverse des pertes dues à une mauvaise politique fiscale.
 
L’esprit de la guerre contre la drogue
Après le volet économique, basculons du côté administratif pour saisir l’esprit de la guerre contre la drogue à partir d’un fait réel :
 
 
Oui. Vous avez bien lu. Ceux qui font la guerre à la drogue menacent de tuer leurs chiens si jamais le cannabis est légalisé. (Note : après de sévères critiques, le chef du département de police en question a formellement nié que cela arriverait.)
Pas besoin de dire qu’il s’agit d’une version tordue des manigances du Washington Monument1. Comme cela s’est passé dans le Massachusetts il y a quelques années.
Terminons enfin par un regard malin, et à la fois précis, du système actuel :
 

 
J’aime particulièrement le dernier cycle, celui qui montre que la violence engendre toujours plus de violence, bien qu’il aurait aussi pu afficher que cela entrainait aussi des profits encore plus grands pour les dealers.
La bonne nouvelle est que nous sommes en train de remporter cette bataille. De plus en plus d’États légalisent, et de plus en plus de personnalités nous soutiennent ( aussi bien des libertariens tels que John Stossel and Gary Johnson, mais aussi des sceptiques classiques comme  Pat Robertson, Cory Booker, Mona Charen, John McCain, ou encore Branson).
PS : le seul inconvénient lié à la légalisation est qu’elle devient pour les politiciens une nouvelle source de recette fiscale.

Traduction pour Contrepoints de How Marijuana Legalization Reduces Violent Crime and Puts Drug Smugglers out of Work.
Cet article a été publié une première fois en 2018
  Washington Monument Ploy, tactique politique consistant à couper les services publics les plus visibles, les plus populaires et/ou les plus utiles tout en ne touchant pas aux services publics les moins importants. Cela afin de faire pression sur le législateur.  
Par Daniel J. Mitchell.
Source: contrepoints.org
 
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Par mrpolo,
VIVA LA MARIJUANA
Jamais la marijuana n’aura été érigé sur un tel piédestal, pas même à Amsterdam, sa Terre Promise. Deux sociétés, une banque de graine de cannabis et un pourvoyeur de produits de chanvre – on ne change pas des équipes qui gagnent- ont rénové ce somptueux palais d’Espagne datant du XV ème siècle situé à Barcelone  pour en faire un musée de la Marijuana, comme tu n’en as jamais vu. Voilà encore une autre bonne raison d’aller visiter l’Espagne, cet été.

 
Dans ce véritable sanctuaire de la weed , on trouve toutes sortes d’objets liés au cannabis, anciens comme nouveaux : des pipes ancestrales, des bouteilles de marijuana médicinale du XVIIème siècle exposées dans des vitrines plus imposantes les unes que les autres, des machines d’avant-guerre qui servaient à traiter le chanvre et une multitude de documents qui t’informent des différentes pratiques et usages du cannabis de l’époque, que ce soit au niveau industriel, médicinal ou alimentaire. De quoi te refaire une culture en traversant les allées du musée… qui n’ont pas fini de te faire rêver.
  Toutes les dorures, toutes les moulures, tous les meubles qui caractérisent ce musée de la weed sont en or – peut-être en massif, là n’est pas la question- les plafonds sont plus hauts que n’importe quel gratte-ciel de Barcelone avec des fresques couleur or , elles aussi, très représentatives de l’architecture mordene catalane dont on ne parle définitivement pas assez souvent.
 

 
Mais la plus belle oeuvre de ce musée est indéniablement les feuilles de cannabis en pochoir sur les fenêtres du musée – je les imagine très bien sur les velux de mon appart’ et je parie que vous aussi.
Chez Open Minded, on est déjà entrain de prévoir une petite expédition pour Barcelone et on a aussi prévu se la péter en revenant :  » on a été dans un musée magnifique à Barcelone, c’était très agréable ce petit road- trip culturel. »


 
 
 
 
Source: opnminded.com
 
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Par mrpolo,
Jouany Chatoux, agriculteur à Gentioux-Pigerolles (Creuse), s’est lancé dans la production de cannabis avec ses associés. Pour se faire la main en cas de légalisation du cannabis thérapeutique en France.   Photo: Jouany Chatoux a lancé les expérimentations sur ses terres. © Tourbez Manuel   Éric Correia, président de la Communauté d’agglomération du Grand Guéret, a semé les premières graines de la légalisation du cannabis thérapeutique dans le débat public. Jouany Chatoux en récolte les premières plantes, pour prouver que la Creuse est prête à être un département pilote dans le domaine.
Un lobbying hétéroclite s’est constitué afin de faire germer l’idée d’une légalisation du cannabis thérapeutique en France. Pour aider parlementaires et gouvernement, certains n’hésitent pas à aller plus loin que le discours en proposant la démonstration par l’exemple.
L'expérimentation est complètement légale
Ainsi, des commerçants ont commencé à exploiter un vide juridique en vendant des produits étrangers contenant une substance non interdite en France, dénommée CBD, et sans substance euphorisante (THC).
 
Jouany Chatoux est de ceux-là mais il a souhaité, avec ses associés du Gaec Chatoux-Jeanblanc-Pichon, démarrer les tests de culture grandeur nature pour gagner du temps et faire la démonstration de la pertinence du projet. Pour autant, pas question pour les agriculteurs d’être hors-la-loi : « Nous ne cultivons que des espèces autorisées ne dépassant pas un taux de THC de 0,2 %. Nous nous conformons aux dispositions légales (voir par ailleurs) et avons sélectionné une dizaine de variétés de chanvre inscrites au catalogue des plantes autorisées. »
 
« Nous avons des agriculteurs prêts à cultiver, un labo pour le transformer et des investisseurs étrangers » affirmait en décembre dernier Éric Correia. Le député Jean-Baptiste Moreau lui a emboîté le pas et œuvre à présent auprès de Matignon et du Parlement pour faire de la Creuse un département test. Il y a quelques jours, le Sénat votait les premières dispositions assouplissant la législation pour permettre les premiers essais.
  Jouany et ses associés ont investi dans du matériel de pointe pour se donner toutes les chances de réussite et rester dans les clous de la législation. « Cette année, nous nous concentrons sur la sélection des meilleures variétés et des meilleurs pieds dans le cadre d’une phase de sélection génétique. Nous voulons créer notre propre variété élite à bouturer, répondant précisément aux critères français ».
« Une façon de se faire la main »
Et cette sélection a visiblement bien démarré puisque des centaines de plants ont été cultivées depuis quelques semaines avec beaucoup de succès. Les premiers semis atteignent à présent une taille de quelques dizaines de centimètres.
À leur apogée, les plantes peuvent atteindre 2 ou 3 mètres de hauteur. À terme, « les plantes seront commercialisées entières. Nous ne commercialiserons pas spécifiquement les fleurs car c’est interdit en France. Notre objectif, avec ces tests, c’est d’être prêts et opérationnels dès que la législation aura évolué. C’est une façon de se faire la main. En attendant, les tests sont suivis par la Chambre d’agriculture et des visites seront organisées », précise Jouany.
 
Historiquement, on a l’impression de vivre un retour aux sources puisque la Creuse était, il y a un siècle, le plus gros département producteur de chanvre en France. Il se pourrait donc que d’ici peu, le futur creusois retrouve des airs d’antan.
 
Que dit la loi ?
 
La réglementation française prévoit que toutes les opérations concernant le cannabis sont interdites, notamment sa production, sa détention et son emploi. Dès lors, tout produit contenant du cannabidiol extrait de la plante de cannabis est interdit sauf s’il entre dans le cadre d’une dérogation permettant l’utilisation du chanvre à des fins industrielles et commerciales. Ainsi, certaines variétés, dépourvues de propriétés stupéfiantes, peuvent être utilisées sous trois conditions : les variétés de chanvre autorisées figurent sur une liste ; seules les graines et les fibres peuvent être utilisées. L’utilisation des fleurs est interdite ; la plante doit avoir une teneur inférieure à 0,2 % en THC.
 
Source: lamontagne.fr
 
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Par mrpolo,
Alors que son autorisation est étudiée par le ministère de la Santé, les plus de 55 ans ont déjà montré leur appétence pour la molécule de CBD
 
Photo: Le cannabis thérapeutique pourrait être administré sous forme d'huile. "Sud Ouest"
  Le compte à rebours est enclenché. La France n’a jamais été aussi proche d’autoriser la vente de cannabis. Enfin, soyons précis, de ses molécules actives (THC ou CBD) qui pourraient avoir des actions « thérapeutiques ». Dans les 18 autres pays européens, qui ont autorisé la vente sur ordonnance de médicaments dérivés du cannabis, notamment du Sativex, cela semble bien marcher.
Trois médicaments autorisés
L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) est chargée d’évaluer la pertinence de ce traitement. C’est le ministère de la Santé qui l’a saisie, fin 2018. Plusieurs pathologies entreraient dans le champ de prescription de la plante : sclérose en plaques, épilepsie sévère, nausées des soins en cancérologie, soins palliatifs. Les conclusions sont attendues très prochainement. Trois médicaments sont tout de même autorisés en France, mais avec des conditions si restrictives que seule une centaine de patients en aurait bénéficié.
 
La rédaction vous conseille Infographie. Les tarifs des Ehpad de Lot-et-Garonne à la loupe Marmande : il y a 800 ans, la ville était assiégée par le prince Louis  
 
Mais l’attente est grande. Notamment auprès des personnes âgées, dont certaines douleurs chroniques ne sont pas atténuées par les prescriptions classiques. 
 
Seniors fans du CBD
C’est ce qu’ont pu vérifier les gérants de la boutique Satyva dédiée au CBD, ouverte en février dernier en plein cœur d’Agen. Les premiers clients étaient plutôt cheveux gris que locks de fans de reggae.
 
