Search the Community

Showing results for tags 'ce que nous avons retenu'.



More search options

  • Search By Tags

    Type tags separated by commas.
  • Search By Author

Content Type


Calendars

There are no results to display.

Forums

  • News / Evènements
    • Les News
    • Cannartistique
  • Débutants
    • Présentations des membres et règles du forum
    • CannaWeed - le site
    • Guides / Tutoriels
    • Variétés, graines & génétiques
    • Engrais , substrats et amendements
    • Méthode de Culture
    • Matériel
  • Cannabicultures
    • Généralités
    • Journaux De Culture - JDC
    • Diagnostic
    • Produits dérivés du cannabis
    • Autres Plantes
  • Cannabis Thérapeutique
    • Vaporizer
    • Science
    • Discussion Thérapeutique
  • Discussions
    • Bla - Bla
    • Report Trip, Voyage
    • Législation et Politique
  • Archive
    • La boîte de Pandore

Blogs

  • Le coin à Julius
  • NoMaD's Blog
  • le caveau du vampire cannabique
  • Beltaine Blog
  • Tikiseedbank
  • Cannaweed!
  • wolfen01 Blog
  • Spannabis 2015
  • Team Strainguide Blog
  • Graine de Skunk: Le Blog
  • Canna-World
  • Sensilia Blog
  • TONTON GATOBLOGSTER
  • azmaster Blog
  • Les Tuerie
  • Comprendre la prohibition
  • terp's
  • Hquatre Plantation
  • Le Blawg
  • animalxxx Blog
  • rvbob67 Blog
  • Blog de Mescaline Pure
  • Fabisounours : A history of Hemp.
  • Z3N-MAST3R Blog
  • Xx-rvbob67-xX Blog
  • Private Bud'z
  • WeedJunk Blog
  • Les sons de la défonce
  • Buddha Sphère
  • Waine Blog
  • Breed'Blog
  • Le chainon manquant

Categories

  • CannaWeed
  • Associatif
  • Ce que nous avons retenu...
  • Insolite, vidéo, musique
  • Thérapeutique
  • Justice, politique
  • International
  • Evènements / Reportages
  • Articles Prohibitionniste

Categories

  • Engrais pour la culture du cannabis

Categories

  • Marques d'engrais pour la culture du cannabis

Categories

  • Comprendre Cannaweed
    • Charte de Cannaweed
    • Poster sur le forum
    • Pour aller plus loin..
  • Autour du cannabis
    • Législation du Cannabis
    • Risques, Prévention.
  • Avant la culture
    • Choix de variétés, histoire etc
    • Exemples de culture
    • Pour bien démarrer
    • Terre / Coco
    • Hydroponie
    • Aéroponie
    • Outdoor
  • Bricolage DIY
    • Électricité
    • Éclairage
    • Système de culture
    • Ventilation, extraction, filtration
    • Placard de culture
    • Divers
  • La culture
    • Germination
    • Stretch, Sexualité et Floraison
    • Récolte
    • Arrosage: Manuel / Auto
    • Taille(s), Palissage, Pinçage
    • Autres : rempotage, pulvé, greffe...
  • Après la culture
    • Séchage, curring et maturation
    • Hash et skuff
    • Huile et BHO
    • Roulage, collages et matériel
    • Pipes, bangs et chillums
    • Vaporisation
    • Ingestion
    • Recettes avec beurre de Marrakech
    • Recettes sans beurre de Marrakech
  • Techniques de culture avancées
    • Température / Humidité
    • CO2
    • Engraissage et pH
    • Substrat et amendement
    • Culture Organique
    • Germination, bouturage et régénération
    • Sélection et entretien
    • Génétique, Breeding & Homecross
    • La plante et ses éléments
    • Articles scientifiques et publications
  • SoS Culture
    • Carence-Excès
    • Prédateurs
    • Maladies-Moisissures
  • Cannabis thérapeutique
    • Associations et contacts
    • Variétés et applications

Find results in...

Find results that contain...


Date Created

  • Start

    End


Last Updated

  • Start

    End


Filter by number of...