 
Le CBD (ou cannabidiol) ne contient pas la substance active hallucinogène du cannabis, seuls ses effets calmants sont actifs. Clémence repartira de la boutique avec de la tisane et du chocolat au CBD. « Je les prendrai le soir, avant d’aller au lit, histoire d’oublier les douleurs. »
 
Déclinés en plusieurs formes, ces produits dérivés du cannabis contribuent à la démocratisation de leur usage. L’ingestion ne se fait pas en « fumant un joint ». En France, les trois médicaments autorisés à base de THC sont administrés en capsules, en huile à ingérer, en suppositoire, en patch ou encore en spray buccal. Si la décision du comité scientifique de l’Agence du médicament n’est toujours pas connue, les acheteurs du troisième âge sont prêts.
Le cannabis thérapeutique pourrait être administré sous forme d’huile.
 
par Gauvain Peleau-Barreyre
Source: sudouest.fr
 
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Par mrpolo,
Le marché du cannabis légal augmente rapidement. Canopy Growth, leader du secteur, est coté à Wall Street. La journaliste Stéphanie Loridon a enquêté sur ce secteur en plein essor.
Photo: Stéphanie Loridon était l'invitée de franceinfo lundi 13 mai.  (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)
 
Le cannabis sort de l’ombre. De plus en plus de pays autorisent cette drogue, et le marché "légal" croît de manière spectaculaire. Avec Xavier Deleu, Stéphanie Loridon publie Big Marijuana, quand le deal devient légal (Hugo Doc). Le "big marijuana", explique-t-elle, c’est l’idée "qu’une industrie de la marijuana s’est créée très rapidement, d’autant plus qu’elle utilise tous les outils du capitalisme financier. Elle arrive maintenant à la bourse de New York". Aux États-Unis, où plusieurs États ont franchi le pas, le cannabis "légal" génère un chiffre d’affaires de 10 milliards de dollars environ, chaque année.  
 
Le Canada précurseur
Le Canada est le premier grand pays à avoir légalisé le cannabis, dans son usage récréatif, en octobre dernier. Selon Stéphanie Loridon, cinq groupes seulement se partagent 70% des ventes : "Ils sont partis très tôt dans la course, et ont pu construire très vite des usines". Le leader, Canopy Growth, a des visées mondiales.  
 
 
Alcooliers et fabricants de tabac ont compris tout l’intérêt de ce marché, notamment aux Etats-Unis : "Constellation, un grand groupe d’alcool américain, a pris une participation importante dans Canopy Growth, leader canadien du cannabis. Et maintenant Canopy est en train de racheter un groupe américain de cannabis, Acreage".   
Là où le cannabis est rendu légal, la consommation de cette drogue augmente-t-elle ou recule-t-elle ? "Dans les états américains précurseurs comme le Colorado, la consommation est à peu près stable, notamment chez les jeunes. C’est une préoccupation de santé importante", explique Stéphanie Loridon, qui poursuit : "Au Canada, d’après une enquête récente, il y a eu une petite hausse de la consommation. Mais c’est beaucoup trop tôt pour dire ce qui va se passer. Il faudra probablement une génération pour mesurer l’impact pour des jeunes qui grandissent dans un environnement où le cannabis est légal". 
 

Source: francetvinfo.fr
 
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Par mrpolo,
Une enquête démontre que 16 % des consommateurs de cannabis ont reconnu conduire sous l'emprise de drogue. Un chiffre inquiétant qui peut avoir des conséquences dramatiques.   Photo: Le cannabis diminue les temps de réaction au volant. Photo AFP   Boire ou conduire, il faut choisir. On pourrait y ajouter depuis longtemps : fumer du cannabis ou conduire, il faut choisir. En 2017, 439 personnes qui avaient fumé du cannabis ont provoqué un accident mortel sur les routes françaises. Il faut dire que 16 % des consommateurs de cannabis reconnaissent conduire après avoir fumé, d'après une enquête de 2016. C'est plus que la moyenne européenne de 11 %.
  Si les jeunes ont longtemps été les seuls concernés, ce  n'est plus le cas aujourd'hui. "Les jeunes sont concernés mais la consommation perdure après 25 ans", explique Anne Lavaud, la déléguée générale de l'association Prévention Routière, au Figaro. 
  Quoi qu'en pensent les adeptes du pétard, conduire après avoir fumé représente un risque. "Contrairement à l'alcool, où les risques au volant sont intégrés, les consommateurs de cannabis pensent rouler sans danger. Ils disent adopter une conduite cool", explique le délégué interministériel à la sécurité routière Emmanuel Barbe. Pourtant, c'est prouvé, le cannabis diminue les temps de réaction et entraîne une perte de coordination des mouvements.
 
Détecter ces conducteurs s'est généralisé au cours des contrôles des forces de l'ordre avec un test salivaire. En 2017, 233 586 contrôles ont été menés. 23 % des tests étaient positifs. Et contrairement à l'alcool, où il existe un seuil à ne pas dépasser, la simple présence de drogue chez le conducteur constitue un délit. La loi prévoit 2 ans de prison, une amende de 4500 € et le retrait de 6 points sur le permis. En cas de mélange drogue/alcool, l'amende est de 9000 € et la peine de prison de trois années.
 
titre source corrigé
Source: ladepeche.fr
 
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Par mrpolo,
L'Agence nationale de la sécurité du médicament doit rendre un avis avant l'été sur les modalités de distribution du cannabis thérapeutique. Entre 300 000 et un million de personnes pourraient être concernées. Ceux qui l'utilisent déjà font comme ils peuvent, dans l'illégalité, pour soulager leurs douleurs.
 
Illustration: Franceinfo a interrogé des malades ayant recours au cannabis thérapeutique, sur lequel l'Agence nationale de la sécurité du médicament doit bientôt rendre un avis. (AWA SANE / BAPTISTE BOYER / FRANCEINFO)
 
"Ma vie s'est considérablement améliorée." Atteint d'une myopathie depuis plus de quarante ans, Jean est invalide à 80%. "J'ai une rétraction des jambes, les miennes sont toujours pliées, même la nuit. Mais avec le cannabis, je dors très bien, les douleurs musculaires s'apaisent", confie cet homme de 52 ans. "Je ne vais pas me relever sur mes jambes, relativise-t-il, en fauteuil roulant depuis dix ans, mais j'ai le moral. Je vais de l'avant". Le cannabis a favorisé un retour de son appétit et du sommeil, ce qui, selon lui, réduit les risques de voir sa maladie progresser.
 
Comme Jean, ils seraient entre 300 000 et un million de Français à consommer du cannabis thérapeutique, selon les informations du Parisien. La consommation du chanvre, l'autre nom de la plante, est pourtant illégale en France car les molécules de delta-9-tétrahydrocannabinol (THC) qu'elle contient sont inscrites dans la liste des stupéfiants. Néanmoins, en décembre 2018, un comité scientifique nommé par l'Agence nationale de la sécurité du médicament (ANSM) a validé sa pertinence médicale : la plante a, entre autres, des vertus antalgiques, antiépileptiques, antispasmodiques et de décontractant musculaire. 
 
L'ANSM se dit d'ailleurs favorable à son utilisation lorsque les thérapies classiques ne viennent plus à bout des douleurs. Quelques centaines de patients ont déjà pu bénéficier, à titre exceptionnel, d'autorisations pour pouvoir consommer des médicaments à base de cannabis thérapeutique. D'autres pourraient suivre puisque l'ANSM évalue actuellement les modalités de mise à disposition sur le marché d'autres traitements à base de cannabis thérapeutique. 
 
La piste peu fructueuse du cannabis classique
Certains médecins sont conscients depuis longtemps de son utilité. Ce sont parfois eux qui, à court de solutions, font germer l'idée chez leurs patients. C'est ce qu'il s'est passé pour Frédéric, atteint d'une maladie orpheline qui se manifeste sous la forme d'une pancréatite chronique. "Drogué sans en avoir conscience" à la morphine, cet ancien chef d'entreprise raconte s'être habitué à ce puissant dérivé de l'opium... jusqu'à un arrêt cardiaque en 2007. Quelques mois plus tard, son spécialiste lui lance : "Ce serait peut-être bien, Fred, que tu essaies le cannabis thérapeutique. Ca peut fonctionner." Sans son médecin, ce patient assure qu'il n'y "aurait jamais pensé". Lui qui se rappelle avoir "détesté le joint" lors d'une soirée étudiante, se met désormais à faire des recherches sur internet pour se procurer du cannabis.
 
En attendant l'avis définitif de l'ANSM, qui doit être rendu courant 2019, les malades glanent des informations où ils le peuvent et s'essayent à différentes méthodes de consommation. La première expérience consiste souvent à fumer du cannabis coupé avec du tabac, et trouvé grâce au "trafic de rue". Françoise Maillard a ainsi demandé à son fils de lui faire fumer un joint pour lutter contre la spasticité (contractures imprévisibles des muscles), conséquence de sa sclérose en plaques. En vain : "Il m'a dit 'Maman, ce n'est pas la peine, tu crapotes, tu n'avales pas la fumée'." D'autres ont renoncé à cette solution à cause de l'effet psychotrope provoqué par une part trop importante de THC dans le cannabis vendu illégalement.
"J'ai essayé d'acheter pendant un temps dans la rue mais c'est coupé avec n'importe quoi." Jean, atteint d'une myopathie, à franceinfo
"Sur le marché noir, c'est du cannabis récréatif avec une dose très importante de THC, ce qui provoque une ivresse et qui n'est pas adapté pour les malades", explique Fabienne Lopez, de l'association Principes Actifs, qui regroupe des "citoyens concernés qui ont pour seul délit la production minimaliste [de cannabis] pour se soulager". A l'inverse du cannabis "récréatif", le cannabis thérapeutique repose sur un "équilibre" entre les molécules de THC et de CBD. Le psychiatre et président de la Fédération Française d'Addictologie, Amine Benyamina, millite depuis quinze ans pour "pour la libération du cannabis thérapeutique afin de le distinguer du festif et afin que ses détracteurs cessent d'empêcher sa préscription chez des gens qui en ont vraiment besoin." 

 
Après s'être détournés du cannabis récréatif, les consommateurs malades essaient parfois des produits à base de molécules de cannabidiol (CBD). La loi française l'interdit, mais pas la loi européenne, ce qui a permis à des boutiques d'ouvrir en France, à condition de vendre des produits avec un taux de THC inférieur à 0,2%. Mais, à en croire Eva et d'autres malades interrogés, les effets ne sont pas suffisants pour apaiser leurs douleurs. La jeune femme de 20 ans, atteinte d'une fibromyalgie, une maladie auto-immune qui exacerbe chaque douleur quotidienne, s'est laissée tenter par des bonbons et des gélules au CBD. Leur "goût infect" et la persistance de ses douleurs l'ont convaincue de ne pas renouveler l'expérience. Sa seule alternative reste des produits avec du THC, disponibles "en deux clics" sur internet. "Mais qu'est-ce qu'on me vend vraiment ?", s'inquiète-t-elle. 
 
"Au cinquième morceau, j'ai décollé"
Isolés, les malades cherchent donc leurs propres solutions. Revenue du joint, Françoise a ainsi tenté la piste du gâteau au chocolat au cannabis. "Un super goût, se remémore-t-elle, mais le problème, c'est qu'on ne connaît pas les quantités qu'on met... Au cinquième morceau, j'ai décollé, décrit l'ancienne médecin pour l'industrie pharmaceutique. Je planais dans un état secondaire, un peu comme une anesthésie générale. C'est ingérable." 
 