Joined

  • Start

    End


Group


Centres d'intérêt


favorite varieties


Your mother plant

Found 811 results

  1. Dans une tribune que nous dévoilons, médecins, sociétés savantes, associations demandent au gouvernement de tenir ses engagements en mettant en place dès janvier l’expérimentation du cannabis à usage médical. Prévu pour janvier 2021, le début de l’expérimentation du cannabis thérapeutique a déjà été repoussé à plusieurs reprises. ISTOCK Par Florence Méréo Le cri d'alerte est porté par 51 des principaux acteurs de la mise en place de l'expérimentation du cannabis à usage médical en France. Ceux qui y travaillent depuis deux ans. Les membres du comité scientifique dédié à l'Agence du médicament, parmi lesquels des neurologues, des oncologues, des pharmacologues. Les sociétés savantes (soins palliatifs, traitement de la douleur…), mais aussi les associations de patients, dont la plus puissante, France Asso Santé. Craignant un nouveau report de la mesure et « face à la souffrance des patients », écrivent-ils, ils interpellent le gouvernement. « Nous attendons des décisions politiques fortes et rapides, des engagements tenus. » Cannabis médical, ne vois-tu rien venir ? « Deux ans déjà, pas même un décret en conseil d’État ni de financement qui verdoie, aurait pu écrire Charles Perrault. Deux ans déjà que la réflexion a officiellement commencé au sein de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) à la demande de la précédente ministre de la Santé, Agnès Buzyn. Depuis septembre 2018, des travaux ont alors été initiés au sein d’un comité scientifique pluridisciplinaire de l’ANSM. Ils ont évalué la pertinence scientifique de donner accès à des produits aux standards pharmaceutiques à base de cannabis pour des malades chroniques peu ou pas soulagés de leurs souffrances par leurs traitements. En octobre, cela fera un an déjà, que le député, et actuel ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran, présentait devant l’Assemblée nationale ce qui est devenu l’article 43 de la loi N°2019-1446 du 24 décembre 2019 de financement de la Sécurité sociale pour 2020. Un article donnant la possibilité à l’Etat d’autoriser, dans le cadre d’une expérimentation de politique publique, l’usage médical du cannabis sous la forme de produits répondant aux standards pharmaceutiques. Cela concernera a minima 3000 patients souffrant de douleurs chroniques neuropathiques, de contractions musculaires douloureuses chez des patients atteints de sclérose en plaques ou avec des lésions médullaires, d’épilepsies résistantes, de complications liées aux cancers et aux chimiothérapies et de patients en situation palliative. Mais pour cela, encore faudrait-il que l’expérimentation puisse avoir lieu ! Le décret d’application de cet article 43 est attendu depuis plusieurs mois. Sans ce décret, il est impossible de mettre en œuvre cette expérimentation, car l’étape cruciale de la sélection et de l’autorisation de ces médicaments qui seront prescrits aux patients ne peut être réalisée. Par ailleurs, nous ne pouvons que regretter un arbitrage à zéro euro concernant le financement de cette expérimentation qui doit mobiliser pendant deux années sur tout le territoire français plusieurs milliers de professionnels de santé volontaires. Cela met aussi la France en situation de dépendance face à des acteurs privés étrangers et de leur bon vouloir de fournir gracieusement leurs produits et dispositifs médicaux. Nous rappelons que l’accès à ces médicaments a été jugé scientifiquement pertinent dès décembre 2018 par le premier comité scientifique de l’ANSM. L’objectif principal de cette expérimentation n’est autre que de valider le circuit de prescription et de dispensation de ces médicaments. Rien d’exceptionnel pour des professionnels de santé qui manient d’autres médicaments stupéfiants au quotidien, dont certains plus à risque de dépendance, voire de surdose. Mais ce serait aussi l’occasion, avant une possible généralisation, de former à ces traitements un grand nombre de médecins et pharmaciens, même hors expérimentation, et d’en avoir une évaluation scientifique complémentaire. Le report répété du début de cette expérimentation, faute de décret d’application, suscite actuellement un questionnement sur la volonté politique de le mettre réellement en place. Cela crée de l’anxiété voire de la colère chez des patients déjà en souffrance physique et psychique et en attente de solutions complémentaires. Cela met aussi les professionnels de santé en difficulté dans la gestion des demandes grandissantes et légitimes des patients et de leur entourage, suite à l’annonce de cette expérimentation qui ne vient pas. Face à la souffrance des patients, nous attendons des décisions politiques fortes et rapides, des engagements tenus, un financement adapté aux objectifs, en commençant par la publication du décret dans les plus brefs délais pour proposer aux patients ces traitements dès le premier trimestre 2021. » Liste des 51 signataires : Nicolas Authier, professeur des universités, médecin psychiatre et pharmacologue, CETD, Inserm 1107, université Clermont-Auvergne, CHU, Clermont-Ferrand ; Mado Gilanton, patiente experte, présidente Apaiser S&C ; Bechir Jarraya, neurochirurgien, hôpital Foch, Suresnes ; Philippe Andrieux, patient expert, association Principes actifs ; Nadine Attal, professeure des universités, médecin neurologue, Inserm U 987, CETD, CHU Ambroise-Paré, Boulogne-Billancourt ; Carole Demulatier, patiente experte, UniSEP ; Laure Copel, médecin oncologue et soins palliatifs, groupe hospitalier Diaconesses Croix Saint-Simon, Paris ; Yannick Frelat, représentant territorial d’Epilepsie France ; Antoine Dupuy, Société française de pharmacie clinique, pharmacien hospitalier, professeur des universités, CHU, Poitiers ; Catherine Sebire, représentante de l’Association francophone pour vaincre la douleur (AFVD) ; René Maarek, pharmacien d’officine, Paris ; Bertrand Rambaud, représentant du pôle « patients », Union francophone des cannabinoïdes en médecine ; Samira Djezzar, médecin pharmacologue, Centre addictovigilance, Paris ; Serge Perrot, professeur de thérapeutique, centre de la douleur, hôpital Cochin, université de Paris, ancien président de la SFETD (Société française d’étude et de traitement de la douleur) ; Alexandre Maciuk, enseignant-chercheur, faculté de pharmacie, université Paris-Saclay ; Vera Dinkelacker, médecin neurologue, CHU, Strasbourg ; Marie Lanta, chargée de mission information des personnes malades et des proches, Ligue nationale contre le cancer ; Françoise Durand-Dubief, neurologue, présidente du CLUD groupement hospitalier Est, CHU de Lyon ; Marie Jauffret-Roustide, sociologue, Inserm, Paris ; Georges Brousse, professeur des universités, psychiatre, addictologue, université Clermont-Auvergne, service d’addictologie et pathologies duelles, CHU Clermont-Ferrand ; Pascal Douek, médecin, patient et représentant de patients, Unisep ; Gilles Edan, professeur des universités, médecin neurologue, Inserm, CHU, Rennes ; Rachida Badaoui, patiente experte en oncologie ; Pierre Champy, professeur de pharmacognosie, université Paris-Saclay, Association francophone pour l’enseignement et la recherche en pharmacognosie (AFERP) ; Annie Le Palec, anthropologue, membre du TRT-5 CHV (interassociatif Traitement recherche VIH, hépatites virales) ; Sophie Crozier, médecin neurologue, groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière, Paris ; Mariannick Le Bot, présidente du Conseil national professionnel de pharmacie officinale et hospitalière ; Raymond Souqui, président de CSC - connaître les syndromes cérébelleux ; Catherine Mallevaës, présidente de l’association Aramise (atrophie multisystématisée) ; Jean Benard, président de l’ASL-HSP France (Association Strümpel Lorrain) ; Martine Libany, présidente association CMT-France (Charcot-Marie-Tooth) ; Juliette Dieusaert, présidente AFAF (Association française de l’ataxie de Friedreich) ; Jean-Philippe Plançon, président Association française contre les neuropathies périphériques ; Françoise Tissot, vice-présidente AMMi, Association contre les maladies mitochondriales ; Coralie Marjollet, Sandrine Taourirt et Anne Draeger, association IMAGYN, Paris ; Edwige Ponseel, présidente AMADYS et vice-présidente Dystonia Europe ; Cécile Foujols, présidente de l’Association française du syndrome de Klippel-Feil ; Sophie Lecommandoux, présidente de l’APASC - Association des personnes atteintes du syndrome de Currarino ; Fabienne Lopez, présidente de l’Association Principes actifs ; Ivan Krakowski, oncologue médical, professeur des universités, médecin de la douleur, président de l’Association francophone pour les soins oncologiques de support (AFSOS) ; Frédéric Aubrun, médecin anesthésiste-réanimateur, professeur des universités, président de la Société française d’étude et de traitement de la douleur (SFETD) ; Eric Thouvenot, médecin neurologue, professeur des universités, président de la Société francophone de la sclérose en plaques ; Béatrice Clairaz-Mahiou, pharmacienne d’officine, présidente de la Société francophone des sciences pharmaceutiques officinales (SFSPO) ; Sophie Dupont, médecin neurologue, professeure des universités, présidente de la Ligue française contre l’épilepsie (LFCE) ; Paul Frappé, médecin généraliste, professeur des universités, président du collège de la médecine générale ; Claire Fourcade, médecin, présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (SFAP) ; Frédéric Guirimand, médecin, professeur associé de médecine palliative, université de Versailles Saint-Quentin, maison médicale Jean-Garnier, Paris ; Gérard Raymond, président de France Asso Santé ; Axel Kahn, médecin généticien, directeur de recherche à l’Inserm et président de la Ligue nationale contre le cancer. Source: leparisien.fr
  2. Cannabis: 100% répressif, contre la santé publique et les avancées internationales, la nouvelle amende de 200 euros pour usage de stupéfiants est généralisée à l’ensemble du territoire. La prohibition constitue pourtant une impasse complète. Qu'attend-on pour sortir de la législation archaïque et répressive actuelle ? Cette amende forfaitaire qui doit s’appliquer à toutes les drogues vise surtout les usagers de cannabis. Faut-il rappeler qu'en dépit d’une politique parmi les plus répressives d’Europe, les Français sont les premiers consommateurs de cannabis en Europe et se trouvent au troisième rang pour la cocaïne ? Ce que le Syndicat de la Magistrature appelle le "populisme pénal" constitue une réponse totalement inadaptée, hypocrite et archaïque. C'est une toute autre voie qu'il faut choisir, celle de la légalisation et de la réduction des risques Oui, il faut légaliser le cannabis et exercer un contrôle public sur sa commercialisation. Mon expérience personnelle de médecin spécialiste de la prévention des addictions, y compris comme conseiller au sein de du Ministère de la santé, m'a convaincu de l'absurdité criminelle de la prohibition. Je mets au défi n'importe quel ministre ou député ou le président de la MILDECA qui soutient la situation actuelle interdisant et criminalisant la consommation de cannabis, de venir expliquer sa position devant un public de jeunes et notamment de justifier la différence de statut avec l'alcool. Le statu-quo que réaffirme le gouvernement est d'autant plus choquant que la consommation d'alcool est quant à elle banalisée voire valorisée par Emmanuel Macron (voir ici) L'alcool provoque 45 000 morts par an, la tabac 66000 par an , sans compter les autres effets, notamment pour l'alcool, les violences de tous ordres. Quid du cannabis ? La distinction entre les produits addictifs légaux et illégaux, tels que le cannabis, ne répond pas à des raisons médicales ou de santé publique mais à des postures répressives et prétendument protectrices de la jeunesse. Le rapport du Conseil d'analyse économique a eu le mérite de souligner l'échec total du cadre actuel. La prohibition a en effet comme conséquence de pousser les consommateurs de cannabis vers un recours à des fournisseurs issus de l'économie criminelle et d'utiliser des produits dont personne en connaît la composition réelle. De plus la situation actuelle empêche tout discours audible sur les dangers qui peuvent exister lors de consommation excessive de cannabis ainsi que sur l'utilisation de la voie fumée tel que le joint. La prohibition constitue une impasse complète. La demande et la consommation sont très élevées, dans un cadre de clandestinité et de trafic. Les règlements de compte font des dizaines de morts et déciment des quartiers. L'absurdité et la perversité de la "guerre contre le cannabis" sont illustrées par les méthodes de la haute hiérarchie policière. Pour attraper les trafiquants on développe et encourage les trafics, sans prévenir la justice. Tout un appareil, délinquant d'une part et policier d'autre part, est construit autour de la prohibition du cannabis et la criminalisation de son usage. On notera une fois de plus que la France qui a les lois les plus sévères a aussi la consommation la plus élevée en Europe. Or une autre voie existe : la situation aux USA montre que la légalisation dans certains Etats y fait chuter la criminalité. En même temps la possibilité d'utiliser légalement du cannabis y diminue fortement le recours aux opiacés et donc la dépendance et la mortalité qui en découlent Qu'attend-on pour sortir de la législation archaïque et répressive actuelle ? Il est temps de dépénaliser et de légaliser l'usage du cannabis en l'accompagnant de mesures de santé publique : régulation de l'usage, prévention et réduction des risques avec par exemple une vaste campagne à propos des joints et autres bangs qui représentent la pire méthode de consommation. Il est temps aussi d'ouvrir un grand débat sur les drogues et leur usage. Par albert herszkowicz Source: blogs.mediapart.fr
  3. Baptisé « Cap 2025 », le plan de relance du gouvernement concerne tous les secteurs, y compris le domaine controversé de la culture encadrée du cannabis. Parmi les 216 mesures du plan de relance présentées en début de semaine par le gouvernement de la Polynésie pour faire face à la crise économique et sociale qui se profile, figure l’éventualité de développer une filière de culture du cannabis à des fins thérapeutiques. Dans un premier temps, le cadre législatif et règlementaire doit être posé avant d’autoriser la culture proprement dite des plantes. Celle-ci ne pourra dès lors intervenir que dans un cadre strict et contrôlé. L’usage du cannabis à des fins récréatives demeurera illicite. Source:la1ere.francetvinfo.fr
  4. https://www.techno-science.net/actualite/mise-garde-cannabis-electronique-vapotage-N19912.html Mise en garde sur le cannabis électronique et le vapotage Publié par Adrien le 29/08/2020 à 09:00 Source: Université de Montréal De plus en plus populaires auprès des jeunes désireux d'avoir leur dose de nicotine, les cigarettes électroniques sont également utilisées pour susciter un état d'euphorie au moyen du cannabis, met en garde une nouvelle étude canadienne sur les dangers du vapotage. De plus en plus populaires auprès des jeunes désireux d'avoir leur dose de nicotine, les cigarettes électroniques sont également utilisées pour susciter un état d'euphorie au moyen du cannabis. Crédit: Getty Des chercheuses du Département de médecine sociale et préventive de l'Université de Montréal ont recruté près de 775 adolescents et adolescentes de la région de Montréal en 1999 et les ont suivis jusqu'au début de la trentaine, en 2019. Un cinquième d'entre eux ont déclaré avoir vapoté au cours de la dernière année et, parmi eux, 55 % ont inhalé du cannabis sous forme liquide, dont un tiers exclusivement, selon l'étude publiée cet été dans la revue BMC Public Health. Nous avons demandé à l'auteure principale de l'étude, Jennifer O'Loughlin, professeure à l'UdeM et chercheuse au Centre hospitalier de l'Université de Montréal, de nous parler des résultats obtenus et de leur signification en termes de santé publique. Jennifer O'Loughlin Crédit: CHUM Vous signalez des niveaux de vaporisation de cannabis beaucoup plus élevés que des études précédentes. Est-ce parce que les données sont spécifiques à Montréal ou indiquent-elles une tendance plus générale ? Deux références que nous citons ‒ le New England Journal of Medicine en 2018 et le British Medical Journal en 2019 ‒ laissent entendre qu'il s'agit d'une tendance plus générale. Et des rapports plus récents montrent que ces augmentations se poursuivent, surtout chez les adolescents. Cela est particulièrement inquiétant en raison de problèmes de santé tels que les lésions pulmonaires associées à l'utilisation de la cigarette électronique ou de produits vaporisés. Selon les jeunes, quels sont les avantages de la vaporisation du cannabis ? La popularité croissante de la vaporisation du cannabis peut être liée aux vaporisateurs qui facilitent une utilisation discrète du produit: l'appareil peut être facilement dissimulé, il a l'apparence des cigarettes électroniques et il produit une vapeur presque inodore. La vapeur de cannabis est décrite comme étant plus agréable au goût et, comme les produits de cannabis vaporisés peuvent fournir des concentrations de THC plus élevées que le cannabis ordinaire, elle est associée à un état d'euphorie plus marqué. Enfin, les consommateurs peuvent croire que la vaporisation du cannabis est moins nocive que ses modes de consommation traditionnels. Le vapotage a d'abord été présenté comme un moyen d'arrêter de fumer, mais on a découvert l'inverse: les jeunes vont vapoter pour fumer. Faut-il interdire le vapotage ? Mon opinion est que, si c'était possible, il faudrait l'interdire, mais ce n'est probablement pas vraiment possible à ce stade, et de nombreux chercheurs pourraient soutenir que les avantages possibles liés à l'arrêt de la cigarette doivent d'abord être prouvés. Sinon, nous devrions ‒ et nous le faisons dans de nombreux endroits ‒ règlementer l'offre en rendant difficile l'achat de produits de vaporisation: resserrer les critères qui définissent le client autorisé, limiter les lieux où les vaporisateurs sont vendus, où ils peuvent être utilisés, et en essayant aussi de limiter la demande par l'éducation. Il s'agit d'une enquête autodéclarée, et la taille de l'échantillon est relativement petite. Cela rend-il les données et votre analyse peu fiables ? Une petite taille d'échantillon rend les estimations imprécises, ce qui signifie que les intervalles de confiance sont larges. Toutefois, nos estimations de prévalence semblent correspondre à celles d'autres études récentes. Les autodéclarations peuvent entraîner un biais de classification erroné ‒ la question la plus importante est de savoir si les gens comprennent vraiment ce qu'il y a dans le liquide qu'ils vapotent. Poursuivez-vous ces recherches et, si oui, comment ? Oui, nous nous intéressons aux "chercheurs de nicotine", c'est-à-dire les personnes qui recherchent la nicotine dans plusieurs produits. L'utilisation de divers produits contenant de la nicotine ‒ cigarettes, cigarettes électroniques, mulling (cannabis et tabac mélangés), chicha et autres produits du tabac ‒ contribue probablement à une dépendance à la nicotine. Nous pensons que les gens doivent être beaucoup plus conscients de la teneur en nicotine de tous les produits qu'ils consomment afin de pouvoir évaluer concrètement la manière de cesser de fumer. Essayer d'arrêter de fumer tout en continuant à consommer de grandes quantités de nicotine dans d'autres produits risque d'inhiber la capacité d'arrêter. C'est pourquoi nous pensons que les professionnels de la santé qui veulent aider les gens à cesser de fumer devraient contrôler l'utilisation de tous les produits contenant de la nicotine.
  5. https://www.lalsace.fr/magazine-sante/2020/08/25/grossesse-le-cannabis-augmente-le-risque-d-autisme Grossesse : le cannabis augmente le risque d’autisme Quel est l’impact sur le fœtus d’une consommation de cannabis durant la grossesse ? Des chercheurs canadiens révèlent un lien avec un risque de troubles du spectre autistique. Par Dominique Salomon (Destination Santé) - 25 août 2020 à 18:00 | mis à jour à 18:04 Photo AFP/Don MACKINNON Naissance prématurée, fausse-couches, retards de croissance… Les méfaits de la consommation de tabac et d’alcool durant la grossesse sont bien connus. Ceux du cannabis le sont moins. Afin de mieux informer les futures mamans, des chercheurs de l’Hôpital d’Ottawa* (Canada) ont analysé les données de 2 200 femmes ayant accouché entre 2007 et 2012 et qui avaient déclaré avoir consommé uniquement du cannabis, et aucune autre substance, pendant leur grossesse. Les résultats ont révélé « un risque accru d’autisme chez les bébés nés de ce groupe comparativement aux bébés nés de femmes qui n’ont pas consommé de cannabis », notent les scientifiques. « Le cannabis étant de plus en plus accepté socialement, (…) certaines femmes enceintes croient pouvoir y avoir recours pour soulager leurs nausées matinales », s’inquiètent les auteurs. C’est pourquoi ces résultats permettent d’apporter un argument pour décourager cette consommation pendant la grossesse. Ou en tout cas, « les femmes qui envisagent de consommer du cannabis pendant la grossesse ou qui en consomment déjà devraient parler avec un professionnel de la santé qui les aidera à faire un choix éclairé pour elles-mêmes et leur bébé », concluent-ils.
  6. Les symptômes sont loin de pouvoir être pris à la légère. Sharon McCutcheon via Unsplash Pour Mic, la journaliste Melissa Pandika s'est posé une question relativement simple: peut-on être allergique au cannabis? La réponse est oui, puisque comme l'indique Lewis Nelson, chef du pôle médecine d'urgence et du département de toxicologie médicale dans une école de médecine du New Jersey, «on peut être allergique à n'importe quoi». L'allergie au cannabis est même répertoriée sur le site de l'AAAAI, académie américaine travaillant sur l'asthme, les allergies et l'immunologie. Dès leur première exposition au cannabis, les personnes allergiques fabriquent des anticorps destinés à lutter contre certaines parties de la plante, et en premier lieu le pollen ou certaines protéines. Ce n'est pas le THC (petit nom du tétrahydrocannabinol, à l'origine des effets recherchés par les fumeurs et fumeuses) qui est responsable de l'allergie. Lors de la deuxième consommation, les anticorps s'en prennent aux protéines, ce qui crée une réaction allergique pouvant aller du nez encombré au choc anaphylactique, en passant par des éruptions cutanées, des problèmes respiratoires, des nausées et des diarrhées. Il est extrêmement rare que le simple fait de toucher ou sentir du cannabis puisse déclencher une réaction allergique: celle-ci passe presque systématiquement par le fait de le fumer ou de l'ingérer. Liée à d'autres allergies Les personnes les plus susceptibles d'être allergiques au cannabis sont celles qui sont déjà allergiques à plusieurs autres substances. Sans aller jusqu'à établir un lien de corrélation, lequel n'a pas été prouvé, Lewis Nelson indique que les allergènes présents dans le cannabis sont très proches de ceux figurant dans les pêches et les tomates. Autrement dit, si vous êtes allergique à l'un de ces deux fruits, il y a sans doute plus de chances pour que vous soyiez également allergique au cannabis. Lewis Nelson met en garde les consommateurs et consommatrices contre ce qui n'a rien d'un problème minime: «On ne peut jamais prévoir la force de la prochaine réaction allergique». En cas de suspicion d'allergie, il conseille de contacter son médecin et de réaliser des tests cutanés afin d'en avoir le cœur net... Source: slate.fr