Au fil des années et des expériences décevantes, la majorité des malades consommateurs interrogés par franceinfo se sont donc mis à cultiver leurs propres plants de cannabis. Beaucoup ont consulté des livres et des vidéos en ligne pour devenir de vrais experts. Comme les taux de CBD et de THC ne sont pas les mêmes selon les variétés, il faut parvenir à déterminer quel mélange va soulager au mieux ses symptômes. Pour les tester, ces chimistes en herbe se font parvenir par voie postale des boutures de différentes variétés.
 
Séropositif depuis trente ans, Bertrand Rambaud ne supporte pas ses traitements antirétroviraux. "Le cannabis me permet de les prendre, les effets secondaires me pourrissent trop la vie sinon", explique le président de l'association UFCM I Care, sujet aux douleurs digestives, à une perte d'appétit et à plusieurs troubles du sommeil. Il a fini par trouver le dosage qui lui convient : moins de THC le matin pour ne pas "ressentir dès le matin l'ivresse du cannabis" ; davantage le soir, "quand les douleurs commençent à se réveiller" et "pour ouvrir l'appétit". 
 
Des expérimentations "maison"
Ensuite, à chacun sa méthode pour s'administrer la substance. "Je fais des gélules, à placer sous la langue, ou des liquides pour e-cigarette, grâce à un extracteur d'huile", détaille Bertrand Rambaud. "Pour moi, c'est [une tisane] avec du lait entier ou de la crème car le THC se fixe avec de la graisse", explique Mado, atteinte d'une syringomélie qui lui donne des "symptômes étranges". Par exemple "une sensation de brûlure sur la main alors qu'on n'est pas près d'un feu". A 64 ans, elle a mis au point une recette d'infusion à base de fleurs de cannabis, pour ne pas aggraver son état en fumant.
"Des malades atteints de syringomélie qui sont vegan font 'ma' tisane avec du lait d'amandes et de la noix de coco." Mado, atteinte d'une syringomélie, à franceinfo
Une recette aussi appliquée par Catherine pour sa fille atteinte d'une neurofibromatose. Cette dernière lutte contre des tumeurs présentes dans tout son corps mais aussi sur son système nerveux, ce qui provoque des "souffrances terribles". Catherine stocke pour elle la tisane dans un bac à glaçons et un cube suffit, tous les quinze jours.
"Je [la] revois sourire. Elle était éteinte et d'une tristesse à pleurer toute la journée", souffle cette mère. Elle assure que sa fille a réussi à diminuer d'un tiers sa dose quotidienne de morphine. "Elle n'ose pas en prendre davantage car elle ne sait pas ce que ça pourrait donner, avec le cocktail de traitements qu'elle prend".
 
En effet, ces expérimentations "maison" des malades avec le cannabis sont loin d'être sans danger sans le suivi d'un médecin. "La manière avec laquelle le produit est préparé dans les pays où il est légalisé n'entraîne aucun risque. En tout cas, cela n'a pas plus d'effets qu'avec les opiacés et les benzodiazépines", rappelle quant à lui le docteur Amine Benyamina. Face à des témoignages de patients sans "recours" et "isolés", l'addictologue souhaite que le corps médical sorte "des postures idéologiques" vis-à-vis du cannabis thérapeutique, ce qui limite les études scientifiques sur ses effets. 
 
Des solutions coûteuses
En l'absence de régulation, ces expérimentations représentent aussi un certain coût pour ces patients. "Je dois investir dans des graines mais sinon je fais des boutures", raconte Jean. "Ca me coûte bien moins cher que si c'était dans la rue", assure-t-il, et ce malgré le coût des éclairages nécessaires, qui font gonfler sa facture d'éléctricité. De son côté, Frédéric chiffre "en milliers d'euros" les dépenses consenties. "J'essaie de faire en bio pour m'intoxiquer le moins possible, mais c'est vrai que ça me revient assez cher."
 
Et la facture peut vite monter lorsqu'on décide de s'approvisionner à l'étranger en médicaments à base de cannabis, plutôt que de cultiver ses propres plants. Ainsi, un médicament agit sur la spasticité de Françoise : le Sativex. Ce spray buccal a obtenu une autorisation de mise sur le marché français en 2014. Mais faute de consensus sur le prix, il n'est toujours pas disponible dans nos pharmacies.
 
Depuis la région parisienne, Françoise a donc décidé d'aller jusqu'en Suisse, où le médicament est autorisé, moyennant 300 euros par mois, sans compter les frais de déplacement. "Ça fait trois ans que je fais ça (...) j'étais désespérée de voir que le [Sativex] n'arrivait pas en France, je me suis résolue à trouver des alternatives." Pour ne pas alourdir la facture, cette dynamique soixantenaire étale sur deux mois son traitement prévu pour un mois. 
 
Vivre avec la maladie, l'illégalité et la "parano"
Si la prise de cannabis thérapeutique adoucit le quotidien des malades interrogés, cette consommation, pour l'heure encore illégale, inquiète souvent leurs proches. "Mon entourage me dit que je vais avoir une descente de la police chez moi", confie Françoise. Les malades qui produisent leurs propres plants, comme ceux qui recourent à d'autres méthodes pour s'en procurer, vivent dans l'illégalité. Plusieurs confient qu'il est difficile de ne pas "virer parano". Ceux qui s'approvisionnent à l'étranger doivent passer les douanes. Il y a quelques années, Jean s'est fait arrêter à la frontière en possession de cannabis. L'amende de 80 euros qu'il a dû régler l'a décidé à faire pousser du cannabis chez lui.
 
"Je ne me sens pas délinquante. Parce que, pour moi, je ne ramène pas du cannabis mais je ramène un médicament avec du cannabinoïde." Françoise, qui souffre d'une sclérose en plaques, à franceinfo
 
Pressés de sortir de l'illégalité, les consommateurs de cannabis thérapeutique guettent l'avis de l'ANSM et la moindre avancée vers la mise sur le marché de nouveaux traitements. "Depuis 2013, on attend toujours. L'Etat traîne les pieds. C'est presque de la non-assistance à personne en danger", témoigne Jean. Selon ce père de famille, aucun traitement existant ne le soulage de sa myopathie, excepté le cannabis. "On empêche les gens d'accéder aux soins alors que nos voisins européens le font !", tonne-t-il. 
Une incompréhension que partage également Frédéric, atteint d'une maladie orpheline qui le clouait quotidiennement au lit jusqu'à ce qu'il se décide à prendre du cannabis thérapeutique. Depuis, ce quinquagénaire revit : "Avant, quand je faisais simplement quatre cents mètres, j'étais trop content. Aujourd'hui, je me remets au VTT !" Mais cette nouvelle vie ne l'apaise pas totalement, dans l'attente d'une vraie solution, légale : "Je n'ai aucune culpabilité à rester en vie. Par contre, la vie est assez compliquée comme ça, donc si on peut éviter de rajouter des ennuis judiciaires, ce serait pas mal."
 
Source: francetvinfo.fr
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Par mrpolo,
Pour faire face à la chute des prix du cannabis, les producteurs officiels américains se tournent vers l’efficacité énergétique. Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement.
 
 
Photo: Le coût de l'énergie représente 20 à 40% du prix du produit final. [Shutterstock]
 
C’est peu de dire que la récente légalisation partielle de la production de marijuana, aux Etats-Unis, a bouleversé la donne. Une quarantaine d’Etats fédérés autorisent désormais la production de cannabis pour des usages récréatifs ou médicaux. Une soixantaine de millions d’Américains s’adonneraient ainsi, plus ou moins régulièrement, aux joies de la fumette.
Au plan climatique, le développement de la culture, sous serre le plus souvent, n’est pas totalement anecdotique. La production de plants de cannabis fortement dosés en principe actif impose des conditions de température et d’hygrométrie strictes, nécessitant le plus souvent l’emploi de puissantes lampes à UV et de climatiseurs. Deux véritables pompes à électrons, rappelle Utility Dive.
 
500 producteurs autour de Denver
 
Selon une étude du consultant New Frontier Data, les centaines de producteurs légaux consommaient plus d’un million de mégawattheures (MWh) d’électricité par an en 2017, contre près de 3 millions prévus en 2022. Les producteurs illégaux consommeraient en effet trois fois plus de courant que les officiels. Au niveau national, pareil soutirage relève de l’épaisseur du trait. Ce n’est pas le cas dans les régions de forte production. Dans la région de Denver (Colorado), les serristes du cannabis consomment près de 4% du courant local: autant que l’internet. Dans cet Etat, la demande d’électricité des 500 producteurs a été multipliée par 8 entre 2011 et 2016.
 
La sécurité de l’approvisionnement en électricité de certaines régions n’est pas le seul problème posé par le développement exponentiel du cannabis. En 2017, le chauffage et la climatisation des serres ‘légales’ émettaient 500 000 tonnes de CO2 par an. Ce chiffre pourrait tripler d’ici à 2020, estime New Frontier Data. En incluant la production illégale, le bilan carbone de la «beuh» américaine pourrait flirter avec les 5 Mt CO2 par an, à cet horizon. Pas terrible.
 
Chute des prix
 
Fort heureusement, l’économie veille. Avec le développement de la concurrence, les prix du marché des produits issus de la marijuana se sont effondrés. Dans le Colorado, toujours, la livre de cannabis était vendue 750 dollars (445 euros) en 2017, contre 500 dollars (296 euros) fin 2018. Cette année, les prix pourraient flirter avec les 300 dollars (178 euros).
Pour rester compétitifs, les producteurs doivent serrer les boulons, notamment ceux de l’énergie, dont les coûts peuvent représenter 20 à 40% du prix du produit final. Certaines institutions, comme l’Energy Trust de l’Oregon, commence à financer des systèmes d’éclairage et de chauffage à LED, nettement moins énergivores que des lampes de croissance à vapeur de sodium.
Entre fumette et planète, on pourra ne plus choisir.
 