  7. Quête de qualité ou démarche écologique? La culture de cannabis à domicile semble attirer de nombreux adeptes. Le gouvernement peut-il endiguer cette tendance? Sputnik fait le point avec Bénédicte Desforges, co-fondatrice du collectif Police contre la prohibition. Certains Français semblent avoir la main verte. Dans l’Hexagone, l’auto-culture d’herbe de cannabis a le vent en poupe. Selon le baromètre santé 2017 de Santé publique cité par Le Figaro, près de 7% des usagers de cannabis, soit entre 150.000 et 200.000 personnes, auraient eu recours à cette pratique. Signe de la démocratisation de l’auto-culture, le nombre de saisies de plants de cannabis est en forte progression: en 2010, 54.728 plants ont été confisqués, contre 158.592 en 2014. Et malgré un léger infléchissement entre 2014 et 2016, la tendance est repartie à la hausse. Dans une interview à Europe 1, Victor Martin, chargé de projet réduction des risques pour l'association marseillaise Plus belle la nuit, explique que «beaucoup de remontées du terrain font état de nouveaux venus dans la production à domicile». «Pour certains, le confinement a été un élément déclencheur. Avec la pénurie s'est posé la question de l'autoproduction avec une logique de recherche de qualité, de savoir ce que le consommateur consomme. Finalement dans la même logique que de produire ses tomates sur son balcon», poursuit-il. Le confinement aurait-il amorcé une tendance de fond? Près de 200.000 cultivateurs clandestins Interrogée par Sputnik, Bénédicte Desforges milite pour une réforme des politiques publiques des drogues. Ex-lieutenant de police, elle a cofondé le collectif Police contre la prohibition à l’automne 2018 qui réunit anciens et actuels policiers et gendarmes. Pour elle, «il n’y a pas de boom de l’autoproduction suite au confinement. On n’a absolument pas le laps de temps nécessaire pour s’en rendre compte [selon la variété, le cycle de production peut prendre entre 2 et 7 mois, ndlr]». Avec Internet, s’approvisionner en graines, acheter une lampe UV, ou encore consulter des tutoriels afin de devenir le parfait cultivateur, devient un jeu d’enfant. Ainsi, le gouvernement peut-il endiguer ce phénomène? Non, d’après Bénédicte Desforges: «Ils ne peuvent pas. De la même façon qu’ils ne peuvent pas empêcher les gens de faire usage de drogues. Ils auront beau fermer tous les robinets, les gens en trouveront d’autres. La drogue, ce n’est pas une histoire d’offre mais de demande.» Impossible d’empêcher cette pratique Comme le souligne la co-fondatrice du collectif Police contre la prohibition, «dans un coin de leur tête [au gouvernement, ndlr], il y a aussi des flics et des gendarmes qui l’ont bien compris, ils savent que ces gens ne font pas de mal.» Néanmoins, certains trafiquants ont compris l’intérêt de produire localement et tentent de cultiver des plants en quantité industrielle. «La période du confinement a permis de constater que, face aux difficultés d’acheminement du cannabis de l’étranger par voie terrestre, nombre de trafiquants se réorientaient vers la culture indoor sur le territoire national», analyse pour Le Figaro le contrôleur général Samuel Vuelta-Simon, chef adjoint de l’Office anti-stupéfiant (Ofast). Remettre en cause la politique du chiffre Bénédicte Desforges rappelle la différence entre «ceux qui plantent des centaines de pieds de cannabis, là on parle de production de stupéfiants, ce qui est dans l’absolu un crime [punissable de 20 ans de réclusion et 7.500.000 euros d’amende (article 222-35 du code pénal), ndlr]» et les «jardiniers du dimanche». Selon l’ex-lieutenant de police, «tous ces gendarmes qui vous font une saisie de deux ou trois plants par ici, une dizaine de plants par-là, qui mettent les gens en garde à vue, qu’est-ce qu’ils font?». Pour Bénédicte Desforges, «l’auto-culture est donc un faux problème» face au véritable trafic et à l’essor du «Dark web» pour s’approvisionner en drogue. 56% de l’activité «proactive» des forces de l’ordre La co-fondatrice finit par pointer la politique des différents gouvernements concernant les stupéfiants, mais également le regard des Français sur les usagers de cannabis. Et pour cause, «il faut savoir que l’activité proactive des forces de l’ordre, à 56%, c’est la répression de l’usage de "stup". Laquelle est à plus de 90% de la répression de fumeur de cannabis [chiffres basés sur une période d’un an, de septembre 2014 à août 2015, ndlr]. Cette répression coûte 1,13 milliards d’euros», détaille-t-elle. Par Mike Beuve Source: sputniknews.com A lire aussi -> "On ne devient pas flic en rêvant de courir après les fumeurs": Police contre la Prohibition, le collectif qui détonne
  8. Face à l’impuissance des pouvoirs publics à éradiquer le trafic de drogue et à libérer des banlieues des bandes armées qui contrôlent le marché, l’idée de légaliser le commerce du cannabis refait surface et fait rêver les spéculateurs. A Dijon, Lille, Nice, Marseille, les guérillas urbaines se multiplient pour le contrôle du trafic de drogue et le contrôle d’un marché qui est sorti très vite du confinement. Mais face à l’impuissance des pouvoirs publics de faire cesser ce terrorisme de banlieue, l’idée de légaliser la vente de cannabis a refait surface. Cette idée n’est pas nouvelle. Beaucoup d‘économistes sont capables d’expliquer qu’un marché de pénurie et très réglementé crée la rareté, fait monter les prix et encourage le marché de l’ombre et donc le trafic. A contrario, on explique qui si on libère le marché en éliminant toutes les contraintes, la rareté tombe, les prix s’effondrent et le commerce de la drogue devient beaucoup moins lucratif et dissuade les organisations de poursuivre leur coupable industrie. C’est exactement ce qui s’était passé aux Etats-Unis au siècle dernier avec la prohibition de l’alcool. Les interdits avaient drainé aux organisations clandestines et mafieuses des revenus illégaux mais colossaux qui leur avaient permis de construire des empires diversifiés dans les jeux,la prostitution, et de s’immiscer dans les syndicats et même la politique. L’arrêt de la prohibition a sonné la fin du règne d’Al Capone et de son pouvoir sur le territoire des États-Unis. Cela dit, la légalisation de l’alcool ou de n’importe quelle autre drogue ne résout pas les problèmes. La levée des interdits sur l‘alcool n’a pas diminué le nombre d’alcooliques. Quant au marché de la drogue, il se diversifie et trouve souvent d’autres substances plus dures, plus rares. Donc une grande partie du marché se déplace et les banlieues gangrenées restent gangrenées. Il est évident que parallèlement à la mise en place d’un arsenal répressif, il faudrait trouver des activités alternatives qui permettent de garantir un niveau de vie décent. Le cannabis à usage médical a été autorisé en France à titre expérimental en 2019, les résultats sont plutôt positifs, dans la mesure où le système hospitalier a pu se procurer des substances qu‘il ne pouvait pas utiliser auparavant et qu‘il en contrôle la provenance et l’utilisation. C’est une procédure qui est déjà appliquée dans une trentaine de pays. Mais l’idée de dépénaliser l’usage de la drogue et d’en libérer le marché va beaucoup plus loin. Depuis les années 2000, l’usage libre du cannabis s’est progressivement élargi. C’est le Canada qui a été précurseur. Dès 2001, le Canada autorise l’usage du cannabis dans le traitement de maladies lourdes et incurables à l’époque : le sida et le cancer. La France a d’ailleurs très récemment repris les mêmes protocoles. Mais en 2018, le Canada a été le premier à légaliser la consommation de cannabis à but récréatif.Le commerce est toutefois (comme l’alcool, d’ailleurs) contrôlé par l’Etat qui fixe les prix et donne les autorisations de créer des points de vente. Les Pays-Bas tolèrent la consommation de cannabis, donc la possession et la vente dans les coffee-shop depuis 2003. Israël autorise le cannabis à des fins médicales depuis 2006. Ces expériences ont très récemment conduit de nombreux pays à alléger leur réglementation à des fins thérapeutiques mais aussi à des fins récréatives. Aux États-Unis, on le trouve dans les hôpitaux et en pharmacie, dans plus de 37 États et le Missouri vient de l’autoriser en vente libre. Au Chili, en Colombie, au Mexique, au Pérou, l’usage et le commerce sont autorisés mais sous le contrôle de l’Etat. En Europe, 21 pays de l’Union européenne sur les 27 ont franchi le pas. Dont l‘Allemagne très récemment, tout comme la Belgique, la Grande Bretagne etc... Le marché mondial du cannabis médical est évalué à 55 milliards de dollars. Il est évident que ça représente une infime partie du marché global et clandestin (où on doit approcher les 500 milliards, mais ces 50 milliards de dollars sont déjà soustraits au commerce illicite des trafiquants). Et l’ampleur de ce marché, tout comme la perspective de croissance du secteur légal, fait déjà saliver bien des investisseurs. D’abord quand le commerce est légalisé, la production l'est aussi. Aux États-Unis, au Canada, en Australie, des fermes spécialisées se sont développées. Les producteurs canadiens qui sont arrivés les premiers sur ces nouveaux marchés se taillent la part du lion : des groupes comme Canopy, Tilray sont leaders mondiaux d’autant qu’ils ont l’autorisation d’exporter pour accroître leurs débouchés. En Europe, le premier producteur est aux Pays-Bas avec des filiales en Israël et au Danemark. En Asie, c’est la Thaïlande le premier producteur de cannabis légal. Mais au-delà des fermes de production, la spéculation s’est emparée de toute la chaine de valeur. De la production à la distribution. Et on trouve dans les starting-block, tous les grands de l’industrie pharmaceutique, mais surtout les grands groupes spécialisés dans le tabac (qui est pour eux un marché en décroissance rapide) et qui espèrent trouver avec le cannabis un relais de croissance. On trouve aussi les grands industriels mondiaux de l’alcool, deux ou trois américains, un grand groupe français, un groupe italien. Dans le plus grand secret, ils ont compris que la vente de cannabis au grand public pouvait répondre au même ressort marketing que la vente de vodka ou même de la bière pour un public de consommateurs plutôt jeunes. Cette évolution apparemment inéluctable entamera sans doute le pouvoir des mafias qui contrôlent actuellement le trafic, mais peu probable que ça règle la question de la sécurité dans les quartiers difficiles. Pour deux raisons : La première, c’est que les trafiquants trouveront d’autres substances illicites et notamment les drogues chimiques. Si le marché juteux du cannabis disparaît, ils se tourneront vers d’autres secteurs. La deuxième raison est que ce commerce contrôlé actuellement par des bandes et des délinquants permet à des milliers de jeunes et de familles de survivre et pour quelques chefs, de bien vivre. Les BMW et les Porsche vendue dans les banlieues de Paris ou de Marseille n’appartiennent pas toutes à des stars du football. Elles n’ont pas non plus été payées par le RSA. Il y a donc un problème de mutations à régler au niveau des activités. Et pas seulement dans les pays consommateurs. Source: atlantico.fr
  9. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, la concentration plus ou moins grande en THC du cannabis n'a pas d'influence sur celui qui le consomme, que ce soit au niveau du bien-être ou de l'altération de la perception. La concentration en tétrahydrocannabinol (THC) constitue un argument commercial pour les vendeurs de cannabis. Or, des chercheurs de l'université du Colorado - état américain où le cannabis récréatif a été légalisé - ont montré que les produits plus concentrés ne procurent pas un niveau de bien-être supérieur et qu'ils n'altèrent pas plus les performances cognitives et proprioceptives. Pour arriver à ces résultats, ils ont constitué quatre groupes de personnes : deux avec des consommateurs de fleurs séchées (THC concentré à 16 ou 24 %) et deux avec des consommateurs de produits concentrés (huile, résine, etc. avec une concentration en THC de 70 % pour un groupe et 90 % pour l'autre). Le taux de THC dans le sang est supérieur, mais les effets du cannabis ne diffèrent pas Si après consommation, les derniers avaient un taux de THC supérieur dans leur sang, les effets de la drogue, eux, ne différaient pas, ou très peu. Un phénomène d'accoutumance chez les consommateurs ou la saturation des récepteurs cérébraux au cannabis pourraient l'expliquer. JAMA Psychiatry, juin 2020. Source : science-et-vie.com
  10. Dopée par la multiplication des sites de commerces en ligne de graines et autres boutures, l’autoculture fait de plus en plus d’adeptes. La culture clandestine de pieds de cannabis à domicile (ici chez un habitant du Valenciennois) est en pleine expansion. PIERRE ROUANET/PHOTOPQR/VOIX DU NORD/MAXPPP Soucieux de tout savoir du produit qu’il consomme et de ne plus contribuer à enrichir les narco-caïds, le fumeur de joints est de plus en plus séduit par les circuits courts. De facto, il se replie sur la production domestique. Comme le relate l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), reprenant le Baromètre santé 2017 de Santé publique France, environ 7 % des usagers de cannabis auraient eu recours à l’autoculture. Soit entre 150.000 et 200.000 personnes, essentiellement des hommes de 35 à 44 ans. Le nombre estimé de ces cultivateurs clandestins pourrait même être aujourd’hui bien supérieur. Dopé par la multiplication des sites de commerces en ligne de graines et autres boutures, en lien avec des boutiques installées aux Pays-Bas, il profite aussi de la vogue des «growshops», ces magasins d’horticultures «indoor» qui proposent la parfaite panoplie du petit jardinier en appartement. Le tout en évitant bien sûr d’employer le vocable «cannabis» pour ne pas éveiller l’attention des forces de l’ordre, dont l’odorat est aiguisé. Alertés par de forts effluves de cannabis alors qu’ils patrouillaient dans le centre-ville de Jarnac, les gendarmes ont ainsi décidé de prendre une échelle pour voir de l’autre côté du mur. Là, dans une serre bien aménagée, 139 pieds de marijuana poussaient à différents stades de maturité. Le «cannabiculteur», âgé de 28 ans, surpris avec trois armes, a tenté d’expliquer qu’il s’agissait là de sa consommation personnelle. À Trans-en-Provence, ce sont 264 pieds hauts de 1 m à 1,50 m qui ont été découverts juste avant une prometteuse récolte. Des bocaux remplis de «têtes», c’est-à-dire les fleurs recelant une concentration des substances psychoactives, et tout un matériel, dont des lampes et des extracteurs d’air, témoignaient d’une activité soutenue. Derrière le côté artisanal de la démarche, les policiers observent l’essor en métropole de «cannabis factories», c’est-à-dire, comme l’a décrit l’ODFT, de «véritables plantations comportant des centaines, voire des milliers de pieds». Du matériel vite amorti À Roubaix, le 6 novembre dernier, la police judiciaire de Lille avait ainsi réalisé la saisie de 8000 plants de cannabis dans un entrepôt de 2000 mètres carrés en plein centre-ville. Irrigué, chauffé et ventilé, ce champ clandestin est le plus grand jamais mis au jour sur le territoire national. «La période du confinement a permis de constater que, face aux difficultés d’acheminement du cannabis de l’étranger par voie terrestre, nombre de trafiquants se réorientaient vers la culture indoor sur le territoire national, observe le contrôleur général Samuel Vuelta-Simon, chef adjoint de l’Office anti-stupéfiants (Ofast). À l’instar des commerces légaux, les organisations criminelles cherchent à produire au plus près des zones de consommation pour diminuer les risques et les coûts liés à la logistique du transport: on constate que ces cultures, qui étaient traditionnellement implantées dans le secteur rural, sont de plus en plus présentes en zone urbaine.» Fin connaisseur des trafics rattaché à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), ce magistrat l’assure: «Les gains obtenus sont rapides et très élevés. Si l’on considère qu’un cycle de production dure environ onze semaines et qu’une installation bien conçue peut produire cinq récoltes par an, le matériel nécessaire est très vite amorti.» Désormais, l’Ofast estime que «la récolte d’un millier de plants représente une contre-valeur d’environ 150.000 euros et la production d’un an avoisine les 740.000 euros». Surfant sur cette consommation très en vogue, certains trafiquants n’hésitent plus à abuser leur clientèle en proposant à la vente de vulgaires plantes séchées ressemblant à des plants de cannabis et aspergées de principe actif de synthèse (THC). Par Christophe Cornevin Source: lefigaro.fr
  11. EXCLUSIF - Une note des douanes, que s’est procurée Le Figaro, révèle que cette variété de drogue supplante la résine. Des kilos de marijuana saisis en avril, au péage de La Turbie, dans les Alpes-Maritimes, sont entreposés dans le coffre d’une voiture de la brigade des douanes de Menton. Douane française Portée par l’engouement d’une nouvelle génération de consommateurs pour les produits «naturels», l’herbe de cannabis poursuit son inexorable percée sur le marché, au point de supplanter maintenant la résine. Une note des douanes, que s’est procurée Le Figaro, révèle que cette substance est «devenue prépondérante depuis le début de l’année 2020, en représentant plus de 60 % des volumes de cannabis saisis». Pour étayer cette «montée en puissance», les analystes des douanes observent que, déjà, «l’herbe est passée de 31 % à 38 % des quantités confisquées entre 2018 et 2019, confirmant une tendance constatée depuis plusieurs années». Sur le terrain, les opérations spectaculaires se multiplient. Elles montrent que les passeurs ont propension à panacher le contenu de leurs cargaisons. Ainsi, en février dernier, les agents de la brigade d’Hendaye interceptent sur l’autoroute 63 un camion venant de Madrid et y découvrent 18 cartons renfermant 107 kg d’herbe et 175 kg de méthamphétamines. Le tout pour une valeur marchande évaluée sur le marché de la vente au détail à plus de 10 millions d’euros. Dans un poids lourd conduit par deux Polonais censés transporter 13 tonnes d’articles de bazar entre l’Espagne et les Pays-Bas, les douaniers de Dijon ont quant à eux saisi 438 kg d’herbe et 65 kg de médicaments (antalgique et somnifère) au milieu d’un fatras d’objets de pacotille. S’adapter à la demande Une analyse très fouillée de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) sur les «mutations du marché du cannabis en France» soulignait, dès juillet 2019, que le «quasi-monopole de la résine», essentiellement importée du Maroc vers la France grâce à une «professionnalisation des trafics» dans les années 1980-1990, a été contesté à partir de la première moitié de la décennie 2000. Outre l’attrait pour une «substance “bio”, échappant aux produits de coupe», qui séduit un «public plus âgé et mieux inséré socialement», la diversification du marché est liée au «développement des productions locales» et au dynamisme des trafiquants, toujours prompts à s’adapter à la demande. Soulignant une «offre grandissante à partir des années 2010», les experts de l’OFDT citent en exemple le cas de grandes métropoles touchées par le trafic, à l’image de l’agglomération lilloise, «très influencée par sa proximité avec les Pays-Bas, un des premiers producteurs d’herbe en Europe occidentale». L’Espagne, qui possède d’importantes fermes de cannabis, est quant à elle désignée comme un pays de «provenance habituelle». De 4 tonnes au maximum par an avant 2010, les saisies se sont envolées avec un pic historique de presque 30 tonnes enregistré en 2018 par le Sirasco, le Service d’information, de renseignement et d’analyse stratégique sur la criminalité organisée, rattaché à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ). «L’herbe permet aux organisations criminelles une rentabilité supérieure à celle de la résine: achetée 1000 euros le kilo au prix de gros en Espagne, elle est revendue près de 3000 euros sur le marché français», précise de son côté l’étude des douanes, qui, en outre, dit assister à «une professionnalisation des réseaux criminels avec la présence systématique de véhicules ouvreurs dans les convois et des passages de vive force de plus en plus réguliers ainsi que l’utilisation de plus en plus fréquente de dispositifs de contre-mesures (balises, brouilleurs…) ». Repartis pied au plancher après des semaines de disette liée à la crise sanitaire, les trafiquants rivalisent d’imagination pour tromper la vigilance des services répressifs. Le 5 juin dernier, sur l’autoroute A31, les motards de la brigade de surveillance de Metz découvrent ainsi 538 kg d’herbes dans un semi-remorque frigorifique censé transporter des pastèques et des aubergines entre l’Espagne et l’Allemagne. Le chauffeur colombien a écopé de trois ans d’emprisonnement, d’une interdiction de territoire et d’une amende de 1,8 million d’euros. Douze jours plus tard, c’est au beau milieu d’un chargement de 22 tonnes d’oignons venant de Valence que les douaniers de Port-Vendres trouvent 771 kg d’herbe estimés à 7,7 millions d’euros. «Depuis la levée progressive des confinements en Europe, les organisations criminelles basées en Espagne réalimentent leurs clients partout en Europe, et, comme la demande en herbe est plus développée que la résine dans de nombreux pays, la priorité de réapprovisionnement a été donnée à cette substance, assurent les analystes des douanes. Il est constaté que les pays du nord de l’Europe (la Pologne, l’Allemagne ou les Pays-Bas, notamment) semblent être la destination d’un nombre important des poids lourds contrôlés. Or ces pays consomment traditionnellement nettement plus d’herbe que de résine.» Forte concentration en THC Mais cette poussée de l’herbe dans le paysage des narcotrafics est loin d’être une bonne nouvelle sur le plan de la santé publique. Car, derrière son gentil côté «écolo», cette drogue végétale, dont le tarif a flambé de 30 % en dix ans pour s’établir à 10 euros le gramme, inquiète les spécialistes, qui ont vu s’envoler les taux de tétrahydrocannabinol (THC), c’est-à-dire les composants psychoactifs agissant sur le psychisme en modifiant le rythme cérébral. «Entre 2010 et 2019, la teneur moyenne de THC de l’herbe a doublé, passant de 9,5 % à 19,1 %, explique au Figaro Catherine Lamoureux, responsable des analyses aux laboratoires des douanes, qui passe au crible plus 4000 échantillons de cannabis par an depuis 2018. Cette plus forte concentration est imputable à une meilleure sélection variétale des plants les plus productifs. Depuis cinq ans, nous nous sommes aperçus, sans tirer de conclusion, que les produits saisis sentent de plus en plus, au point de revoir leur conditionnement.» De manière marginale, des échantillons d’herbe dépassent une teneur de 30 % de THC, particulièrement néfaste pour l’usager. Poussés par l’appât du gain, les réseaux criminels rivalisent d’audace. Ainsi, en juin dernier, les douaniers ont saisi sur l’A36, dans le Doubs, 65 kg d’herbe de cannabis dans quatre cercueils à bord d’un faux corbillard. Lors du contrôle, le conducteur, un Roumain condamné pour braquages, a assuré qu’il transportait des corps d’Espagne en Roumanie. Mais les douaniers ont relevé que les cercueils n’étaient pas plombés et que l’absence de dépouille n’avait rien d’une hallucination. Par Christophe Cornevin Source: lefigaro.fr