Source: euractiv.fr
 
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Par mrpolo,
Le première fédération française d'associations de patients usagers de cannabis thérapeutique, le collectif Espoirs (Im)patients, est créée ce dimanche. Les consommateurs de cette herbe médicinale ne veulent plus recourir à l'automédication et se fournir à l'étranger ou sur le marché noir.
 
 
photo: Une boîte de cannabis thérapeutique, lors d'une manifestation à Lyon en mai 2018. (Sipa)
 
Sauter dans champ d’orties. A toute heure du jour et de la nuit. C’est ce que Mado Gilanton, 65 ans, ressent à chaque instant de sa vie à l’intérieur de son corps. Des douleurs diffuses et constantes dues aux deux pathologies rares qui la frappent : la syringomyelie et le syndrome de Chiarie. Pendant des années, elle a englouti opiacés et antidépresseurs sans succès. Jusqu’à ce jour de 2015 où, alors qu’elle n’en peut plus de souffrir, l’un de ses fils lui propose un joint dans l’espoir de la soulager.
Encore aujourd’hui, cette sexagénaire parle de son histoire comme d’une révélation. "Ça faisait trois ans que je ne savais plus ce que c’était de respirer." Depuis, Mado Gilanton est une usagère régulière de cannabis à visée thérapeutique. Ce dimanche, avec d’autres patients et associations de patients consommateurs de cette herbe médicinale, elle fonde le premier collectif d’usagers de cannabis thérapeutiques, Espoir (Im)patient. Cette fédération de patients veut devenir "un espace et une force pour porter la cause et la voix de ces patients auprès des autorités" mais aussi "de l’opinion publique afin de la sensibiliser" à un problème encore méconnu.
Vers une expérimentation prochaine
Il s'agit d'une première en France. Et le calendrier ne doit rien au hasard : dans l’Hexagone, le cannabis n’a jamais été aussi proche d’être légalisé à des fins médicinales, délivré sous ordonnance. Après un premier avis favorable rendu en décembre dernier, l’Agence nationale pour la santé et le médicament (ANSM) a mandaté un comité d’experts (CSST) pour une seconde étude dont le rendu est prévu pour la fin juin. Elle devrait déboucher sur une expérimentation d’un ou deux ans, en conditions réelles, au plus tôt à la fin de l’année 2019.
Dans leur premier rapport, les experts du CSST ont déterminé quelles pathologies pourraient en bénéficier. Seront concernées les douleurs réfractaires aux thérapies (médicamenteuses ou non) accessibles, certaines formes d’épilepsie sévères et pharmacorésistantes, les soins de support en oncologie, les situations palliatives et enfin la spasticité douloureuse de la sclérose en plaques. Il reste notamment à déterminer les questions de la production, de la distribution et de la forme que prendra l’herbe. Seule la combustion, donc le joint, est explicitement écartée.
L'automédication comprend plusieurs risques
A l’heure actuelle, les patients sont obligés de recourir à un cannabis non-contrôlé et peu disponible. Certains cultivent, d’autres vont dans les pays limitrophes où le cannabis est légal. La plupart sont contraints de se fournir sur le marché noir auprès des réseaux de deal. Un chemin de croix qui présente de nombreux risques. Celui de l’automédication d’abord. Soit des cocktails de substances et donc de potentielles contre-indications.
"Par ailleurs, il y a le problème de la qualité de ce qu’on achète mais aussi de la posologie de ce qu’on s’administre que ce soit celle du THC ou de CBD [deux molécules présentes dans le cannabis]", assure Madot Gilanton. Un temps, elle eu la chance d’avoir un ami cultivateur de cannabis. Aujourd’hui, elle doit aller en Espagne pour acheter ses doses. "Or il faudrait toujours la même plante, les mêmes conditions de pousse. Ce n’est que rarement le cas."
Conséquence : manque d’efficacité ou, à l’inverse, effets indésirables. C’est ainsi qu’un patient tétraplégique qui consomme du cannabis pour soulager ses douleurs est obligé de caler son fauteuil quand il en prend. Puisqu’il ne sait pas vraiment ce qu’il prend, la dose de THC est parfois trop puissante. Dès lors, tous ses muscles se relâchent et il risque de chuter.
Paradoxalement, alors que plusieurs dizaines de pays ont légalisé le cannabis thérapeutique, les experts du CSST assurent qu’il y a manque de littérature sur le sujet des différentes posologies adaptées aux pathologies. "Lors de l’expérimentation, il faudra adopter le principe de la titration, explique le docteur Nicolas Authier, président du CSST. On va commencer par des doses très basses et monter peu à peu pour trouver la bonne posologie sans effets indésirables. Comme pour la morphine."
Des médecins à former
Effet collatéral mis en avant par le collectif Espoir (Im)patient : la nécessité d’une bonne formation des médecins. Certains pays ont légalisé l’herbe à visée thérapeutique mais n’ont pas bien préparé le terrain. Conséquence : flop de la légalisation, comme en Angleterre où la plante est légalisée mais les bénéficiaires très rares.
Pis, on assiste parfois à une méconnaissance totale du cannabis pourtant mis à disposition. Sébastien Cotte est un Français installé aux Etats-Unis. Son fils est atteint de la maladie de Leigh et souffre de lésion au cerveau. Lorsqu’il est diagnostiqué, les médecins lui annoncent que son fils ne survivra pas à ses quatre ans. Aujourd’hui, l’enfant a 8 ans et demi. Un camouflet à toutes les prévisions médicales qui serait dû à une prise régulière de cannabis. "Grâce à cela, mon fils s’est mis à nous chercher des yeux alors qu’il ne le faisait pas. Il est passé d’une douzaine de crises d’épilepsie par jour à deux ou trois, égraine Stéphane Cotte. Et nous avons complètement arrêté la morphine."
Six millions de Français "souffrent de douleurs chroniques"
Ce père, établi en Géorgie où le cannabis n’est pas légal, va en Californie ou dans le Colorado pour s’en procurer. Mais même là-bas, aucun médecin n’a été capable de lui prescrire les doses adéquates. Il a lui même construit le traitement de son fils au fur et à mesure. Plus surprenant, le neurologue de l’enfant, extrêmement surpris par les bienfaits du cannabis sur la pathologie rare, a demandé à Stéphane Cotte de conseiller directement certains patients atteints de douleurs chroniques.
"C’est une situation complètement absurde, souffle-t-il. Il ne faut pas que ce soit le cas en France. Mon rêve, c’est de pouvoir emmener mon fils dans mon pays de naissance. Aujourd’hui je ne peux pas. Mais si la France forme ses médecins, je pourrais y songer." Fort de son expérience, il assure qu'"être en retard sur la question présente un seul avantage : tirer connaissance des erreurs des autres".
Autant de points sur lesquels le collectif Espoir (Im)patients compte peser à partir de ce dimanche. 25 associations vont y adhérer. Et ce n’est qu’un début. "C’est un enjeu énorme, souligne Madot Gilanton. Selon elle, du rhumatisme à la maladie orpheline, "on estime à six millions les Français qui souffrent de douleurs chroniques".
Source: lejdd.fr
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Par mrpolo,
Comme nous l’avons déjà souligné dans cette rubrique, l’industrie naissante du cannabis est en train de s’organiser outre-Atlantique, créant dans son essor fulgurant ses propres codes et standards. Les leaders sont canadiens et américains, une suprématie qui ne doit rien au hasard puisque le Canada et certains Etats d'Amérique disposent d’une réglementation accommodante régissant la production et la consommation de cannabis à usage thérapeutique et récréatif. Ce nouvel écosystème tend à conquérir sans grand bruit l’Europe, un marché dont il se murmure peser plusieurs dizaines de milliards d’euros selon divers prévisionnistes.
Au-delà des études de cabinets spécialisés, les champions de l’industrie projettent bel et bien de coloniser le vieux-continent, c’est du moins ce que l’on peut en conclure en étudiant les agissements des principaux intéressés. En effet, on ne compte plus les opérations d’expansion réalisées sur le territoire européen. Ci-dessous, une liste non-exhaustive de ces opérations :
 
Avril 2019 : Le géant américain Tilray inaugure à Cantanhede (Portugal) une unité de production comprenant des cultures en extérieur et en serre ainsi que des laboratoires de recherche, des sites de traitement, de conditionnement et de distribution. Avril 2019 : Canopy Growth, la star de l’industrie, réalise l’acquisition du producteur espagnol sous licence Canamo y Fibras Naturales (Cafina). Il s’agit de l’une des nombreuses opérations du producteur canadien, qui dispose déjà d’une empreinte en Allemagne, au Danemark, au Royaume-Uni ou encore en Pologne. Avril 2019 : Aurora Cannabis reçoit un permis de culture de cannabis à des fins médicales en Allemagne. Cette approbation permet au producteur canadien de commencer la construction d’une nouvelle unité de production à Leuna (Allemagne). Mars 2019 : Supreme Cannabis entreprend des démarches en vue d’obtenir une licence de production de cannabis à Malte. Février 2019 : Aphria produit ses premières variétés de cannabis au Danemark dans le cadre de son partenariat avec la société danoise certifiée Schroll Medical, entente stratégique signée en septembre 2018. Novembre 2018 : Le canadien ICC International Cannabis étend ses activités au Portugal à travers l’acquisition du producteur Enigma Unipessoal, basé à Castelo Branco. Un mois avant, c’est le polonais Polannabis Holdings qui passait sous pavillon canadien. Octobre 2018 : The Green Organic Dutchman (TGOD) finalise l’acquisition du producteur polonais sous licence HemPoland. Par ailleurs, cette unité de production a récemment obtenu une certification de production biologique par les autorités polonaises.  
Convenons-en, les leaders du secteur entendent tirer profit d’une potentielle ouverture du marché du cannabis médical en Europe. En ce sens, toutes les opportunités sont bonnes à saisir, le but étant de ne pas reproduire les erreurs commises sur leur propre marché. Plus concrètement, le nerf de la guerre consiste à maîtriser le plus tôt possible ses propres chaînes d’approvisionnement afin de ne pas faire défaut à une demande hypothétiquement importante.

En attendant que le potentiel européen s’éveille, des initiatives émergent, mais demeurent isolées. Si de plus en plus de pays, de gouvernements, songent ou bien passent à l’acte pour mettre en œuvre des politiques plus favorables dans le domaine du cannabis médical, ces procédures se font en réalité au compte-goutte avec une approche spécifique par pays et par produit/médicament. Dans les faits, la prescription de médicaments à base de cannabis est légale dans 21 pays, mais l’accès à ces solutions demeure inégal d’un pays à un autre, que ce soit en termes de pathologies traitées, de couverture sociale ou bien tout simplement de disponibilité.

Pour illustrer ce problème d’une Europe à plusieurs vitesses, le cas français est intéressant. En retard par rapport à ses voisins, la France n’est que sur le chemin de l’expérimentation du cannabis thérapeutique, et ce, uniquement dans certaines situations cliniques, notamment dans le traitement de la sclérose en plaques ou dans certains cas d’épilepsie sévère.