  12. Un syndrome de plus en plus rapporté chez les consommateurs chroniques de cannabis commence à prendre des proportions épidémiques, rapportent des pharmacologues réunis au sein du réseau français d’addictovigilance. Le syndrome d’hyperémèse cannabique, caractérisé par des épisodes répétés de nausées et vomissements, fait l’objet d’une étude à paraître le 1er janvier 2018 dans la revue Drug and Alcool Dependance. © Flickr Ce syndrome a été initialement décrit en Australie en 2004. En France, les premiers cas n’ont été rapportés qu’en 2013. Le nombre de cas a régulièrement augmenté depuis 2015, jusqu’à atteindre aujourd’hui 29 notifications, indiquent les membres du réseau français d’addictovigilance. Le syndrome d’hyperémèse cannabique (SHC), également appelé syndrome cannabinoïde, progresse en trois phases. La première débute par des signes avant-coureurs, comportant des nausées matinales, une peur de vomir et un inconfort abdominal. Ces symptômes cycliques évoluent pendant plusieurs semaines ou mois. La deuxième phase est caractérisée par des épisodes de vomissements incoercibles, accompagnés de nausées intenses, persistantes, invalidantes, ainsi que de fortes douleurs abdominales. Dans certains cas, les vomissements incontrôlables peuvent entraîner une déshydratation sévère. Ces crises douloureuses durent généralement moins d’une semaine. Prise compulsive de douches chaudes Les symptômes ont l’étonnante particularité d’être temporairement soulagés par la prise compulsive de douches chaudes ou de bains chauds, voire très chauds. Cet effet bénéfique est un élément clé du diagnostic de SHC. Il se produit ensuite une phase de récupération qui correspond à la disparition des symptômes qui débute après l’arrêt de prise du cannabis. Elle est complète le plus souvent en 24 à 48 heures. Le profil des patients français ayant présenté un syndrome d’hyperémèse cannabique a été comparé à ceux rapportés à ce jour dans la littérature internationale. L’âge moyen des patients français est de 25 ans (contre 30 ans pour les 113 cas déjà décrits). Par ailleurs, en France, les patients atteints de ce syndrome diffèrent significativement de ceux publiés dans la littérature par leur consommation plus importante d’autres substances psychoactives (41,4 % contre 22,1 %), de même que par un usage plus fréquent à des fins récréatives (17,2 % contre 3,7 %). Ceci pourrait traduire une fréquence plus élevée de troubles anxieux parmi les patients français souffrant du syndrome d’hyperémèse cannabique (SHC). Par ailleurs, le centre d’addictovigilance de l’Hôpital Fernand Widal (Paris) et l’équipe d’addictologie hospitalière de liaison et de soins (ELSA) de l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière ont fait état en décembre 2017 dans le Journal of Clinical Psychopharmacology de 19 cas de SHC enregistrés en Ile-de-France entre 2012 et 2016 chez des patients âgés de 20 à 48 ans. Un syndrome peu connu des médecins Le diagnostic du SHC repose uniquement sur les symptômes cliniques du patient. Il ne dépend pas d’examens complémentaires. Il doit être évoqué aux urgences chez tout adulte jeune ou adolescent présentant des vomissements incoercibles. Le médecin doit alors l’interroger sur une consommation chronique de cannabis, critère indispensable au diagnostic. L’intensité des douleurs abdominales est telle que ces patients sont fréquemment hospitalisés en urgence. Les explorations par scanner abdomino-pelvien et par endoscopie digestive haute (observation de l’intérieur de l’œsophage, de l’estomac et du duodénum) sont normales. La reconnaissance de ce syndrome éviterait donc les examens d’imagerie inutiles (scanner) et invasives (endoscopie digestive). Les auteurs notent cependant que le SHC reste peu connu des professionnels de santé, probablement du fait d’une sous-notification significative. Cependant, on compte 29 cas pour 113 décrits dans la littérature. Selon eux, ces chiffres illustrent la possibilité de l’émergence en France d’une « épidémie » de ce syndrome. La survenue de SHC ne dépend pas de la consommation quotidienne de grandes quantités de cannabis. Le délai entre la consommation chronique de cannabis et la survenue des vomissements répétés est variable. Une étude a montré que 44 % des patients souffrant d’un SHC avaient présenté des symptômes un à cinq ans après le début de leur consommation de cannabis et 32 % au cours de la première année. Parmi eux, 59 % en consommaient quotidiennement, d’autres uniquement le week-end. Des facteurs individuels sont donc probablement impliqués dans la survenue de ce syndrome. On recense dans la littérature le cas d’un individu avec SHC qui n’était pas un fumeur de cannabis mais un consommateur de cannabinoïdes de synthèse, de nouvelles substances psychoactives encore appelées spices. Paradoxe temporel Comment expliquer que le cannabis, plante ancestrale consommée depuis des millénaires, puisse entrainer un nouveau syndrome ? Les usagers de cette drogue ont-ils modifié leurs habitudes de consommation ? Fument-ils plus qu’auparavant ? Il est probable que l’émergence du SHC tienne plus au fait que les teneurs en delta-9-tétrahydrocannabinol (THC), principe actif du cannabis, présent dans l’herbe ou la résine, ont régulièrement augmenté, passant d’environ 9 % en 2000 à 17,4 % en 2013, avec des valeurs pouvant atteindre 40 %. De plus, le cannabis « haut dosage » (Cannabis indica) a progressivement supplanté les plants traditionnels de Cannabis sativa à faible teneur en THC. D’où l’hypothèse que l’augmentation des teneurs en THC a pu contribuer de façon significative à l’émergence du syndrome d’hyperémèse cannabique, le THC s’accumulant plus rapidement et à de plus fortes concentrations dans le cerveau. Effet paradoxal On sait que le cannabis est utilisé à des fins médicales pour son effet bénéfique sur les nausées induites par la chimiothérapie. Dès lors, comment expliquer qu’il puisse provoquer des vomissements incontrôlables ? Comment se fait-il que des consommateurs ressentent des nausées alors que le cannabis, de par ses effets anti-émétiques, devrait les soulager de ces symptômes ? Pour comprendre, il faut savoir que les récepteurs CB1 sont principalement présents dans le système nerveux central et périphérique, y compris le système nerveux entérique (faisant partie du système nerveux autonome contrôlant l’appareil digestif). Ces récepteurs sont impliqués dans la réduction de la sensation de nausée et dans la régulation de la température corporelle (thermorégulation). La sur-stimulation des récepteurs CB1 du système nerveux entérique pourrait provoquer un effet émétique qui surpasserait l’activité antiémétique au niveau du système nerveux central. Si tel est le cas, des teneurs élevées de THC, en dépassant un seuil propre à un individu donné, pourraient déclencher l’apparition des symptômes. De fait, des chercheurs ont émis l’hypothèse que des variations génétiques sur certains enzymes hépatiques pourraient influencer la survenue du SHC. Un métabolisme trop rapide du cannabis entraînerait une surproduction et une accumulation de dérivés du cannabis (métabolites), favorisant les vomissements. Le SHC, sujet de santé publique Les membres du réseau d’addictovigilance font remarquer que le cannabis est le produit psychoactif illicite le plus consommé en France. On compte environ 17 millions de consommateurs dans la population âgée de 11 à 64 ans. Parmi eux, 1,4 million fument du cannabis au moins dix fois par mois. Par ailleurs, 700 000 individus se déclarent usagers quotidiens de cannabis. La consommation actuelle concerne surtout les plus jeunes et les hommes (28 % des 18-25 ans, 35 % des hommes et 21 % des femmes de cette tranche d’âge). Les auteurs concluent qu’ « avec l’usage de plus en plus répandu du cannabis à des fins médicales et récréatives, les autorités sanitaires doivent être alertées sur cette question de santé publique et diffuser des messages d’avertissement concernant l’existence de ce syndrome, à la fois en direction des professionnels de santé et de la population générale ». Marc Gozlan La douche ou le bain chaud : meilleur traitement des symptômes © Wikimedia Commons Un moyen efficace pour soulager les douleurs abdominales intenses consiste à prendre des douches chaudes ou des bains chauds. Plusieurs hypothèses ont été avancées pour expliquer cet élément clé du diagnostic du SHC. Les récepteurs cannabinoïdes CB1 sont impliqués dans la régulation de la température corporelle. Prendre une douche chaude permettrait de corriger la dérégulation du thermostat hypothalamique. L’eau chaude, voire très chaude, augmenterait la température corporelle. Ce faisant, elle inhiberait la stimulation des récepteurs CB1 présents dans l’hypothalamus, impliqués dans la thermorégulation. Des chercheurs ont proposé une autre explication reposant sur le fait que les récepteurs CB1 participent à la dilatation des vaisseaux intestinaux. Une douche chaude aurait pour effet de provoquer une dilatation des vaisseaux cutanés. Il se produirait une redistribution du flux sanguin de l’intestin vers la peau. Ce détournement de sang au détriment des vaisseaux sanguins intestinaux permettrait un soulagement temporaire des symptômes digestifs. Les auteurs français proposent une troisième hypothèse : un bain chaud ou une douche chaude permettrait aux patients de déclencher une activation du système nerveux parasympathique (stimulation vagale) leur permettant de limiter la sur-activation du système nerveux sympathique. L’usage prolongé du cannabis perturbe en effet l’axe hypothalamus-hypophyso-surrénalien qui s’accompagne d’une stimulation du système nerveux sympathique. Dans la mesure où une douche très froide a également pour effet de provoquer une stimulation vagale, les auteurs estiment qu’il serait intéressant d’en proposer une aux patients souffrant de SHC. D’ailleurs, un cas de régression des symptômes par des douches froides a été rapporté dans la littérature. Il reste que le seul véritable traitement du SHC est le sevrage complet et définitif de cannabis. Pour en savoir plus : Schreck B, Wagneur N, Caillet P, Gérardin M, Cholet J, Spadari M, Authier N, Tournebize J, Gaillard M, Serre A, Carton L, Pain S, Jolliet P, Victorri-Vigneau C. Cannabinoid hyperemesis syndrome: Review of the literature and of cases reported to the French addictovigilance network. Drug Alcohol Depend. 2017 Nov 7;182:27-32. doi: 10.1016/j.drugalcdep.2017.09.038 Marillier M, Batisse A, Edel Y, Nguyen AH, Chevallier C, Pfau G, Podevin P, Djezzar S. Cannabinoid Hyperemesis Syndrome (CHS): A Parisian Case Series. J Clin Psychopharmacol. 2017 Dec;37(6):739-743. doi: 10.1097/JCP.0000000000000791 Dezieck L, Hafez Z, Conicella A, Blohm E, O’Connor MJ, Schwarz ES, Mullins ME. Resolution of cannabis hyperemesis syndrome with topical capsaicin in the emergency department: a case series. Clin Toxicol (Phila). 2017 Sep;55(8):908-913. doi: 10.1080/15563650.2017 Graham J, Barberio M, Wang GS. Capsaicin Cream for Treatment of Cannabinoid Hyperemesis Syndrome in Adolescents: A Case Series. Pediatrics. 2017 Dec;140(6). pii: e20163795. doi: 10.1542/peds.2016-3795 Pélissier F, Claudet I, Gandia-Mailly P, Benyamina A, Franchitto N. Use of Capsaicin Cream in Cannabis Hyperemesis Syndrome. J Emerg Med. 2017 May;52(5):760-761. doi: 10.1016/j.jemermed.2017.01.046 Liu X, Villamagna A, Yoo J. The Importance of Recognizing Cannabinoid Hyperemesis Syndrome from Synthetic Marijuana Use. J Med Toxicol. 2017 Jun;13(2):199-200. doi: 10.1007/s13181-017-0612-x Richards JR, Gordon BK, Danielson AR, Moulin AK. Pharmacologic Treatment of Cannabinoid Hyperemesis Syndrome: A Systematic Review. Pharmacotherapy. 2017 Jun;37(6):725-734. doi: 10.1002/phar.1931 Sorensen CJ, DeSanto K, Borgelt L, Phillips KT, Monte AA. Cannabinoid Hyperemesis Syndrome: Diagnosis, Pathophysiology, and Treatment-a Systematic Review. J Med Toxicol. 2017 Mar;13(1):71-87. doi: 10.1007/s13181-016-0595-z Desjardins N, Stheneur C. Syndrome d’hyperémèse cannabique : revue de la littérature. Arch Pediatr. 2016 Jun;23(6):619-23. doi: 10.1016/j.arcped.2016.01.016 Bertolino J, Abdo L, Khau D, Meckenstock R, Sautereau N, Jean E, Greder-Belan A, Frances Y, Cabane J, Granel B. Syndrome d’hyperémèse cannabique : à propos de 6 cas. Rev Med Interne. 2015 Oct;36(10):694-7. doi: 10.1016/j.revmed.2014.11.012 Source: blog.lemonde.fr
  13. «J’écris sur le cannabis et le sexe parce que c’est ce que j’aime. C’est la vérité. » – Sophie Saint Thomas Sophie Saint Thomas est une écrivaine de Brooklyn qui contribue à Playboy, GQ, Glamour, Allure, VICE, Harper's Bazaar, et bien d'autres. introduction Goldleaf est fier d’annoncer la sortie de Le Journal de l’intimité. Le Journal de l’intimité est le fruit de notre collaboration avec les experts bien-être de Foria et Sophie Saint Thomas, auteur du prochain Sex Witch: sorts magiques pour l’amour, la luxure et l’autoprotection et contributeur à VICE, Playboy, Temps forts, Cosmopolite, GQ, et de nombreuses autres publications notables. Nous avons récemment eu l’occasion de discuter avec Sophie de ses réflexions sur l’interaction du cannabis avec un large éventail de sujets liés au sexe, au kink, au BDSM, au genre et à l’occultisme. Elle a partagé ses points de vue sur ces sujets et les résultats et associations typiques qui se produisent généralement lors de l’association du cannabis avec le sexe. Bien entendu, votre kilométrage peut varier. Un point clé souligné par Sophie était que les expériences sexuelles sur le cannabis diffèrent d’une personne à l’autre, et même d’une rencontre sexuelle à l’autre. Égal mais différent « Il est prouvé que les œstrogènes vous font monter et la testostérone fait le contraire. » Cette différence fondée sur le sexe dans la réponse au cannabis conduit souvent à un décalage dans la façon dont les partenaires se sentiront élevés lorsqu’ils incluront le cannabis dans leur vie amoureuse. Cela dit, d’autres facteurs (par exemple, le poids d’une personne, la fréquence de sa consommation antérieure de cannabis, sa biochimie unique, etc.) jouent également un rôle majeur dans la façon dont une personne se sentira en consommant du cannabis pendant les rapports sexuels. Ces considérations obligent souvent les amoureux à prendre différentes doses de cannabis avant de se rendre dans la chambre (ou dans les bois, sur une table de billard, ou partout où l’ambiance peut frapper). Sophie a raconté que, d’après sa propre expérience, elle a découvert que les hommes et les femmes ont tendance à préférer différentes variétés de cannabis. «L’industrie s’éloigne du modèle indica et sativa en termes de réponse plus précise et détaillée, mais j’entends beaucoup de femmes vouloir utiliser des indicas, indiquant qu’elles souhaiteraient une expérience plus apaisante. Avec les hommes, il semble qu’ils veulent une expérience plus énergique des sativas. Certains hommes, a poursuivi Sophie, hésitent à consommer du cannabis dans leur vie sexuelle. «Il y a beaucoup d’hommes dominants qui trouvent que le cannabis réduit leur agressivité et ils veulent juste se coucher et être câlins, ce qui est cool, mais cela peut être frustrant si vous le preniez pour autre chose et que vous viviez cette expérience. Méthodes d’administration La plupart d’entre nous ont une façon préférée de consommer du cannabis. Certains adorent le pouvoir écrasant des tampons. D’autres apprécient la commodité et la pureté du vapotage. Les connaisseurs de cannabis expérimentés peuvent apprécier le confort éprouvé des joints à fumer. Ceux d’entre nous qui sont à l’université (ou qui souhaiteraient l’être) peuvent préférer les bangs à gravité fabriqués à partir de bouteilles de boissons gazeuses. Existe-t-il une méthode de consommation spécifique qui surpasse toutes les autres en mélangeant cannabis et sexe? «Je dirais que cela dépend vraiment de ce qu’une personne veut et recherche. Ce sont toutes des méthodes très différentes. Un peu va vous frapper très rapidement dans la seconde qui suit et ça va être vraiment intense, mais vous ne le sentirez probablement pas beaucoup au moment où vous aurez fini de faire l’amour. Alors que si vous prenez un comestible, ça va être une lente exploration et vous pourriez même ne pas ressentir le high avant deux heures plus tard et il ne sera pas complètement parti pendant environ six heures, donc ça va vous donner un effet vraiment différent expérience. Une chose qu’une personne peut vouloir faire pour décider est de se demander si elle veut un corps élevé et une altération des sens, comme celle des produits comestibles, ou un effet plus cérébral, comme celui de l’inhalation. Si vous ne savez pas quelle méthode d’administration serait la plus efficace, testez et utilisez Le Journal de l’intimité pour découvrir vos préférences. Cannabis et défis sexuels Bien que le sexe soit incroyable (lorsqu’il est apprécié avec des partenaires compatibles), certains d’entre nous peuvent ne pas être en mesure d’apprécier pleinement nos expériences amoureuses en raison de diverses conditions médicales. Le cannabis s’est avéré efficace dans le cadre du régime de santé d’un patient pour tout un éventail de problèmes de santé – du cancer au diabète en passant par le glaucome et de nombreux autres problèmes médicaux. Peut-il également aider avec les problèmes liés à la sexualité? La réponse dépend à la fois de la condition et de la personne. Concernant la sécheresse vaginale: «J’ai écrit il y a quelque temps un article très controversé sur le ‘coton vagin’ pour VICE. Cet article était une interview avec un médecin très respecté. Nous avons parlé de la façon dont le cannabis sèche, comme la bouche sèche, mais ce n’est pas seulement les muqueuses de la bouche, il est partout. Encore une fois, c’est une prise controversée, personne n’a mené d’étude sur la façon dont le cannabis affecte la capacité d’un vagin à s’humidifier. Cela étant dit, le cannabis est vraiment bon pour les femmes ménopausées et les femmes qui souffrent de sécheresse vaginale pour d’autres raisons, en particulier lorsqu’elles utilisent des suppositoires. Fumer ou consommer de l’herbe d’une autre manière n’aurait probablement pas le même effet, bien que ce soit le cas pour certaines personnes. Un suppositoire peut produire de l’humidité et rendre une personne souffrant de sécheresse vaginale plus à l’aise pendant les rapports sexuels car non seulement il y a de l’huile réelle dans le produit que vous mettez en vous, mais cela va également augmenter le flux sanguin et réduire la douleur, donc je dirais que c’est le marche à suivre. » Pour les femmes et les personnes atteintes de vulves qui ont du mal à atteindre l’orgasme, Sophie a partagé que: «On sait que le cannabis améliore la sensation physique pour tout le monde, donc il peut augmenter la sensation et cela peut vous aider à atteindre l’orgasme. Tout d’abord, nous devons nous rappeler le mantra de l’éducateur sexuel selon lequel le plus gros organe sexuel est le cerveau. Donc, si vous êtes anxieux, si vous êtes inquiet, si vous avez un traumatisme sexuel et un peu de SSPT, si vous êtes coincé dans votre tête et que vous ne pouvez pas vous concentrer sur le moment, vous ne le serez pas. capable de venir. Peut-être que si vous sortez le Hitachi et le mettez au top, mais c’est à peu près tout. Ainsi, le cannabis, en relaxant votre esprit, peut faciliter la venue; et c’est un vasodilatateur, ce qui signifie qu’il augmente le flux sanguin, ce qui est associé à un orgasme accru. De plus, puisque vos sens sont intensifiés, l’orgasme peut non seulement se produire plus facilement, mais se sentir mieux et plus intense. Vos sens peuvent également se brouiller, ce qui ne fait pas qu’améliorer l’orgasme, mais vous pourriez aussi avoir l’impression de sentir une chanson ou de goûter une touche, de sorte que les orgasmes peuvent être plus variés. « Interrogée sur la dysfonction érectile, Sophie a soutenu que la capacité du cannabis à agir comme un vasodilatateur peut s’avérer utile pour les hommes et les personnes ayant un pénis qui luttent avec ce problème. Cependant, Sophie a pris soin de contrebalancer cette affirmation, car certaines personnes rapportent qu’il est plus difficile d’obtenir une érection une fois lapidé. En ce qui concerne l’éjaculation précoce? «Le cannabis peut être utile pour cela car il vous coince dans la tête. Je pense que cela vous fait sortir un peu de votre corps et que cela peut aider votre boner à durer plus longtemps. Le verdict? Essayez d’intégrer le cannabis dans votre vie amoureuse si vous avez un défi et une consommation liés à la sexualité Le Journal de l’intimité pour suivre vos résultats. Cannabis pervers Les fouets, les chaînes … et le cannabis vous excitent-ils? Tu n’es pas seul. Selon Sophie, les scènes de cannabis et de kink sont «définitivement liées». Plusieurs fétiches impliquent le cannabis, notamment: «l’intoxication forcée, qui est une expérience consensuelle non consensuelle où quelqu’un sera ligoté, puis le dominant lui fera prendre une noisette et contrôler sa hauteur.» Si l’âge (légal) est plus votre truc: « Il y a ce site Web appelé FetLife qui est un site de médias sociaux pervers. Là-dessus, il y a un groupe de bébés adultes qui aiment se défoncer dans leurs couches, et en particulier se sentir froissés lorsqu’ils sont défoncés. « Le cannabis peut conduire à des expériences BDSM incroyables, en particulier pour les soumis. «Cela peut certainement vous aider à entrer dans le sous-espace. Le cannabis, même s’il est plus doux que le LSD, est un psychédélique. J’ai certainement eu des expériences où j’avais des relations sexuelles ou dans une scène perverse, puis mon cerveau n’était qu’un visuel qui n’était pas là où j’étais; Je sais que d’autres personnes aussi. Et le cannabis peut vous aider à vous détendre et à vous abandonner, ce qui est formidable car il peut être difficile d’entrer dans le sous-espace. Je pense que c’est aussi très bien pour le suivi, quand un sous et un dom vont s’occuper l’un de l’autre après une scène. S’il y a des ecchymoses dues au jeu d’impact, vous pouvez appliquer des topiques anti-inflammatoires ou simplement passer une articulation pour vous sentir connecté et parler de ce que vous avez aimé et de ce qui peut être amélioré. Quels que soient vos défauts préférés, le cannabis peut «certainement rendre les gens plus aventureux sexuellement». L’éthique sexuelle du cannabis Indépendamment de votre propre intérêt et de celui de vos partenaires, le consentement est une chose qui n’est pas négociable. Une personne sous l’influence du cannabis peut-elle consentir à des relations sexuelles ou à une scène perverse? «Cela dépend complètement. Je pense que dans certains cas, tout va bien. Je ne bois plus vraiment; Je n’utilise que du cannabis. Mais mon copain, il fume parfois, mais il adore le vin rouge. Donc, nous nous détendons toujours et avons ensuite des relations sexuelles. Je vais consommer des produits comestibles ou fumer un vaporisateur et il prendra un verre de vin. Je ne considère certainement pas cela comme non consensuel lorsque nous avons des relations sexuelles et je suis le seul à être lapidé. Mais je suis transparent avec lui sur ce que je prends et ce que je prends, tout comme je peux voir combien de vin il boit, alors je pense que je pense que la ligne est de savoir si tout le monde est conscient des substances sur lesquelles se trouve l’autre partenaire. « Potentiel pour les survivants d’agression sexuelle Selon RAINN, environ 433 648 personnes (âgées de plus de douze ans) sont violées ou agressées sexuellement chaque année aux États-Unis. 18% des femmes américaines et 3% des hommes américains ont été victimes d’un viol achevé ou tenté. Dans les communautés transgenres, genderqueer et non conformes, les taux sont encore plus élevés, 21% des étudiants du TGQN ayant été agressés sexuellement. Avec la violence sexuelle si répandue dans notre société, le cannabis a-t-il le potentiel d’aider les gens à réaffirmer leur essence sexuelle après avoir vécu de tels événements traumatisants? « Ouais. Je veux dire, je sais que c’est le cas; c’est ainsi que j’ai obtenu ma carte de marijuana à des fins médicales et commencé à étudier le cannabis. Il n’y a pas d’études directement sur les survivants d’agression sexuelle qui consomment du cannabis pour le SSPT, mais il y a des tas d’informations vraiment merveilleuses sur la capacité du cannabis à traiter le SSPT et des tonnes d’études sur la façon dont l’agression sexuelle et le viol mènent au SSPT et les statistiques des personnes qui ayez-le, donc c’est vraiment juste relier ces deux points. Je suis certainement loin d’être le seul. J’ai parlé avec d’innombrables personnes. C’est la même chose en tant que soldat de combat; le cannabis peut aider à apaiser les cauchemars. Le THC supprime les rêves, ce qui est utile si vous faites de très mauvais cauchemars avec le SSPT. Le truc sur le cannabis où il est comme, « oh mon dieu à quoi je pensais juste, je ne me souviens même pas »: c’est vraiment utile pour les personnes qui ont des flashbacks. Si vous êtes sur le point d’avoir des relations sexuelles et que vous avez des flashbacks, le cannabis court-circuite cela et vous aide à rester présent et dans le moment. Il y a aussi les problèmes d’anxiété et de dépression. Il existe de nombreuses preuves de son efficacité, et non seulement de son efficacité, mais aussi du fait qu’il est plus sûr dans son profil d’effets secondaires que certains des autres médicaments utilisés pour le SSPT. » Potentiel de surmonter le conditionnement sexuellement négatif Parfois, les gens développent involontairement une attitude sexuellement négative. Cela peut être dû aux croyances de vos parents sur le sexe, à vos antécédents religieux ou à diverses autres raisons. Nous avons demandé à Sophie si le cannabis pouvait aider à surmonter le conditionnement sexuellement négatif. «Je sais que c’est possible; Je l’ai fait aux gens. Je les ai convertis au «côté droit». Sérieusement, le traumatisme religieux est bien réel. Cela peut vous gêner d’apprendre que si vous ne suivez pas un certain ensemble de règles, surtout si vous êtes gay ou pervers ou si vous avez été violé ou beaucoup de choses que l’église n’a pas tendance à gérer très bien et vous vous sentez condamné à l’enfer. C’est vraiment difficile et épuisant à secouer, donc je ne pense pas qu’il faille dire à la légère que le cannabis peut vous aider. Je pense que cela peut non seulement aider à guérir et à affronter les traumatismes en toute sécurité, mais peut également vous aider à réduire vos inhibitions et peut-être à exprimer et à explorer certaines choses sur votre sexualité qui vous ont été enseignées et que vous avez senti que vous deviez réprimer pendant longtemps. Meilleur sexe sur le cannabis Sophie pense que le cannabis peut faire de vous un meilleur amant. « Ouais. Ça peut. Il y a des recherches qui peuvent être appliquées à cela. Il a été démontré que cela réduisait votre biais négatif, que je décris toujours comme vous aidant à passer du verre à moitié vide au verre à moitié plein. Donc, au lieu d’être au lit avec votre partenaire et de dire « Oh mon Dieu, voici toutes les choses dont je peux les harceler en ce moment », vous seriez plus enclin à changer ce processus de pensée en « voici toutes les bonnes choses que je peux dire. « Et je pense que c’est assez bénéfique. » De plus, de nombreux produits à base de cannabis sont des ajouts exceptionnels à intégrer dans votre vie amoureuse. «Foria est vraiment génial. De nombreux produits disent simplement «huile de chanvre», ce qui n’est pas la même chose qu’une huile de cannabis à spectre complet comme celle produite par Foria. » Les lubrifiants sont l’un des produits à base de cannabis les plus populaires à inclure dans les escapades amoureuses. Mais sont-ils bons pour le sexe vaginal et anal? «Personnellement, je pense qu’ils fonctionnent mieux pour le sexe anal, principalement parce que le sexe anal est plus exigeant pour commencer. Je veux dire que le trou du cul n’est pas auto-lubrifiant. Et je pense que la sodomie est sacrée. J’adore la sodomie, donc je ne veux pas dire que ce n’était pas censé y aller ou ressembler à ça, mais c’est juste n’était pas de la même manière que le vagin. Ma recette de sexe anal consiste à mettre un suppositoire au cannabis, puis un plug anal pour le garder là-dedans, puis à jouer pendant au moins trente minutes avant de le sortir et de passer au gode ou au pénis. Je veux dire que les suppositoires vaginaux peuvent être excellents. En fait, je les aime mieux pour soulager les crampes menstruelles, et j’ai entendu beaucoup de critiques positives de femmes ménopausées concernant la sécheresse vaginale, mais je ne sais pas, le plus amusant que j’ai eu avec cela est d’aimer transformer votre chatte en un topique, qui est aussi une chose perverse à faire. Mais je pense que c’est plus prononcé pour l’anal simplement à cause de ses effets, comment il soulage la douleur sans vous engourdir comme le font certains lubrifiants de pharmacie, ce qui peut être dangereux parce que vous ne pouvez en fait pas sentir si vous faites mal à votre corps. Et je pense que la lubrification supplémentaire est juste plus utile dans le sexe anal, mais je ne découragerais certainement personne de les utiliser par voie vaginale. « Raviver les étincelles perdues Parfois, même dans les meilleures relations, le temps peut freiner l’épanouissement sexuel d’un couple. Essayer le cannabis ensemble serait-il une bonne idée pour aider un couple à redécouvrir sa chimie sexuelle? «Les couples peuvent, qu’ils le réalisent ou non, rester coincés dans une ornière, où ils sont juste un peu méchants les uns envers les autres. Pas horriblement, mais vous apprenez juste à prendre quelqu’un pour acquis après un certain temps. Cependant, le cannabis rétablit vraiment cet état de bonheur enfantin où il y a juste beaucoup de rires, de laisser-aller et de s’amuser, et je pense donc que le fait que cela puisse faire s’amuser les couples leur rappelle à quel point ils se rendent heureux. Les couples peuvent commencer de manière très lente, sexy et sûre, comme fumer un joint ou un vaporisateur dans un bain ensemble ou utiliser de l’huile de massage au cannabis. Il y a tellement de choses que vous pouvez faire avec le cannabis, et je pense que cela peut absolument vous aider à sortir de votre coquille et à dire oui à essayer de nouveaux problèmes et peut-être pendant des discussions sales admettre quelque chose que vous voulez essayer. Le cannabis et la communauté queer L’attraction sexuelle est un large spectre. Il y a des gens qui ne sont attirés que par le sexe opposé, des gens qui ne sont attirés que par le même sexe et des gens qui se situent quelque part entre ces deux extrêmes. Le cannabis affecte-t-il les gens différemment en fonction de leur orientation sexuelle? «Je ne pense pas. Je pense que nous devons simplement dire que le genre est fluide et que cela dépend de l’individu. Sophie a également souligné les liens historiques entre la communauté LGBT et la communauté du cannabis. «La communauté gay et la communauté du cannabis ont une relation longue et je ne dirai pas belle parce que c’est triste, mais elles ont vraiment fait avancer le programme de la marijuana médicale pour lutter contre le sida à la fin des années 80 et au début des années 90. Je pense donc qu’il existe une parenté entre la communauté queer et la communauté du cannabis. La magie du cannabis Le dernier livre de Sophie, Sex Witch: sorts magiques pour l’amour, la luxure et l’autoprotection, sortira en septembre 2020. Pour ceux qui sont attirés par la spiritualité alternative et l’occulte, nous avons demandé à Sophie si le cannabis pouvait être utilisé dans la magie sexuelle ou d’autres pratiques et adorations païennes basées sur le sexe. Si c’est le cas, comment? Sophie a ri, en plaisantant à moitié sur le fait que vous pouvez intégrer le cannabis à vos pratiques magiques en «fumant, puis en se masturbant et en pensant à tout l’argent que vous voulez gagner». Elle a poursuivi en expliquant que: «Je déteste sonner comme un disque rayé, mais c’est vraiment individualisé. J’adore me défoncer et méditer, et je trouve qu’il est beaucoup plus facile d’accéder à un état de méditation quand je suis défoncé, mais je connais d’autres personnes qui aiment l’herbe mais qui ne trouvent pas qu’elle se marie bien pour ça. « Le Journal de l’intimité Puisse Le Journal de l’intimité aider tout le monde – quel que soit son sexe, son orientation sexuelle, ses préférences ou tout autre facteur – a une vie sexuelle plus riche? Sophie a confirmé avec enthousiasme que tout le monde pourrait bénéficier de l’utilisation de ce journal: « Je vois cela comme quelque chose qui rend les informations médicales accessibles à tous et les applique à leur vie amoureuse et sexuelle et les aide à trouver ce qui fonctionne pour eux. » C’est un fait que de nombreuses relations sexuelles se produisent spontanément. Et si vous rencontrez quelqu’un et que vous n’avez pas votre Journal d’intimité avec toi? Les résultats seraient-ils toujours valables? « Ouais. Absolument. Pensez-y comme un journal ou un agenda. J’ai tenu des journaux toute ma vie et parfois je vais passer par des périodes où je vais journaliser tous les jours et parfois je traverserai des périodes où ce sera comme trois mois et je serai comme si j’avais tant à faire renseignez-vous, mais le temps vous aide à traiter une expérience. Si vous avez une aventure d’un soir et que c’était si génial et que vous ne savez pas encore que c’est une aventure d’une nuit, et que vous revenez et que vous revenez dans un journal sur ce bon sexe avec ce mec incroyable que vous venez de rencontrer et ensuite il vous fantôme, si vous avez attendu et écrit après cela, vos entrées seront totalement différentes. Je n’utiliserais pas le mot biais, ce seront des données compliquées, ce sont des choses compliquées, mais je pense qu’il y a certainement encore des choses à apprendre de cela. Si vous êtes avec vos amis et sur un comestible de 20 milligrammes et que vous êtes habitué dans votre dernière relation à avoir des relations sexuelles vraiment réconfortantes et apaisantes, et que vous étiez chez ce mec et que vous avez tout paniqué par ses colocataires, vous apprenez à vous détendre sur les comestibles avant une expérience aléatoire. Ou peut-être que l’inverse pourrait se produire et que vous n’avez pas eu beaucoup de rencontres comme ça et que cela vous excite complètement, et vous êtes comme ‘putain à la recherche d’un petit ami, je vais juste me défoncer et m’amuser un peu « Alors oui, ça va être une entrée différente, mais je pense que par nature, le sexe n’est pas une constante, donc nous pouvons continuer à apprendre de toutes les différentes formes de celui-ci. » Nous avons conclu notre conversation par une question sur les raisons pour lesquelles Sophie, Foria et Goldleaf ont décidé de créer Le journal de l’intimité. «Nous rédigeons ce journal parce que le cannabis a été utilisé comme aphrodisiaque depuis 2000 avant JC en Inde. Et par le bouche à oreille et le folklore, l’étude et l’histoire, nous savons que c’est un aphrodisiaque. Pensez simplement à quel point les gens sont différents sexuellement, de l’orientation au type de corps à ce qui les attire, à ce qu’ils recherchent émotionnellement, à l’endroit où ils se trouvent sur une hyper libido, à une petite libido, à savoir s’ils ont un traumatisme sexuel. s’ils ont des insécurités corporelles et ont des angoisses à propos du sexe, s’ils ont besoin d’aide pour la libido, s’ils sont polyamoureux ou monogames à ce qui se passe dans leur tête mentalement et émotionnellement, et puis vous avez aussi du cannabis, où en fonction de votre niveau de tolérance et votre composition corporelle et votre taux de testostérone, tout le monde va vivre une expérience différente. Certaines personnes n’aiment même pas se faire défoncer, mais pour certaines personnes, c’est en gros leur expérience préférée. Lorsque vous les combinez, c’est de la couture. Je dis toujours que ce n’est pas simplement hors du rack, c’est de la couture, il doit être adapté. C’est pourquoi je veux qu’avec ce journal, les gens puissent documenter ces choses et savoir quel sera le meilleur aphrodisiaque pour eux, car avec toutes ces entreprises qui se précipitent pour trouver une pilule ou un cultivar de cannabis aphrodisiaque, ils peuvent être amusants et c’est dope s’ils vous excitent, mais ce n’est tout simplement pas un modèle unique. Lire l’article original sur Goldleaf Par Paul Laurent Source: repha.fr
  14. La production locale explose en France. Certains veulent la rendre légale Par Delphine Tanguy Ce sont les zones isolées, désertes, des bords de Durance que les cannabiculteurs privilégient. Près de 10 000 pieds avaient été découverts en 2018. Les saisies reprennent à un rythme soutenu cet été, dans le même secteur. Photo archives florian launette Tomates, courgettes et… cannabis : il n’y a pas que les fruits et légumes qui bénéficient de l’engouement pour les circuits courts. Plus rapide à mettre sur le marché, moins risqué puisque sans frontières à traverser, moins d’intermédiaires… L’essor du cannabis made in France est étudié de près par l’Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT), qui voit cette tendance s’affirmer. À la mi-mai, une véritable "ferme à cannabis", logée dans des pavillons lambda, était ainsi démantelée en Ile-de-France et 1 700 plants saisis. À Pertuis, dans le Vaucluse, les gendarmes arrachent depuis deux ans un nombre de plants record. Depuis 2011, selon le dispositif Trend (1), de véritables "cannabis factories" se sont multipliées dans l’Hexagone : l’Outre-Mer, le Nord de la France, l’arrière-pays méditerranéen ou la Bretagne sont particulièrement concernés. Pour les plus vastes installations, l’investissement initial peut atteindre 100 000 €. Les bénéfices, eux, sont vertigineux : une plantation de 100 pieds peut rapporter 120 000€ à la revente au détail, ou 36 000€ sur le marché de gros… Les volumes d’herbe saisis ont de fait explosé en France : de moins de 4 tonnes jusqu’en 2010, ils ont bondi à 30 tonnes en 2018. "Une multiplication par sept", précise l’OFDT dans son dernier rapport. C’est que le business du cannabis a subi des "mutations considérables" ces dernières années : l’herbe rogne désormais des parts de marché sur la traditionnelle résine. Chez les consommateurs, et notamment les plus âgés et mieux insérés socialement, cette demande pour un produit de "qualité", "plus naturel", voire "bio" est réelle ; d’autres usagers ne veulent plus "contribuer à l’enrichissement de réseaux criminels" souligne l’OFDT, et privilégient donc un approvisionnement "amical". 7 % des fumeurs, soit environ 200 000 personnes en France auraient ainsi sauté le pas et seraient aujourd’hui cannabiculteurs pour leur propre compte ou leurs proches. Certains usagers, comme Cervanto (lire ci-dessous) y ont aussi vu l’occasion de développer une activité lucrative. Cultivée en plein champ ou indoor, la production française "dominée par de petites cultures d’amateurs", indique l’OFDT, ne peut cependant pas répondre à la demande : la France reste la championne d’Europe de la fumette, avec 5 millions d’utilisateurs occasionnels, et 700 000 quotidiens. Alors si le cannabis français est "un vrai sujet, comme le confirme une source policière, si demain ces cultures locales s’arrêtaient, cela ne changerait rien au marché. L’approvisionnement, pour le Sud, c’est toujours le Maroc et l’Espagne…" Les saisies d’herbe réalisées ces dernières années en France le confirment : les Pays-Bas et l’Espagne, et notamment la Catalogne, restent les leaders incontestés du marché. Demain, la Provence, terre de chanvre ? D’autres voix, celles d’élus ou d’entrepreneurs plaident sérieusement pour le développement d’une filière légale et encadrée par l’État. Économiques ou éthiques, leurs arguments, repris dans nombre de pays, peinent pour l’heure à faire changer la législation dans le pays le plus répressif d’Europe en matière de stupéfiants. "Or vert" pour certains, le cannabis garde en France sa réputation sulfureuse. Comment Pertuis est devenue l'un des plus gros spots de cannabiculture en France Photo archives florian launette 19h et 34°C sur le cours de la République quasi-désert. Assommée par une journée torride, Pertuis pique du nez dans un demi-pression. Pas un touriste à trainer sa valise devant l'Hôtel du cours, pas un chat non plus à faire ses emplettes au CBD Sud shop cannabidiol de la rue Saint-Jacques : "Ici, on vend de la fleur, de la résine, du pollen, des graines et les gens font ce qu'ils veulent avec, balaie Sandy, la patronne. Mais rien au-dessus de 0,2 % de THC, hein." Il y a deux ans quand elle a ouvert sa petite boutique, "les gendarmes sont venus se montrer", forcément. Et puis comme tout était "légal, on les a plus vus". Ses clients le lui disent toujours : pour bien dormir, l'huile de CBD (1) "est au top". Pour la défonce, c'est ailleurs que ça se passe. Mais pas très loin, en fait. Depuis deux ans aussi, le cannabis est devenu un sujet sensible dans cette petite ville de 19 645 habitants. Cet été 2018, Pertuis s'est mise à crépiter sur les radars de l'Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Octris, devenu OFast depuis). La gendarmerie locale y a tout simplement réalisé, en quelques semaines, "1/10e des saisies nationales" de pieds de cannabis, comme le rappelle, pas peu fier, le commandant Jérôme Soulet, qui venait tout juste de prendre ses fonctions dans la commune. "J'avoue, je ne pensais pas être confronté à ça." Ça ? Une série de saisies records : 632 pieds de cannabis arrachés le 6 juillet 2018, 800 le 10, 2 500 le 11, 5 500 le 20, encore 285 le 1er août... En tout, près de 10 000 pieds, des volumes "industriels" et une valeur estimée à la revente à 4,5 millions d'euros. Les agents municipaux des services techniques ont été dépêchés sur place pour embarquer, sous bonne garde, la jungle fauchée par les gendarmes ("Une vraie forêt"), et les faire brûler. Autre trouvaille près d'une plantation : un ahurissant gallodrome, arène d'une centaine de places où étaient organisés, "mais on ne sait pas depuis quand" des combats de coqs... Point commun ? Tous ces "coups" ont été réalisés, "sur la base de renseignements", dans la même zone, "un endroit où on n'aime pas trop le maillot bleu", plaisante le commandant Soulet. Entre Bouches-du- Rhône, Vaucluse et Alpes de Haute-Provence, à proximité des noeuds autoroutiers et 30mn d'Aix, cette zone désolée longe la Durance sur une quarantaine de kilomètres de bois, de marécages, de dépôts de gravats, de casses automobiles sauvages, de chemins qui partent en cul-de-sac et "sur lesquels jamais personne ne passe, ni un randonneur, ni un automobiliste perdu", personne. À part des familles de gens du voyage, qui s'y sont sédentarisées. Dans cette zone inondable, les constructions illégales sont légion. Et les procédures pour les faire abattre, interminables. "Vous ne pouvez pas vous aventurer là-bas sans vous faire repérer, même les gars du Groupe d'observation et de surveillance (Gos) de Marseille nous ont dit que c'était impossible pour eux de bosser là-bas..." C'est dans ce no man's land que les plantations ont été dénichées sur des terrains appartenant à des privés qui en ont souvent "oublié l'existence" ou bien à la mairie elle-même. Bref, un endroit discret qui dispose en outre d'un atout essentiel à l'agriculture : l'alimentation en eau. "Les cannabiculteurs avaient installé des systèmes d'irrigation de leurs parcelles en puisant directement dans la Durance", précise l'adjudant chef Patrice Camus. Mais qui sont leurs exploitants ? Douche froide pour les gendarmes : "Sur toutes ces descentes, seules trois personnes ont finalement été entendues. Alentours, l'omerta est totale". Faute de preuves, un seul individu a été incarcéré, pour détention, acquisition et usage de stupéfiants. Le "logisticien" derrière la production pertuisienne, "bien trop importante" pour irriguer le seul marché local, leur a échappé. "On sait qu'on a un réseau très structuré. Il y a des contacts avec l'Estaque, à Marseille, Sète, l'Espagne", énumère le commandant Soulet. Les tracer sera "un travail de fourmi" qui mobilise, à temps complet, six personnes, sur ce territoire. "On est préoccupés, oui, concède le commandant Soulet. On ne voudrait pas que cette production attire la délinquance de Marseille." Roger Pellenc, le maire, n'a pas donné suite à nos demandes d'interview sur ce sujet. À Pertuis, après une année 2019 plus "calme", les saisies ont repris : une centaine de pieds ont été découverts le 15 juillet, puis 454 six jours plus tard. Mâchoires serrées, les gendarmes le savent : "Ce n'est pas fini. Il y a tellement d'argent à gagner." Le commentaire du député François-Michel Lambert Photo serge mercier Porteur d'une proposition de loi sur la légalisation du cannabis, le député écologiste de Gardanne s'investit également dans la mission d'information parlementaire sur les usages et l'impact de ce produit. Pour lui, la France a tout faux sur la question. Comment avez-vous commencé à vous intéresser au cannabis ? François-Michel Lambert : Je ne suis pas fumeur moi- même et je ne l'ai jamais été, mais chez les écologistes, ce sujet a toujours été abordé par l'angle libertaire : l'interdiction du cannabis comme une restriction des libertés individuelles ne se justifiant pas. Cependant, cette approche ne suffit pas. Que voit-on aujourd'hui ? Un marché où le produit contient des taux très élevés de THC, frelaté par les réseaux mafieux, très structurés, déstabilisant des pans entiers des cités, des territoires, mais aussi 700M€ engloutis en frais de police et justice pour leur faire la guerre, avec des résultats nuls. Un Français sur dix fume de façon occasionnelle, un sur dix-huit quotidiennement ! Ça, c'est la réalité. Or, que fait le gouvernement ? Il accélère sur la répression du consommateur, ce qui me scandalise, car elle ne changera rien et ne sert juste qu'à flatter la corde sensible de la droite réac. Même si vous aviez, et c'est impossible, une division par deux du nombre de consommateurs journaliers, vous gardez 350 000 usagers, c'est deux fois une ville comme Aix, vous n'avez rien réglé ! Pendant ce temps, tous les pays limitrophes de la France ouvrent à la consommation, de façons différentes." Que préconisez-vous ? François-Michel Lambert : Un marché légal, contrôlé par l'État, de la graine à la distribution, sans promotion, sous la forme de ce que nous avons connu avec la Seita sur le tabac, ou, plus tôt encore, avec les Manufactures royales. Ce réseau légal passerait par les buralistes, le taux de THC du cannabis vendu serait contrôlé. Quels intérêts en retirerait-on ? François-Michel Lambert : Le Conseil d'analyse économique (CAE, placé auprès du Premier ministre) a rédigé une note, en juin 2019, qui reprend nos chiffres : légaliser le cannabis de cette façon, c'est créer de 50 à 80 000 emplois, dégager de 2 à 3 milliards d'euros de recettes fiscales par an, mais aussi miser sur une plante très "verte", capteuse de CO2, contribuant à la régénération des sols, créant de la richesse à l'hectare. Cela permet de lutter contre une partie du trafic criminel, de libérer des moyens de police et de gendarmerie, de dégager de l'argent pour la prévention des addictions, mais pas seulement. Imaginez qu'en 5 ans, avec cette manne, on peut rembourser la dette de tous les hôpitaux en France ! Ou reconstruire nos cités, à la hauteur des mesures envisagées par le Plan Borloo, en une décennie ! Malheureusement, cette note (1), comme ma proposition de loi doivent caler un bureau quelque part... La France va à contre-courant de ce qui se passe actuellement dans le monde et l'Histoire montrera du doigt ces politiques. La mission parlementaire, ainsi, n'avance pas beaucoup... (1) Présentée aux cabinets du Premier ministre et du Président de la République, ainsi qu'à celui du ministre de l'Économie le 4 juin 2019. Puis au directeur de cabinet du ministre de l'Intérieur et à celui de la ministre de la Santé les 5 et 12 juin 2019. Le témoignage de "Cervanto", cannabiculteur : "La meilleure herbe de la ville" Photo P.N. "À mon âge, après 40 ans de fumette, tu ne te contentes pas d'une herbe qui défonce. Tu veux du parfum, de la texture. C'est comme avec le vin, non ?" À 54 ans, "Cervanto" (son pseudo) est devenu, ce sont ses clients qui le disent, le producteur de la "meilleure herbe de Marseille. Elle est unique". Il le dit sans forfanterie : "La cannabiculture, c'est un art. Les gens qui croient qu'il suffit d'acheter trois graines, de brancher une lampe et d'attendre que ça pousse n'y connaissent rien." Dans une autre vie, Cervanto travaillait dans un secteur très légal. Il y a gardé des bonnes histoires et des copains. Mais celle qu'il vit aujourd'hui est "la première où (il a) l'impression d'être un expert". Dix clients, pas plus "J'ai toujours vu l'herbe comme une drogue d'artiste, elle ouvre les portes de la tolérance, elle accompagne la création", se remémore ce guitariste passionné. Il y a des années, Cervanto faisait pousser son cannabis "un peu sur le balcon", un peu sur des "terrains discrets en Ardèche" pour sa consommation perso. Un truc d'amateur. En plein air, les plants produisent une récolte par an. À l'intérieur, c'est tout de suite autre chose : quatre moissons par an. Changement d'échelle, changement de vie. En 2015, à l'orée de la cinquantaine, il plaque son boulot, aménage la chambre de son grand fils, qui a quitté la maison. "J'ai acheté des lampes, je me suis documenté à fond sur Internet. Sur la culture indoor, tu lis 100 avis contraires ! Alors je me suis fait mon truc en piochant ici et là." Investissement de départ ? 