Les pays européens sont donc à l’heure actuelle grandement fragmentés dans la mesure où chaque pays définit ses propres normes. Pour autant, c’est cette diversité des approches nationales qui tend à alimenter le débat politique au sein de l’Union européenne. A ce stade, on ne peut ignorer la volonté des parties prenantes à vouloir parler une langue commune et imposer un cadre règlementaire européen universel. C’est dans ce contexte que le Parlement européen a voté en février dernier un texte visant à définir les usages du cannabis médical et à « lever les obstacles règlementaires, financiers et culturels qui s’opposent à la recherche sur l’utilisation du cannabis à des fins médicales et à la recherche sur le cannabis en général ». Cette résolution conforte par ailleurs les conclusions de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies, qui, dans son dernier rapport dédié à l’usage médical du cannabis, presse les décideurs politiques à combler les lacunes de l’Europe en la matière.
  Valeurs citées dans l'article Varia. Dernier   Var. 1janv APHRIA INC  -3.50% 15.15 0.00% AURORA CANNABIS INC  -0.08% 12.17 79.65% GREEN ORGANIC DUTCHMAN HOLDINGS LTD  2.75% 4.48 77.24% ICC INTERNATIONAL CANNABIS CORP  -4.92% 0.29 22.00% SUPREME CANNABIS COMPANY INC  -0.50% 1.99 51.52% TILRAY INC  -2.66% 51.33 -25.25%  
Jordan Dufee © Zonebourse.com 2019     Source: zonebourse.com   On en parle sur le forum...
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Par mrpolo,
Le Canada est devenu mercredi le premier pays du G20 à légaliser le cannabis récréatif. Dans ce contexte, les actions des producteurs ont atteint des sommets cette semaine en Bourse, avant que des prises de bénéfices ne stoppent cette flambée.
 
Trois ans après avoir été élu, le Premier ministre du Canada Justin Trudeau a tenu son engagement de campagne et le pays à la feuille d'érable est devenu, mercredi, le premier du G20 à légaliser le cannabis récréatif (d'autres l'ont cependant déjà autorisé dans un cadre thérapeutique), et le deuxième au monde après l'Uruguay en 2013. Une réforme historique saluée toute la journée par d'interminables files -4 heures d'attente en moyenne- devant les magasins officiels.
 
Encore plus important qu'attendu, le flux de commandes provoque des ruptures de stocks
Conséquence de cet enthousiasme, le nombre de commandes a explosé les anticipations. "C'est incroyable", a déclaré Alain Brunet, le président de la Société québécoise du cannabis (SQDC) à la télévision publique Radio-Canada mercredi soir. Les estimations de 4.000 commandes par jour de la SQDC ont littéralement volé en éclats mercredi, puisque l'association en avait déjà reçu 18.000 en fin d'après-midi, engendrant quelques ruptures de stocks. "Entre le site web et les succursales, on enregistre 50 commandes à la minute" a précisé Alain Brunet.  
Un marché évalué à 4 milliards d'euros par an en 2020
S'il s'agit seulement d'estimations à ce stade, la Banque canadienne impériale de commerce (CIBC) a évalué ce juteux marché du cannabis à usage récréatif à environ 6,5 milliards de dollars canadiens par an, à partir de 2020. "Pour mettre ce chiffre en perspective, ça représente plus que les ventes de spiritueux au Canada (5,1 milliards), et ça s'approche du montant du marché du vin (7 milliards)" précise la CIBC.
 
Selon les statistiques officielles de l'Agence statistique Canada, 16% de la population canadienne a consommé du cannabis en 2017, soit cinq millions de personnes. Les autorités ont annoncé espérer attirer, avec des prix concurrentiels, au moins 50% de ces consommateurs de cannabis illicite.
 
Trois producteurs valorisés plus de 10 milliards d'euros
WEED, le "ticker" (ou code mnémonique) de Canopy Growth qui ne laisse que peu de place à l'imagination permet à l'action de planer à la Bourse de Toronto. Introduit le 22 août 2010 au prix de 15 centimes de dollars canadiens, l'action Canapy Growth valait vendredi... 66,6 dollars canadiens, soit près de 45.000% d'augmentation. Au plus bas, en mai 2013, l'action était même tombée à 0,025 dollars canadiens, soit 650 fois moins qu'aujourd'hui. Rien que ça.
 
Les autres mastodontes -les producteurs Canopy Growth, Tilray et Aurora tous valorisés plus de 14 milliards de dollars canadiens, ou 10 milliards d'euros- ne sont pas en reste, loin de là. En moins de quatre ans -le producteur et distributeur canadien de cannabis ayant été introduit en Bourse le 27 juin 2014- le cours d'Aurora a été multiplié par 98, soit une hausse de près de 10.000%. Quant à Tilray, il s'agit d'une société pharmaceutique devenue le premier producteur de cannabis certifié GMP (pour "Good Manufacturing Practices") cotée depuis le 19 juillet dernier. En trois mois, le titre est passé de 22,39 à 154,63 dollars canadiens à 17h00 heure française, soit une variation de +590%. Avec de telles envolées, il y a fort à parier que la ruée vers l'or vert ne fait que commencer.
 
Quentin Soubranne   Source: tradingsat.com   On en parle sur le forum
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Par mrpolo,
Bien des gens redoutent d’être exposés involontairement à la fumée secondaire du cannabis de peur d’échouer à un test de dépistage ou d’être drogués sans le vouloir. Ces craintes sont-elles fondées ?
 
Photo: Chris Young La Presse canadienne De nombreux consommateurs de cannabis, comme cette femme qui fumait dans un parc de Toronto, mercredi, exposeront d’autres personnes à de la fumée secondaire.
En raison de son illégalité, les études scientifiques sur le THC, l’une des composantes chimiques actives du cannabis, étaient jusqu’ici assez rares, de petite taille et souvent de faible qualité.
« À la suite de notre analyse de quelques études originales portant sur les effets sanitaires de la fumée secondaire de cannabis, nous constatons que la majorité d’entre elles présentent plusieurs limites », expliquent conjointement les chercheurs Patrick Poulin, Jean-Marc Leclerc et Annie Montreuil, de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), avec qui l’Agence Science-Presse a communiqué par courriel.
 
Même si les conséquences d’une exposition passive au THC présent dans la fumée secondaire du cannabis sont encore méconnues, quelques éléments se dégagent tout de même des études portant sur les effets physiques et psychologiques pouvant découler d’une telle exposition.
 
Dépistage positif : les limites
 
Une revue de la littérature, publiée en 2017 dans le Journal de l’Association médicale canadienne (CMAJ), basée sur 15 études expérimentales dont la qualité est jugée de « faible à bonne », nous apprend que l’exposition à la fumée secondaire du cannabis peut mener à la présence de THC dans les fluides corporels des non-fumeurs.
Plusieurs facteurs auraient une influence sur la quantité qu’on retrouvera dans leur sang, leur urine ou leur salive : concentration en THC du cannabis consommé, nombre de fumeurs présents dans la pièce, nombre de joints fumés durant l’expérience, concentration de fumée, intensité de la ventilation et durée d’exposition.
 
Les chercheurs de l’INSPQ expliquent que les « études ayant permis de détecter du THC chez des non-fumeurs intégraient une période d’exposition à de la fumée de cannabis provenant de plusieurs fumeurs, pendant quelques heures, dans un milieu fermé vraisemblablement mal ventilé ». Dans la vraie vie, ces conditions d’exposition sont rarement réunies.
Autrement dit, « on est beaucoup moins exposé au THC si on marche à côté d’un groupe qui fume sur le trottoir que si on passe une soirée dans une pièce mal aérée en compagnie de fumeurs de cannabis », explique Fiona Clement, l’une des chercheuses ayant participé à cette revue de la littérature.
 
« Mais si les conditions sont réunies, un non-fumeur pourrait tout à fait échouer à un test de dépistage de drogue », estime Mme Clement qui est également professeure associée à l’Institut O’Brien pour la santé publique de l’Université de l’Alberta.
Encore faudrait-il que ce dépistage soit effectué rapidement.
 
Des études ont démontré qu’il était peu probable que les composés du THC soient présents en quantité suffisante pour être détectés après une courte période de temps. C’est le cas, par exemple, de deux études publiées dans le Journal of Analytical Toxicology, la première établissant que le risque d’obtenir un résultat positif à la suite d’un test de salive était limité aux 30 minutes suivant une exposition passive, et l’autre concluant que les résultats positifs sont « probablement rares, limités aux heures qui suivent immédiatement l’exposition et ne surviennent que dans des conditions environnementales où l’exposition est évidente ». En bref, si on se fie aux études, cela semble possible, mais assez peu probable.
 
Des effets psychoactifs ?
 
Mais peut-on être intoxiquéà la suite d’une exposition à la fumée secondaire de cannabis ? Dans son article, le CMAJ souligne que, parmi les études retenues pour cette revue de la littérature, certaines rapportent des effets psychoactifs chez les non-fumeurs, mais que ces effets étaient plus faibles que ceux ressentis par les fumeurs.
 
L’une d’entre elles, également citée sur le site Web du National Institute on Drug Abuse, rapporte « des effets subjectifs légers » qui donnent une « impression de high » et « de légères altérations du rendement dans les tâches motrices » chez les non-fumeurs placés dans un espace confiné avec des gens fumant de la marijuana à haute concentration de THC.
 
Autrement dit, il semble possible de ressentir certains effets psychoactifs, mais ces effets seraient légers et restreints aux situations d’extrême exposition, peu communes dans la vie de tous les jours.
 
Limites des études existantes
 
Bien que les études produites ces dernières années apportent un éclairage incomplet sur les effets de ce type d’exposition, les questions qu’elles soulèvent ne sont pas sans intérêt.
« La légalisation du cannabis pourrait faire en sorte qu’une plus grande proportion de la population soit exposée aux substances actives présentes dans la fumée secondaire de cannabis. Nous pensons que la mise en place des politiques qui protègent ceux qui ne désirent pas être exposés ou qui sont les plus à risque, comme les enfants, est souhaitable, explique Mme Clement. Des recherches afin de mieux comprendre cette exposition passive doivent aussi être menées. »
 
Source: ledevoir.com
 
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Par mrpolo,
Trois jeunes de 18 à 24 ans domiciliés près de Rennes ont été écroués fin septembre pour tentative d’assassinat. Ils avaient tenté de voler, dans la nuit du 15 au 16 septembre dernier, des plants de cannabis chez une personne handicapée vivant à Irodouër (35).
 
 
Dans cette histoire, Jean-Christophe Petitjean aura peut-être perdu un œil et, de manière plus anecdotique, toute sa culture de cannabis. Dans la nuit du 15 au 16 septembre dernier, il a surpris trois jeunes en train d’arracher ses plantes, dans le jardin de sa maison située à Irodouër (35). Alors qu’il sortait pour les faire fuir, il a reçu un coup de fusil qui l’a blessé au visage et au torse. Les trois jeunes sont aujourd’hui en détention provisoire, poursuivis pour tentative de meurtre avec préméditation.
  Un coup en pleine tête
  « Il était environ 23 h 30 quand mon chien s’est mis à aboyer », raconte l’homme de 57 ans. Puis il entend un bruit de cyclomoteur s’éloigner mais ne s’inquiète pas outre mesure. Une heure plus tard, cependant, le chien se remet à aboyer. « Je me suis mis à ma fenêtre et j’ai vu trois silhouettes en train de découper mon grillage », se souvient-il. Il crie au voleur puis tire en l’air avec son fusil.
Il pose son arme et descend ensuite sur le pas de sa porte d’entrée pour tomber nez à nez avec l’un des voleurs armé d’un fusil. Un coup part, en pleine tête. « Heureusement, il a tiré sur le côté et pas de face car, sinon, je ne serai pas là pour vous parler », souligne Jean-Christophe Petitjean. Le quinquagénaire se précipite pour appeler les pompiers. Les jeunes en profitent pour s’enfuir avec trois pieds de cannabis.
    Préméditation
  Dix jours après les faits, la gendarmerie est parvenue à les retrouver. Tous originaires de communes alentour, ils étaient en réalité au nombre de quatre mais le dernier, mineur, aurait participé de loin. Les trois autres, en revanche, âgés de 18 à 20 ans, sont aujourd’hui en détention provisoire et poursuivis pour tentative de meurtre. La préméditation a été retenue car ils ont reconnu être allés chercher l’arme au domicile de l’un d’entre eux après leur première virée chez la victime.
Jean-Christophe Petitjean, quant à lui, a été hospitalisé pendant dix jours. Des dizaines de plombs sont encore sous sa peau et il ne pourra plus jamais passer d’IRM. Touché à l’œil, il pourrait définitivement le perdre. Il sera fixé mi-novembre après un scanner.
  Militant de la dépénalisation
  Lorsque les gendarmes sont venus sur place pour les constatations, ils ont emporté avec eux les huit pieds de cannabis qui restaient dans son jardin. Le quinquagénaire explique qu’il cultivait « à des fins thérapeutiques ». Victime d’un accident de camion en 1982, il a été amputé d’une jambe et souffre de douleurs fantômes. « J’ai le certificat d’un médecin expliquant que c’est le traitement le plus adapté dans mon cas »
.
Militant de la dépénalisation, Jean-Christophe Petitjean a connu des déboires avec la justice. Au début des années 2000, il a créé Baracanna», le premier magasin à Rennes où se vendait tout le nécessaire pour cultiver chez soi. Il a été condamné en 2004 à un an de prison avec sursis. Aujourd’hui, il assure ne plus fumer mais il continue à consommer du cannabis en confectionnant du beurre avec sa récolte. « A Irodouër, c’est de notoriété publique que je cultive chez moi. Tous les ans, on essaie de me voler. »
 
Source: letelegramme.fr  et ouest-france.fr    
 
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Par mrpolo,
Les Canadiens se préparent ce mercredi 17 octobre à la légalisation du cannabis récréatif. Une école d'Ontario a lancé une formation spécifique en culture de marijuana. 24 étudiants ont été recrutés sur plus de 300 candidats. Il faut dire que les salaires sont attrayants dans le secteur et les sociétés embauchent à tour de bras.
 
 
La Canada va devenir le premier pays industrialisé à légaliser l'usage récréatif du cannabis ce mecredi 17 octobre. Dans la province de l'Ontario, au Niagara College, 24 étudiants suivent une formation horticole pour devenir cultivateur de marijuana. Ils apprennent à irriguer, nourrir, protéger, tracer avec des codes barre et tester le contenu chimique d'une cinquantaine de plants de cannabis. Le business promet d'être florissant, c'est pourquoi, la formation aborde aussi le côté marketing du secteur. En cultivant ce plant, " combien cela va-t-il me coûter pour combien de temps de travail ?", sont les différentes questions qu'ils vont devoir aussi se poser.
Un plant de cannabis a un besoin en lumière similaire à celui demandé par un chrysanthème et doit être nourri comme une tomate ou un poivron. "C'est une plante vraiment unique et les personnes ressentent un vrai attachement émotionnel avec elle", explique un des responsables de la formation à Reuters.
 


 
Ces étudiants sont quasiment tous certains d'avoir un travail à leur sortie de formation. Les entreprises actives dans le secteur se sont en effet multipliées ces derniers temps. Car, en l'absence de formation spécifique, les entreprises optent souvent pour des profils d'horticulteurs, de bio-chimistes ou encore... de personnes familières avec le produit.
 
Près de 5 millions de Canadiens (16% de la population) ont consommé 773 tonnes de cannabis en 2017, dont une infime partie à des fins thérapeutiques, pour des dépenses estimées à 5,5 milliards de dollars canadiens, selon Statistique Canada. Avec la légalisation, le nombre de consommateurs devrait légèrement augmenter d'ici la fin de l'année, selon cet institut. Très rapidement, l'essentiel de la croissance du marché sera assuré par les produits dérivés (pâtisseries, boissons, chocolats, etc), qui seront légalisés en 2019, prédisent les analystes.
 
2000 CV pour 38 postes
 


 
La société Aurora Cannabis qui vient d'ouvrir les portes de son usine à Montréal a reçu près de 2000 CV pour seulement 38 postes à pourvoir dans un premier temps, relaie BFMTV. Pour des postes de spécialiste d'horticulture, de transformation ou de contrôle qualité, les salaires peuvent monter jusqu'à 25 dollars canadiens de l'heure (16,65 euros).
Seul petit bémol pour les étudiants: ils ne pourront pas profiter de leur plant qui seront tous détruits à la fin du cursus de 12 semaines.
 




 
Source: levif.be
 
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Par Indi-Punky,
Higrade est le fruit d'une société israélienne qui s'est donné pour mission d'améliorer l'agriculture en rendant l'expertise agronomique accessible à tous.
 
Higrade c'est un microscope et une application pour smartphone. Réunis, ils permettent d'évaluer le potentiel THC* sur fleur sèche ou de faire un diagnostic de votre plante pendant la culture (toujours a partir de photo).
 
Higrade vous est livré dans une jolie boite blanche, ce n'est qu'un simple microscope mais les spécificités de la lentille doivent être je pense un modèle commun afin de garder un calibrage constant. D’où le besoin d'utiliser leur microscope et pas un autre.
 
Caractéristiques techniques du microscope:
- grossissement 30X
- Éclairage LED
- Facile à utiliser
- Convient à tous les téléphones
- Batteries incluses
 

 
D'un fonctionnement extrêmement simple, vous positionnez le microscope sur l'objectif photo de votre smartphone, vous lancez l'application et suivez les indications à l’écran.
Elle va vous demander de prendre 3 photos (pour une évaluation THC) qui seront analysés. (Il faut varier le point de prise et ne pas hésiter a tourner la tête de weed.)
Le processus ne prend qu'une minute et vous avez les résultats directement sur l’écran de votre smartphone.
 
Voici quelques photos du test.
 
Le microscope, une fois positionné sur le smartphone

 
L’échantillon pour le test, une amnesia haze.

 
L'écran d'accueil de l'application, 2 choix s'offrent a vous.

 
L'écran de prise des photos, dsl pour la qualité j'ai privilégier la netteté du texte au profit de la qualité générale de l'image.

 
L’écran en cours d'analyse d'une photo.

 
Les 3 photos ayant servi a échantillonnage.

 
Et le résultat final:

 
 
 
Alors je n'ai pas sous la main d'échantillon dont je connaisse la teneur exacte, je ne peux que me fier a mon feeling personnel et ça correspond assez bien. Toutefois, je profiterais d'un prochain voyage à Amsterdam pour faire un comparatif entre Higrade, Alphacat et un labo. (quoique sur Irun je devrais pouvoir faire un test live .. a voir.)
 
 
Passons à la partie diagnostic qui je l'avoue est vraiment sympa.
N'ayant pas de plante a disposition j'ai du demander a une connaissance de bien vouloir me laisser prendre quelques photos dans son placard.
Après l'envoi d'une photo j'ai reçu ce message (en anglais) par mail:
 
 
 
Alors la plante est effectivement à 65 jours de flo au moment de la photo et a subit durant sa croissance une attaque de thrips, résolu avant le passage en floraison. L'aspect général de la plante est sain, en bonne santé.
Étonné d'une tel précision avec simplement une photo.
 
 
Alors la question que tout le monde se pose c'est comment cela fonctionne t'il?
Il s'agit ici d'un système de comparaison par algorithmes via une base de données que j'imagine assez importante.
Dans le cas de l’évaluation THC ils sont passés par une phase de calibration, avec des comparaisons entre leurs tests et des tests en laboratoire.
Ils annoncent une marge d'erreur de 3%. ( Notre taux d'erreur est inférieur à 15% (statistique), soit environ +/- 3% de THC )
Pour le diagnostic il s'agit de la même méthode mais pour le moment la validation humaine est encore nécessaire, toutefois le programme devrait évoluer vers plus d'autonomie.
 
Écran d'accueil du mode diagnostic

 
J'ai demandé une explication sur le diagnostic et l’évaluation THC et j'ai reçu ceci en réponse:
 
 
 
 
Voila, je ne fais ici que présenter le produit, je ne l’évalue pas. Il faudra pour cela avoir un vrai point de comparaison avec un test en laboratoire.
Toutefois je reconnais avoir été bluffé et j’espère sincèrement que contrairement à Mydx, eux réussiront.
Une solution d’évaluation pour 60$, je pense que beaucoup de cultivateurs consommateurs seront intéressés.
 
 
 
*CBD en cours de développement.
 
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Par mrpolo,
Michaël Jeremiasz, champion paralympique de tennis, était l'invité des Grandes Gueules ce mercredi 3 octobre. Interrogé par la GG Elina Dumont, sur les bienfaits du cannabis thérapeutique, le sportif de haut niveau l'affirme: le cannabis soulage véritablement des douleurs.
 
 
"Il est prouvé que c’est utile". Le quadruple médaillé de tennis en fauteuil, Michaël Jeremiasz, s’est confié sans tabou dans Les Grandes Gueules sur sa consommation de cannabis comme solution pour soulager les douleurs mais aussi comme réconfort.
"Je suis pour la légalisation du cannabis"
Invité du "Grand Oral" des Grandes Gueules, Michaël Jeremiasz est venu présenté son nouveau livre: "Ma vie est un sport de combat", aux éditions Marabout.
 