600€.La première année, Cervanto expérimente. La germination, par exemple, "il y a plein d'écoles. Certains font germer les graines dans du coton, d'autres sous terre, dans l'eau... J'ai tout essayé." Il comprend aussi que l'eau de Marseille, trop calcaire, nécessite de reposer au moins 24 h avant d'arroser ses plants. Il choisit des engrais bio, achète ses graines aux Pays-Bas, puis en Espagne ("Les plus génétiquement adaptées au climat marseillais") et se lance, comme un chef de la cuisine moléculaire, dans sa petite popote. "Tu sais que des jeunes scientifiques sont parvenus à faire une herbe qui contient, c'est un record absolu, 30 % de THC ? La mienne est à 24 %, quand celle que tu peux acheter à Marseille est à 9 %. Elle est exceptionnellement chargée" On peut le surprendre parlant avec ses plantes, parce que "c'est pas des conneries, pour qu'elles poussent bien, c'est ce qu'il faut faire ! Tout simplement parce que notre CO², elles l'adorent". Il est devenu un pro du séchage ("Quand on m'annonce 4-5 jours de mistral, je sais que c'est le bon moment"), bichonne ses pieds de cannabis comme des êtres chers : "Pour qu'ils produisent bien, il faut leur éviter tout stress de leur naissance à leur mort". Pour lui, du coup, finies les vacances. "C'est le prix." Au début, Cervanto cultivait pour son unique consommation, ou celle de ses très proches amis. Désormais, il a une dizaine de clients, "pas plus", auprès de qui il écoule le kilo qu'il récolte tous les trois mois sur ses dix à quinze pieds. Lui qui gagnait 1 500€ par mois depuis des décennies tire désormais de son activité 8 à 10 000€ par trimestre. "C'est un super business, c'est vrai", reconnait-il. Illégal et risqué, aussi. "Mais je pense que je ne risque pas grand-chose, balaie-t-il. Avec mes 10 pieds, je suis tout petit ! Par contre je vois le bonheur que j'apporte à mes clients, des gens de mon âge, par exemple cette femme qui pendant son cancer avait retrouvé le sommeil et l'appétit grâce à mon herbe... Si le cannabis est légalisé un jour en France, c'est sûr, je serai le premier à prendre le train. Quand tout le monde va s'y mettre, il va y avoir de l'herbe pourrie, la mienne fera la différence." (1 ) Le trafic, c'est-à-dire la détention, le transport, l'offre, la cession ou l'acquisition de stupéfiant, est puni d'une peine de prison d'une durée maximale de dix ans ou d'une amende pouvant atteindre 7,5 M€. Économie : la filière chanvre s'impatiente Photo archives ange esposito C'est un effet collatéral de la crise du Covid-19. Voté en octobre 2019 à l'Assemblée nationale, l'amendement défendu par Olivier Véran, devenu depuis ministre de la Santé, ouvrait la voie à deux ans d'expérimentation du cannabis thérapeutique en France. Un test inédit, qui devait être mené auprès de 3 000 patients souffrant de certaines formes d'épilepsies, de douleurs neuropathiques, d'effets secondaires de chimiothérapie, de soins palliatifs ou encore de sclérose en plaques. À Marseille, grâce au soutien du centre Dhune et de l'association France-Parkinson, l'équipe du Pr Olivier Blin, chef du service de pharmacologie clinique de la Timone, avec le service de neurologie et de pathologie du mouvement, le CNRS et l'Institut de neurosciences de l'AP-HM, devait porter ses travaux sur les patients atteints de la maladie de Parkinson. Expérimentation du cannabis thérapeutique reportée à 2021 Mais la crise sanitaire a reporté l'expérimentation à janvier 2021. Un nouveau retard qui, pour des milliers de malades, s'avère une grande déception. Une association, L630, spécialisée dans le droit des drogues, a ainsi adressé début juillet une lettre au nouveau garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti, pour lui demander "la fin des poursuites concernant les consommateurs de cannabis atteints de pathologies graves ou lourdes". "Nous avons l'occasion, chaque jour, de défendre de nombreux usagers et de rappeler devant des juridictions diverses le caractère incompréhensible de la prohibition actuelle, pointe-t-elle, dans un courrier rendu public par notre confrère de Libération. Nous constatons pourtant que les malades qui consomment du cannabis pour pallier leurs douleurs continuent d'être condamnés. Il en va de même pour leurs aidants et proches qui prennent aujourd'hui un risque pénal inconsidéré." En effet, aujourd'hui, le ministère de la Justice ne fait pas de différence entre les usagers récréatifs ou thérapeutiques du cannabis : tous risquent un an d'emprisonnement et 3 750 € d'amende. Sous certaines circonstances, la nouvelle amende forfaitaire de 200 €, qui entrera en vigueur en France à la rentrée, pourra cependant lui être substituée. D'autres acteurs s'impatientent de ce retard pris par l'expérimentation du cannabis thérapeutique : les 1 500 producteurs de chanvre français. "On a tout ce qu'il faut, il faut juste avoir les autorisations pour démarrer", se désolaient-ils ainsi, lors du dernier Salon de l'agriculture, à Paris. La loi française empêche en effet toute production de plants contenant plus de 0,2 % de THC et d'en récolter les fleurs. À terme, les cinq indications thérapeutiques autorisées par l'ANSM représentent pourtant "environ 300 000 patients" en France, rappelait alors le groupe coopératif agricole français InVivo, bien décidé à se positionner sur ce marché de l'or vert. Aliment ou stupéfiant ? Or la concurrence internationale est à l'affût : l'Américain Tilray et les groupes canadiens Canopy Growth et Aurora pourraient bien venir capter ce marché au nez et à la barbe des producteurs frenchies. Et d'autres nuages s'amoncellent au-dessus de leurs têtes : la Commission européenne vient en effet de rendre une conclusion préliminaire dans son évaluation du cannabis sativa L (ou chanvre industriel) : pour elle, ce produit doit être classé comme stupéfiant et non comme aliment, ce que réclament les opérateurs du secteur. "Si la Commission confirmait sa position, cela aurait des répercussions dramatiques" sur toute la filière (construction, textile, CBD d'origine naturelle), ont alerté jeudi les professionnels du chanvre. Source: laprovence.com
  15. La diversité raciale et de genre dans l’industrie de la marijuana « fait toujours défaut – en particulier dans les postes de propriété et de direction », selon Eli McVey, rédacteur en chef de MJBizDaily Research. Bien que l’industrie ait pris des mesures pour s’améliorer, il en faut davantage, a noté McVey. Les projecteurs nationaux étant actuellement davantage axés sur la réforme de la justice civile, des changements pourraient se profiler à l’horizon. ‘Assez isolant’ Les chefs d’entreprise minoritaires affirment qu’il existe des barrières importantes dans les institutions critiques qui empêchent nombre d’entre elles de devenir des acteurs importants dans l’espace. Mark Slaugh, PDG de la société regtech iComply, a déclaré à qu’il estimait avoir fait une marque dans l’industrie depuis son lancement en 2011 et qu’il pouvait se fier à ses références. Cependant, les structures de pouvoir en place ont créé une expérience négative pour lui et d’autres minorités dans l’espace. « Etre une minorité dans le cannabis, au Colorado, n’a pas été l’expérience la plus positive et c’est assez isolant quand je peux littéralement compter le nombre de propriétaires d’entreprises de cannabis minoritaires que je connais d’une part », a déclaré Slaugh. Voir aussi: Comment la « guerre contre la drogue » et le système d’accueil nuisent aux minorités et aux familles à faible revenu Le PDG a également signalé des cas où ses tentatives de collaboration ont été rejetées, tout en étant également la cible de prises de contrôle hostiles. « On ne m’a jamais proposé d’investissements, de partenariats stratégiques ou de rachat qui n’essayaient pas de profiter de ce que j’ai construit et de le détourner à des fins de privilège », a-t-il déclaré. « Bien que personne n’ait été ouvertement raciste, il semble y avoir un sentiment d’élitisme parmi quelques élus qui sont culturellement différents de moi. » Des obstacles existent également dans les institutions financières. Marie Montmarquet est une vétéran de l’industrie depuis 13 ans et cofondatrice de Numéros MD Inc., une marque avec une gamme de produits de cannabis intégrés verticalement. Il n’y a pas de modèle pour le succès de l’industrie sur le marché naissant, a expliqué Montmarquet. Cependant, les minorités sont souvent confrontées à des défis supplémentaires en raison d’un manque de capitaux et de biens immobiliers. «La plupart des minorités n’ont pas accès aux prêts bancaires, aux marges de crédit ou à d’autres possibilités de prêt», a déclaré Montmarquet, citant comment le problème s’étend à toutes les industries. La cofondatrice dit qu’elle s’est vue refuser la propriété et les opérations bancaires pendant la majeure partie de sa carrière dans le cannabis. Dhaval Shah, PDG de Lullaby Wellness, a fait écho à des sentiments similaires, notant un manque d’investissement dans des entreprises minoritaires. « Les investisseurs ne soutiennent tout simplement pas suffisamment les entreprises appartenant à des minorités, et vous le voyez partout », a déclaré Shah. Plus à faire Certains répondants ont déclaré se sentir les bienvenus dans l’espace. «La communauté du cannabis m’a largement accueilli à bras ouverts», a déclaré Rob Mejia, fondateur de la plateforme d’éducation sur le cannabis Notre récolte communautaire et professeur adjoint de cannabis à l’Université de Stockton. «Il y a un sentiment d’excitation pour l’avenir, et j’ai été surpris par la quantité d’expertise et de relations auxquelles j’ai pu accéder.» Pourtant, il y a des oublis découlant de l’échec de la guerre contre la drogue, dit iComply’s Slaugh. « La communauté du cannabis doit comprendre l’impact de la guerre contre la drogue sur les Noirs et les autres communautés les plus touchées », a-t-il déclaré. « La légalisation du cannabis s’accélère, mais les personnes les plus touchées par son interdiction se voient refuser l’accès à un marché de plusieurs milliards de dollars et la possibilité de créer légalement de la richesse générationnelle. » Le PDG, qui a déclaré que de nombreuses personnes comme lui avaient grandi avec des familles brisées par des peines de prison à base de marijuana, a déclaré que les propriétaires minoritaires avaient besoin d’un meilleur accès pour commencer à créer un marché de niveau. « Sans accès à l’éducation sur les opportunités du marché légal, les investissements et les capitaux, et les ressources pour gérer efficacement une entreprise de cannabis, nous sommes marginalisés face aux entreprises MSO et aux richesses blanches qui prennent ce que nous avons construit », at-il ajouté. Voir aussi: 65 hommes noirs et hispaniques exceptionnels menant le cannabis D’autres ont souligné qu’il était nécessaire d’avoir une représentation dans tous les aspects du marché, des panneaux d’affichage à la salle de conférence. Martine Francis Pierre, stratège en croissance et marketing, est une récente venue dans le secteur. Tout en développant sa marque marketing et en établissant une plaque tournante pour les entreprises appartenant à des Noirs, elle a noté à quel point de nombreuses entreprises manquent de diversité dans son leadership. «En quelques semaines, je me suis rendu compte que le gros problème que tant de ces grandes marques de cannabis étaient devenus inclusifs dans tous les domaines», a déclaré Francis Pierre. « Nous parlons de bureaux d’entreprise, mais encore plus lorsque vous faites défiler Instagram ou que vous parcourez des panneaux d’affichage. Vous ne voyez pas de visages noirs ou bruns. » Prochaines étapes De nombreux répondants ont appelé les États à réviser leurs programmes de cannabis, à réviser leurs processus d’octroi de licences et à examiner les programmes d’équité sociale pour déterminer leur impact réel sur les communautés touchées. «Le côté positif de l’industrie est que ces points sont entendus par les gouvernements locaux et, plus important encore, par des États entiers», a noté iComply’s Slaugh, qui souhaite que davantage de personnes de couleur soient sensibilisées aux opportunités du marché tout en recevant une assistance adéquate. l’entreprise se développe. « Il ne suffit tout simplement pas de fournir une opportunité sans l’engagement des personnes les plus touchées par les erreurs et les inconvénients du passé », a déclaré Slaugh. Montmarquet espère voir plus de propriétaires minoritaires dans l’espace également. Le co-fondateur a noté que ces entrepreneurs doivent être prêts pour le paysage apparemment en constante évolution de l’industrie du cannabis. Montmarquet a également offert quelques conseils aux entrepreneurs. «Renseignez-vous autant que vous le pouvez», dit-elle. «Si vous avez fait des recherches sur les lois, les processus d’autorisation, les réglementations, les coûts, les taxes, etc., pour la zone dans laquelle vous souhaitez opérer, cela vous permettra de prendre des décisions avec plus de confiance et plus rapidement.» Source: africadaily.news
  16. Une amicale de locataires de la cité Charles-Schmidt a négocié la paix sociale avec les trafiquants. Le deal ? «moins de nuisances», en échange de les laisser «faire leur business». Et ça marche. Le Parisien rapporte qu'un accord a été passé entre habitants et dealers dans un quartier de Saint-Ouen pour stopper les nuisances sonores la nuit. Un pacte "inacceptable" selon un syndicat de police. Un accord pour le moins inhabituel. Dans une cité du sud de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), des habitants ont passé un contrat avec des trafiquants de drogue afin de favoriser le calme une fois la nuit tombée, a rapporté Le Parisien dimanche. Un accord qui intervient dans "l'un des points de deal les plus prisés du secteur", selon le quotidien. Le droit de "vivre tranquillement" "S'il vous plaît, le sommeil est important pour commencer une bonne journée. Silence après 22 heures! De la part des jeunes et des habitants." L'entente s'est matérialisée par une affiche, accrochée aux portes de l'immeuble. Elle a été créée par les habitants et les dealers. Un collectif d'une quarantaine d'habitants s'est récemment accordé avec les trafiquants de drogue du quartier pour que ces derniers stoppent leurs business dans le hall d'immeuble après 22 heures et qu'ils cessent les nuisances sonores une fois la nuit tombée. Les habitants tiennent à souligner qu'ils ne veulent pas faire la "guerre" aux trafiquants, estimant que c'est "le rôle de l'État". Une "démission" de l'État L'article n'a en tout cas pas manqué de faire réagir certaines personnalités politiques, pour dénoncer ce qu'elles voient comme un affaiblissement de l'État. Un contrat également "inacceptable" aux yeux du syndicat de police Synergie-Officier, qui déplore que "l'ordre républicain" soit "supplanté par un autre". "Je comprends les locataires qui veulent la paix. Au bout d'un moment t'en peux plus. Si tout le monde commence à faire ça c'est énorme! La question qu'on peut se poser c'est 'qu'en pense le bailleur?'", s'interroge ce lundi Elina Dumont sur RMC. Car selon Le Parisien, cet accord serait aussi un pied de nez des habitants au bailleur, Seine-Saint-Denis Habitat. Les résidents dénoncent effectivement un abandon, évoquant l'absence de gardien et un ascenseur en panne pendant trois mois. "Cet accord, c'est le symbole de l'affaiblissement de l'Etat", dénonce de son côté Gilles-William Goldnadel sur le plateau des "Grandes Gueules". "Les parties privées n'ont pas la naïveté de croire que c'est la police qui va assurer la tranquillité publique. Cela montre à quel point nous en sommes!". Les deux parties gagnantes Un accord qui n'a rien d'étonnant pour le professeur d'Economie Gilles Raveaud: "C'est un grand classique, la mafia qui assure l'ordre dans des villes entières c'est connu. Les dealers eux-aussi ont besoin de tranquillité pour faire leur business", estime-t-il avant de plaider à demi-voix pour une dépénalisation de la marijuana. "La marijuana est d'ailleurs l'un des seuls marchés sur lesquels il y a un consensus économique pour dire que les effets toxiques sont relativement moindres et que la lutte contre les trafics coûte cher et est inefficace. Je pense que la question de la dépénalisation pourrait être posée (...) L'addiction au sucre coûte bien plus cher à l'Etat et à la Sécu que le cannabis !", conclu-t-il. En cas de légalisation du cannabis, Terra Nova dans un rapport datant de 2014, estime que l'Etat français pourrait empocher environ 1,7 milliard d'euros de recettes fiscales, auxquelles il faudrait ajouter une économie de 500 millions d'euros en raison de la fin de la répression. Guillaume Dussourt Sources: rmc.bfmtv & leparisien.fr
  17. Ces petits riens, ces petits touts, la preuve que rien ne sera plus comme avant, que le "monde d'après" est déjà là. Lundi, Neila est un plant de cannabis. Par Neila Latrous - Radio France Culture du chanvre.Gros plan sur les plantes. Photo d'illustration. (SÉBASTIEN LORIEUX) Je suis ce drôle de point commun entre le ministre libanais de l’Économie et Pablo Escobar, le baron colombien de la drogue. La réponse n’est pas forcément évidente, je suis… la drogue, justement. Au printemps dernier, en pleine épidémie de coronavirus, quand la France s’interrogeait sur ses stocks de masque, le Liban légalisait la culture de cannabis à usage médical. Soyons très clairs : aucun rapport avec le traitement du Covid-19. Non, le cannabis, c’est plutôt le remède à la crise économique. Le pays va très mal, il ne peut plus rembourser sa dette, qui atteint un niveau stratosphérique : 170% du PIB. Le cannabis est la solution, à en croire le professeur Mustapha Haidar. Il enseigne à l’université américaine de Beyrouth, et notre confrère de France 2 Franck Geneauzau l'a rencontré : "Avec le réchauffement climatique, le pays souffre de la sécheresse. Alors il faut privilégier les cultures peu gourmandes en eau. Voilà pourquoi le cannabis est la meilleure alternative." Un marché mondial estimé à 350 milliards de dollars Peut-on financer la relance par le chanvre ? Le débat fait rage dans plusieurs pays, car selon les sources et les estimations, le marché mondial du cannabis pèse jusqu’à 350 milliards de dollars. Cela fait beaucoup d’argent. En France, on assiste à un assouplissement certain. Cinq villes, comme Lille ou Reims, testent des amendes pour les fumeurs de joints, au lieu de poursuites pénales. Des amendes élevées, cela dit : jusqu’à 450 euros. Il faut savoir que la France est détentrice du record européen du nombre de consommateurs. Cinq millions de fumeurs de joints en 2017, 700 000 usagers quotidiens. Ces chiffres n'ont pas échappé à cette soixantaine d’élus de tout bord – droite, gauche, centre, écolos – qui réclament que le cannabis soit légalisé au plus vite en France. Parmi eux, le député François-Michel Lambert : "Nous proposons que ça soit un monopole d'État. On a connu la Seita, la régie d'État qui encadrait la production et la vente de tabac, il nous faut une régie du cannabis. Plusieurs chiffrages, le mien, et celui d'organismes indépendants, proches du gouvernement, estiment que ça peut être 50 000 emplois crées, que c'est 2,5 milliards de fiscalité. Le cannabis a aussi une propriété de régénération des sols, de captation de CO2." Ce n’est qu’une question de temps, pour François-Michel Lambert. D’ici là, vous l’aurez compris, pour le consommateur français, l’herbe reste plus verte ailleurs. Source: francetvinfo.fr
  18. Cannabis, la ruée vers l'herbe Pour « La Story », le podcast d'actualité des « Echos », Pierrick Fay et Matthieu Brun évoquent les enjeux économiques d'un développement de la production de cannabis thérapeutique dans laquelle certains pays s'engagent déjà. LIEN VERS LE PODCAST Le cannabusiness sort du brouillard. La plante se taille un avenir de produit agricole comme les autres, ou presque. Ses vertus thérapeutiques ne font plus débat et une quarantaine de pays dans le monde ont dépénalisé sa consommation. Le cannabis est la drogue la plus consommée dans le monde et son usage ne cesse d'augmenter. A l'échelle du monde, son marché souterrain représenterait quelque 150 milliards de dollars dans le monde dont seulement 10 à 20 % sont saisis. Think tank spécialisé dans les marchés agricoles, le Club Demeter encourage la France et l'Europe à développer la filière légale plutôt que d'en laisser le leadership aux pays étrangers ou aux circuits illégaux. En 2018, le Canada s'est engagé dans cette voie déjà empruntée par son voisin américain, en Californie ou dans le Colorado, où la production de cannabis thérapeutique est florissante. En France, il pourrait être un produit agricole rentable que des élus défendent pour revitaliser certaines régions. Il porte aussi toute une chaîne de valeur de la graine au e-commerce en passant par l'industrie de sa transformation. Sources : Les Echos