Source: rmc.bfmtv.com
 
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Par mrpolo,
L'an dernier, au pays, les producteurs de cannabis médicinal ont détruit près de 400 tonnes de déchets organiques, soit l'équivalent de 40 camions poubelles. Avec la légalisation de la marijuana et la croissance exponentielle de la production, le poids de ces déchets va décupler. Mais où vont-ils se retrouver?
Un texte de Tiphanie Roquette
 
 Photo : Radio-Canada/Tiphanie Roquette
   
À Boaz Pharmaceuticals, un producteur installé à Calgary, la salle de destruction n’est pas celle qui attire les regards. Ce n’est pas de là que viendront les profits.
La pièce est encore vide, puisque le producteur n’a pas encore commencé sa récolte, mais, selon le maître cultivateur de l’entreprise, Bill Vasilakakos, une fois que Boaz Pharmaceuticals aura atteint sa vitesse de croisière, « ça va s'accumuler [...]. Cette pièce va être pas mal pleine chaque semaine. »
 
Bill Vasilakakos s'est pris de passion pour les particularités du cannabis. Photo : Radio-Canada/Tiphanie Roquette
 
Du cannabis et de la litière pour chats
Seule la cocotte du plant est utile aux producteurs, qui jettent tout ce qui est feuilles, tiges et boules de racines une fois la cocotte récoltée. Ils doivent également détruire toute production qui ne répondrait pas aux normes de Santé Canada.
D’ici 2020, ces déchets pourraient atteindre 6000 tonnes, selon l’entreprise de gestion des déchets Micron Waste Technologies, citant un rapport de GMP Securities.
À lire aussi :
Légalisation du cannabis : ce qu'on sait et ce qu'on ne sait pas La vente du cannabis au Canada, en cartes  
Boaz Pharmaceuticals s’est préparée. Une déchiqueteuse à feuilles occupe un coin de la pièce, des boîtes noires et rouges s’entassent dans un autre coin, ainsi que quelques sacs de litière pour chats.
Pour l’amateur, la vue de ces sacs est incongrue, mais il s’agit d’une pratique courante de l’industrie, préconisée par Santé Canada.
 
Traditionnellement, Santé Canada recommande de mélanger les résidus de cannabis avec de la litière pour chat. Photo : Radio-Canada/Tiphanie Roquette
 
La loi exige en effet que les déchets du cannabis soient « modifiés ou dénaturés au point d’en rendre la consommation et la multiplication impossibles ou improbables ». L’objectif est de s’assurer que personne ne pourra extraire le composant THC à partir des déchets.
 
« On peut notamment le déchiqueter et le mélanger avec d’autres types de matières inorganiques avant de le composter, ou l’éliminer en recourant aux services d’enlèvement des ordures, ou en l’incinérant », précise Santé Canada.
Après avoir déchiqueté le cannabis, Boaz Pharmaceuticals le mélange à de l’eau et à de la litière pour chats et l’envoie au compostage.
 
« Nous pourrions l’utiliser pour le compost [ici], mais pour le moment, ça pose des problèmes, vu que c'est une substance contrôlée », regrette M. Vasilakakos. Il espère que la réglementation sera assouplie après la légalisation.
 
Compostage dangereux?
Envoyer ces déchets de cannabis à des entreprises de compostage municipales au milieu des autres déchets organiques n’est pas plus rassurant, affirme Alfred Wong, le président de Micron Waste Technologies.
 
Dans la production de marijuana, les cocottes sont le produit recherché. Le reste de la plante n'est que déchet. Photo : Radio-Canada/Tiphanie Roquette
 
Après s’être spécialisée dans l'élimination de déchets alimentaires, son entreprise, établie à Vancouver s’est intéressée aux déchets du cannabis. « Au début, on y pensait comme à n’importe quel résidu agricole [...] mais il y a des implications pour la santé publique et l’environnement », soutient M. Wong.
Le cannabis contient en effet une centaine de composés pharmaceutiques actifs. M. Wong déplore que peu d’études se soient intéressées à la décomposition de ces composés et à leurs effets sur le sol et l’eau.
 
 
Il n’est pas le seul à s’être posé la question. Le Comité sénatorial permanent de l’agriculture et des forêts a tenu au printemps des consultations sur le compostage des résidus de cannabis.
Plusieurs experts ont défendu la sécurité du compostage du cannabis. Le directeur du centre de recherche sur les systèmes d'environnement contrôlé à l'Université de Guelph, Michael Dixon, a assuré que la réglementation entourant le traitement des déchets du cannabis était trop stricte et reflétait encore les années d'illégalité du produit.
 
 
Les témoignages n’ont cependant pas convaincu le sénateur Ghislain Maltais. Ce dernier a émis ses doutes lors d'un débat sur le projet de loi C-45, le 7 juin. « Personne n’a pu nous rassurer à ce sujet. Cette question me taraude, parce que cela pourrait toucher des millions de Canadiens dans les villes comme Montréal, Toronto, Winnipeg, Calgary, Halifax, Vancouver ou Saint-Jean », affirmait-il alors.
 
Une mine de produits dérivés
Les déchets n’ont cependant pas à être un problème. Ils peuvent aussi être une ressource, selon Brittny Anderson, la cofondatrice de l’entreprise Cannabis Conservancy, qui se spécialise dans les pratiques durables de l'industrie de la marijuana.
Micron Waste Technologies a ainsi inventé un procédé pour extraire l’eau des déchets du cannabis et la réutiliser dans la production des plants. Le procédé fait l'objet de tests à Aurora Cannabis. Autre exemple : le producteur albertain Atlas Growers s'intéresse à la possibilité de générer de l'électricité.
 
Brittny Anderson cite également des exemples de tissus produits à partir de fibres de cannabis, de papier ou de boissons au jus de cannabis. À l’image du chanvre, son cousin, le cannabis pourrait être utilisé dans son intégralité.
Toutefois, pour susciter de telles innovations, constate Mme Anderson, il faudra un coup de pouce des pouvoirs publics. Pour l’instant, ce n’est pas le cas.
 
L'organisation Cannabis Conservancy pense que le gouvernement fédéral aurait dû instituer plus de pratiques durables dans l'industrie du cannabis. Photo : La Presse canadienne/Chris Young
 
La Britanno-Colombienne raconte s’être rendue à Ottawa pour parler de durabilité dans l’industrie du cannabis, mais elle s’est retrouvée bien seule à tenir ce discours.
À l’heure où l’on parle de l’élimination des déchets plastiques, souligne-t-elle, Santé Canada recommande des emballages à usage unique pour la vente des produits de la marijuana.
 
Le gouvernement a donné un aperçu des emballages des produits du cannabis lorsque la légalisation sera mise en œuvre. Photo : Santé Canada
 
« Avec la légalisation, les efforts se sont concentrés sur la protection du public et l’élimination du marché noir, et tous les règlements vont dans ce sens », raconte Mme Anderson.
 
 
Source: ici.radio-canada.ca
 
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Par mrpolo,
L'or est devenu vert à Wall Street. Les investisseurs se sont totalement emballés ces derniers jours autour des valeurs spécialisées dans le cannabis. Le canadien Tilray a vu son cours boursier multiplié par 10 depuis son introduction en juillet dernier. Du pur délire selon Philippe Béchade, Rédacteur en chef de La Bourse au Quotidien. Ecorama du 24 septembre 2018 présenté par David Jacquot sur boursorama.com.
 

 
Source: boursorama.com
 
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Par UFCM-I Care,
Au total, près de 42% des adultes (18 à 64 ans) ont déjà expérimenté le cannabis en France.
photo archives LM
  De plus en plus de pays dans le monde ont décidé de légaliser le cannabis, mais pas la France, première consommatrice en Europe. Et le débat de refaire régulièrement surface. Mais si l’option de la légalisation venait à être choisie, quelles seraient alors les répercussions sur une ville comme Marseille ?
À l’heure où le cannabis est légalisé dans de plus en plus de pays à travers le monde (Pays-Bas, Espagne, et bientôt le Canada), la France n’a toujours pas franchi le pas. Et la question agite régulièrement la sphère politique. Jusqu’à Renaud Muselier, président LR de la Région Paca, en juin dernier. « La législation contrôlée du cannabis est une piste à étudier. Une mesure doit être prise », a-t-il déclaré commentant un nouveau règlement de compte qui avait coûté la vie à un homme de 22 ans .
L’an dernier, en janvier 2017, 150 personnalités politiques progressistes de Marseille avaient également lancé un appel pour « la fin de la prohibition du cannabis en France » et appelé à la légalisation. Parmi elles, notamment, les députés socialistes Patrick Mennucci, et Marie-Arlette Carlotti.
Les buralistes prêts à vendre
Récemment, même la confédération des buralistes s’en est mêlée. Se disant « prête à commercialiser » du cannabis en cas de légalisation, elle demanderait « l’exclusivité » de sa distribution afin de pallier une baisse des ventes de cigarettes. « Le 18 juin, j’ai même proposé à la ministre de la Santé d’aller plus loin et de devenir le premier réseau de référence du cannabis s’il est, un jour, légalisé dans l’Hexagone », précise, le président des buralistes, Philippe Coy. Même si certains de ses confrères ne sont pas rassurés à l’idée de vendre du cannabis. « Je suis pour la vente du fait de nos faibles revenus en ce moment, mais évidemment que j’ai peur des représailles, surtout par rapport à notre situation géographique », explique Myriam, vendeuse dans un bureau de tabac du 13ème arrondissement de Marseille. D’autres y sont totalement opposés par principe.
Du côté de la police, on craint le pire dans une ville gangrénée par le trafic de drogue. La réponse est claire : « Si cela doit se faire, je pense que les dealers se mettront à vendre plus de drogues dures, style cocaïne ou héroïne », estime un policier affecté au sein de la brigade des stupéfiants de Marseille depuis une vingtaine d’années.
D’autres risques vont émerger selon lui. « C’est simple, si cette loi passe c’est un manque d’argent à gagner conséquent pour eux. Dans ce cas, ils vont se rabattre sur des braquages à mains armées, des vols de voitures, en plus de la vente de drogue. La criminalité va finir par exploser », conclut-il, remonté.
 
Pour les trafiquants, la légalisation ne changerait visiblement pas grand-chose à un business florissant.
à la Castellane, « PA », tel est son surnom, vend des substances illicites depuis près de 6 ans, c’est son « gagne-pain ». « Sans la vente, ma vie ne serait clairement pas la même. C’est ma première source de revenus, sans ça je n’aurais pas assez d’argent pour me payer mon logement », confie-t-il. Alors quand on lui demande s’il compte arrêter la vente si le cannabis est légalisé, il nous rit au nez. « Jamais de la vie ! Je vendrai mes barrettes moins chères ou je me mettrai aux drogues dures. Je n’ai pas la motivation d’aller travailler comme tout le monde et toucher à peine un SMIC », déclare le dealer. À savoir qu’un vendeur gagne au total près de 6 000 euros par mois selon son « territoire ». Le chiffre peut monter jusqu’à 9 000 euros pour les gérants de réseaux.
Ce qui prouve que le marché du cannabis est clairement une économie à part entière.
Autre questionnement de taille, l’impact sanitaire d’une éventuelle légalisation. Au Pays-Bas, les experts n’ont pas observés d’augmentation significative des niveaux de consommation, mais il faut rappeler que fumer des joints a clairement un impact sur la santé. Dernière étude scientifique en date, celle d’une équipe américaine de l’université de Dallas, qui a constaté que la matière grise des fumeurs de cannabis diminuait dans une région du cerveau impliquée dans la motivation et la prise de décision. Si la loi devait un jour évoluer, cela résulterait d’une volonté de l’opinion publique.
Jauffrey Ambrosino
Source: lamarseillaise.fr
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Par mrpolo,
Les ventes de vaporisateurs se multiplient, prisés par ceux qui veulent consommer du cannabis plus « sainement ». Cela reste illégal, mais c’est moins nocif, nous confirme un addictologue.
Photo: Le vaporisateur à herbe est de plus en plus prisé par les fumeurs de joints. LP/Olivier Lejeune
 
« A chaque fois que je fumais un joint, je replongeais… dans la consommation de cigarettes. Au cours d’un voyage aux Etats-Unis, j’ai trouvé un vaporisateur à herbe. Cela peut paraître étrange, mais cela m’a permis de fumer sainement ».
Jonas, 42 ans, cadre et sportif, fait partie de ces nouveaux consommateurs de cannabis… soucieux de leur santé ! Un paradoxe qui fait le bonheur des vendeurs de vaporisateurs électroniques portables, en vente sur Internet et dans quelques magasins de cigarettes électroniques.
Le principe ? Une alternative au traditionnel joint. Avec ces appareils, aucune combustion ni fumée. On chauffe l’herbe de cannabis jusqu’à 190 °C, pour en dégager de la vapeur. On aspire ainsi uniquement les principes actifs de la plante illégale en France.
 
Très en vogue aux Etats-Unis
« Aujourd’hui, les gens veulent inhaler propre et manger sain », assure Grimhild dans son magasin, l’un des rares spécialisés en « vap’», dans le XIe arrondissement de Paris. Ici, officiellement, les vaporisateurs ne servent qu’à aspirer de la vapeur de laurier, camomille ou de guimauve. « Beaucoup veulent l’adopter et abandonner la cigarette électronique, qu’ils trouvent trop toxique. Sur Internet et dans notre boutique, on en vend jusqu’à 5 à 10 par jour », reprend Grimhild.
 
Ces appareils, très en vogue aux Etats-Unis, sont utilisés dans des cliniques en Allemagne, en Israël, ou en Suisse, pays qui ont légalisé l’usage médicinal du cannabis, sous forme de CBD, une molécule du chanvre, pour calmer l’anxiété et les douleurs. Certains ressemblent à s’y méprendre à des cigarettes électroniques, d’autres tiennent dans le creux de la main. Les prix varient de 75 à 300 €. « On ne peut pas parler de boom, comme avec la cigarette électronique, mais d’une tendance », assure Nicolas Atlan, de la boutique « Docteur Vaporisateur ».
 
Moins toxique
« Quand on fume du chanvre mélangé à du tabac, on avale du goudron, des métaux lourds, du monoxyde de carbone », raconte Florent Buffière, de l’association Norml, qui milite pour un assouplissement de la réglementation sur le cannabis. Sur son site, on conseille l’utilisation du vaporisateur plutôt que le « pétard » qui « noircit les poumons ».
Même son de cloche chez Olivier, 28 ans, chargé de projet : « Je me suis mis à la course. J’ai aussi arrêté l’alcool et le tabac. Mais pas question pour moi de décrocher du cannabis. D’où mon passage au vaporisateur. En plus, c’est économique et on sent davantage les arômes. Des amis m’ont suivi ».
 
Amine Benyamina, addictologue à l’hôpital Paul-Brousse de Villejuif (Val-de-Marne), confirme que si on ne peut pas se passer d’herbe, la vaporisation se révèle « moins nocive » : « Tous les produits issus de la combustion sont à éviter. Avec ce procédé, on évite le tabac, qui contient plus de 4 000 substances, la plupart toxiques. Ils ont raison de l’utiliser, conclut-il. Cette technique est même indiquée dans le chanvre thérapeutique ».
 
Autre particularité de ces nouveaux joints : la vapeur se révèle quasi inodore ; les appareils se font de plus en plus discrets. « J’ai déjà vapoté dans la rue, mais aussi en réunion et même… dans l’avion, sans que personne ne s’en aperçoive », se vante Jonas. De quoi donner du fil à retordre aux autorités dans leur traque aux fumeurs de drogue.
 
VIDEO. Cannabis : et si le vaporisateur prenait la place du joint ?

 
Source: leparisien.fr
 
https://www.cannaweed.com/forums/topic/217300-cannabis-le-joint-dépassé-par-le-vaporisateur/
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Par UFCM-I Care,
Comment la culture du chanvre fait son retour sur le plateau de Millevaches (Corrèze)
Publié le 24/07/2018 à 09h59
Geoffrey Broussouloux a semé du chanvre sur 2,5 hectares après un premier essai en 2017. © Agence USSEL     Situé à Peyrelevade, le Gaec bio Broussouloux espère une belle récolte de graines de chanvre destinée à l’alimentation humaine. Si l’activité principale du Gaec Broussouloux, à Peyrelevade, aux confins de la Corrèze et la Creuse, reste la production bovine et porcine en bio, le chanvre pourrait devenir une culture complémentaire.
Associé depuis mai 2018 avec son frère Benoît, Geoffrey Broussouloux a voulu introduire cette plante sur l'exploitation familiale, avec un premier essai en 2017, essai qui s'est révélé concluant.
Cette année, il en a semé sur 2,5 hectares et prévoit d’étendre, à moyen terme, la culture du chanvre sur 10 hectares. Le jeune homme aimerait acquérir un pressoir et faire sa propre huile, au délicat goût de noisette et de noix.
En attendant, la récolte 2018 de graines sera vendue à une société bretonne spécialisée dans le chanvre alimentaire. En 2017, et sous le coup d'une forte demande, la tonne partait à 2.000 €, un bon complément en terme de revenus.
  Ce chanvre n'a rien à voir avec le cannabis. il ne contient quasiment pas de THC
Le Gaec Broussouloux aimerait aussi valoriser la tige, dont les fibres servaient autrefois à tisser du linge de maison ou de corps, à confectionner des cordages ou du papier de luxe. La paille de chanvre constitue aussi un très bon isolant pour la construction. 
Cette variété agricole ne contient que très peu de THC (tétrahydrocannabinol), principal composant psychoactif du cannabis. Sa culture n’est pas soumise à autorisation, même s’il est conseillé de faire une déclaration en gendarmerie. Selon Geoffrey Broussouloux, la culture du chanvre suscite de l'intérêt auprès d'autres agriculteurs de haute Corrèze.
 
Source: lamontagne.fr
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Par mrpolo,
En cas de légalisation de la marijuana, le président de la Confédération des buralistes, Philippe Coy, s’est positionné auprès de la ministre de la Santé.
 
Photo: Philippe Coy, 48 ans, a été élu en octobre à la tête de la Confédération nationale des buralistes.
PHOTOPQR/L’Alsace/Dominique Gutekunst
 
C’est un feuilleton qui n’en finit plus. Alors que les coffee-shops, ces boutiques de cannabis light (CBD) se multiplient en même temps que les mises en examen en France, que l’arrivée du chanvre à usage médical est en discussion au ministère de la Santé, voilà réapparaître le bon vieux débat sur la dépénalisation de la marijuana.
Dans ce contexte, le nouveau président de la Confédération des buralistes, Philippe Coy, 48 ans, élu en octobre, compte bien tirer son épingle du jeu. Ce marchand de tabac à Lescar (Pyrénées-Atlantiques), près de Pau, nous l’annonce, si le cannabis est un jour légalisé – ce qu’il souhaite –, il veut que les buralistes soient les premiers à en vendre.
 
Pourquoi avoir reculé sur le CBD ?
Il y a six mois, nous avons commencé à vendre des e-liquides de cigarette électronique à base de cette molécule, en plein boom. Ils semblaient à l’époque légaux. Puis il y a eu un déferlement avec l’ouverture de magasins qui commercialisaient cette fois-ci des sirops, cristaux et surtout des fleurs de cannabidiol. Mais, en juin, la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca) s’est positionnée en disant que c’était interdit. La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a eu des explications confuses mais, lorsque l’on recoupe les informations, on comprend que ces produits ne peuvent, aujourd’hui, être vendus. Depuis quelques semaines, les arrestations et les fermetures s’accélèrent, le CBD défraie la chronique. Il fallait donc appliquer un principe de précaution. Nous sommes des commerçants responsables, j’ai donc demandé à tous les buralistes de suspendre la vente des e-liquides.
 
Pourtant, certains en vendent toujours…
En tant que président de la confédération, je représente 25 000 établissements. Si certains veulent continuer, je ne peux pas les en empêcher. Chacun fait ce qu’il veut. Je ne reste pas fermé sur le sujet. Si la législation s’éclaircit, nous assurerons la vente de CBD. Le 18 juin, j’ai même proposé à la ministre de la Santé d’aller plus loin et de devenir le premier réseau de référence du cannabis s’il est, un jour, légalisé dans l’Hexagone.
 
Au-delà du CBD, vous seriez donc prêt à vendre de la marijuana ?
Nous sommes pour le cannabis récréatif s’il est réglementé. Et nous sommes prêts à en commercialiser dans nos bureaux de tabac.
 
Sous quelle forme ? Vous iriez jusqu’à vendre de la résine ou de l’herbe ?
Nous n’en sommes pas là mais je ne m’interdis rien. On verra ce qui est autorisé et on s’adaptera. Une chose est sûre, on est le réseau le plus adapté et le plus légitime. 10 millions de Français fréquentent nos bureaux de tabac. Quant au cannabis thérapeutique, je laisse cela aux médecins.
 
Est-ce une façon de compenser la baisse des ventes de tabac ?
Je préfère parler de complément. Mais aussi d’évolution sociétale que je mets sur le même plan que la cigarette électronique. Il y a cinq ans, lorsque la vapoteuse est arrivée, nous n’y avons pas cru. On ne va pas se mentir, on a loupé ce rendez-vous et on y revient aujourd’hui. Si le CBD et plus largement le cannabis sont autorisés, on veut être présent sur ce marché. On demande même l’exclusivité. On est dans un plan de transformation car les ventes de cigarettes sont amenées à baisser. Il faut donc saisir toutes les opportunités de générer de l’économie.
 
Source: leparisien.fr
 
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