  19. La grande tendance du CBD se confirme en 2020. Ce business lucratif est encore risqué, mais de nombreux entrepreneurs sont prêts à braver les interdits pour avoir leur part du gâteau. Décryptage. Vous n'avez jamais entendu parler du CBD ? Pour ceux qui ont échappé à cette hype, commençons par une petite mise au point. Le cannabidiol est un des cannabinoïdes (substance chimique) présent dans la plante de cannabis. Vous connaissez sans doute le THC (Tétrahydrocannabinol), le cannabinoïde le plus connu du grand public qui est la molécule responsable de l'effet psychotrope du cannabis. Celle-là même qui agit sur le système nerveux. Produits cosmétiques, huiles comestibles, tablettes de chocolat, les utilisations sont nombreuses pour le CBD qui, lui, n'est pas présenté comme un stupéfiant, même s'il contient un faible taux de THC. Très en vogue pour ses bienfaits thérapeutiques, c'est LA grande tendance auprès des jeunes trentenaires urbains, adeptes d'une alimentation saine, branchés yoga et Pilates. « Dans un monde où l'on est de plus en plus stressée, l'usage du CBD c'est un peu comme de l'huile de lavande, mais en plus efficace» , assure Judith Samama-Patte, ancienne journaliste et cofondatrice de Fresh Body GreenMind, une marque d'huile à base de CBD, lancée en septembre 2019. De nombreuses vertus thérapeutiques Les défenseurs du CBD avancent de nombreuses vertus. « Vous avez mal à la tête, le CBD peut être une alternative au paracétamol, vous avez des règles douloureuses, le CBD vient remplacer un ibuprofène» , précise Judith Samama-Patte qui elle-même l'utilise pour lutter contre son anxiété. « Contrairement aux médicaments consommés en grande quantité en France, le CBD est une médecine douce et naturelle qui a de nombreuses propriétés, notamment pour les sportifs, parce qu'elle permet de lutter contre les courbatures, sans aucune somnolence », ajoute l'entrepreneuse. En un an, elle revendique près d'un millier d'utilisateurs. Pour elle, la prochaine étape est de démocratiser l'usage du CBD dans la grande distribution. Aujourd'hui, les magasins commercialisant le CBD poussent comme des champignons. « Il en ouvre un presque tous les jours» , observe Ludovic Rachou, cofondateur de Rainbow, une start-up spécialisée dans le bien-être et trésorier du syndicat du chanvre, la plante dont est extrait le cannabis. Lancé l'an dernier, ce collectif qui rassemble près de 80 professionnels recense près de 200 boutiques en France. Il y avait eu une première croissance de cette activité avant 2018, mais beaucoup de boutiques ont fermé, faute de législation claire. Malgré quelques condamnations, le secteur attire plus d'un. « Aujourd'hui, nous sommes toujours dans un flou juridique. Ce n'est pas autorisé, mais ce n'est pas interdit », analyse Ingrid Metton, avocate pénaliste et spécialiste dans le CBD qui accompagne de nombreux entrepreneurs. Elle dénonce l'hypocrisie des autorités françaises et pointe une politique trop répressive. « J'ai traité mon premier dossier en 2014, et depuis, on n'a toujours pas avancé sur le sujet »,regrette l'avocate qui milite en faveur d'un cadre plus structuré. Que dit la loi ? Concrètement, est-ce légal de lancer un business de CBD en France ? Le THC étant considéré comme stupéfiant, l'article R. 5.132-86 du code de la santé publique dispose que « sont interdits la production, la fabrication, le transport […] de cannabis, de sa plante et de sa résine, des produits qui en contiennent ou de ceux qui sont obtenus à partir du cannabis, de sa plante ou de sa résine ». Quand on prend une grille de lecture large. L'Union européenne autorise l'usage de la fleur de chanvre pour une concentration de moins de 0,2 % de THC, et donc la commercialisation de produits au CBD. La législation française est plus sévère. En France, seules les tiges et les graines de cette plante sont autorisées. « Mais pour produire de l'huile, il faut extraire la fleur », souligne Ludovic Rachou du syndicat du chanvre qui pointe un non-sens. Le syndicat du chanvre vient de rédiger un livre blanc à destination du gouvernement. Il propose de supprimer l'obligation de 0 % de taux de THC dans le produit fini. Cette liberté permettrait de faciliter la vente de produits dérivés. Même si les produits sont proches de 0 %, il reste toujours des résidus. « En cas de contrôle, c'est un peu borderline », reconnaît Ludovic Rachou. Un business lucratif Malgré toutes ces complications, de nombreux entrepreneurs français sont prêts à prendre le risque pour avoir leur part du gâteau. A noter qu'aux Etats-Unis, ce marché représentait environ 591 millions de dollars en 2018, mais pourrait être multiplié par 40 d'ici à 2022, selon une étude du Brightfield Group, publiée en octobre 2019. « Quand on regarde le potentiel du marché à l'international, cela vaut le coup d'essayer » , estime David Miguerès, fondateur de Chilled, une boisson pétillante à base de CBD vendue en ligne qu'il a lancée en avril dernier, pendant le confinement. « Il y a un mini-risque juridique », reconnaît l'entrepreneur. Malgré un marché prometteur, les entrepreneurs peuvent avoir du mal à convaincre les investisseurs de les suivre sur un terrain aussi glissant. « Notre banquier a eu un peu de mal à avoir l'accord de son N + 1 pour nous financer» , confie le cofondateur de Chilled. Une fois le financement assuré, impossible de trouver une plateforme qui accepte d'assurer nos transactions bancaires en ligne. « Nos fonds ont été bloqués plusieurs fois sur PayPal car ils estiment qu'on vend des stupéfiants. On a dû passer par un service en ligne aux Etats-Unis », confie l'entrepreneur. Même type d'embûches rencontrées par Camille Chaigneau, cofondatrice de Slow CBD infusion, une marque d'infusion à base de CBD en phase de production, grâce à une campagne de crowdfunding réussie. À sa grande surprise, impossible de communiquer sur le projet via les réseaux sociaux. « Notre compte Instagram a été fermé plusieurs fois, parce que nous avons été accusés de faire l'apologie de la drogue , indique la jeune femme est venue au CBD pour soulager ses règles douloureuses. Elle propose une gamme d'infusions à base de CBD et de Maté (une plante qui a des vertus contre la fatigue, la dépression, NDLR). Comment abandonner cette image controversée ? L'enseigne 1.001 herbes, une franchise spécialisée dans les boutiques de CBD mise sur une déco soignée, léchée et minimaliste. « Nos boutiques sont des lieux de bien-être comme Nature et Découvertes , indique Romane Baudin, responsable de communication. Loin de l'image du coffee-shop, l'enseigne qui vient d'ouvrir deux boutiques à Marseille propose des chocolats, des sorbets ou encore des huiles à base de CBD. « Nous développons nos propres produits dérivés et nos vendeurs font beaucoup de pédagogie avec les clients », précise-t-elle. Evangéliser pour normaliser l'utilisation du CBD, c'est la grande mission du syndicat du chanvre qui milite pour un cadre clair. « Cela offrira plus de sécurité aux consommateurs et la France a beaucoup à gagner , indique Ludovic Richou, cofondateur de Kaya, une marque de produits bien-être à base de CBD. Un cadre légal permettra aux entrepreneurs de vendre leur produit dans la grande distribution. «Aujourd'hui, c'est inenvisageable alors que c'est possible au Royaume-Uni» , compare celui qui a justement lancé sa marque outre-Manche où le marché est estimé à 374 millions d'euros en 2019, d'après CBD-Intel, une société qui fournit des données et des analyses relatives à l'industrie chanvrière. Le Centre des usages thérapeutiques du cannabis avance le chiffre d'un milliard d'euros en 2025. Selon ses défenseurs, le chanvre pourrait être une chance pour la reprise économique française. L'Hexagone est le premier pays producteur en Europe. Fabiola Dor Source: lesechos.fr
  20. Encore peu connu de tous, mais utilisé dans un large panel de domaine, le CBD s'invite dans notre assiette, notre intérieur et même notre salle de bain ! Découvrons ensemble les bienfaits de ce produit aux connotations parfois péjoratives. Par Elisa Dell'Aiera. Photos : Pixabay. | Le 05 juillet 2020 Souvent confondu avec le cannabis brut, le CBD n'est pas un psychoactif. En réalité ils proviennent tous deux du chanvre. Ce sont les molécules qui les constituent qui sont différentes. Le THC est la molécule qui va faire planer tandis que le CBD n’a qu’un effet apaisant sur le système nerveux. C’est finalement un peu comme boire une bière sans alcool : on profite de ses bienfaits sans prendre de risque pour sa santé ! Il est légal et sans danger, même pris à grosses doses. Au vu des boutiques de cannabidiol qui poussent comme des mauvaises herbes (ou plutôt de la bonne herbe…), il est possible de se procurer une multitude de produits à base de CBD non loin de chez soi. Des plats savoureux Vous avez peut-être regardé « Cooked With Cannabis » sur Netflix, une émission où l’ingrédient vedette n’est autre que le cannabis et où les chefs doivent faire preuve d’ingéniosité pour composer des assiettes à base d’herbe et de THC. Rassurez-vous, ici, il ne s’agit pas de finir « high » comme les membres du jury et de cuisiner des space cakes et cookies au shit ! La cuisine à base de CBD qui connaît de plus en plus de succès n’utilise en réalité que les vertus relaxantes et fortifiantes de la plante en mettant de côté les effets psychotropes. Les graines de chanvre contiennent tous les acides aminés principaux et les acides gras essentiels à l’organisme. C’est un apport nutritif exceptionnel. Charly Löwy, le patron d’une boulangerie à Forest depuis 1947, l’a bien compris et propose un succulent « cannabread » à base de ces graines pour bien commencer la journée. Souvent sous forme de beurre ou d’huile, il a un goût dit « organique » et des saveurs plutôt terreuses qui se marient parfaitement avec les féculents et les légumes par exemple. L’avantage de ce produit en cuisine c’est qu’il est extrêmement polyvalent. On le retrouve en infusion, sauce, cake, cookie, bonbons et même en nourriture pour chats comme le propose la marque américaine Soflo CBD! Une routine beauté De nombreuses marques telles que The Body Shop, American Eagle ou encore NYX et Bybi Beauty se sont lancées dans la création de produits de beauté à base de CBD. Allant du maquillage, aux soins de la peau, en passant par des sérums pour les yeux, ces produits auraient des propriétés relaxantes et anti-oxydantes. Aussi, grâce au PH neutre du CBD, il est adapté à tous les types de peau. La base de ces cosmétiques est une huile extraite des graines de chanvre. Riche en vitamines B et E ainsi qu’en omégas 3 et 6, elle aide à prévenir de nombreuses affections cutanées comme les rougeurs, l’acné, l’exéma ou le psoriasis. Étant donné qu'il s'agit d'une plante, privilégiez les produits issus d'une culture biologique, comme Asabio, une marque 100% bio au chanvre et au CBD. Ils proposent des crèmes pour le visage, pour le corps, des lotions pour les mains ou encore des baumes à lèvres. Une déco écolo Pour les tissus et matériaux, on fait appel à la plante mère du CBD : le chanvre. Le chanvre est utilisé depuis la nuit des temps dans l'industrie du textile mais se popularise aujourd'hui pour ses qualités écologiques. De nombreux artisans comme Sébastien Moray et Romy Di Donato exploitent le concept et s’efforcent de créer des pièces entièrement biodégradables. Cultiver cette plante ne nécessite que peu d'eau et aucun pesticide. Elle a également la capacité d'absorber énormément de CO2 et enrichi les sols dans lesquels on la cultive. C'est une matière douce, très solide, hypoallergénique et anti bactérienne. De plus, sa couleur très naturelle donne un ton chaleureux à vos intérieurs. Tant le milieu du design que de la construction exploite le chanvre. En construction il est apprécié pour ses qualités isolantes par exemple. Le chanvre remplace facilement la fibre de verre ! En bref, le CBD est donc une véritable tendance qui s’invite de plus en plus dans notre quotidien. Vous pouvez encore le retrouver dans le médical, la carrosserie et bien d'autres secteurs. Solide, naturel et déstressant... En plus de son côté écolo, ce produit apporte un vrai plus bien-être. Source: lesoir.be
  21. Julian Stobbs, la moitié du "couple Dagga" qui a mené une bataille de cinq ans devant les tribunaux pour la légalisation du cannabis, a été tué dans un vol près de Lanseria à Johannesburg. Stobbs et Myrtle Clarke exploitaient un club privé et une salle de musique sur la propriété. Le vol à main armée a eu lieu aux premières heures de vendredi matin. "Les attaquants sont entrés dans la chambre du couple et ont tué par balles Jules Stobbs. Il a été blessé mortellement. Myrtle était indemne et les attaquants sont partis avec deux téléphones portables et deux ordinateurs portables", a déclaré l'organisation à but non lucratif Fields of Green For All, où ils occupaient des postes de responsables. "La communauté du cannabis pleure le décès de notre héros. La famille demande au public de respecter sa vie privée et de laisser de la place à Myrtle et à la famille pendant cette période difficile. Merci pour l'effusion d'amour que nous avons déjà reçue", indique le communiqué. Le directeur de la sécurité communautaire à AfriForum, Ian Cameron, a confirmé que Stobbs avait été abattu lors d'un vol dans leur petite exploitation à Sunrella. «Ils ont tout volé dans la maison, sont revenus et sont entrés dans la chambre à coucher et ont abattu le mari.» Cameron a déclaré qu'ils avaient également volé les téléphones portables du couple. Le porte-parole de la police, le capitaine Kay Makhubele, n'a pas pu immédiatement commenter la question. Les hommages et les condoléances sont partagés sur les réseaux sociaux par leurs amis. Rastafarian Gareth Prince, qui a mené la lutte pour la légalisation de la marijuana en Afrique du Sud pendant 21 ans, a déclaré à TimesLIVE qu'il avait été très choqué par la mort de Stobbs. «C'était un guerrier intrépide, quelqu'un qui n'avait pas peur d'exprimer ses pensées et de défendre ce en quoi il croyait. C'était un grand guerrier pour la liberté du dagga. Sa mémoire durera aussi longtemps que nous nous souviendrons du cannabis. " Prince a déclaré qu'ils n'étaient pas en mesure de joindre vendredi son partenaire de toujours, Myrtle Clarke. "C'est une grande perte et on peut comprendre qu'elle est très désemparée, alors nous allons lui permettre de pleurer et d'attendre qu'elle fasse une déclaration." Stobbs et Clarke ont été arrêtés en 2010 à leur domicile pour possession et trafic de drogue. "Nous étions tellement indignés par notre traitement aux mains de la police que nous avons poursuivi sept départements gouvernementaux pour avoir promulgué des lois illégales", avait-elle déclaré précédemment. Depuis la Haute Cour de Pretoria en 2013, leur bataille juridique s'est poursuivie jusqu'à la décision de la Cour constitutionnelle en septembre 2018 qui a décriminalisé l'utilisation, la culture et la possession de dagga en privé et pour la consommation personnelle. Le tribunal, qui a précisé le montant autorisé pour un usage personnel, a donné au Parlement deux ans pour mettre à jour la législation afin de refléter son verdict. Le couple a ensuite rejoint d'autres militants sociaux du mouvement Fields of Green For All, pour faire face aux obstacles à la réglementation légale du cannabis en Afrique du Sud, y compris ceux arrêtés pour son utilisation, sa culture et son commerce. Source: https://www.timeslive.co.za/news/south-africa/2020-07-03-dagga-activist-julian-stobbs-fatally-shot-in-armed-robbery/?fbclid=IwAR3p-ALw_ptVg6Fx_chmOL_da-j7Axqls1JYy1VcLx1AvsrsBBnrvtgG1UM
  22. En France, les aprioris autour de la consommation du cannabis sont toujours très présents. La loi prévoyant une peine de prison ferme pour les fumeurs de joints est par exemple toujours en vigueur. Pour tenter de lever les tabous, Michka, consommatrice et spécialiste de cette plante, nous raconte son quotidien de femme peu ordinaire et nous livre les secrets de son mode de vie inspirant. "Le premier message de prévention, à mon sens, porterait sur l’importance de séparer le cannabis et le tabac" © Mama Editions Michka a été une pionnière du bio, de la spiruline, du chanvre. Ses positions sur le cannabis sont en phase avec les États américains qui ont légalisé la marijuana, et particulièrement avec la Californie, où le cannabis médical est légal depuis vingt-cinq ans. Ses écrits lui ont valu de comparaître devant un tribunal dans les années 1990, lors d’un procès parisien qui a trouvé écho dans divers pays, et qui l’a transformée en guerrière pacifique. Ainsi est-elle devenue une égérie du cannabis, au point qu’une variété officielle porte aujourd’hui son nom : la «Michka ». FemininBio : Vous êtes une pionnière du chanvre, une "grande dame" comme nous pouvons le lire sur la couverture de votre prochain livre, comment s'est éveillée cette prise de conscience pour le cannabis et quelles ont été vos principales actions ? Michka : En 1970, après un an de croisière sur un vieux voilier, j’ai quitté l’Europe pour le Canada. Je suis arrivée en Colombie-Britannique, non loin de Vancouver, et j’ai trouvé un poste de prof de français dans un lycée au nord de la province. Et un soir, lors d’une réunion avec d’autres profs, on m’a passé un joint… ou plutôt un stick, comme cela se pratiquait là-bas, c’est-à-dire une mince cigarette ne contenant que du cannabis, sans tabac. Je n’avais jamais été confrontée à cette plante et j’ai été très décontenancée. J’ai fait semblant de tirer une bouffée et, bien sûr, je n’ai rien senti. C’est seulement à la troisième occasion que je me suis laissé aller suffisamment pour sentir quelque chose. Là, j’ai su très vite qu’avec l’Herbe, comme j’aime l’appeler, j’avais trouvé une amie. Soudain, je découvrais un nouveau continent. Aux antipodes de l’image que ma culture en donnait. Non sans une certaine naïveté, j’ai voulu faire savoir au monde que nous avions des idées fausses sur la question. Cela a pris la forme d'un livre, co-écrit avec Hugo Verlomme, Le Dossier vert d’une drogue douce, paru chez Robert Laffont en 1978. Mais c’est seulement quinze ans plus tard que mon rôle d’écrivain allait me précipiter dans l’arène… Un jour de 1994, je crois, la moutarde nous est montée au nez, au docteur Bertrand Lebeau et moi-même, en découvrant qu’un professeur de médecine, conseiller de l’OMS et de différents chefs d'État, mettait en avant des « études scientifiques » menées en dépit du bon sens, dans le but d’alimenter sa croisade anti cannabis. Nous avons écrit deux articles incisifs… et le croisé en question nous a poursuivis en justice. Il en est résulté un procès qui fit un certain bruit. Il faut rappeler qu’en France, la loi votée en 1970, toujours en vigueur, prévoit une peine de prison pour les fumeurs de cannabis. Dans les années 1990, les forces de police réprimaient jusqu’à la représentation de sa feuille, allant jusqu’à faire pression sur les libraires pour qu’ils cachent les livres non conformes. Au tout début des années 2000, j’ai pris plaisir à braver cet interdit en présentant, au salon de l’Agriculture de Paris, un petit livre intitulé Pourquoi et comment cultiver du chanvre... avec, en couverture, une gracieuse Ève voilant sa nudité derrière une feuille de chanvre. Ce qui me valut d’être embarquée manu militari au quai des Orfèvres pour y être interrogée. Les Verts m’apportèrent leur soutien, le Journal de 20 heures sur Canal+ présenta « le livre que l’on n’a pas le droit de montrer », et il en résulta une certaine commotion. Fondamentalement, je m’exprime par ma plume ; mais j’ai le goût de l’aventure… On vante de plus en plus les bienfaits du chanvre ou du CBD, mais vous militez depuis des années pour la légalisation du cannabis. Comment expliquer les bienfaits d'une plante qui, avec sa teneur en THC, possède des effets psychotropes parfois risqués (bad trip, etc.) ? Je vois là deux sujets différents : les éventuels bienfaits du cannabis d’une part et, de l’autre, sa légalisation. S’il faut le légaliser, ce n’est pas en vertu d’éventuels bienfaits, mais parce que la prohibition elle-même entraîne des effets pervers. On l’a vu avec la prohibition de l’alcool aux États-Unis qui, pendant la quinzaine d’années qu’elle a duré, a eu des conséquences dévastatrices sur la santé publique et la société en général. Il faudrait légaliser le cannabis quand bien même il serait dangereux. Car la prohibition crée de nouveaux risques. Un peu comme pour l’avortement, qui était dangereux tant qu’il était clandestin. Personnellement, je suis prête à aller plus loin : l’individu n’est-il pas souverain quant à ce qu’il souhaite introduire dans son propre corps ? Et même : en tant qu’êtres humains, ne recevons-nous pas, à la naissance, le droit d’utiliser à notre guise toutes les plantes qui poussent sur notre belle planète ? Oui, le THC possède des effets psychotropes, c’est ce qui fait sa beauté. À condition de l’honorer et de respecter un code des bons usages qui, justement, n’a pas encore eu la possibilité de voir le jour chez nous du fait de sa prohibition ! Pour quelle(s) pathologie(s) le cannabis thérapeutique a-t-il fait le plus ses preuves ? La recherche sur les aspects thérapeutiques du cannabis a longtemps été bannie, car les gouvernements craignaient que des résultats favorables affaiblissent leur position prohibitionniste. C’est donc par la bouche des malades eux-mêmes qu’on a commencé à savoir, dès le début des années 1970, que les troubles de la vision liés au glaucome disparaissent chez ceux qui en fument, ou qu’il supprime les redoutables nausées des chimiothérapies. Les recherches ont enfin repris il y a quelques années et, depuis, c’est une avalanche de nouvelles pistes de guérison. Les chercheurs ont découvert que notre corps produit des « endocannabinoïdes », substances très proches des principes actifs du cannabis, ce qui explique l'incroyable diversité de ses effets thérapeutiques. Dans votre ouvrage, vous parlez de "dimension sacrée" du cannabis. Quelle est-elle et où est-elle la plus répandue ? Le cannabis est originaire des contreforts de l’Himalaya. Il demeure sacré en Inde, où il est lié au dieu Shiva et où des ascètes qui ont fait vœu de renoncement, les Sâdhus, le fument rituellement, au moyen de longues pipes non coudées, les shiloms. Par ailleurs, sur le continent indien, la boisson alcoolisée est considérée comme sale, impure. Un membre de la caste sacerdotale des brahmanes qui en a absorbé doit se purifier avant d’entrer dans un temple. On touche là aux racines cachées de la prohibition du cannabis : un clash culturel entre l’Est et l’Ouest. Car, chez nous, c’est le vin qui est sacré. Il est le sang du Christ lorsqu’un fidèle le porte à sa bouche dans le rituel de la Sainte communion. Et il faut une bouteille (au moins !) pour consacrer toute célébration, qu’il s’agisse de l’obtention d’un diplôme, d’un mariage ou du lancement d’un navire. Ce sont les Hippies qui ont fait passer la marijuana, comme on disait alors, du ghetto où elle inspira les premiers joueurs de jazz jusqu'aux familles blanches bourgeoises des États-Unis, puis d'Europe. Pour les flower children des années 1960-70, qui incitaient à « faire l’amour, pas la guerre », le cannabis était le vaisseau qui allait transformer la société. En ouvrant les consciences, il allait permettre que la violence et la compétition soient remplacées par une coopération bienveillante. Une variété de graines porte votre nom. Comment est-ce arrivé et quelles sont les particularités de la Michka ? C’est la banque de graines Sensi Seeds qui a créé la Michka. Quand ils m’ont contactée pour me faire savoir qu’ils souhaitaient m’honorer pour ma « contribution exceptionnelle à la connaissance du cannabis » en donnant mon nom à une nouvelle variété, j’ai été très claire : à condition qu’elle me plaise. J’aime les variétés qui stimulent la créativité, qui me mettent en contact avec mon intuition – avec cette partie de nous qui est connectée à plus grand que nous. Donc j’ai demandé que ce soit une sativa, et si possible une Haze. Or les variétés de type sativa sont de plus en plus rares, parce qu’elles mettent plus longtemps à atteindre leur maturité et qu’aujourd’hui tout le monde est pressé. Mais j’ai été exaucée : la Michka est claire et lumineuse. Parfaite pour se livrer à une activité artistique comme l’écriture ! Comment devrait être abordée la question du cannabis en France, de son utilisation et de sa régulation (pour limiter les addictions) ? Comme chacun sait, prévenir est plus facile que guérir. On aurait pu prévenir en le traitant comme on traite le vin ou le tabac. Au lieu de cela, on l’a prohibé, ce qui l’a fait passer aux mains d’organisations en marge de la loi, et a dressé la jeunesse contre les forces de l’ordre. Les messages de prévention ne peuvent pas être entendus par des jeunes qui savent pertinemment que « l’information » institutionnelle est biaisée. Pour avoir une chance d’être entendu, il faut parler vrai. Le premier message de prévention, à mon sens, porterait sur l’importance de séparer le cannabis et le tabac, comme cela se pratique depuis le début sur le continent américain. En Europe, il est traditionnel de les fumer mélangés. Et cela complique tout, car le tabac est tellement accrochant ! Un manuel du bon usage pourrait suggérer qu’avant d’allumer un joint, on se donne une seconde de réflexion pour s’assurer que c’est une bonne idée, là, maintenant. Et, si la réponse est oui, que l’on prenne une autre seconde pour poser une intention, pour énoncer mentalement ce que l’on souhaite favoriser, par exemple la créativité, la convivialité ou, au contraire, l’intimité, ou encore le sentiment d’union avec la nature… Le cannabis ne convient pas à tout le monde. On en revient à l’éternelle question d’être attentif aux messages de son corps, d’identifier ce qui nous sert et ce qui nous entrave, et d’en tenir compte. D’agir en conscience. Notre experte Michka partage actuellement son temps entre Paris et la Colombie Britannique, entre sa maison d’édition et l’écriture de la série autobiographique dont ce livre, La grande dame du cannabis se dévoile aux Editions MAMA, est le nouvel épisode. Par Adèle Gireau Source: femininbio.com
  23. https://green.lebonbon.fr/environnement/abeilles-raffolent-weed-pourrait-sauver/ Les abeilles raffolent de cannabis et cela pourrait les sauver Mathias L Environnement 17/06/2020 Et c’est une bonne nouvelle pour la restauration des populations d’abeilles. Selon une nouvelle étude, les abeilles adorent le cannabis. En effet, les plants de chanvre de grande taille seraient un réel aimant pour les populations d’abeilles. Menées par les chercheurs de l’université de Cornell, les dernières recherches ont été publiées sur le site de Entomological Society of America, une communauté scientifique de recherche sur les insectes. Tout comme une étude précédente publiée à l’Université de l’État du Colorado, les résultats concluent que les abeilles sont très attirées par les plants de cannabis en raison des quantités abondantes de pollen qui se trouvent dans les fleurs. Une découverte qui peut potentiellement ouvrir la voie à des recherches visant à soutenir les populations d’abeilles en difficulté. Selon l’étude, les plus grands plants attirent 17 fois plus d'insectes que les plus petits. Ces résultats sont étonnants. Les variétés florales qui attirent tant les insectes possèdent un nectar bien plus sucré que le cannabis. Les couleurs vives propres aux fleurs sont aussi un attrait pour les abeilles, contrairement aux plants de chanvre aux couleurs ternes. rgbspace sur IStock Une découverte importante Cette étude pourrait être cruciale. Le chanvre est une culture de fin de saison, il pourrait donc combler les lacunes de la pénurie de pollen en fin de saison et améliorer la survie des populations de pollinisateurs. Sans oublier que le rôle des abeilles est essentiel. Elles sont responsables dans le monde entier de la reproduction des plantes qui, sans ces pollinisateurs, disparaîtraient. D'après les chercheurs, le pollen riche en cannabinoïdes n’aura pas d’impact sur notre alimentation ou « sur le développement des abeilles en raison de la perte des récepteurs de cannabinoïdes chez les insectes ». La culture du chanvre est déjà bien développée en France. Il est également au cœur des débats politiques, de par ses vertus thérapeutiques. Le cannabis thérapeutique serait donc à la fois un remède pour les humains et les abeilles, ce qui pourrait pousser le gouvernement à finalement penser à autoriser sa production.
  24. https://www.clicanoo.re/Societe/Article/2020/06/26/Tabac-alcool-cannabis-medicaments-jeux-de-hasard-quoi-les-Reunionnais Tabac, alcool, cannabis, médicaments, jeux de hasard… à quoi les Réunionnais sont-ils accros ? Photo d'illustration LYL 26 juin 2020, 12h04 vendredi, l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies publie une étude sur l’usage des drogues dans les Outre-mer. Et la date n’a pas été choisie par hasard, il est publié à l’occasion de la journée internationale contre l’abus et le trafic de drogues. Cela permet d’avoir une cartographie basée sur des données statistiques. Focus sur notre île et ses paradoxes. Pour exemple, les Réunionnais consomment moins d’alcool que les métropolitains, pourtant notre département affiche un niveau de mortalité prématurée liée à l’alcool plus élevée qu’au niveau national, le taux d’interpellation pour ivresse sur la voie publique réunionnais et les accidents corporels ou mortels sont également plus élevés qu’en métropole. Tabac À La Réunion, la population adulte présente des niveaux d’usage de tabac inférieurs aux moyennes métropolitaines. En revanche, les adolescents ne se distinguent pas de leurs homologues de métropole. La mortalité liée aux cancers des voies pulmonaires y est bien moins élevée à la Réunion. une situation « atypique » selon l’Observatoire. 26% des adultes (18-75 ans) déclarent consommer du tabac quotidiennement, trois points de moins qu’en métropole. Cependant, à La Réunion21% des adolescents de 17 ans sont des fumeurs quotidiens. Un chiffre qui tranche avec les autres départements ultramarins où les adolescents fumeurs sont moins nombreux : 15% en Martinique, 11% en Guadeloupe et 6% en Guyane. Parmi les pistes d’explications évoquée par l’Observatoire, « cette prévalence tabagique distinctive de La Réunion pourrait s’expliquer par une plus forte accessibilité du tabac : La Réunion se distingue par un nombre très élevé de points de vente (un débit de tabac pour 450 habitants contre 1 pour 3 500 habitants en métropole). De plus, la vente aux mineurs est moins régulée que sur le territoire hexagonal.» L’étude indique aussi que les Réunionnais fument leur première cigarette de plus en plus jeune. Les niveaux élevés de consommation tabagique à La Réunion se traduisent par une forte mortalité : première cause de mortalité évitable dans la région, le tabac cause 560 décès par an (pour une population de près de 860 000 habitants). Parmi les Outre-mer, La Réunion figure au premier rang de la mortalité féminine et masculine par cancer du poumon (dont le tabagisme est le principal facteur de risque). Par ailleurs, il ne faut pas oublier le contexte, les Outre-mer bénéficient d’un régime dérogatoire sur le tabac. « La loi du 27 décembre 2008 a certes établi le principe d’une licence pour les débits de tabac, mais son entrée en vigueur, initialement prévue en 2011, n’a jamais été effective faute de décret d’application. De même, la loi de finances de 2009 avait prévu la mise en place d’un dispositif d’encadrement de la vente du tabac (Guadeloupe, Guyane, Martinique, Mayotte, La Réunion) mais les DOM ne figurent pas dans les textes réglementant le contrôle du tabac. » LIRE AUSSI : Le prix de certaines marques de tabac augmente le 1er juillet... mais pas à La Réunion Alcool Concernant l’alcool, quels que soient la population (adulte ou adolescente) et l’indicateur (expérimentation, usage récent ou régulier, alcoolisation ponctuelle importante) considérés, La Réunion présente des niveaux nettement en dessous de ceux observés en métropole. En termes de conséquences des usages, La Réunion affiche un niveau de mortalité prématurée liée à l’alcool (alcoolisme et cirrhose) légèrement plus élevé qu’au niveau national, un taux d’interpellation pour ivresses sur la voie publique supérieur et des accidents corporels ou mortels dus à l’alcool également plus répandus qu’en métropole. La principale inquiétude concerne les jeunes. Concernant l’usage de l’alcool chez les jeunes, les ultramarins sont à contresens de la métropole. Les comportements d’alcoolisation ponctuelle importante (API) - ou binge-drinking en anglais - augmentent fortement parmi les jeunes ultramarins. À La Réunion, la hausse est continue depuis dix ans, et atteint en 2017 un pic chez les adolescents (32 % des jeunes ont eu un comportement d’alcoolisation ponctuelle importante au cours du dernier mois). Par ailleurs les conséquences de la consommation d’alcool à La Réunion sont plus marquées qu’en métropole : « selon l’ORS de La Réunion, 230 décès par an seraient directement causés par l’alcool (Ricquebourg, 2018) : le taux de mortalité est deux fois supérieur à celui constaté en France hexagonale. La plupart des actes de violence (80 %) impliquent un usage d’alcool. » Là encore, le contexte a son importance, l’observatoire rappelle « pour des raisons historiques, un régime de fiscalité d’exception, dit de l’« octroi de mer »25, a été instauré pour l’alcool dès le XVIIe siècle, dans un souci de préservation de la filière « canne à sucre-rhum » des DOM et pour compenser les contraintes spécifiques de ces territoires. […] Ainsi, La Réunion enregistre le prix de l’alcool pur le plus bas de France, alors que les produits alimentaires coûtent en moyenne 20 à 30 % de plus qu’en métropole, ce qui soulève des interrogations en termes de santé publique. » L’observatoire ajoute : « par ailleurs, la publicité en faveur de l’alcool dans les Outre-mer relève d’une loi moins restrictive que dans le territoire hexagonal : elle autorise par exemple la publicité sur de multiples supports (en bord de route, etc.), qui contribue à normaliser la consommation d’alcool. » Cannabis Concernant le cannabis, le niveau d’expérimentation s’avère moins élevé qu’en métropole parmi les adultes mais, à contrario, plus haut parmi les adolescents. S’agissant des usages actuels ou réguliers, La Réunion ne se distingue pas de la métropole. Le nombre d’interpellations pour infractions à la législation sur les stupéfiants (ILS), concernant principalement le cannabis, y demeure à un niveau inférieur à celui observé sur le plan national. Comme en métropole, le cannabis se place en tête des consommations illicites, avec des niveaux d’expérimentation très variables, compris entre 21 % (Guadeloupe) et 35 % (La Réunion) au sein de la population âgée de 15 à 75 ans, loin devant les autres drogues illicites (moins de 2 % de la population) De plus, l’Observatoire précise « les jeunes générations ultramarines sont parfois plus nombreuses qu’en métropole à expérimenter le cannabis, comme à La Réunion où, pour la première fois en 2017, la proportion d’expérimentateurs de zamal à 17 ans a dépassé et surclassé la moyenne métropolitaine (47 % vs 39 %). C’est le niveau de diffusion le plus important en France à l’adolescence et il connaît une progression continue. » Médicaments détournés de leur usage, une spécificité réunionnaise L’usage détourné de médicaments, notamment l’Artane, le Rivotril, le Rohypnol et d’autres benzodiazépines, constitue un marqueur des consommations de produits psychoactifs à La Réunion. Ils sont en général associés à l’alcool et au zamal, parfois aussi à la cocaïne. « Ce phénomène, qui ne se retrouve ni en métropole ni dans d’autres DROM, est une préoccupation de santé publique depuis les années 1980 » rappelle l’observatoire. La Réunion compte 3,2 % d’expérimentateurs de médicaments détournés de leur usage en population générale (15-75 ans). L’Artane est le produit le plus fréquemment déclaré par les consommateurs de médicaments détournés de leur usage (2,9 %), devant le Rivotril (1,6 %) et le Rohypnol (0,6 %). Parmi les consommateurs de médicaments détournés de leur usage, 91 % d’entre eux ont expérimenté l’Artane. « L’Artane fait l’objet d’un important trafic à La Réunion (11 000 cachets saisis en 2017), vendu entre 5 et 10 euros le « grain » (comprimé de 5 mg) et entre 100 et 120 euros sous forme de plaquette de 20 comprimés » précise l’Observatoire. Jeux d’argent et de hasard : une problématique affirmée en Outre-mer En termes d’addictions sans substance, tous les Outre-mer ont un haut niveau de dépenses dans les jeux d’argent et de hasard (JAH), nettement plus élevé qu’en métropole. Trois départements ultramarins se situent bien au-dessus de la moyenne métropolitaine (770 euros par an) pour l’ensemble des activités de jeux, en particulier les machines à sous et les paris hippiques : La Réunion, la Guadeloupe et la Martinique, qui dépassent de 25 % la mise moyenne métropolitaine. « Cette prévalence importante des JAH s’explique par l’accessibilité des points de vente de la Française des jeux dans les DOM, redoublée par la possibilité de jouer dans les épiceries de village et les stations-service (en sus des bureaux de tabac et diffuseurs de presse) » explique l’Observatoire. Les données les plus précises sont rapportées à La Réunion. Elles montrent la disponibilité importante des jeux de tirage, de grattage et de loterie : La Réunion compte un point de vente pour plus de 2 900 habitants, contre un pour 2 100 habitants sur l’ensemble du territoire national. À La Réunion, comme dans les autres régions d’outre-mer, ce sont les jeux de tirage qui regroupent la majorité des mises, contrairement à ce qui est observé en métropole (les jeux de grattage étant plus prisés). En matière de courses hippiques, La Réunion se distingue par un maillage grandissant des points de vente (200 points de pari pour les courses de chevaux, soit un pour 4 300 habitants vs un pour 5 100 au niveau national) et des mises moyennes plus élevées sur l’île : la mise hebdomadaire moyenne par habitant dépasse de 65 % la moyenne nationale. Là encore, les habitudes de jeux diffèrent de la métropole : à La Réunion, le pari le plus joué est le quinté+ avec 44 % de parts de marché (offrant des perspectives de gains élevés), tandis qu’au niveau national, ce pari se situe au deuxième rang (après le simple/couplé/trio qui est majoritaire). L'étude intégrale de l'observatoire français des drogues et des toxicomanies à retrouver ICI
  25. La pandémie a amorcé un mouvement de réformes sur la réduction des risques et l'accompagnement des consommateurs de produits psychoactifs. Il serait temps aujourd'hui de les pérenniser et de les généraliser à l’échelle internationale. Maraude de l'association Charonne auprès des SDF et consommateurs de drogue pendant le confinement, le 23 mars. Photo Stéphane Lagoutte. Myop Tribune. «Soutenez, ne punissez pas !» Ce slogan – plus connu dans sa version anglophone «Support, Don’t Punish!» – nous, organisations internationales actives auprès des consommateurs·rices de produits psychoactifs, le portons haut et fort chaque 26 juin en appelant à une réforme profonde des politiques des drogues privilégiant le respect des droits fondamentaux et l’accès à la santé. Plus que jamais cette année, ce slogan s’avère d’actualité au regard des effets induits par le Covid-19. En effet, la pandémie a conduit certains Etats à infléchir leur approche répressive des drogues et, mieux encore, en a incité d’autres à innover dans leurs méthodes de réduction des risques et d’accompagnement des consommateurs·rices de produits psychoactifs. Des effets inattendus mais extrêmement bienvenus qu’il faudrait non seulement pérenniser mais également généraliser à l’échelle internationale. La première action à saluer est la libération de près de 100 000 détenus dans le monde, dont une large partie consomme de la drogue ou est accusée d’infractions mineures liées à la consommation de drogues. Certes, ces libérations ont été décidées pour limiter la propagation du Covid-19 dans les prisons en raison des conditions sanitaires peu fiables qui y règnent. Néanmoins, elles illustrent le paradoxe de la répression exercée contre les usager·e·s de drogues. On ne soigne pas une addiction avec une peine de prison. Au contraire, on l’aggrave d’autant que l’accompagnement de ces personnes n’est quasiment jamais assuré en milieu carcéral. Deuxième action de taille : la mise à l’abri des personnes sans domicile fixe dont des usager·e·s de drogues. En France, en Allemagne ou en Grèce, par exemple, elles ont été relogées dans des hôtels. Or, cela constitue une étape majeure dans l’accompagnement des personnes consommatrices de produits psychoactifs et sans domicile fixe. La garantie des moyens de subsistance (logement sûr, revenu minimum etc.) est en effet un préalable à la prise en charge des addictions. De la réduction des risques Enfin, les actions les plus prometteuses en termes de retombées sanitaires et économiques sont celles mises en place par certains Etats afin de maintenir et adapter au contexte pandémique leurs politiques de réduction des risques. Nées dans les années 80, ces politiques consistent à réduire les risques liés à la consommation de drogues sur la santé des consommateurs·rices (réduire les infections, prévenir la mortalité par surdose, réduire les effets indésirables que ce soit au niveau social, médical ou psychologique, etc.) et à leur apporter un soutien psychosocial. C’est ainsi qu’en France et dans de nombreux pays du monde, dès le début du confinement, la validité des ordonnances pour les thérapies de substitution a été étendue afin d’éviter des déplacements superflus vers le médecin. Le matériel d’injection (seringue à usage unique et kit d’injection) a été distribué plus massivement que d’habitude pour permettre aux usagers de constituer des stocks. Mais c’est en Suisse que l’une des initiatives les plus innovantes a été prise : ce pays pionnier dans la réduction des risques a autorisé la livraison à domicile de l’héroïne médicale. Du jamais vu ! Cela a été fait dans un double objectif : réduire les déplacements et éviter les risques de surdoses qui s’avèrent accrus en contexte pandémique en raison du trafic illicite plus tendu proposant des produits de qualité douteuse. Le Covid-19 a, par ailleurs, mis en évidence le rôle essentiel des communautés dans la réponse aux crises sanitaires. Très rapidement, les communautés de consommateurs de drogues et les services communautaires sont intervenus dans plusieurs pays pour permettre aux consommateurs de drogues d’avoir accès aux services de réduction des risques même dans les zones les plus reculées. Vers une véritable politique des drogues C’est cela une véritable politique des drogues qui ne condamne pas mais qui respecte et accompagne les personnes qui en consomment. Toutes ces mesures d’exception prises dans l’urgence du Covid-19 devraient aujourd’hui devenir la norme. Elles constituent des avancées inestimables. Les abandonner serait faire un regrettable pas en arrière. Contrairement aux politiques répressives qui n’ont réduit ni la consommation ni le trafic de drogues, les mesures d’accompagnement et de réduction de risques ont fait leurs preuves. En Suisse, le modèle dit des «quatre piliers» qui combine prévention, thérapie, réduction des risques et répression, affiche des résultats impressionnants tant sur le plan sanitaire que sécuritaire : chute de l’incidence du VIH et des hépatites virales au sein des usager·e·s de drogues ; baisse du taux de mortalité due à la dépendance aux drogues ; recul de la criminalité liée à la drogue. A lire aussi Opioïdes : contre les overdoses, un antidote sous diffusé Prévenant de graves problèmes sociosanitaires, permettant aux personnes concernées de mieux gérer leur consommation et d’améliorer leur qualité de vie, ces stratégies d’accompagnement et de réduction des risques s’avèrent par ailleurs extrêmement efficaces par rapport à leurs coûts. En témoignent les résultats obtenus avec les expériences de traitement de substitution aux opioïdes en Indonésie, les programmes d’échanges de seringues en Russie ou encore la distribution de naloxone aux Etats-Unis. Ces programmes ont contribué à réduire le nombre de surdoses ainsi qu’à prévenir de nouvelles infections à VIH et aux hépatites ; ce qui induit d’importantes économies dans le domaine de la santé ! Une opportunité économique Outre des dépenses à la baisse, une réforme des politiques des drogues peut engendrer un rebond économique particulièrement bienvenu, l’horizon économique post-pandémie restant des plus incertains. L’Organisation internationale du travail prédit d’énormes pertes de revenus estimées entre 860 et 3 400 milliards de dollars d’ici la fin 2020. Dans ce contexte de récession à venir, ouvrir le marché du cannabis thérapeutique ne serait-il pas une opportunité urgente à saisir ? Le marché mondial du cannabis thérapeutique ne cesse de prendre de la valeur. En Afrique, «l’or vert» pourrait représenter près de 7 milliards d’euros d’ici 2023 tandis qu’en Europe, l’industrie du cannabis pèse déjà plus de 18 milliards d’euros selon le cabinet Prohibition Partners. Anticipant les opportunités économiques que peut offrir un tel marché, certains ont déjà saisi la balle au bond en adaptant leur législation. Face à un surendettement gravissime, le Liban a légalisé en avril dernier le cannabis thérapeutique pour relever l’économie du pays. Deux mois plus tôt, c’est Israël, pionnier du cannabis médical, qui en autorisait l’exportation. Repenser les politiques des drogues est aujourd’hui une nécessité absolue pour notre santé et notre bien vivre ensemble. Mais cela ne pourra se faire qu’en accordant une priorité aux besoins des consommateurs·rices de produits psychoactifs, en respectant leurs droits fondamentaux et en les impliquant systématiquement dans l’élaboration des stratégies et des programmes de santé dont ils sont les bénéficiaires. A cet égard, la crise du Covid-19 a amorcé un mouvement inédit de réformes progressistes, poursuivons-le ! Signataires : Coalition PLUS réseau international d’associations de lutte contre le sida et les hépatites virales ; International Drug Policy Consortium (IDPC) ; Harm Reduction International (HRI) ; International Network of People Who Use Drugs (Inpud) ; International Network on Hepatitis in Substance Users (INHSU) ; Correlation–European Harm Reduction Network (C-EHRN). Par Un collectif Source: liberation.fr